UNE ANNÉE DE LA VIE D’UNE FEMME, Semaine 2, partie 2, ma brouille avec Stanislas

 

Ma brouille avec Stanislas

 

Je crois que Stanislas a mis la main sur la cuisse de Victoire, non mais je rêve je vais lui mettre une peignée à cette voleuse d’homme.

Mon père est en forme et veut continuer ses histoires, mais il est tard et sa femme se dandine sur sa chaise. Elle souffre et moi je jubile de la voir, son gros ventre et ses jambes enflées l’incommodent.

Tout le monde se dit en revoir, Stanislas se propose de les raccompagner, comme si ils ne connaissaient pas le chemin. Si il continue dans cette voie moi je me donne au jeune valet qui n’attend que cela.

Demain c’est dimanche, Marguerite veut aller à la messe puis se faire confesser, on ne sait jamais dit-elle.

Comme à bien s’en douter le Stanislas excité par la présence de Victoire à la veillée se fit plus présent dans notre couche. Fâchée je me permis quelques résistances, mon mari s’agaçait de ne point parvenir à ses fins. Nous étions à deux doigts d’une dispute mais entamer querelle sur ce sujet alors que mes parents dormaient à deux mètres de nous, que ma petite sœur et mon bébé s’agitaient en leurs plus beaux rêves, relevait de l’impossible.

Je me laissais donc faire, il fut aussi brute que d’habitude, aussi rapide et aussi content de lui qu’à l’accoutumé. Nous étions rabibochés, mais que la Victoire prenne garde que je ne lui crève pas les yeux.

Le lendemain ce fut le spectacle le plus drôle qui me fut permise de voir depuis un bon moment, Marguerite vous disais-je donc voulait aller à l’office, elle ne pouvait plus se déplacer et le sentier qui nous menait sur le chemin d’Avrillé à Poiroux n’était plus qu’une rigole d’eau, une mare de boue.

Il fallut se rendre à l’évidence la grosse ne pourrait se mouvoir, mon père se faisait engueuler comme si il était responsable des dernières précipitations. Les garçons finirent par sortir la charrette et les bœufs et on hissa la charge comme l’on put, je fus prise d’un fou rire et bientôt toute la famille me suivit. La patronne en fut touchée dans sa dignité, quel bon dimanche j’allais passer.

Le carrosse de la reine ne passa pas inaperçu, moi je m’étais dissociée du convoi, peu m’importait d’arriver crottée à l’église, nous étions presque tous logés à la même enseigne.

Après l’office Marguerite se confessa et moi aussi par la même occasion. Je n’avais pas grand chose à me faire pardonner, de toute façon je ne me dévoilais pas entièrement fusse derrière cette petite grille. Mais le prêtre rompu à cet exercice savait nous tirer les vers du nez.

Habilement il savait finalement tout de nous et orientait nos vies par l’intermédiaire de ses sermons. Si vous aviez commis un péché de chair, vous pouviez être sûr que le sermon suivant serait sur ce sujet. Vous preniez alors les paroles pour vous et une fois j’eus l’impression de me retrouver toute nue au milieu du transept.

Bon le belle mère était tranquillisée, on la raccompagna à la Gaborinière. Nous avions la veille tué un gros lapin, enfin je dirais j’avais tué un lapin. Je n’aimais guère le faire mais bon, je le saisissais par les pattes arrière et un bon coup du tranchant de la main sur l’arrière de sa tête.

Ce n’était pas toujours très propre et la bête gigougnait, quand enfin elle était morte  je l’accrochais à une corde et je le faisais vider de son sang en lui arrachant un œil. Ensuite je le dépouillais comme on enlevait un pantalon. La belle mère qui cuisinait bien, il faut quand même le reconnaître nous le mijotait en ragoût avec des patates.

La famille Herbert avait toujours vécu dans les environs de Poiroux, de Grosbreuil et d’Avrillé, nous étions nombreux à nous appeler ainsi . Rien qu’à Avrillé au moins six familles s’appelaient ainsi.

Nous étions sûrement un peu cousins et mon père les considérait comme tels. Ce n’était pas toujours bien perçu notamment des meuniers qui portaient le même nom que nous mais qui ne voulaient rien avoir à faire avec des traînes sabots comme nous.

Stanislas et la famille Bernard étaient plutôt du coté de Saint hilaire de Talmont, ils étaient nombreux aussi et je ne les connaissais pas tous. Comme nous avions peu d’argent nous avions réduit les invitations à nos noces et certains, nous en tenaient rigueur de leur<coté.

Ma belle mère Marguerite Delhommeau était du même village que mon mari, rien que de penser qu’ils auraient pu avoir une relation ensemble, me dégoûtait, je sais j’ai des sentiments assez bizarres

Ceci fait, que nous butions en permanence sur nos cousins et qu’il fallait toujours plus ou moins vérifier si nous n’étions point affiliés pour nous fréquenter entre garçons et filles.

Moi personnellement je n’avais rien à voir avec la famille de mon mari ni de près ni de loin.

 

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