RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 13, les loups sont entrés dans Paris

3 juin 1940

Rien de bien marquant sur Paris, Françoise continue d’espérer et d’influer sur la mutation de Raymond, elle soigne aussi sa dentition, met ses robes d’été en état et dîne avec Fred et sa nouvelle femme.

D’ailleurs cette dernière en prend un peu pour son grade, elle ne la trouve pas jolie mais compense avec du chic et de la simplicité dans les manières.

La ville de Dunkerque vit ses derniers jours, les allemands resserrent leur étau.

Sur les routes c’est toujours la fuite des populations.

Il y a eut un bombardement sur Paris mais Françoise s’est réfugiée à la cave et dit-elle cela n’a pas été terrible.

Elle est sur le départ et boucle ses bagages , elle devrait être déjà loin si elle ne se devait de tenter encore et encore d’atteindre sa connaissance du ministère.

On sent chez elle poindre une angoisse, les mots d’amour et de soutien ainsi que les références à Dieu se multiplient .

4 Juin 1940

Françoise est toujours à Paris avec divers préoccupations majeures. Elle se dispute avec son chargé d’affaires qui ne veut pas lui fournir d’argent liquide et vendre ses titres.

La dispute tourne à l’aigre et elle le traite de Gamelin, vraiment ces hommes d’argent sont détestables et celui-ci en particulier.

Elle s’est aussi rendue à Saint François de Salle pour y rencontrer le premier vicaire. Elle lui a raconté son histoire mais visiblement le poids des traditions est trop fort et il ne veut rien faire pour elle.

Il s’étonne même de la mansuétude du grand pénitencier sur l’affaire.

Françoise retourne donc voir le chanoine et l’implore, celui ci plein de grâce la fait enfin agenouiller et lui donne lui même l’absolution.

Raymond de son coté a t-il convaincu son aumônier ?

D’ailleurs ce n’est qu’une absolution provisoire et après la guerre il faudra demander l’annulation du mariage. Le prix en a été de réciter un chapelet à notre Dame des Victoires.

Le dernier bateau a quitté Dunkerque, les allemands ont prit possession de la ville en ruine, entre le 28 mai et ce jour, presque 340 000 hommes ont embarqué pour l’Angleterre. On dit qu’il a 120 000 français parmi eux. Certains disent que la part belle a été faite aux anglais à notre détriment, nous avions plus d’hommes et il y en a moins qui ont été évacués.

5 Juin 1940

La bataille de la Somme et de l’Aisne est commencée, Raymond est au cœur de la tourmente, son amour s’inquiète à juste titre.

Il y a peu d’espoir qu’il soit muté, tante Gaby a enfin pu rencontrer Signoret.

Demain matin Françoise prend le train pour Bayonne et ira se réfugier chez la duchesse de Gramont à Bidache.

Aucun souci pour elle, hébergée, nourrie et munie d’argent, elle n’aura pas à souffrir les affres du désespoir et de la misère de la plus part des réfugiés.

 » N’oublie jamais, quoi qu’il advienne que je t’attendrai toujours et ne serai qu’à toi seul.

Bon courage mon amour ! Dieu te protège ! »

6 juin 1940

C’est le départ, Françoise est soulagée de partir , mais peinée d’accroître la distance entre elle et Raymond.

Quand se reverront -ils ?

 »Bon courage mon amour, nuit et jour , éveillée ou en rêve je suis prêt de toi , je suis fière de toi et je t’attends »

Les armées françaises résistent avec âpreté mais malheureusement sont percées en plusieurs endroits et doivent se replier sur la rive gauche de l’Aisne.

7 Juin 1940

Françoise a traversé la France sans problème, aucune trace de guerre le pays est calme et vert.

Les envahisseurs sont presque à la Seine.

A partir de cette date la correspondance est absente et le cahier cesse.

 

 

Je possède quelques ordres de missions qui indiquent les déplacements de Raymond en cette fin juin 1940.

Raymond à partir du 15 juin est affecté au service du lieutenant David spécialiste principal de neurochirurgie de la 2ème armée.

Avant le 22 juin Raymond se trouve à Nîmes

Le 22 juin 1940 Raymond a rejoint la direction du service de santé de Toulouse et est affecté à la caserne Compan dépôt Art 17 à titre provisoire.

Le 25 juin il effectue un aller et retour sur Bayonne avec pour mission un service sanitaire

Le 29 juin le docteur T fait un aller et retour Toulouse Lannemezan avec un convoi sanitaire

Le 20 juillet le chef de clinique de neurologie actuellement au dépôt d’artillerie 17 à Toulouse est affecté à l’hôpital Saint Stanislas

Raymond T est démobilisé le 30 août 1940

Comme nous le savons la troisième république aura aussi vécu ses derniers moments en ce mois de juin tragique.

Paris est déclarée ville ouverte et occupée par les allemands, dès le 14 juin.

Ensuite tout se précipite, la demande d’armistice, le départ d’un obscur secrétaire d’état à la guerre pour l’Angleterre et son appel du 18 juin. Le non moins célèbre discours du maréchal qui fait don de sa personne et l’occupation d’une grande partie de la France.

Françoise et Raymond ont -ils entendu le maréchal et le général, qu’ont- ils pensé de la prise de pouvoir du vieux Pétain. Je n’en sais absolument rien.

Toujours est-il que cette circonstance historique fera qu’ils se retrouveront et se marieront à Toulouse le 20 août 1940.

Ensuite , ils suivront leur destin et fonderont une famille. Raymond deviendra un spécialiste renommé et Françoise donnera jour à quatre enfants.

Ils continueront à faire du scoutisme et à s’aimer comme le témoigne quelques lettres plus tardives.

J’ai été heureux de faire revivre cette correspondance amoureuse entre ces deux êtres séparés par la guerre.

C’est un témoignage précieux et je remercie celui qui m’a transmis ces beaux documents.

Fin

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 12, une bourgeoise en guerre

 

28 mai 1940

Françoise vient d’avoir le permis, elle l’a passé seule avec la voiture de Raymond, elle pourra ainsi fuir Paris avec la Peugeot 202 de son futur. Il lui reste le problème de l’essence à résoudre.

Pour la Belgique c’est terminé, ils ont capitulé, pour Françoise cela représente une honte sans nom, peut-être que les habitants là bas voient cela d’un autre œil.

Le roi a pris la décision sans consulter son gouvernement n’y prévenir ses alliés.

Les soldats Anglais et Français vont-ils être pris au piège sur les plages de Dunkerque ?

L’actualité est brûlante et dramatique.

29 mai 1940

Françoise vient d’apprendre que Raymond a été au contact de l’ennemi, elle tremble pour lui mais à confiance envers le seigneur.

Pour elle le roi des Belges est un traître , un lâche qui a frappé les esprits de dégoût et de stupeur, la capitulation n’est pas due à un revers de bataille mais à une trahison préméditée et inique envers le peuple Belge.

A Paris les réfugiés belges pleurent autour de la statut d’Albert 1er

Françoise décidément est préoccupée pour le bien être de son homme et lui demande si son sac de couchage est confortable. Elle lui pose aussi la question et l’on croit rêver de savoir si il a besoin d’une toile de tente. Pense t-elle qu’il est à un camp de scouts et qu’il a oublié son matériel dans le car.

Puis dans le même élan

 » je suis passée aujourd’hui encore chez toi pour mettre dans le camphre les culottes scouts, les bas de laine et bandes molletières qui risquaient encore d’être mitées. Bombardées ;;, On verra bien. Mais mitées se serait trop bête »

Maintenant il y a un problème pour la voiture, elle voulait la ranger au château de Courbanton, mais malheur il n’y a plus de place car les réfugiés occupent tous les bâtiments.

Cette guerre est vraiment une horreur car on risque de perdre sa voiture.

Les millions de réfugiés sur les routes s’en moquent bien, car ils n’en n’ont pas.

Raymond lui au front alors que les armées françaises sont en pleine déroute, attend des nouvelles de sa mutation et envoie des mandats pour subvenir aux besoins de Françoise.

Tant que la poste fonctionne la France est sauvée.

Elle s’étonne toutefois de ne pas avoir de réponse à ses deux lettres journalières, peut-être simplement que ce médecin en pleine guerre a d’autres choses à faire, mais elle le déculpabilise en lui disant de ne pas prendre sur son sommeil pour lui répondre.

C’est beau l’amour même au contact de l’armée allemande qui écrase tout sur son passage.

 »Le temps est beau et cela nous désole parce qu’on nous dit que cela avantageait plutôt les allemands.

Est -ce idiot quand on y pense »

Oui c’est sans doute idiot car en théorie si l’aviation allemande peut intervenir la notre pourrait aussi le faire et c’est valable pour le restant des armes.

A Dunkerque les Anglais font preuve d’efficacité et continuent d’embarquer leurs soldats.

 »Je t’embrasse mon amour, je m’attache à être digne de toi, sachant que tu grandis au danger et que je dois grandir aussi pour te suivre »

C’est beau et grandiloquent à la fois.

30 mai 1940

Françoise quitte son travail et Henri Flammarion s’engage à la reprendre en octobre lorsque l’on aura appris le recul et la défaite des allemands.

Apparemment les français croient encore au miracle et suivent comme ils le peuvent les combats. Mais le désordre est presque complet et il est dur de se faire une idée. En tout cas Françoise, puisse qu’elle le peut est prête pour partir.

Toujours le rembarquement à Dunkerque, les marins et les aviateurs anglais font des miracles.

31 mai 1940

Françoise est un peu rassérénée car elle a été à une messe au sacré cœur, monseigneur Suhard a consacré la France et Paris au sacré cœur de Jésus et à la vierge Marie.

Avec cette intercession nos millions de soldats vont être sauvés.

Il y avait une foule énorme essentiellement des femmes et des personnes âgées, c’est une évidence les hommes sont au combat ou déjà prisonniers.

Elle a réussi à avoir 40 litres d’essence grâce à un bon que lui a remis son amie Claire travaillant au ministère de la production industrielle. Tient est-ce qu’il y aurait des passes droits.

De toutes façons elle n’en en aura finalement pas besoin car elle laisse la voiture à Paris en s’inquiétant de savoir si elle doit donner les clefs à Tamara.

Dans les ministères, les femmes tricotent de la layette pour les réfugiés en étudiant les cartes.

Françoise fait le siège du ministère de la guerre pour rencontrer Mr Signoret pour qu’il aide Raymond à obtenir sa mutation. Elle se fait insistante et de façon péremptoire l’annonce dans sa lettre

 » J’irai chercher sa réponse demain à trois heures et tout ce que je pourrai faire, tu peux me croire je le ferai avec une audace et une insistance de Juive (parfaitement). »

Ce n’est sans doute pas très élégant pour son amie Tamara et dénote d’une légère inclinaison anti sémite, qui est somme toute bien légère.

Quoi qu’il en soit nous sommes en pleine guerre et les employés du ministère de la guerre ont sûrement mieux à faire que de s’occuper de la mutation d’un lieutenant fusse t-il docteur et de bonne famille.

Elle apprend aussi avec stupeur qu’une femme qu’elle a côtoyée à Megève, Mme Allais la femme du champion de ski a été fusillée pour espionnage. S’ indigne t’elle parce qu’elle est espionne ou parce qu’elle l’a côtoyée au ski ?

Décidément le roi des belges en prend pour son matricule, il a capitulé à cause de sa maîtresse Allemande et s’est comporté comme un député corrompu.

C’est sûrement aller vite en besogne, l’armée Belge était détruite et il a sans doute pensé que la capitulation soulagerait son peuple. Certes il aurait pu se rendre en Angleterre pour y poursuivre la lutte, belle opinion mais qu’en disent les Belges sous les bombes.

Cette année les fraises de Fourcherolles sont succulentes et Françoise avant de partir sur Bayonne s’en délecte en faisant le tour du jardin avec madame mère qui elle ne veut pas partir.

 » Courage mon amour, il ne sera pas dit que les jardins de France deviendront des autostrades et des prés de culture allemands. Tous les oiseaux de Fourcherolles t’envoient leurs trilles et leurs affectueuses roucoulades.Et moi je te serre sur mon cœur avec ma très profonde et très fidèle tendresse »

 

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 11, une catastrophe éminente

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 11, une catastrophe éminente

 

19 mai 1940

 » Un immense et tenace espoir soulève Paris. Chaque usine, chaque bureau, chaque Français est décidé à tout faire pour soutenir l’effort des armées que l’on sait, engagées dans une des batailles les plus tragiques de l’histoire.

Soutenir comme la corde soutient le pendu, Françoise s’illusionne.

Elle va à la messe le matin à notre Dame des Victoires puis a une procession l’après midi, espérons que cela va suffire pour arrêter les allemands.

Georges Mandel a été appelé au ministère de l’intérieur, Françoise pense que la chose est bonne, tout comme le retour du vieux maréchal et du vieux général.

Pétain s’entendra t’ il avec Mandel et Reynaud souffrira t-il l’ombre du vainqueur de Verdun ?

Tout de même l’inquiétude commence à gagner, les communiqués sont vagues et imprécis, en tous cas les Anglais en la personne de Churchill semblent vouloir tenir et combattre jusqu’au bout.

Françoise voudrait s’engager plus dans l’aide aux réfugiés et pense pour cela aller à Bayonne rejoindre une amie.

Elle qui sans connaître grand-chose comme la majorité des Français perçoit maintenant une vive inquiétude. Cette dernière se répand de proche en proche et grossit comme une boule de neige dévalant une pente.

Les communiqués sont dénués de partialité, en bref l’on ne sait rien, sauf que les Allemands avancent de façon irrésistible avec leurs chars.

21 mai 1940

Les nouvelles arrivent toujours des armées, du moins celles qui ne sont pas engagées. Raymond avec son régiment d’artillerie lourde se déplace, sans être encore dans la zone des combats.

A Paris ce n’est pas encore la panique mais cela commence à y ressembler, Flammarion va encore fermer.

Bon nombre de parisiens redoutent les combats et que Paris ne se transforme en cible, ils fuient sur les routes et dans les gares. Certains pensent que la capitale sera déclarée ville ouverte.

On devine maintenant que la retraite de nos troupes est générale. Sur les routes c’est un encombrement sans nom, des convois militaires dans les deux sens sont mêlés aux gens qui se sauvent. Cela engendre des difficultés importantes que personne n’est en mesure de réguler.

La mère de Raymond se refuse à quitter son domicile de Fourcherolles pour se mettre à l’abri chez son fils Jean à Cambo les Bains. Pour l’instant les trains circulent encore mais cela durera t-‘il ?

23 mai 1940

Françoise vient d’avoir des lettres de Raymond datées du 16 mai, elle est au comble de la joie car il va enfin pouvoir communier. C’est quand même avouons le une belle consolation alors que les Allemands envahissent la France.

Les informations à cause de la censure ne sont pas très fiables, un moment tout va bien puis le moment d’après c’est la catastrophe.

L’on nous annonce que la situation reste inchangée puis brusquement l’on apprend la nouvelle de la prise d’Arras et d’Amiens et que les blindés Allemands courent à la mer.

Puis comme il faut bien des boucs émissaires l’on s’en prend au général Corap chef de la 9ème armée qui n’a pû ou su empêcher les Allemands de passer la Meuse.

Certes l’homme n’est pas une foudre de guerre mais lui faire porter le chapeau d’un désastre annoncé il y a quand même un pas.

On dit maintenant que notre merveilleuse armée est mal encadrée, mais entraînée et mal équipée.

Françoise comme beaucoup s’illusionne sur la capacité du nouveau généralissime Weygand, tout le monde attend avec confiance la contre attaque qu’il va ordonner.

 » Lui c’est un commandant, c’est quelqu’un qui n’a jamais perdu une bataille et qui est croyant par dessus le marché ! Aidé de dieu ! Qu’il nous sauve. »

En fait le vieux Weygand n’est pas l’homme de la situation, défaitiste comme Pétain et pro allemand comme lui, il n’aura de cesse que l’armistice soit demandée.

Mme T en vieille femme butée ne veux pas partir, elle explique à sa future belle fille qu’à son âge elle ne craint plus d’être souillée.

Nous en sommes encore au mythe de la guerre de 1870 et de 1914 sur les Allemands mangeurs d’enfants et violeurs de femmes.

Françoise va partir sur Courbanton puis sur Bayonne avec la voiture de Raymond, elle n’a pas le permis mais c’est la femme de Frédéric Japy qui conduira, alors que ce dernier convoiera tante Gaby avec la sienne. Cela fera deux voitures de sauvées, enfin si celle de Raymond arrive enfin à démarrer.

Von Rundstedt commandant le groupe d ‘armée A arrête ses blindés pour un regroupement, cela nous permettra peut- être de respirer un peu.

24 mai 1940

Raymond serait dans la Marne et Françoise s’inquiète pour lui et ses collaborateurs. Ce croirait-elle dans une salle de rédaction , un bureau ou une salle d’opération pour employer ce mot de collaborateur ( qui va d’ailleurs prendre un sens nouveau dans peu de temps )

Elle vient de faire la demande de bons d’essence, elle ne les aura que le 26 juin, fichtre d’ici là beaucoup de choses peuvent se passer.

Elle prend également des cours de conduite avec son amie Tamara ( cette dernière juive sera arrêtée en 1942 car elle avait cousu son étoile juive au dessus du drapeau Français, déportée elle est morte à Auschwitz )

Le permis est pour dans quelques jours.

26 mai 1940

Aucune nouvelle de Raymond qui doit sans doute être à l’arrière avec les canons lourds en soutient de quelques assauts. Visiblement l’espérance d’être mutée ailleurs que dans un régiment est illusoire pour le moment.

Tante Gaby est partie pour Courbanton où elle va aider les généreux Dubonnet à mettre en place un accueil de réfugiés dans leur château. Il y sera servi 500 repas par jour.

Françoise se morfond chez Flammarion où tout est à l’arrêt, elle aimerait se rendre utile mais ne sait quel parti prendre.

Elle a été réveillée par des tirs de DCA et des bruits d’avions très proche, de sa fenêtre elle a vu les petits éclatements, c’est bizarre car l’alerte n’a pas été donnée.

Elle est maintenant prête au départ qu’elle espère pour le 2 juin, une dernière fois elle passe chez Raymond pour fermer l’appartement et mettre du camphre dans  les affaires. Elle s’attarde, touche les objets et hume les affaires de son futur. De bons souvenirs entourent ces murs, des conversations sur Dieu, le scoutisme, les plantes vénéneuses ( passion de Raymond ), des repas mémorables, et enfin quelques divines nuits.

Quand reviendront-il ici ?

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 10, l’invasion

 

13 mai 1940

Françoise et Raymond sont des enfants de Dieu et du christianisme, ils se soumettent à ses lois et à ses volontés.

Hors pour l’instant ilS ne sont pas en règle avec les préceptes de leur religion et ne sont pas en règle avec eux mêmes.

Ils ont commis un péché d’adultère et Raymond a annulé son mariage devant la loi.

Il reste qu’ils n’ont plus le droit de communier ce qui contrarie leur futur mariage.

Françoise va donc voir le grand pénitencier de France, prêtre directement sous les ordres du pape.

Monseigneur Malinjjaud après une discussion très longue et autorisée, conseille à Raymond d’aller trouver un prêtre qui l’autorisera à recevoir l’absolution et que pour lui cela ne présente aucun problème. Son premier mariage n’ayant été qu’une regrettable erreur commise par un homme faible. C’est gentil pour Jacqueline.

Le grand pénitencier prend exemple des membres de l’action française qui ont été excommuniés,mais qui finalement ont tous eu l’absolution.

Comparer un acte politique avec l’annulation d’un mariage religieux c’est conforter Françoise dans l’idée que son amant a été forcé de se marier la première fois et qu’elle l’a délivré du mal.

Outre cette longue lettre sur sa rencontre avec monseigneur Malinjaud, Françoise envoie une petite carte. Franchise militaire cachetée par la devise suivante  » la victoire est une longue patience ».

Au médecin Lieutenant T 1er groupe RALPA 184 Secteur 8811.

Dans cette courte missive elle se moque doucement de l’armée française en indiquant qu’elle espérait que face à des parachutistes ( 5ème colonne ) il aurait plus que sa seringue, son stick et sa farine de moutarde.

Les allemands percent vers Sedan et franchissent la Meuse, c’est bizarre normalement ces endroits étaient réputés infranchissables par nos stratèges et notamment le plus notable d’entre eux le devin maréchal Pétain qui pour l’heure est ambassadeur chez Franco.

14 mai 1940

Toujours cette préoccupation religieuse qui prédomine chez Françoise, il n’est question que de communion, absolution, mariage, union sacrée , Dieu.

Pour un peu la guerre elle s’en moquerait, elle a sans doute raison les allemands ne sont pas encore à Paris. La mère de Raymond dans sa belle maison fleurit se moque bien de la guerre, comme beaucoup de gens âgés, elle s’est arrêtée à celle de 14-18.

Pour l’instant rien ne bouge en Meurthe et Moselle et les canons de Raymond sont encore muets.

Le frère de tante Gaby, Frédéric Japy ( héritier de l’empire d’horlogerie Japy ) se marie vendredi prochain avec la fille d’un industriel, le mariage est précipité et se fera sans flon flon ni robe blanche.

On ne résiste pas sur la Meuse, les chars français qui devaient contre attaquer doivent se disperser, la 9ème armée du général Conrap se replie plutôt mal que bien.

15 mai 1940

Françoise a apporté son poste TSF au bureau pour avoir des nouvelles en continu, elle va même au cinéma d’actualités pour tenter d’avoir des nouvelles de l’artillerie lourde.

Mais plus que la guerre sa régularisation catholique l’obsède.

‘ Je continue à ressentir un immense apaisement des conclusions que le grand pénitencier a tiré de notre histoire et j’attends tes sentiments pour chercher à obtenir de mon coté et en même temps que toi, absolution et communion  »

La 9ème armée se débande, mais Gamelin et son chef d’état major sont optimistes, on se demande bien pourquoi.

Des milliers de réfugiés belges arrivent et la fédération de scoutisme a fait appel à ses membres pour les aider.

16 mai 1940

Le maître de stage Thierry de Martel a envoyé une lettre élogieuse au sujet de Raymond, drôle de monde où l’inventeur de la neurochirurgie en France envoie une missive à la femme de l’un de ses internes, mais passons.

A Paris il n’y a pas d’alerte, Françoise considère que c’est l’une des villes les plus sûres, c’est à voir.Car notre décidément maître de la guerre Gamelin, décline toutes responsabilités pour la défense de Paris. Les forces françaises en Belgique font retraite, c’est bizarre deux jours avant on était plutôt optimistes.

Raymond ne donne aucun détail sur ce qu’il voit, ce qui agace un peu la curieuse Françoise

 » Je t’embrasse tendrement mon petit chéri et caresse doucement ta chère tête……Songe que le représentant du pape t’attend pour l’absolution. »

Plusieurs lettres par jour, Raymond avait-il le temps de lire toutes ces banalités d’absolution alors que l’armée dont il était membre et officier était en pleine déroute.

18 mai 1940

Rien ne va, malgré le coup d’épingle donné au géant Gudérian par le colonel De Gaulle, les allemands infléchissent leur route pour couper la retraite des français et des anglais.

A Paris beaucoup d’agitation, le Maréchal Pétain devient vice président du conseil, est-ce le vieux sage de la grande guerre ou le loup qu’on fait entrer dans la bergerie, on s’apprête aussi à rappeler le général Weygand pour remplacer l’incapable Gamelin.

Peut-être est-il trop tard?

En France on fait appel au passé pour sauver l’avenir.

Françoise est ennuyée avec la voiture de Raymond, décidément on ne peut faire confiance à personne. Les prix des réparations sont prohibitifs et il est difficile de trouver un garagiste.

Mais une fois que la voiture fonctionne il faut trouver de l’essence. Cette dernière est rationnée et n’est délivrée qu’entre le 25 et le 31 du mois.

Françoise persuasive a réussi à en avoir 25 litres, elle pourra donc quitter Paris en voiture si les circonstances l’exigent, elle fait ses valises pour aller rejoindre les Dubonnet au château de Courbanton. Tante Gaby ne veut pas partir car elle tient à assister au mariage de son frère. Vraiment une drôle de période pour contracter une union, mais enfin l’amour n’a pas de borne.

Raymond qui visiblement n’est pas encore contrarier par les combats a cueilli des pieds de muguet et en a fait un colis.

Il est curieux de voir que pendant qu’une partie de l’armée française se délite, une autre cueille des fleurs.

Françoise avec son muguet sur son bureau de chez Flammarion rêve encore que la ruée des allemands va être endiguée. Comme il est bon de se faire des illusions.

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 9, la fin de la drôle de guerre et le début de la vraie

 

28 mars 1940

Françoise est de retour à Paris et se jette dans les bras de Raymond, enfin il vont pouvoir un peu vivre ensemble et partager leur quotidien. Ils ne se connaissent encore que par l’amour et les merveilles de leur découverte réciproque mais ne se connaissent point encore par le défaut des corps et des âmes .

Le stage de Raymond est merveilleux, il s’extasie des nouvelles techniques mais ce dernier s’inquiète de la jalousie que pourrait lui témoigner Clovis Vincent son chef de service.

Querelles de bloc, querelles d’égocentrisme, querelles de chapelle entres pontes médicaux, c’est navrant mais la guerre gronde et la France verra sûrement d’autres discordes plus désagréables.

10 avril 1940

Flammarion rouvre son service de presse et Françoise reprend ses fonctions avec une légère augmentation.

La situation internationale s’améliorerait-elle que des réouvertures s ‘effectuent ? Il faudrait être dupe pour y croire , les combats de poursuivent en Norvège. Au moins là bas ce n’est pas la drôle de guerre mais la guerre tout court. Certains disent que nous aurions dû pénétrer en Allemagne, et d’autres sont d’un avis contraire et disent que la ligne Siegfried est imprenable. En tous cas notre linge comme dans la chanson Irlandaise remaniée par Ray Ventura ne séchera pas sur cette dernière.

On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried

Pour laver le linge voici le moment

On ira pendre le linge sur la ligne Siegfried

A nous le beau linge blanc

18 avril 1940

Comme le printemps paraît triste à Françoise, les fleurs n’exhalent plus leurs senteurs, les arbres des boulevards lui semblent vierges de moineaux, les pécheurs des quais de Seine sont mornes et les marchandes des quatre saisons ont perdu leur gouaille. Le stage de Raymond est terminé et il repart vers son unité.

Tout n’est que grisaille, mauvaises odeurs et saletés, dans son appartement où elle circulait nue échauffée par les effluves de l’amour elle a maintenant froid et s’enveloppe d’un grand châle.

Heureusement son travail chez l’éditeur la passionne et les heures se passent sous le joug délicieux d’un labeur qu’elle adore.

3 mai 1940

Les bruits de bottes se précisent au fur et à mesure que les jours passent. Les autorités s’attendent à une attaque imminente des allemands. C’est une certitude, ils seront arrêtés et raccompagnés à Berlin à coups de pompes dans le cul.

Françoise a des réunions de scoutisme très importantes, elle se met en avant en y donnant tout son cœur.

Bien sûr elle a envoyé une petite carte à Raymond pour le premier mai, le muguet porte bonheur et il va en avoir besoin.

6 mai 1940

Pour un peu Françoise se prendrait pour la directrice de chez Flammarion, à l’entendre elle gère tout et devient irremplaçable.

Elle se démène aussi avec Tamera Isserlis pour que les enfants riches ne soient pas les seuls bénéficiaires du scoutisme et elle espère pouvoir mélanger dans les meutes la jeunesse dorée avec celle des banlieues. Elle fait flèche de tout bois pour mener à bien son projet pour cet été.

Elle rencontre aussi madame T, la mère de Raymond dans sa maison de Foucherolles, elles passent ensemble un très bon moment.

 » Je crois que n’étaient les circonstances, ta mère et moi seraient faites pour nous entendre et avoir d’affectueuses relations. Je suis repartie avec un gros bouquet de muguet cueilli sur place, un iris, une tulipe, une branche de glycine, trois pervenches et une branche de Lilas.  »

Françoise s’occupe aussi du ménage de Raymond en houspillant la femme de ménage qui laisse la poussière s’accumuler et le linge sale s’empiler. Puis ce sont les problèmes de voiture, la 202 est en réparation.

Poussière, voiture en panne, scoutisme, soucis graves c’est une évidence lorsque les allemands frappent à notre porte.

8 mai 1940

Alors que les troupes Allemandes sont prêtes à envahir la Hollande et la Belgique, Françoise avec un papier à en tête  » Ernest Flammarion  » explique à son amant Raymond, docteur et actuellement au front, que les femmes ne doivent jamais se faire faire des permanentes lorsque les Anglais s’apprêtent à débarquer (Menstruation ). Huit jours plus tard les cheveux sont aussi plats qu’avant mais en plus cassant .

On imagine assez la tête de l’officier plongé dans ses difficultés, de connaître ces détails capillaires et ces particularités menstruelles.

10 mai 1940

Les Allemands pénètrent en Hollande et en Belgique, la grande bagarre commence faisant oublier toute l’année 1939.

Notre grand stratège Gamelin fait aussitôt avancer ses unités en Belgique. Tout semble tranquille sur la Meuse et la ligne Maginot.

Françoise en femme qui sait tout, pense que c’est mieux que la guerre dans les Balkans et en Italie !!!

Il paraît que des villes Françaises ont été bombardées et notamment Lyon, elle s’inquiète pour son frère Jacques qui doit se trouver là bas.

 » Je suis prêt de toi de toute mon âme, de tout mon cœur, calme et confiante en Dieu.

Hurlements de sirène sur Paris, Françoise enfile une jupe par dessus sa chemise de nuit et met une paire de chaussures, finalement elle ne descend pas à l’abri.

Explosion de DCA dans le lointain, sûrement à la périphérie de Paris. Elle se couche et s’endort quand même.

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 8, dans une tranquille quiétude

 

3 février 1940

Françoise organise des groupes de scoutisme,  » petites ailes, louveteaux » les enfants sont ravis et les plus grands veulent faire une équipe d’éclaireurs. Mais elle se fait une entorse en skiant, c’est un accident du travail en somme.

Les lettres de Raymond arrivent en quatre jours assez régulièrement, c’est une performance pour un pays en guerre dont les hommes sont mobilisés.

Le froid en la capitale est très dense, le gel et le verglas gênent les parisiens qui redoublent d’ingéniosité en entourant leurs chaussures avec des chiffons.

7 février 1940

Aujourd’hui c’est le repas pour la promotion du chef d’escadron Delmas, le menu est  :

gratin maison,

lotte à l’armoricaine

haricots verts sautés

poulets rôtis

salades d’endives

fromage

savarin

macédoine de fruits

pêche melba

le tout arrosé de Traminer, de rosé en carafe , du Beaune 1929, de champagne et de liqueurs.

On voit qu’il n’y a visiblement aucun souci d’approvisionnement et qu’on trouve de la lotte dans les Vosges en pleine guerre.

Au front il y a la grippe, Raymond est las des nombreuses visites qu’il doit effectuer. Aux Marmousets les éclaireurs organisent des batailles de boules de neige, un clan est finlandais l’autre Russe. Visiblement dans l’esprit de chacun c’est la seule guerre qui a lieu, celle des Anglais et des Français contre les Allemands n’intéresse visiblement pas.

16 février 1940

Enfin une permission, Françoise annonce qu’elle ira rejoindre Raymond à Paris pour dix jours, elle annonce aussi ses fiançailles officiels.

Pour fêter tout cela elle dîne avec les canadiennes, des officiers de la Royal Air Force et des pilotes Polonais, décidément Megève est déjà une destination à la monde. Mais les peuples savent-ils que les officiers qui sont chargés de faire la guerre à l’Allemagne améliorent leur technique de ski plus qu’ils n’améliorent leur science du pilotage.

Les deux fiancés se retrouvent à Paris où ils passent 4 jours absolument divins, libérés dans leur esprit par ces fiançailles officieuses ils sont aussi libres dans leur corps.

Ces moments volés à la guerre et à la séparation est le paroxysme de leur amour. C’est une fusion, ils ne font qu’un, est-ce la peur de la mort, la longue attente d’une liaison officielle, la présence d’un femme légitime qui les empêchait de vivre pleinement cette union de leurs sens.

Ils descendent ensuite à Megève, Françoise lui fait visiter les Marmousets et lui présente ses collègues ensuite ils montent à l’auberge  » chez ma tante » pour 5 jours de vie de rêves. Descentes à skis, farniente, discussions, nuits d’amour, siestes coquines et danses  » au mauvais pas ».

Raymond peut repartir au front, il a vu sa mère , il a eut des nouvelles de sa fille Charlette et bien sûr la compagnie de sa nouvelle et presque officielle femme. Cette dernière arbore maintenant fièrement l’insigne du régiment de son homme .

9 mars1940

Françoise est très occupée, secrétariat, scoutisme, organisations de loisirs, cours de physique et de sciences, anglais et rangement bibliothèque.

Cela l’aide à oublier Raymond, un soir les enfant lui offrent un magnifique gâteau aux marrons pour la saint Françoise, elle en est émue aux larmes.

Dans sa chambre joliment dissimulées, elle trouve encore d’autres gâteries.

14 mars 1940

Les fédérations scouts lancent un appel pour récupérer le papier usager et les métaux ferreux. Aux marmousets les enfants courent les ruisseaux et les rues de Megève où ils en trouvent une grande quantité.

Il est un peu effrayant de penser que l’économie de guerre française à besoin de la ferraille collectée par les enfants de France, alors qu’une formidable menace pèse sur notre intégrité territoriale.

Mon Dieu que c’est long sans les êtres qu’on aime .

 » la pluie, la grise pluie transperçante et molle tombe inlassablement sur la neige qui pourrit, sur l’herbe qui se détrempe, sur la terre qui coule en filets jaunâtres et les épaules des sapins disparaissent dans les brumes et les nuages si bas qu’on se croirait dans un pays de collines et non plus de montagnes »

18 mars 1940

C’est la stupéfaction Françoise vient d’apprendre que Raymond est à Paris, l’armée l’envoie faire un stage de Neurochirurgie chez Thierry de Martel à l’hôpital américain de Neuilly.

Excitée par ce retour elle plaquerait bien ses obligations pour voler dans les bras de son homme.

Mais elle donne un préavis raisonnable à Mme Thuiliers et termine les tâches en cours.

Le soir de cette annonce Françoise rêve merveilleusement et c’est toute brûlante de désir qu’elle va passer ses derniers instants aux Marmousets.

Dans sa dernière diatribe elle enjoint Raymond de demander à la femme de ménage de bien faire les poussières avant qu’elle ne rentre. On voit que le matérialisme côtoie l’amour et que même le désir le plus brûlant peut-être teinté de petites manies peu sensuelles.

20 – 22 mars 1940

Le gouvernement Daladier désavoué par la chambre remet sa démission, un nouveau est formé avec à sa tête Paul Reynaud.

Le nouveau venu n’a qu’une voix de majorité c’est bien peu, l’adhésion est bien mince, outre la tête du gouvernement il prend les affaires étrangères, Daladier reste au gouvernement avec rien moins que le ministère de la défense.

D’ailleurs les deux fils de ce dernier sont aux Marmousets et suivent avec intérêt le destin de leur papa. L’on voit donc que la pension des  » Marmousets » n’est pas une colonie pour enfants des banlieues.

 

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 7, dans l’attente des combats

 

5 janvier 1940

Nous sommes au début d’une nouvelle année, tout le monde espère que la guerre va s’arrêter. Françoise va mieux, elle skie le matin et travaille sa sténo anglaise l’après midi.

Son amitié avec les deux canadiennes se poursuit et elle rencontre même une cheftaine de sa connaissance qui travaille ici à la garde d’un enfant .

Elle est très heureuse que son article sur les louveteaux ait-été intégralement publié.

10 janvier 1940

Françoise prolonge son séjour à Mégève, elle y cherche maintenant du travail .

Les lettres de Raymond n’arrivent pas, onze jours sans nouvelle cela fait long, que fait-il, comment se porte t-il?

Dans la station il y a des pilotes polonais en permission, ils font part de leur expérience et expliquent ce qu’ils ont vu. C’est effrayant pour eux, l’armée nazie nous est largement supérieure.

Pas rassurant pour l’avenir, que fera t-on si les allemands nous attaquent.

La situation est assez paradoxale, les allemands ont envahi la Pologne pour récupérer un morceau de terre qui peut -être leur appartenait. Maintenant le territoire polonais leur appartient et ils massacrent les populations.

Nous leur avons déclaré la guerre mais nous ne bougeons pas, quatre mois l’arme à la bretelle.

Les mobilisés jouent au foot et à la manille, le pinard leur est régulièrement versé et les pilotes Polonais font du ski à Mégève.

Que signifie cette attente, ce statu quo, à quoi jouent Daladier et Chamberlain?

Tout pourrait être normal mais les soldats trouvent le temps long sans femme et à l’arrière les femmes trouvent le temps long sans les hommes.

Françoise a reçu de tante Gaby une montre bracelet, elle fête son anniversaire avec les canadiennes en mangeant des gâteaux dans une pâtisserie.

Peut être a -t-elle trouvé un emploi au ministère de l’armement aux champs Élysée avec un salaire de 1700 francs. Mais rien n’est fait et ce n’est que pour dans deux mois.

17 janvier 1940

Enfin du travail, Françoise a été reçue par Mme Thuillier directrice d’une maison d’enfants qui se nomme les Marmousets et la situation à vite évoluée à l’avantage de Françoise. Le gîte et le couvert, plus un petit pécule et du temps libre pour skier. Elle aura à s’occuper des enfants et à faire un peu de secrétariat.

22 janvier 1940

Françoise s’installe dans son travail et sa nouvelle vie, ce n’est pas très contraignant, surveillance de l’étude et des activités sportives. Les autres employés sont sympathiques. Elle a une chambre pour elle seule où elle s’adonne à la contemplative méditation de voir monter les volutes de la fumée de ses cigarettes. Une baignoire est à disposition et elle se glisse volontiers dans l’eau fumante après avoir fait l’effort de quelques descentes pentues.

Là dans la nudité et la chaleur humide, noyée dans les vapeurs chaudes et engourdie par la suave douceur du savon elle se prête à imaginer les caresses de Raymond et le bonheur qu’ils pourraient ressentir si tous deux étaient dans l’écrin fumant de la lourde baignoire de fonte du chalet.

Mon dieu quelle outrecuidance de laisser son esprit s’égarer ainsi alors qu’elle est à deux pas des enfants, de ses collègues et de sa directrice.

La guerre s’intensifie, la guerre de course contre le commerce anglais s’intensifie et Hitler projette maintenant l’invasion de la Norvège et du Danemark.

Dans les Vosges la situation de Raymond n’a guère changé, ski, consultations médicales aux civils et aux soldats.

Il lui tarde de voir aboutir ses demandes de mutation dans un service de neurochirurgie aux armées.

Mais malgré divers appuis rien ne vient récompenser ses demandes.

Le temps passe lentement au front et les soirées entre officiers sont consacrées au piano, au chant et à l’accordéon.

Françoise fait aussi du secrétariat pour Mme Thuillier et ensuite se rend avec les autres dans la chapelle privée du chalet pour une prière en commun . Elle aime aussi s’évader avec ses deux amies en dînant avec elles à l’hôtel Sylvana.

29 janvier 1940

La situation au front est intolérable tant les heures sont dures à tuer, quelques patrouilles, quelques exercices mais désespoir de ne rien voir arriver, de ne rien faire de concret, tous pensent qu’ils seraient mieux chez eux.

Des représentations théâtrales et musicales sont organisées pour dérider les âmes perdues.

Aux Marmousets nous préparons avec les enfants un spectacle pour l’anniversaire de la directrice, décidément que cela soit au front où à l’arrière l’on théâtralise.

A Paris que tante Gaby trouve lugubre, les prix flambent et les plus pauvres ont du mal à joindre les deux bouts.

Mais si il est bien une pénurie dont se plaigne les deux amants c’est celle des stencils, oui la vie est dure quand on doit retaper plusieurs fois le même texte, cela ferait peut-être rire les habitants de Varsovie mais bon chacun ses préoccupations.

Celle d’un officier français dans ses lettres était donc l’absence de ce bien si précieux.

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 6, De la neige à Mégève

d

 

29 novembre 1939

Raymond va avoir une permission c’est imminent, il espère voir Françoise mais il est aussi heureux car il va revoir sa fille Charlette, cette dernière est avec sa mère sur Vendôme et elle se rendra à Paris pour le voir.

L’union soviétique vient de rompre les relations diplomatiques avec la Finlande, une autre guerre se prépare.

La vie de château continue pour ce microcosme bourgeois,

 » l’atmosphère de Courbanton est décidément très sympathique. Chacun fait ce qu’il veut et trouve comme dans les contes exactement tout ce qu’il lui faut pour le satisfaire.Il y a des voitures pour ceux qui ont la bougeotte, de la musique pour ceux qui restent groupés, les bois pour les sportifs, le silence et la solitude pour les méditatifs, les jeux et les rires de jeunes filles pour ceux qui veulent distraire leurs soucis. Pour tous, cordialité et bonne table. »

Tout est dit , aucune restriction, seuls les hommes manquent.

4 Décembre 1939

Françoise remonte sur Paris, Raymond arrive le 9 décembre.

Ce dernier tente toujours de se faire verser dans une ambulance de neurochirurgie.

Les 10 jours passés vont se révéler idylliques, que de choses à se raconter, que de caresses à échanger. Les deux amoureux qui n’ont jamais vécu ensemble profitent de cette liberté.

Amants du jour, amants de la nuit,  il n’y a que rassasiés,repus et leur force consumée, qu’ils s’endorment .

Ensuite c’est de longues promenades dans Paris et les allées du parc Montsouris respirent leurs chuchotements, leurs conciliabules et leurs rires.

Ils se boivent, ils se mangent l’un l’autre, l’amour est plus fort que la guerre, mais bientôt il va falloir se quitter.

Elle l’accompagne à la gare, le quai semble vouloir les engloutir, elle monte sur le marche pied pour un dernier baiser, mais le convoi se met en branle. Elle tente de courir le long    du train qui peu à peu prend de la vitesse, derniers bisous, derniers regards.

Elle gît maintenant dans son appartement, contemple un azalée qu’il lui a offert et  en hume le parfum.

Un petit arbre de Noël qu’ils ont allumé ensemble, lui rappelle qu’il ne sera pas là le 24 au soir.

Un maillot de Raymond oublié traîne négligemment et symboliquement sur le bidet, elle s’en saisit et enfouit son visage dedans, une odeur acre de sueur, d’amour, d’homme lui font monter les larmes aux yeux.

22 décembre 1939

Françoise tente de faire jouer l’ensemble de ses contacts pour trouver un travail mais malgré la sollicitude de tous et notamment de André Billy rien n’y fait.

La drôle de guerre qui immobilise les armées, les âmes et les hommes, immobilise aussi les énergies. Tout est suspendu, en attente, plus personne n’ose entreprendre. Il devient clair qu’elle ne trouvera rien. Tante Gaby lui conseille de consolider sa santé et de prendre du repos à la montagne.

En attendant elle retrouve des dirigeants du mouvement scouts, mais là aussi tout part à vau l’eau. La moitié des responsables sont absents, quand la situation reviendra -telle normale ?

La guerre se poursuit en Finlande, l’union Soviétique est exclue de la société des nations, il est fort probable que Staline s’en moque.

Sur la ligne Maginot les poilus se préparent à passer leur premier réveillon de guerre et les Allemands sur la ligne Siegfried vont en faire autant.

Le pinard déjà abondant fera t-il oublier un instant les êtres chers. Maurice Chevalier et Joséphine Baker tentent de leur redonner le sourire.

Françoise se décide, elle se cherche une pension à Mégève, il ne faut pas qu’elle soit très chère, mais tout de même avec un certain confort

Manquant d’argent elle se résoud à vendre des actions, fruit de l’héritage de son grand-père.

Encore une fois le réflexe n’est pas à guerre, à la survie et au malheur, cette femme célibataire âgée de 29 ans part seule à la montagne pour faire du ski, alors que le monde s’écroule doucement.

Pourtant du haut de cette sorte d’insouciance , elle s’inquiète quand cette approche de noël, la radio annonce que 70 % de la population de la terre est en guerre et que les 2/3 des mobilisés se battent ou s’apprêtent à le faire.

29 décembre 1939

Pendant que l’Angleterre commence son rationnement, que les sous marins allemands perturbent le commerce d’Albion que Raymond docteur des uns et des autres attend le début de combats qui ne viennent pas et que les Finlandais semblent faire marquer le pas aux soviétiques, Françoise arrive à Mégève.

 »Neige épaisse, silence ouaté et triste, ciel tout à fait couvert,puis flocons tombant lentement comme sur le front de l’est sans doute »

La comparaison est sans doute osée, certes la neige est partout pareille mais se risquer à comparer Mégève au front de l’est est sommes tout assez audacieux.

Serait- ce la présence d’officiers en permission qui skient avec femmes et enfants qui pourrait la tromper?

La pension Sylvana est abordable mais mal chauffée, comme sur le front de l’est sans doute.

Mais dans quelques jours elle en changera.

Elle a envoyé un article à jeunesse magazine et c’est liée d’amitié avec deux canadiennes qui voyagent en Europe. Là encore pas d’inquiétude, la Pologne est loin et Hitler n’en veut certes pas aux Canadiens.

30 décembre 1939

Le froid est très vif à Mégève , moins 25 mais il y a du soleil et elle peut enfin skier.

Loin de quelconque restrictions, les pâtisseries sont ouvertes et achalandées. Si elle ne s’en étonne pas, le fait que les fenêtres ne soient pas camouflées, l’inquiète un peu.

Mais pourquoi les allemands iraient -il bombarder une station de ski. ?

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 5, du bo, du bon, Dubonnet

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 4, la drôle de guerre

 

 

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 5, du bo, du bon, Dubonnet »

   

 

8 novembre 1939

Elle est enfin arrivée à Paris après un voyage épuisant, elle s’écroule chez sa tante à bout de force.

Par relation elle obtient un rendez vous chez un ponte, le docteur Ballerin.

A Munich un attentat contre une brasserie sanctuaire du début du Nazisme a été perpétué, on soupçonne une machination de Hitler pour éliminer quelques opposants.

13 novembre 1939

Françoise évite une opération, le moins que l’on puisse dire c’est que le travail a été mal fait dans cette maudite clinique de Toulouse.

Encore une alerte qui tire les habitants de Paris de leur lit, tante Gaby et Françoise qui ont pris le temps de se vêtir passent une heure dans l’abri de l’immeuble.

Encore une alerte pour rien , Paris n’est toujours pas bombardé. D’ailleurs les abris sont moins remplis et l’on voit moins de gens avec le masque à gaz en bandoulière.

Trois colis viennent de partir pour Raymond, contenant un stéthoscope, une anatomie de poche et des formulaires des médecins du nord. Les médecins militaires Français sont-ils dépourvus de matériel?

Mais elle pense aussi à son bien être, chaussettes kaki, lainages, livres et provisions.

25 novembre 1939

Françoise descend avec tante Gaby à Courbanton en Sologne.

Nous sommes en guerre mais il n’y a aucune restriction de circulation des trains, ni d’ailleurs des personnes, si ce n’était l’absence des hommes on ne verrait aucune différence avec la vie d’avant.

Le château de Courbanton appartient à des amis de la famille de Françoise, c’est un havre de paix au milieu de la Sologne.

Le village dont dépend cette splendeur du 17ème siècle se nomme Montreuil en Sologne. Françoise préfère certes la vie trépidante de Paris mais encore affaiblie par ses problèmes d’oreilles, elle y sera bien pour se reposer et réfléchir à sa vie future avec Raymond.

 » J’ajouterais aussi que je donnerais cher pour que tu puisses venir me rejoindre par quelques magiques sortilèges, au milieu de cette hivernale Sologne, froide et belle, au milieu de cette somptueuse maison chaude et tout bariolée de rires de jeunes filles. »

Les soldats au front où sur la ligne Maginot en baveraient de désir, le château d’Émile Dubonnet est  » une sorte d’oisellerie de luxe » où une ribambelle de jeunes femmes parées comme des  » Marie claire  » batifolent en un tourbillon charmant.

Ces jeunes filles désemparées, en veste à la mode, aux boucles dorées et aux ongles faits tricotent en se racontant des histoires de filles. Un phonographe déverse des heures durant des merveilleux disques de Jazz.

Il y a Micheline, Viviane, Marie Geneviève, Marie Thérèse, Claude et trônant en majesté Mireille la fille d’Émile Fabre l’ancien administrateur de la comédie Française.

Françoise a du mal a sympathiser au milieu de cette ruche d’abeilles qui se croient toutes reines.

Dans la grande pièce du fond les propriétaires des lieux monsieur Émile Dubonnet et sa femme discutent tranquillement avec tante Gaby et avec monsieur et madame Fabre, des volutes de fumée s’élèvent au dessus de leurs têtes et de leurs conversations, jetant de temps à autre un regard réprobateur envers la jeunesse bruyante.

Monsieur le propriétaire est l’héritier de l’empire Dubonnet  » du bo du bon Dubonnet » ce Vermouth aromatisé au quinquina. Mais ce personnage attachant et hospitalier qui transforme sa demeure en foyer de jeunes échevelées qui cavalent d’une chambre à l’autre n’est pas qu’un homme d’affaire avisé c’est aussi un authentique pionnier de l’aviation, deuxième homme à traverser Paris en avion en 1910 et recordman du monde du vol en ballon. C’est une personnalité reconnue en France et en outre officier de la légion d’honneur

En ce moment il discute avec Émile Fabre, écrivain, metteur en scène de pièces de théâtre et administrateur général de la comédie française, Françoise aimerait l’entretenir, de littérature, de théâtre et aussi de son avenir.

Tante Gaby d’un port assuré fume avec classe et élégance comme si elle sortait d’un salon mondain. Ces plus que quinquagénaires discutent comme des adolescents et malgré la musique noire Américaine on entend leurs ricanements.

Françoise est comblée on lui a attribué une des plus belles chambres, elle donne sur la façade principale avec vue sur le plan d’eau, les cygne majestueux qui étendent leurs ailes semblent chaque matin lui souhaiter la bonne journée.

Bleue, avec un divan, rideau et dessus de fauteuil assortis avec goût,tapis feutré qui étouffe les pas .

Françoise dispose d’un bureau où elle pose sa machine à écrire, une commode à trois tiroirs, antique et majestueuse qui lui permet de disposer sa bien faible garde robe.

Mais comble du luxe Françoise a aussi un lavabo et un bidet avec eau courante.

Décidément loin de Dantzig et du mitraillage des stukas, elle prend son petit déjeuner au lit, fait sa gymnastique et ensuite va prendre un bain.

Ici tout est merveille et chacun et chacune peut se mouvoir et faire ce que bon lui semble, c’est la maison de repos idéal.

Mais malgré cet environnement Françoise se morfond de ne pas recevoir de lettres et en gourmande Raymond dans les siennes. Oublierait -elle que son amant n’est absent que parce qu’il est en guerre.

Le luxe de la maison , la domesticité, l’élégance des autres réfugiés, les prévenance des maîtres des lieux ainsi que la surveillance de tante Gaby feront-ils oublier que la botte Nazi, écrase nos alliés.

Enfin elle sait ce que lui rapportera ses articles à  » jeunesse magasine », une demie page tous les quinze jours soit 65 franc par article. Cent trente francs par mois c’est une misère mais il faut bien débuter quelque part.

La tenue décrite par Raymond dans une de ses lettres la fait rire, mais devrait-on rire des bandes molletières et des culottes de cheval de nos officiers alors que nos adversaires disposent de tenues un peu moins début de siècle.

Françoise entre autres occupations joue au bridge, André Dubonnet le frère d’Émile, héros et pionnier comme le maître des lieux lui a servi d’adversaire.

Ce dernier qui a 42 ans n’a pas hésité à reprendre du service dans l’aviation, est a l’entraînement comme pilote de chasse dans les environs.

Il y a encore des hommes motivés prêts à se battre, mais cela durera -il si nos stratèges et nos hommes politiques ne se mettent pas à l’unisson pour attaquer l’ennemi.

Mais il est vrai que si la haine du boche est très forte, l’envie de ne pas se mêler d’une guerre entre Allemands et Polonais est encore plus forte.

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 4, la drôle de guerre

 

30 septembre 1939

De loin, l’on croit que les Allemands ont attaqué la France, que l’armée de Gamelin est débordée au nord est. Il n’en est rien.

Françoise se rassure, elle sait que les armées anglaises sont arrivées et que le puissant appui de leur aviation nous permettra de résister voir même d’attaquer les Allemands.

Au Rayat la moisson est terminée, la batteuse s’est tue, le grain est rentré, la paille également, seule un halo de poussière semble encore vouloir voler pour se donner encore un air d’existence

Le calme revenu est presque inquiétant, ne dirait-on pas que la guerre se passe en Chine ou en Espagne.

Françoise a enfin reçu des nouvelles, Raymond n’est pour l’instant pas engagé, d’ailleurs son frère Jacques ne l’est pas non plus. On dit qu’il y a peu de soldats Français engagés contre les Nazis.

Varsovie vient de tomber, des centaines de milliers de prisonniers et de morts, la Pologne est exsangue et Hitler et Staline, les charognards en dévorent les chairs.

Françoise que le temps libre dévore de l’intérieur, se remet à travailler son anglais, son allemand et son italien, d’être polyglotte l’aidera peut-être à retrouver un travail.

3 octobre 1939

Françoise jubile enfin du courrier de Raymond , elle se tranquillise car pour l’instant aucun danger ne le menace, elle ironise même sur la censure qui interdit aux soldats de mentionner l’endroit où ils se trouvent, alors que sur les lettres le cachet de la poste le claironne de belle manière

L’ancien patron de Françoise chez Flammarion se propose de l’introduire auprès de la société des gens de lettres et de son éditeur Albin Michel.

Françoise s’en félicite , elle n’aura pas à déranger Maurice Genevois, André Billy ou même Le Comte de Nouy. Elle n’aime pas jouer les solliciteuses.

9 octobre 1939

Françoise est sur le point de renter à Paris, tout est prêt , mais un contre temps la bloque sur place, une fièvre, une forte toux, elle est clouée au lit. Rien de bien inquiétant mais le vieux docteur Calmette veille aux grains.

10 octobre 1939

Raymond est à Diarville ( Meurthe et Moselle ), il exerce conjointement son activité de médecin auprès de son unité mais aussi auprès des habitants du village.

Normalement tous auraient du être évacués, mais visiblement ils en restent et ils ont besoin de soins.

Françoise a été contactée par les éclaireurs de France l’informant de la composition d’une nouvelle équipe dirigeant la région Parisienne. Les dirigeants scouts sont eux mêmes mobilisés.

Voulant repartir sur Paris elle est maintenant immobilisée par une forte grippe, elle se lamente car elle voudrait résilier le bail de son appartement . Le loyer de 250 francs par mois lui pèse trop maintenant qu’elle n’a plus d’emploi.

20 octobre 1939

Françoise qui se plaint d’un mal lancinant dans l’oreille est hospitalisée à Toulouse, on lui diagnostique un furoncle du conduit et une inflammation bénigne de l’oreille moyenne. Le départ pour Paris n’est pas pour tout de suite.

Tout le monde s’attend à une accélération des événements.

 » Je sais que sur le front des heures graves approchent. C’est une marée d’acier, de feu et de souffrance qui se prépare. Cette fois ce ne sera plus une drôle de guerre mais je le pressens une dramatique mêlée. »

Il n’en sera rien et Raymond restera pour l’heure l’arme au pied.

Il n’en est pas moins vrai que la guerre continue, les Allemands avec un sous marin ont pénétré dans la base anglaise de Scapa flow et ils ont coulé le cuirassier Royal Oak l’un des fleurons de la flotte de sa majesté

24 octobre 1939

Françoise se morfond dans sa clinique où personne ne vient la voir, elle alterne les moments d’euphorie et d’abattement, pense encore et encore à son amour naissant.

Comment la vie peut-elle être aussi cruelle?

Mais enfin il y a pire et lorsqu’elle va trop mal, elle pense aux malheureux polonais et aux réfugiés des départements que l’on a vidé.

Elle pense toujours à contacter André Billy avec sa lettre de recommandation de Gandon, elle vient aussi de recevoir une proposition de  » jeunesse magasine » pour une collaboration régulière. Fortement intéressée elle ne connaît pas les conditions de rétribution et s’en inquiète.

Elle a aussi reçu un mot d’Henri Flammarion qui ne peut la réemployer maintenant mais qui ne ferme pas la porte de la maison d’édition complètement.

25 octobre 1939

La Pologne que l’on était chargée de défendre est maintenant transformée en gouvernement général avec à sa tête Hans Frank ancien ministre de la justice.

Il fait immédiatement régner la terreur et chasse les intellectuels et les juifs qui seront désormais soumis au port de l’étoile jaune.

Pendant ce temps là chez nos poilus, tombent la bonne nouvelle qu’ils auront le droit à 10 jours de permission tous les 4 mois .

Françoise reçoit des nouvelles de son frère, il est bien installé dans un petit village à l’abri des montagnes et il s’extasie devant la perspective de pêche miraculeuse dans une rivière à truites et d’éventuels sports d’hiver.

Il a un bon lit chez des habitants et attend avec impatience son galon d’officier.

On voit que les allemands n’ont qu’à bien se tenir.

Françoise souffre toujours autant mais va quitter la clinique, tante Alice veut la garder près d’elle au Rayat, mais elle veut faire retour sur Paris.

Son autre tante Gaby la presse d’accepter une invitation pour Courbanton (Montreuil les solognes )

 

RAYMOND ET FRANÇOISE, UNE HISTOIRE D’AMOUR, épisode 3, le début de la guerre