LES 21 MARIAGES D’AIZENAY, 8 FÉVRIER 1747, ÉPISODE 2

 

Au village des Étangs les deux frères Rapiteau Pierre et Louis se préparaient pour leur union avec Jeanne Durand et Marie Biron. Ils étaient un peu à la traîne car le paysan qui devait les raser et leurs rafraîchir la nuque devant tant de mariés dans le village avait pris un peu de retard. Les deux futures belles sœurs devisaient ensemble, la nuit de noces pour chacune d’elles se déroulerait dans la même métairie, heureusement celle s’y comportait deux chambres. Jeanne âgée de 24 ans et qui avait déjà goutté au fruit de l’amour tentait en quelques mots de rassurer la petite Marie qui n’avait que 17 ans et qui en matière de sexualité ne connaissait que la vache que l’on mène au taureau. Elle n’avait même jamais embrassé qui que ce soit.

Pour Pierre et Jeanne la difficulté était venue du curé, car faire des galipettes dans les granges étaient certes aisées mais convaincre un éminent ecclésiastique de marier des cousins en était une autre.

Pierre Rapiteau le père avait eu beau plaider la cause de son fils en expliquant qu’ils avaient seulement un arrière grand père en commun, rien n’y fit et il en fallut passer par une dispense de consanguinité au troisième degré. Elles étaient presque toujours accordées par Monseigneur l’évêque de Luçon mais cela avait un coût qui se rajoutait au frais de la noce.

Ils sont bien malins, nos curés, comment trouver une femme dans nos petits villages sans que l’on ne soit pas de loin apparenté. De toutes façons nos gars protégeaient leur nid des oiseaux pilleurs des autres paroisses.

Enfin le départ s’effectua, le curé n’aimerait pas que l’on soit en retard.

A la grande Genette l’agitation était similaire, Louis Biron petit journalier sans le sous âgé de 26 ans avait concrétisé des longues fiançailles avec Jeanne Violeau une pauvrette de 24 ans, réunir la somme d’argent nécessaire à un établissement retardait souvent les noces.

Louis est accompagné de ses deux frères, il est orphelin de père comme d’ailleurs son épouse Jeanne

Là aussi, ils étaient lointains cousins, et monsieur le curé dût solliciter dispense auprès de Monseigneur.

Comme les autres groupes ils s’élancèrent, la noce n’était point nombreuse, mais a n’en pas douter on s’y amuserait bien.

A la Naulière, un peu en retrait trois hommes devisaient, le plus grand son vaste chapeau sur la tête se nommait Pierre Rabillé, âgé de 25 ans il portait fièrement une belle musculature formée aux travaux des champs, c’était un séducteur et bon nombre de paysannes à l’abri des pâtis avaient succombé à son charme. N’ayant pas fait germer de mauvaises graines dans le ventre fécond d’une paysanne amoureuse mais point mariée, il abordait sa liaison avec Marie Proust comme une bénédicité et la concrétisation de sa vie de garçon. Son interlocuteur René Rabaud était plutôt son contraire, petit , les épaules larges, des mains noueuses et larges, le visage rougeaud, le menton encore glabre, il n’avait connu en terme d’amour que ses mains rugueuses. Son père Jacques, tisserand au hameau de Villeneuve avait négocié presque à son insu un mariage avec Louise Rabillé la sœur de Pierre. Le troisième , se nommait Etienne Berthommé, également de petite taille un peu emprunté dans ses souliers neufs et ses habits du dimanche était un petit laboureur qui demeurait à la Naulière avec ses parents. Il avait rencontré Françoise Rabillé au cours d’une noce et s’en était suivi un long cérémonial, allant d’une première main sur l’épaule, d’un raccompagnement au domicile, d’un essai buccal, puis comme les choses se précisaient d’une masturbation mutuelle à l’abri d’une haie. Les deux étant mutuellement compatibles ils convainquirent leurs parents.

Ce triple mariage réunissait beaucoup de monde, la famille Rabillé, la famille Proust et la famille Berthommé, les tables étaient dressées, les volailles prêtes à la cuisson, le vin tiré, aire de bal dégagée et nettoyée. Louise et Françoise Rabillé s’étaient levées de bon matin pour se préparer et les hommes expulsés de la maison afin qu’elles puissent procéder à une toilette digne et complète. Elles étaient belles toutes les deux se ressemblant en vérité comme deux gouttes d’eau. Leurs deux promis en rigolant se disaient qu’ils pourraient facilement se tromper dans l’obscurité des lits clos.

La petite Marie Proust, taille fine, mais hanche large prête à la maternité, les seins généreux, un petit minois au nez légèrement retroussé, vint les rejoindre, elle serait bientôt leur presque sœur.

Les trois hommes prirent maintenant leur femme par le bras et se formère en un long serpent humain qui se dirigea dans l’allégresse vers le village et la cérémonie religieuse.

Village de la Pénière, mêmes scènes, mêmes répétitions de gestes, Pierre Chevoleau âgé de 20 ans, grand garçon poussé trop vite, la barbe encore clairsemée, le dos un peu voûté, le visage triste, les cheveux virant au roux va se marier avec une presque vieille. Renée Favereau a en effet l’age presque canonique de 29 ans. Cela commençait à faire tard pour un premier mariage, au vrai sans être disgracieuse, elle ne présentait guère d’attrait, petite, la taille déjà évasée, des petits seins disproportionnés par rapport à sa rondeur naturelle. Le visage rougeaud des filles des champs, de petits yeux gris , un nez aquilin, rien qui puisse attirer notre sauvageon. Arrangement typique Mathurin Chevoleau avait donné son garçon en l’échange d’une belle dote, le Luc Favereau pour se débarrasser de son encombrante fille avait du casser ses économies. Pierre, puceau sans expérience, redoutait sa nuit de noces avec cette vieille vierge. Ses camarades paysans se moquaient de lui d’une telle déconvenue.

A la Courelière, dans la petite borderie des Archambaud, les préparatifs allaient également bon train, double mariage Olivier et Catherine les enfants de la maison allaient prendre mari et femme dans la famille Guérit en la personne de André et Marie. Économie de dot, les filles n’amèneront que le strict nécessaire, à savoir un petit trousseau, un coffre et quelques mesures de grains.

Au village de la Crèche, la fille au Jean Daniau, petite drôlesse de 18 ans, belle comme le jour, beauté à faire damner tous les moines d’un couvent et servante de ferme à la Borderie épousait le Pierre Mercier domestique dans la même ferme et âgé de 20 ans. Les parents n’étaient point satisfaits de cette alliance mais comme la douce paille de la Borderie avait servi de lieu d’amour aux deux jeunes écervelés, ils avaient décidé de les marier avant de subir le déshonneur de voir arriver un enfant hors mariage. La raison avait suivi l’amour, alors que le plus souvent l’amour suivait la raison.

Mais foi de pauvres, les noces seront dignes malgré les difficultés financières des contractants.

Ils se mirent en branle et se dirigèrent vers l’église.

A la Chevrie, la métairie des Gauvrit prenait l’allure de kermesse, les hommes avaient déjà goutté au vin et les langues étaient fort déliées, Jean Martineau gros bonhomme de 24 ans originaire de la Génétouze, travailleur sans faille, malgré l’absence de père se préparait à convoler avec la fille de la maison dénommée Catherine. Il en était fou amoureux l’avait bisée, grignotée, pincée, caressée mais jamais troussée, pour sur il ne traînerait pas au bal ce soir.

Aux Étangs non loin de la ferme des Rapiteau, un autre mariage se préparait, Charles Morisset, paysan sans histoire courbé sur son travail, mais lors des fêtes redoutable danseur qui par son pas léger subjuguait les femmes, se mariait avec Catherine Minguet, cette dernière orpheline de père avait reçu l’accord de son frère Pierre pour cette union. Afin de ne pas se mélanger à la noce des voisins ils étaient tous partis un peu plus tôt.

Au Bourg aussi la fièvre était à son comble, Pierre Grellier, tisserand de 28 ans convolait avec une drôlesse de 17 ans, fraîche comme la rosée du matin. Jeanne Martin serait bien restée sans homme encore un petit peu, l’entretien d’un ménage et les grossesses à répétition ne l’inspirait guère. Bien qu’un peu curieuse des joutes qu’elle allait subir et son intérêt aux choses de l’amour aiguisé par les conversations salaces des femmes aux veillées. La famille se trouvait au complet, endimanchée et excitée par l’événement.

A l’autre bout du village chez les Gillier, Pierre le fils de la maisonnée discutait de ses bêtes avec son père Mathurin et avec Olivier Mercier son beau père. Les femmes étaient en retard car Catherine la mariée venait, au catastrophe d’avoir ses menstrues. Mais vite le problème est réglé ( sic ) et tous se dirigent vers le lieu du sacrement religieux. Catherine était fort marrie comment allait réagir son homme pendant la nuit de noces.

A la sortie d’Aizenay sur le chemin de la forêt , la maison de Louis Martineau,  il était charbonnier et passait la moitié de sa vie en forêt dans des huttes de branchages, le métier était dur et les mœurs de ses hommes assez frustres. Louis ne dérogeait pas à la règle, mais avait quand même séduit la jeune Catherine Hahan la fille d’Olivier celui qui était chargé du four public du village .

Pierre Gendre et Louise Masse, journaliers tous deux, partirent également en cortège de leur domicile, il était impensable d’arriver en ordre dispersé à l’église.

De toute part arrivaient les couples et leur famille, la majeure partie du village était de la fête et ceux qui ne l’étaient pas se trouvaient sur le bord des chemins ou sur leur pas de porte pour regarder passer ces longs cortèges sonores.

La place du bourg était pleine et chacun se saluait et se mélangeait, les mariés crispés répondaient aux saluts, les parents fiers échangeaient de brefs coups de chapeaux et une nuée de jeunes libres en ce jour tournoyaient en riant autour des adultes. Les jeunes filles , belles et parées minaudaient devant les invités célibataires. Les parents étaient moins attentifs et une liberté salvatrice planait sur l’ensemble d’Aizenay. Le curé et son vicaire tentèrent de mettre un peu d’ordre et chacun rentra dans l’église qui fut immédiatement bondée.

Les deux prêtres officièrent et les 21 couples furent unis devant dieu. Les familles dansèrent et banquetèrent toute la nuit. Les mariés s’éclipsèrent pour goûter au fruit autorisé. Le lendemain la jeunesse bruyante alla constater qu’aucun n’avait l’aiguillette nouée et que le drap était taché.

La journée du lendemain, tout le monde ripailla de nouveau malgré les brumes de l’alcool et la fatigue. Le vendredi le travail reprit et Aizenay retrouva un calme relatif car d’autres fournées de mariés étaient à prévoir.

La plupart eurent une nombreuse progéniture et bon nombre de vendéen descendent de ces couples.

Une famille eut trois enfants de mariés et deux autres en eurent deux.

Deux couples eurent recours à une dispense de consanguinité et trois mariés seulement semble être de communes voisines.

Les mariages le même jour et en même temps étaient fréquents mais gageons qu’une telle quantité sortait quand même de l’ordinaire.

Le curé fit signer tout le monde à la fin de la cérémonie, mais seulement 9 personnes sur l’ensemble des noces furent capables de signer.

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Source : archives numérisées Vendée

 

 

LES 21 MARIAGES D’AIZENAY, 8 FÉVRIER 1747, ÉPISODE 1

 

Déjà liés par un inextricable réseau familial, enchevêtrement indissoluble de sang mêlé, nos ancêtres étaient également associés étroitement à leurs congénères par d’autres liens.

Tous étaient groupés autour de leur village, le clocher servait de repère et son église de lieu de réunion, la fabrique y décidait de tout et pour tous. Le cimetière dont les frêles tombes n’étaient pas encore reléguées à l’extérieur du bourg ,était un lieu d’échanges et de conversations. Chacun se croisait en ces lieux, s’y aimait, s’y détestait, mais s’y connaissait.

Liés par la famille et le village, ils étaient également soudés autour d’une même glèbe, le temps de l’isolement dans des cabines de tracteurs n’était point arrivé et l’ensemble des travaux agricoles se faisaient en commun, du plus jeunes au plus vieux , hommes et femmes suaient sur les sillons de leur labeur.

Il n’était pas de tâches qui ne s’effectuaient en commun, les femmes lavaient leur linge sale ensemble au lavoir, y discutaient et s’y disputaient, les hommes effectuaient également les corvées en groupe.

Les naissances et les morts avaient lieu presque en public et les affaires privées de chacun étaient connues de tous. Lorsque un convoi funèbre se rendait en triste procession au champ de repos, tous baissaient la tête et soulevaient chapeau.

Bref la vie se passait en communauté et ce qui se passa le 8 février 1747 dans le village d’Aizenay en la province du bas Poitou aurait pu se passer dans n’importe quelle province du  » bien aimé  ».

En cette matinée du mercredi 8 février, le père Belleuves et son vicaire Menanteau savaient que la journée serait rude.

Ils finirent leur repas du matin servi par leur vieille servante et se rendirent à l’église où les attendaient une bien dure besogne.

Grand, mince, le visage glabre il émanait de lui une sorte de sérénité qui en imposait à ses ouailles, ses sermons étaient écoutés et redoutés et tous se pressaient aux prônes du dimanche. Le père Belleuves était arrivé à Aizenay en 1733 et depuis il connaissait par cœur l’ensemble de ses paroissiens, rien qui ne lui soit caché, la vie en communauté nuit au secret. Aussi gros que son curé était mince le vicaire Menanteau trottinait à ses cotés, le travail ne manquait pas, la paroisse était très étendue, maudit pays avec ses chemins boueux fermés par un fouillis inextricable de haies, ses métairies lointaines dont il revenait crotté, car adjoint de sa seigneurie il se tapait les sales besognes.

Mais enfin il avait échappé à la condition de pauvres hères, guenilleux courbés sur le soc il ne devait donc pas se plaindre.

Mais pourquoi se pressaient il tous deux en ce mercredi d’hiver ?

Dans toute la paroisse l’effervescence régnait depuis plusieurs jours, dans bon nombre de maisons, de fermes, de borderies et de métairies, des femmes s’activaient à de multiples préparations culinaires, d’autres s’efforçaient de nettoyer les granges et de les décorer. Pendant ce temps les hommes achevaient en des poignées de mains viriles d’accorder leurs violons sur les contrats qui allaient unir leurs progénitures.

Les notaires du canton tenaient séance ouverte à l’auberge pour rédiger en quelques lignes les contrats qui allaient réunir pour la vie la jeunesse du village.

Jamais de mémoire de notaire ni de curé autant de mariages allaient être célébrés le même jour et en même temps dans le village.

Qu’avaient il donc tous ces jeunes à vouloir prendre femme en même temps ?

Au vrai le mois de février était sans conteste dans le monde paysan le mois des mariages, placé entre Avent et le Carême il permettait ainsi de faire bombance sans tomber dans le moindre péché et de pouvoir évidement consommer le mariage sans encourir les foudres du curé. Éloigné de tous les travaux agricoles du printemps et de l’été il permettait aux paysans de se marier sereinement. Le choix du mercredi tombait également sous le sens, pas de mariage le vendredi car jour de deuil, pas le samedi car le mariage durait deux jours minimum et on empiéterait sur le dimanche jour du seigneur, restait le lundi mais on ne pouvait commencer les préparatifs le dimanche, le mardi sans que l’on sache pourquoi était le jour des cocus, restaient donc le mercredi .

Il était maintenant l’heure de se réunir pour de multiples familles, pour certains d’entre eux le chemin serait long jusqu’au village.

Sur l’ensemble de la paroisse, les même scènes, des paysans endimanchés se formaient en une longue procession. Le musicien était  en tête de cortège avec  les mariés et la famille proche, suivaient dans l’ordre les parents éloignés et les amis.

La principale difficulté pour nos familles avait été de trouver un musicien, car il n’était tout de même pas banal de voir célébrer 21 mariages en même temps et il avait fallu prospecter assez loin pour en trouver un, et les prix étaient montés quelque peu. Ne pas avoir de musiciens pour la noce eut été un déshonneur et la quête avait été acharnée.

Heureusement il y avait quelques mariages où les familles étaient communes.

A la Paponnière, les familles Rouillé et Baranger se liaient entre elles, Mathurin Rouillé et Pierre Baranger, les pères avaient scellé d’une poignée de mains la liaison entre leurs enfants.

Mathurin Rouillé épouserait Louise Baranger et Louis Baranger se marierait avec Jeanne Rouillé, outre l’économie d’une seule noce avec partage des frais, les parents ne fournissaient pas de dot, car celles s’y s’annulaient. Pour des familles pauvres, sans terre n’y biens l’opération était bonne.

Les deux familles de toutes façons se connaissaient de temps immémoriaux et étaient originaires de la Chapelle Palluau , une commune située juste à coté. Les quatre mariés étaient domestiques de ferme, gens de rien dormant dans des mansardes, les écuries, les étables ou les granges, sensiblement du même age ils appréhendaient un peu la vie de couple mais allaient enfin vivre leur vie de femme et d’homme. Ils avaient revêtu leurs plus beaux atours, les hommes avaient offert une bague en cuivre à leur future, chacun rayonnait.

Au bourg un défilé un peu moins joyeux se préparait, Pierre Chevillon, grand, gras, avec un embonpoint de bourgeois avait conclu mariage avec la petite Catherine Blanchet. Pierre la trentaine triomphante tenait fermement par le bras celle qui bientôt aux yeux de l’église et de tous serait sa femme.

Catherine, petit bout de femme, légère comme un fétu de paille, une taille de petite fille, la poitrine à peine naissance n’en menait pas large du haut de ses treize ans. En vérité elle ne connaissait guère son futur, son père avait négocié avec cette famille de fariniers, c’était une bonne affaire.

Catherine allait passer du statut d’enfant à celui de femme, à peine réglée elle allait subir une sorte de viol légal au cours de sa nuit de noces. Sa sœur en quelques mots lui en avait conté le déroulement elle en tremblait d’avance.

Du moulin à l’église il n’y avait guère de chemin et le cortège tarda à s’ébranler.

Au Puy Poitevin à la ferme des Chaillou, le mariage de Louis Chaillou et de Louise Gauvrit se préparait activement. Au village du Vrignon les préparatifs de mariage de son cousin Pierre avec Marie Eriaud étaient maintenant terminés. Ayant de la famille en commun, il fut envisagé un temps de ripailler ensemble, mais chacun voulant montrer à l’autre le peu de richesse qu’il avait, ils firent finalement noces séparées. Jean Perochaud, beau frère de Louis et cousins des deux mariés seraient cités comme témoins pour les deux mariages.

Les troupes joyeuses au son de la viole prirent le chemin de l’église, tout le monde était heureux à l’idée de la fête.

LE SEXE EN NOS CAMPAGNES, SUITE ET FIN

Après avoir étudié les interdits, voyons un peu ce qui pouvait se passer dans les alcôves, les tas de paille ou les pâtis.

Les périodes

Tout d’abord étudions les périodes ou nos paysans sans encourir les foudres pouvaient faire l’amour.

Au départ l’église fut très stricte et nos pauvres ancêtres ne pouvaient faire l’amour pendant les jours saints, à savoir, l’avent, carême, pâques, rameau, dimanche, etc et évidement les périodes d’impureté de la femme, menstruations, , allaitement, en gros quand la femme n’était pas enceinte vous pouviez faire l’amour une centaine de jours par an. Heureusement, peu à peu l’église fut contrainte d’assouplir ses commandements, car à vouloir interdire on produit l’effet inverse, ouf.

Les positions

Pour ce qui était des positions, c’était fort simple la femme devait être passive et ne point chevaucher. Cette position fort néfaste rendait folle la femme et était mauvaise pour la procréation, eh oui le sperme redescendait.

Faire l’amour debout altérait aux dires des médecins, gravement la santé

On conseillait aux hommes qui voulaient tempérer l’ardeur de leur femme de la prendre sur le coté ( la fameuse cuillère ).

La position pore canino ou levrette était considérée comme bestiale et humiliante pour la femme et mal vue de l église.

Mais la femme qui ne portait pas de sous vêtements pouvait facilement retrousser cotillons et s’offrir en cette position , dans nos chaudes étables ou nos odorantes meules de foin.  je suis sur que cette pose qui même si elle rappelle les étreintes animales devait quand même être fort utilisée.

Les médecins par contre trouvait en cette position quelques avantages, la matrice plus basse que l’organe reproducteur de l’homme, le sperme pouvait plus facilement l’atteindre.

De plus si la femme avait un ventre en  » pointe  » ou si l’homme était trop gros, la position pouvait se révéler judicieuse.

Il m’est d’avis que les paysans voyant plus les curés que les médecins, l’influence penchait certainement en la balance de nos saints hommes qui en terme de sexualité devaient en connaître un rayon.

Il restait donc la position du missionnaire qui de toute façon s’accordait le mieux au manque d’intimité de nos ancêtres et qui répondait aux exigences des hommes de foi et des hommes du serment d’Hippocrate.

Bon qu’on se rassure toutes les positions étaient connues et représentées et sûrement pratiquées, mais la norme était le missionnaire .

Quand

Nos doctes médecins préconisaient de faire l’amour le matin au réveil, frais et disponible, l’estomac libéré, par contre mesdames vous deviez rester au lit bien allongée pour que vous ne perdiez pas cette précieuse semence et qu’elle puisse vous faire de jolis marmots. Je ne sais pas si nos ancêtres écoutaient ces préceptes et si ils étaient transmis de génération en génération mais en tous cas nos savants y croyaient fermement.

Évidemment nos ancêtres devaient tenter de déjouer le manque d’intimité et gageons que chaque moment ou le couple se retrouvait seul était  propice à un rapprochement coquin.

Nudité

 Si au moyen age nos ancêtres dormaient nus,ils s’étaient rhabillés pour les périodes suivantes.

Il semblerait que nos paysans ne se dévoilaient guère, ils gardaient leur chemise, ils étaient plus troussage qu’effeuillage.

Jouissance

Si la jouissance de l’homme semble une évidence en était il de même pour la femme.

Tout bien considérer cette dernière a bénéficié de bonnes périodes et de très mauvaises.

On a longtemps cru que pour pouvoir procréer la femme devait parvenir à la jouissance, tout allait donc pour le mieux.

Les médecins et les curé préconisaient donc de faire jouir les femmes.

Mais une découverte médicale vint changer la donne. Des doctes savants découvrirent donc  l’ovulation, c’en était fini, nul n’avait besoin de se soucier de la jouissance de sa compagne. Cette trouvaille ajoutée à la pudibonderie bourgeoise Louis Philiparde fit que les mentalités changèrent et que nos paysans se préoccupèrent moins de leur compagne.

La sexualité de la femme eut beaucoup de mal à se remettre de cette découverte et jusqu’à une période récente l’homme ne s’en préoccupait guère.

Hors donc nos paysans frustres en  beaucoup de points de vue connaissaient l’existence du plaisir féminin et savait fort bien à quoi servait le clitoris que l’on nommait barbideau.

Pour terminer évoquons quelques recommandations médicales :

On pouvait  caresser une femme mais sans y mettre trop de volupté, sic !

La danse était préconisée car les femmes en s’agitant perdaient une partie de leur  » excrémens  »et la chaleur provoquée par la danse desséchait les parties souvent trop humides de la femme ce qui nuisait à la génération. ( vous voilà prévenue ).

Je ne traiterai pas du viol, mais il faut quand même savoir que celui ci était plus considéré comme un préjudice moral qu’un préjudice physique. Rappelons qu’en France le viol n’est puni que depuis 1810 et qu’il est devenu un crime qu’en 1980.

Pour en finir avec le sujet et si vous voulez approfondir :

Amour et sexualité en occident (collectif )

 » Secret d’alcôve  » de Laure Adler

 » Les amours paysannes  » de Jean Louis Flandrin

 » Ethnologie de la chambre à coucher  » de Pascal Dibie

 » Histoire des populations françaises   »de Philippe Ariès

 » Tableau de l’amour conjugal  » par Nicolas Venette

LE SEXE EN NOS CAMPAGNES

 

De tout temps, la sexualité a tenu une place considérable dans la vie humaine. Depuis que j’ai commencé mes recherches généalogiques, la question me taraude. Le sexe régissait-il les comportements de nos ancêtres paysans ou les comportement de nos ancêtres régissaient-ils leur sexualité ?

Comment nos ancêtres faisaient-ils l’amour, les interdits, les périodes, la virginité, la masturbation, les positions, autant de thèmes, autant de questions.

Avant de poursuivre, plantons le décor traditionnel, une ferme tenue par une communauté familiale, parents, grand-parents, enfants et parfois une parentelle élargie, frères ou sœurs avec leur propre famille. En général, la place accordée à l’intimité est fort réduite, les pièces sont petites, encombrées de lit ou de paillasse. Les lits sont parfois clos en certaine région mais la plupart du temps sont fermés par des rideaux. Les lits sont toujours occupés par plusieurs personnes, même celui des parents qui accueille souvent les plus petits.

Les granges, écuries ou étables sont également occupées par des dormeurs, fils aînés, valets, domestiques. Les femmes de la domesticité dormant avec les maîtres dans la maison principale et occupant le moindre recoin d’une paillasse souvent escamotable.

Au niveau donc de l’intimité nous étions  proche du zéro, et faire des galipettes en ces conditions demandait des techniques discrétionnaires bien rodées.

Le domicile n’était donc guère un endroit propice pour exalter ses ardeurs sexuelles.

Chaque communauté familiale dépendait d’un communauté villageoise et le poids de celle ci dans les comportements n’était pas petit. Vous y rencontriez, la famille élargie, vos parrains et marraines et leur lignée, vos oncles et tantes, vos cousins et cousines dans un enchevêtrement que même Beaucarnot ne saurait démêler. En bref vous ne pouviez faire un pas sans rencontrer quelqu’un qui vous connaisse. Il fallait donc jouer de subtilité pour y rencontrer une ou un partenaire sexuel sans que la communauté ne s’affole.

Rajoutons à cela, Monsieur le curé avec ses sermons sur la sexualité et la confession des péchés qui était obligatoire. Imaginer la confusion de votre arrière arrière grand mère en train de confesser au bon curé qu’elle s’est faite trousser le vendredi saint ou qu’un de vos arrière arrière grand- père ne soit obligé de réciter un chapelet de prière parce qu’il a osé se prêter au jeu d’Onan.

Convenons avec tout cela que rien ne devait être simple, mais que tous s’évertuaient certainement à contourner le poids sociétal.

L’étude porte évidement sur ce que pouvait être la sexualité dans nos campagnes, loin des turpitudes de la noblesse de cour ou des salons à la mode des grandes villes. Pas d’extravagance à la Marquis de Sade ou à la Mirabeau, pas d’orgie à la Philippe d’Orléans, pas d’homosexualité affichée, non une sexualité ou chacun essayait sans doute de composer avec les poids des coutumes, avec l’église, avec son environnement et peut être aussi avec sa sensibilité.

 

LES INTERDITS

Tout d’abord, il faut poser comme constat que la population était régie dans ses moindres comportements par l’église catholique et que l’amour physique ne servait qu’à la reproduction, tout le reste était au mieux futilité et au pire très grand péché.

L’amour hors mariage

Il était bien entendu interdit, la virginité ( féminine ) était de mise lors de la nuit de noces. Mythe de la pureté originel de Marie ou marchandise intacte la virginité était en théorie obligatoire. La perte de l’hymen lors de la nuit de noce prouvait que la jeune fille était pure et qu’il n’y avait pas tromperie sur la marchandise. J’insiste sur le mot mais je rappelle que le mariage était avant tout un contrat entre deux parties et qu’une des clauses tacites de ce dernier fut que la  » dame du milieu  » ne fut point déchirée.

Il y avait risque de répudiation et la renommée de la famille s’en trouvait pour le moins atteinte.

Certes quelques bizarreries se greffaient de ci de la, une jeunes fille qui s’était masturbée et avait brisé son hymen n’était plus vierge, alors qu’une jeune fille qui s’était faite sodomiser l’était encore.

Les jeunes filles qui avaient goûté aux joies de l’amour avaient recours à des subterfuges pour égarer leur mari sur la perte de leur anneau, petite poche de sang placée dans le vagin ou même utilisation de sangsue.

Bien sur tout cela était bien théorique et les curés fulminaient en chaire pour tous les égarement des paroissiens. En effet il n’était pas rare que des mariages s’effectuent à l’essai en une sorte de concubinage. En certaines régions des soupirants passaient la nuit avec leur promise ( en gardant leur chemise bien entendu ) et en Vendée les rites de séduction allaient fort loin.

Les exceptions ne font point la règle et la majorité des jeunes filles arrivaient vierges au mariage.

Laissons notre imagination de coté, ces jeunes femmes avaient certainement des pulsions qu’elles ne pouvaient pas toujours refréner.

Chez les hommes la difficulté était tout autre, la virginité au mariage n’était pas requise par la société, mais ou trouver des femmes consentantes au fin fond de nos campagnes . Les bordels ou Château Gaillard existaient certes en ville mais en dehors de cela quelle alternative se présentait à nos ancêtres ?

Pour l’église les hommes ne devaient pas avoir de rapport non plus, car je le répète en dehors de la procréation point de salut.

Pour sur l’église n’était point dupe et certains de ses membres succombaient aussi au démon de la chair.

Bien évidement il existait de nombreux rapports consentis, mais la normalité revenait au galop et on mariait rapidement les jeunes amants. Par contre les imprudentes au gros ventre, pouvaient être chassées de chez elle et une vie d’errance ou même de prostitution pouvait suivre ce moment d’ égarement .

L’onanisme

L’église considérant que tout émission de semence en dehors de la procréation est péché, cet acte qu’il soit masculin ou féminin était bien évidement proscrit.

La masturbation ou vice solitaire déjà formellement condamné par la transgression de la chasteté avant le mariage l’est encore une fois par l’excitation des organes sexuels et la pollution qui peut s’en suivre.

A l’intérieur du couple l’onanisme conjugal était aussi considéré comme péché véniel ( lorsqu’il n’y avait pas émission de semence ) et l église nommait ainsi tout acte qui stérilisait l’acte sexuel. C’est un acte contre nature disait elle .

Nos bons curés nommaient onanisme conjugal ou masturbation tous les actes qui ne tendaient pas à la procréation, comme le coït interruptus, l’utilisation de capotes, d’éponges utérines et évidement l’utilisation des mains et de la bouche. Le sens en était donc très large.

Au niveau médical, l’interdiction apparaît surtout à partir du 18ème siècle pour culminer fin 19ème. L’acte rendait débile  et amenait  les femmes à la stérilité .

Notons que la masturbation mutuelle était considérée comme plus grave que la masturbation solitaire car il émanait des pratiquants une pensée mauvaise et pernicieuse.

Bon d’accord tout le monde a compris, mais quand était il vraiment, le bas peuple ne lisait pas de livre et le tableau conjugal de Nicolas Venettes ne risquait pas de leur tomber entre les mains. Ces êtres frustres et dénoués de moralité écoutaient ils les sermons de nos bons prêtres, cela reste un mystère, mais gageons tout de même que nos ancêtres savaient parfois désobéir.

Sodomie

Nous passons maintenant dans une autre catégorie qui entrait dans la catégorie des péchés mortels

Il existait deux types de sodomie, celle que l’on nommait  » parfaite  »et que l’on pratiquait entre gens de même sexe et la sodomie imparfaite qui se pratiquait avec un partenaire de sexe différent.

Bon il faut être clair, la sodomie parfaite pouvait se terminer sur le bûcher et les condamnations furent nombreuses au cours des siècles. L’égalité n’existait pas en se sujet, lorsqu’on voulait pratiquer ce genre d’activité mieux valait être noble que journalier.

L’homosexualité était chassée et proscrite.

La sodomie imparfaite était bien moins grave, bien que proscrite, certains jeunes couples la pratiquaient pour patienter et des couples mariés comme contraception.

Notons qu’au Moyen age, la fellation et le cunnilingus étaient rangés dans les pratiques sodomites.

Fellation et cunnilingus

Là encore il y a condamnation avec évidement des nuances. Cette pratique entre gens du même sexe pouvait finir très mal, bûcher, bannissement exposition au carcan, fouet, enfin rien de bien réjouissant.

A l’intérieur du couple, l’église était un peu plus souple, l’acte commencé avec la bouche mais terminé dans les organes génitaux pouvait passer comme acceptable.

Mais soyons un peu terre à terre, nos ancêtres ne se lavaient guère, alors !!!!

Inceste

Bien sur interdit, cette relation sexuelle entre parents proches est pourchassée par l’église qui rappelons le exige pour le mariage des dispenses de consanguinité en cas de cousinage même très lointain.

Cette pratique est  d’ailleurs interdite par toutes les sociétés connues.

L’église allant très loin dans cette interdiction, de nombreuses personnes restaient célibataires car elles ne pouvaient trouver de compagnon ou compagne en dehors de la parentelle.

Adultère

Bien évidement l’adultère n’était pas toléré surtout du coté de la femme qui pouvait être passible d’une peine d’emprisonnement, alors que l’homme n’était qu’amendable, l’adultère ne sera dépénalisé qu’en 1975. De plus la société paysanne ne faisait guère de cadeau et les couples adultérins pouvaient être objet de vindicte  populaire.

Bien terminons pour les interdits et résumons.

Aucune sexualité féminine avant le mariage virginité oblige, pour les hommes ma foi le bordel était toléré.

L’homosexualité était un crime avec toutes les pratiques sexuelles qui allaient  avec.

La masturbation était un péché mortel

La sodomie imparfaite ou sodomie familiale donc sur une femme était tolérée de fait mais restait péché mortel.

La sexualité était encore à caractère reproductif ( du moins au yeux de l’église )

Dans le prochain article nous étudierons ce qui était licite et ce que nous savons des us et coutumes sexuelles de nos aïeux.

UNE ANNÉE 2018 FORT RÉUSSIE.

En cette fin d’année je tiens à remercier l’ensemble des internautes qui m’ont suivi à travers mes histoires. Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire et cela me comble de bonheur, au départ destiné à l’édification de mes enfants et petits enfants, mon blog a pris une importance que je n’espérais guère en démarrant cette aventure.

J’ai des lecteurs dans environs 90 pays et cela fait toujours bizarre de savoir qu’un texte que vous avez écrit soit lu à l’autre bout du monde.

Je ne sais pas de quoi  demain sera fait mais d’ors et déjà quelques textes sont prêts et j’espère qu’ils vous intéresseront.

N’hésitez pas à commenter,  à liker, à partager et même à me soumettre des idées.

TOP 5 DE MES TEXTES POUR L’ANNÉE 2018

De quoi mourait on dans nos campagne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/05/18/de-quoi-mourait-on-dans-les-campagnes-dautrefois/

Une sinistre histoire de viol : https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

Le berceau de la petite morte : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/08/31/le-berceau-de-la-petite-morte/

La mort de la petite paysanne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/04/09/la-mort-de-la-petite-paysanne-le-fleau-de-la-variole/

La niflette tradition Provinoise :  https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

Je vais terminer en vous souhaitant  une bonne année 2019,  plein de belles trouvailles et en vous remerciant une dernière fois pour vos visites assidues.

Pascal

NAPOLÉON EST MORT EN NORMANDIE

Le 20 mars 1811, les cloches de Paris résonnent, la grasse Autrichienne a donné un enfant au parvenu Corse. L’empire, colosse au pied d’argile est à son zénith.

On lui donna  les prénoms de Napoléon François Joseph Charles , Napoléon comme papa, François comme son grand père l’Empereur d’Autriche, Joseph comme l’oncle paternel malheureux roi d’Espagne et Charles comme l’infortuné grand père paternel mort d’un cancer de l’estomac il y a bien longtemps.

Le 21 mars 1811 à Alençon département de l’Orne on venait de recevoir la grande nouvelle de l’arrivée de l’héritier, lorsque Renée Poiriel la sage femme dans une mansarde de la rue du Mans mit au monde un gros garçon. Il fut déclaré de père inconnu et de mère inconnue. La brave femme dut déclarer la naissance et s’adjoignit deux témoins. Mais quel nom donnera t’ on à ce petit être abandonné?

L’officier d’état civil sans doute enthousiasmé par la noble naissance parisienne lui donna illico le nom de Napoléon. C’était peu, mais énorme à la fois, peu car on ne prit pas la peine de lui donner un nom à moins que ce ne fut un prénom et l’enfant nommé Napoléon se verra nommer Napoléon Napoléon. Lourd fardeau on en conviendra surtout après la chute de l’empire.

Le petit Napoléon grandit en Normandie et devint charpentier, fut il surnommé la paille au nez comme son parrain de nom et fut il importuné par le double fardeau d’être un enfant abandonné et d’avoir pour nom celui d’un empereur déchu ?

Quoi qu’il en soit notre empereur de la charpente rencontra une jeune domestique de Saint Georges le Gautier en Mayenne et convola avec elle le 25 novembre 1834 en la commune de Courcité où il résidait. La belle se nommait Joséphine Courtogis et par les lien sacrés du mariage devint Mme Joséphine Napoléon. Cette dénomination était fort clinquante d’autant plus que l’épopée Napoléonienne devenait à la mode en cette monarchie bourgeoise du roi Louis Philippe.

Napoléon et Joséphine vécurent un moment chez Joseph Courtagis le beau père, cultivateur de son état.

En 1836 le 18 janvier à la Galopière ils eurent un garçon qu’il prénommèrent Joseph comme son grand père.

Cela faisait un Joseph Napoléon de plus, ( bon d’accord l’authentique était encore aux États Unis ).

Notons pour l’anecdote que le sieur Tullard fut le témoin du mariage de Napoléon et de Joséphine et de la naissance de Joseph Napoléon.

Bon je vous éclaire, Jean Tulard est un historien spécialiste de l’empire et aurait sans doute adoré être témoin de mariage de Napoléon.

Le couple eut ensuite deux filles , Léonie et Désirée, ils s’installèrent à Saint Mars du désert. Joséphine y mourut en 1863.

Notre Napoléon vénérable vieillard qu’aucune maladie ne vint perturber mourut à l’aube du 20ème siècle le 27 avril 1900 en son domicile.

De ce Napoléon sont issues de nombreuse branches.

Notons pour finir que de nombreux enfants abandonnés reçurent ce patronyme.

 

LA COMPLAINTE DU CIMETIÈRE

 

Éloigné des vivants, salubrité oblige, un lieu clos sert de champs de repos.

Ceint de hauts murs, sourd aux bruits de la vie, terre de sommeil, où dorment nos êtres aimés.

Barrière close, frontière des vivants et des morts d’où simplement émergent la cime de quelques cyprès en majesté.

Fermé aux regards, mort sale et honteuse que seuls quelques insolents mausolées osent par leur haut toit troubler.

Pour y pénétrer, une simple grille ouvragée vêtue de noire, grinçant lorsqu’on la pousse, elle avertie de notre visite par sa simple mélopée.

Certains se redressent, d’autres sourient, les visites sont rares en cette fin d’après midi

Le long du mur, un robinet pleure , des chrysanthèmes aux pots cassés achèvent leur brève vie.

Sur un coté une triste bâtisse, où pourrit une carriole en bois, corbillard tracté, inutile et dépassé.

Au sol un tapis de cailloux d’où émergent des herbes folles, nos pas nuisent au silence, faisons nous léger et ne troublons pas leur quiétude.

Nos voix se font maintenant chuchotement, étrange comportement , craignons nous de les réveiller en leur sieste éternelle ?

Les tombes semblent alignées par Monsieur d’Oignon, perspective plane et linéaire.

Architecture divers au goût et au coût de chacun, pierre de marbre gris, terre à peine tassée ou présomptueuse chapelle, tout rappelle la place de chacun.

Pauvre dans la vie,  tu le restes dans la mort, mais la transformation en poussière reste la même, journalier ou puissant se rejoignent dans la durée de leur disparition charnelle .

Entretenues ou non, fleuries ou pas, simples ou majestueuses elles témoignent d’un passage, avertissement futur, notre tour viendra.

Certaines belles se gardent du temps, d’autres vieilles filles flétries, s’écroulent ou se tassent. Des noms et des dates perdurent, d’autres effacées par le temps qui passent entrent en anonymat.

A droite, elle fut bonne mère et bonne épouse, à gauche celui qui fut héroïque sourit benoîtement dans son uniforme, mort à vingt ans dans la glaise de la Marne.

Un autre semble se réjouir  de rejoindre son petit frère, laissant pour des années un couple éploré.

Plus loin un couple de vieillards que la mort a réuni depuis bien longtemps, les plaques sont cassés et la croix est brisée.

Certaines portent la marque d’une passion, moto, rock star, chien, scènes de pêche ou de chasse sont gravées en guise d’amour et d’amitié.

Celle-ci est solennelle, Monsieur a fait  » polytechnique  », sur l’autre,  voisine en considération, un maire  « a fini ici sa vie ».

Les passants s’en moquent pitoyable considération j’irai cracher sur vos tombes

A coté un petit enclos de fer forgé, d’où point une ancienne peinture blanche, » à mon fils chéri, trop tôt disparu ».

Des limbes montent encore parfois de ce coin des enfants, poursuivons plus avant.

Un peu à l’écart, une grande demeure à l’enseigne sculptée, famille Untel, la porte maintenant disparue laisse entrer les éléments, une belle femme figée en son habit des années folles vous sourit. Mais la richesse n’efface pas l’oubli, sépulcre de mauvaise pierre ou noble de Crazanne les années détruisent ce qui fut construit.

D’un beau marbre rose, couverte d’un champ de fleurs, celle ci est neuve, des larmes marquent encore la poussière grise déposée par le vent.

Et puis dans un coin, un champs de ruine, Pompéi de notre campagne, une fosse commune de pierres tombales, brisées, cassées, effacées, mousseuses elles entrent dans l’oubli bientôt réduites en poussière et rejoignant dans une dissolution commune les corps qu’elles ont autrefois abrités.

Ma visite se termine, des grolles et les conifères m’accompagnent dans un dernier chant , je sors un instant mais j’y reviendrai, toi derrière et moi devant.