La construction d’une histoire  » le TRÉSOR DES VENDÉENS  »

 

On a tous à un moment donné, envisagé de prendre la plume et de raconter l’histoire de nos ancêtres.

Rien de plus facile mais aussi rien de plus difficile, ils sont proches, on peut presque leurs tendre la main. Mais les quelques actes où ils apparaissent, suffisent-ils pour nous permettre d’appréhender leur vie. C’est une vaste question à laquelle je serais presque tenté de répondre par oui.

La sécheresse de l’état civil ne permettant pas à mon avis de faire transparaître leur humble vie de façon vivante et intéressante pour un lecteur. Il faudra toutefois apporter à l’ensemble une touche romanesque. Une simple énumération de dates et de lieux lasserait à coup sur.

J’ai déjà écrit quelques textes mettant en scène mes ancêtres, ils ont été appréciés auprès de vous et l’idée d’en écrire une qui regrouperait plusieurs branches qui finiraient par se rejoindre m’est venue suite à vos encouragements.

J’ai choisi d’écrire l’histoire des arrières grands parents de la grand mère de mon épouse. Cette dernière est née peu avant la première guerre mondiale à une époque pivot pour la paysannerie et d’ailleurs pour le monde en général.

C’est un vaste programme et je m’en rends compte maintenant à l’écriture.

La personne de référence est donc une noble grand mère , nommée mémé Titine et qui pour l’état civil se nommait Marie Élisabeth Ernestine Alexandrine Proux. Elle nous a quittés il y a maintenant quelques années ,13 ans. Elle avait de l’importance ce sera donc une sorte d’hommage.

A partir de cette brave paysanne je me suis mis en quête de conter l’histoire de ses huit arrières grands parents.

Pour pouvoir le faire je me suis simplement glissé dans leur rôle, j’ai revécu leurs joies, leurs peines, leurs  amours. J’ai fait naitre leurs enfants, enterrer leurs proches. J’ai pénétré leur intimité, je me suis glissé dans leurs draps, j’ai saisi leurs outils et poussé la charrue.

Pour rajouter une petite touche liant ces familles j’ai inventé une petite histoire qui leurs est commune, elle n’est pas prépondérante, mais sert de support à l’ensemble.

L’idée première était de narrer la vie de ces huit personnes mais je me suis tout de suite aperçu que ne vivant pas seules il faudrait aussi que j’évoque la vie des gens qui les entouraient.Je me suis vite retrouvé à côtoyer  des dizaines de personnes. C’est une difficulté majeur que de les évoquer sans qu’ils prennent le pas sur vos héros.

Pour me lancer dans cette grande aventure je me suis plongé dans les sources dont je pouvais disposer et que vous connaissez.

La plus importante est bien évidemment le registre d’état civil . J’ai été obligé bien entendu de faire l’arbre généalogique descendant de tous mes personnages mais aussi de celui de leurs proches. Ce ne fut pas une mince affaire et je dois avouer que quelques zones d’ombres subsistent.  Il m’a fallut  être exact et méthodique pour compiler toutes ces données, car je tenais à ce que toutes les informations soient exactes.

J’ai ensuite passé énormément de temps dans les listes de recensement, ce fut primordial pour pouvoir appréhender leur vie. On trouve beaucoup de choses dans ces listes, leurs lieux de vie, leurs voisins, leur famille, leur environnement social, leur profession et leur condition sociale. C’est une mine d’or indissociable de ce genre d’écriture.

Lorsque l’on possède le nom de l’endroit où ils ont vécu un petit tour dans le  cadastre vous permet de visualiser leur lieu de vie.

J’ai également utilisé les très utiles comparateurs de cartes et l’indispensable Google earth.

Je me suis rendu sur les lieux pour me rendre compte que les changements opérés par l’homme dans l’habitat ne me permettaient pas de me mettre complétement dans l’ambiance. Moi qui comptait là dessus j’en fus assez déçu.

J’ai lu aussi les registres de délibérations municipales afin d’y glaner quelques bribes d’informations sur ces villages sans histoire.

Il m’a fallut aussi connaître l’histoire locale et régionale et j’ai également mis à contribution mes souvenirs de dizaine d’années de lecture et d’étude.

Pour les hommes j’ai également parcouru les registres matricules, c’est très intéressant, niveau d’étude, description physique et localisation allant au delà des registres d’état civil.

Je rajouterais la lecture de quelques journaux et nous aurons à peu près tous les éléments qui vont pouvoir nous permettre de commencer.

 

Une fois vos notes couchées sur un papier, il faut laisser sa plume faire le reste, ne rien lui interdire pour que cette compilation de données brutes prenne vie.

Pour que cela soit réussi il faut se délester de sa carapace d’homme moderne et prendre place dans la peau de ceux qui nous ont précédés et qui nous ont donné le jour. Il faut s’imaginer à la peine traçant un sillon, s’imaginer sur un lit de douleur donnant naissance à des enfants que vous ne verrez peut être pas grandir. Sentir l’eau froide de nos rivières quand vous rincerez votre linge, sentir les ampoules vous venir lors du battage des grains. Il vous faudra enfin mourir sur votre grabat sans que les secours d’un médecin ne viennent adoucir votre trépas.

J’aurais pu choisir n’importe quels ancêtres, mais la richesse des archives numérisées Vendéennes a fait que je me sois plongé dans ce canton de la Mothe Achard.

Par expérience, je me suis rendu compte que les archives départementales de Vendée étaient à la pointe de la numérisation des données et qu’il m’aurait été difficile de faire ce que j’ai fait sur un autre département.

De plus les particularités sociétales font qu’il est plus facile d’écrire sur des familles vendéennes que sur d’autres. Les vendéens vivaient en famille et souvent dans un habitat dispersé.

Seule la taille de l’exploitation conditionnait le nombre des habitants qui y logeaient et qui y travaillaient . Lorsqu’un couple était de trop il s’en allait, lorsque les enfants étaient trop nombreux ils étaient placés comme domestiques. Tout était immuable, la force des choses et la force des coutumes. Mes héros bougèrent beaucoup ce qui eut pour inconvénient d’avoir à les retrouver mais qui eut pour avantage de rajouter des éléments narratifs.

Il en sera ainsi jusqu’à la première guerre mondiale. Après tout changera, les vendéens s’exileront, les paysans iront à la ville et la  »langue vendéenne » disparaîtra au profit de la  »langue Française  ».

Je précise que l’histoire du trésor est inventée de toutes pièces, le moulin du Beignon à Saint Flaive des Loups a bel et bien existé, mais les occupants décrits dans mon histoire sont fictifs.

C’est la seule concession tous les autres personnages de l’histoire sont bien réels, ainsi que toutes les dates et autre lieux.

Je vous invite donc à me lire et à vivre à travers quatorze personnages la vie de ces illustres inconnus qui pourraient être vos parents.

J’ai insisté sur la vie intime, ne voulant pas surcharger mes textes de discussions techniques et politiques.

Mes textes sont corrigés par mon épouse, je suis un autodidacte de l’écriture et elle n’est pas une correctrice professionnelle, des fautes d’orthographe peuvent donc nous échapper et des erreurs grammaticales ou de syntaxe peuvent aussi froisser les puristes.

Ma chronique s’étendra sur une grande partie de l’année 2020, avec environ cent cinquante épisodes. Ensuite je compilerai ces pages dans un manuscrit et je tenterai peut être une autre aventure.

J’espère que vous me suivrez dans cette aventure pour moi passionnante.

A TRÈS BIENTÔT

 

8 réflexions au sujet de « La construction d’une histoire  » le TRÉSOR DES VENDÉENS  » »

  1. Bonjour et mes meilleurs voeux,
    J’attendais une suite à vos recits merci de nous la proposer j’attend toujours avec impatience le nouvel épisode. BRAVO continuez vous nous faites rêver

  2. Bonjour et meilleur voeux pour la nouvelle année qui débute. Inutile de vous dire que j’ai hâte de lire votre récit. Je suis née près du Moulin du Beignon à l’Audouinière de Sainte Flaive des Loups. A bientôt !

    Annie

  3. Ping : LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 3, une enfance paysanne à l’Ératière | Arbre de vie

  4. Merci pour ce beau projet d’écriture de l’histoire de vos ancêtres. Ça me touche particulièrement, parce que mes grands-parents , venaient de Cuguand et de Gétigné. ( Auguste Douillard et Véronique Bossard ) J’ai hâte de vous lire à bientôt

  5. Les régions que vous décrivez ne sont pas les miennes mais on retrouve dans vos récits sans nul doute du vécu de nos ancêtres dans toutes les campagnes de France au cours des siècles passés. On s’y croirait…
    Bravo pour votre imagination et votre travail !

  6. Ping : LE TRÉSOR DES VENDÉENS résumé des épisodes précédents | Arbre de vie

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