LES SAUNIERS DE L’ILE BLANCHE, ÉPISODE 8, La conquête de ma femme

 

Marie Anne Savariau la belle que je convoitais avait été recueillie par son frère et sa belle sœur lors du décès de ses parents. Lui s’appelait Gabriel et était comme de juste un saunier et la mégère à l’anguille sa femme se nommait Grisard Marie.

Je continue, mon récit, ma mère comme toutes les femmes, allait à la côte pour ramasser le sart* . De bon matin le soleil à peine levé après avoir effectué quelques tâches ménagères, elles allaient en général chercher leur cheval à l’aisine* puis en une longue procession, se dirigeaient sur le bord de l’océan, ma mère se rendit chercher notre brave Jean puis rejoignit  les autres. Les plages étaient  toutes pleines de ce varech d’épave mais maman avait ses habitudes et le cueillait  au petit bec.

Une autre femme choisissait cet endroit et elle m’intéressait au premier chef.

Nous avions besoin de ce varech ou ce sart comme on voudra, pour fumer nos cultures d’orge, la terre de marais n’était pas très bonne et sans cet apport de nourriture notre terre n’aurait rien produit.

Ces longues algues se détachaient et s’échouaient sur le sable d’où cette appellation de varech d’épave.

Nous étions parfois aussi obligés de l’arracher à l’estran* et on l’appelait le varech de coupe. C’était un dur travail dans l’eau froide, les mains pleines d’engelures, les pieds en sang des coupures sur les rochers. Ma mère comme les autres préférait le ramasser sur la plage, il n’y avait qu’à se baisser, puis à le charger sur le cheval. Une fois le cheval ou la carriole chargés pour ceux qui en avaient, il fallait ramener la récolte au marais où nous les hommes le rependions.

Ma mère entreprit la Marie Grisard sur mon sujet, ce ne fut pas facile et il fallut qu’elle remette la question à l’ordre du jour à chaque sortie pour la récolte.

Un jour que je rentrais après les métives* ma mère m’attendait assise sur une chaise devant la maison, il faisait frais et de nombreux sauniers après leur souper étaient ressortis pour parler et profiter du frais.

La mère occupée à coudre une de mes guenilles pour la prolonger un peu me fit un grand sourire de sa bouche édentée, ce n’était pas très fréquent et je m’en étonnais.

Elle me fit, » tu peux avec la Savariau, la famille s’opposera pas ». Pour un peu je l’aurais bisé mais je me retins et je partis en courant voir mes comparses de la milice.

Dès le dimanche suivant j’entrepris la conquête de Marie Anne, ce fut long car la belle était farouche, non pas qu’elle fut pudibonde ou pincée,non simplement elle se savait désirée et je n’étais point seul sur l’affaire.

Un soir que j’étais de retour du Roc je passais devant le moulin du Nicolas Chabot,et je vis la Marie Anne glousser avec une grande brindille de garçon meunier. Mon sang ne fit qu’un tour et je m’apprêtais à lui mettre une rouste lorsque le propriétaire du moulin sortit. C’était une personnalité influente dans le village et je n’allais pas m’en attirer une iniquité. Marie Anne fut charmée de voir que je pouvais me battre pour elle.

Désormais elle ne fréquenta plus que moi, les choses avancèrent lentement, on commença par échanger quelques mots, puis je la raccompagnais chez elle.

Ensuite le dimanche nous allions à la côte et à l’abri des regard nous nous offrîmes des baisers.

Évidemment comme tous les autres nous étions tentés d’aller plus loin, j’avais 23 ans et elle 27 ans.

Je n’avais jamais connu de femme charnellement et on peut dire que j’étais complètement ignorant de tout. Je n’avais pas eu de frère pour me renseigner, ni de sœur à qui j’aurais pu voler un moment d’intimité. Il n’y avait que ma mère comme élément féminin et jamais je ne me serais permis de l’observer en cachette.

J’étais donc à tout prendre un grand benêt.

Marie Anne était aussi vierge, du moins c’est ce qu’elle prétendait, mais nettement moins nunuche que moi. Elle avait déjà vu des hommes nus et n’ignorait rien de l’anatomie masculine. Bref en théorie elle savait faire.

Je la découvris peu à peu car nous en étions maintenant aux caresses. Je passais à l’exploration de ma belle et ses jambes musclées par le travail au marais furent ma première découverte.

Elle ne me laissa point monter trop haut le long de ses cuisses, je la savais nue sous sa robe et j’étais comme fou. Pour le haut du corps je ne pus qu’entrevoir ses charmes.

Par contre la diablesse savait m’agacer et une fois….

Pour finir avec le sujet nous resterons vierges tout deux jusqu’au mariage.

Heureusement il fut fixé le lundi 8 novembre 1723. Tout était prêt, le contrat chez le notaire était passé, j’avais offert un petit anneau de cuivre que j’avais acheté à Saint Martin.

Marie Anne qui entre autres talents savait coudre se confectionna une robe avec un coupon que lui offrit sa belle sœur.

Il restait un problème de taille comment nous loger?  Chez Marie Anne il y avait déjà un couple et des enfants qui avaient notre âge donc pas question de nous établir la bas. La maison où j’habitais était bien petite, une seule pièce en bas et encore presque enterrée car il nous fallait descendre quelques marches pour y accéder. Il fut donc établit que nous dormirions en haut dans le galetas au milieu des grains et des fruits qui séchaient. Lorsque nous aurions des enfants nous tenterions de trouver une maison plus grande avec peut être une pièce supplémentaire pour loger maman.

En attendant il faudrait partager notre intimité avec ma mère, deux femmes à la maison pour diriger cela n’allait pas être de tout repos. Bon en théorie, ma mère devait s’effacer mais là j’avais un mauvais pressentiment. De toutes les façons on ferrait comme tout le monde.

Maintenant il faut que je vous conte mon épopée à Saint Martin, comme je vous l’ai déjà dit mon horizon n’allait pas si loin et je profitais d’une livraison de sel pour m’y rendre.

 

 

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