LA BELLE MORTE ET LA TUEUSE D’ENFANT, ÉPISODE 8, la mortelle correction

Il s’appelle Antoine Pelet, c’est un solide maçon de quarante et un an, au moins avec lui elle aura du répondant, sûr de son physique, il pourra sûrement épancher la soif d’amour physique de Marie Anne.

Le seul problème est qu’il ne possède pas grand chose, ce n’est pas les maçons qui enrichissent les patrimoines.

Les années s’écoulent , Jean le Petit Goumi a lui aussi réussi à survivre à sa mère, on le voit trainer malgré son jeune age partout dans le village, sur qu’il va faire les quatre cent coups comme son ainé. Il est sale, enfin plus que la moyenne, morveux, pouilleux, insolent et ma foi un peu attardé..

Le maçon est la plupart du temps à la maison, cela veut dire que Marie Anne jette dehors les deux garçons

Pelet dit le Bernes n’est pas tendre non plus et souvent il abat sa main sur Jean. Sans évidemment se soucier de son éducation il le bat car cet être lui rappelle simplement son père Sylvestre.

Au mois d’octobre 1861 la Marie Anne exulte, elle va avoir un petit, au moins celui là elle en connaît le père.

Les habitants du village eux ne rigolent pas, deux fois veuve cette saloperie trouve le moyen de se faire engrosser. Déjà qu’elle n’est pas capable d’élever les deux premiers, c’est vraiment honteux.

Le village a beau être isolé tout le monde dans la vallée de Vicdesos connaît les affaires de Marie Anne. Les hommes pris de boisson se vantent de l’avoir eu cette pas grand chose, les femmes se signent en évoquant son nom. Sans être prude la population a des limites sociétales que cette femme de mauvaise vie bafoue allégrement.

Donc la vipère se pavane bientôt avec son gros ventre, il faut avouer que cela lui va bien, sa haute taille et sa forte corpulence sont magnifiées par sa grossesse. Son teint est beau et lisse, et fait comme un pied de nez à la peau tannée  des autres femmes. Sa poitrine est somptueuse et les hommes en la voyant passer rêvent de s’y perdre. En voyant sa croupe altière plus d’un se verraient s’y perdre.

En bref on la déteste mais on l’envie, elle en fine mouche le ressent et en joue avec sa gouaille coutumière.

Le 15 mai 1861 elle donne naissance à un fils qu’on nomme Justin. Il porte le nom de Ruffié et le curé rechigne à le baptiser.

Trois fils et pas d’homme à la maison.

Personne ne s’attendait au comportement de Marie Anne, elle prit son petit dans ses bras, le réchauffa sur sa généreuse poitrine, l’embrassa comme jamais elle ne l’avait fait pour Jean et Joseph.

Dès le lendemain elle ouvrait grand son corsage pour allaiter le petit, pour un peu le curé aurait fait sonner les cloches en son honneur.

Cela ne l’empêcha pas de coller une monumentale taloche à Jean car il avait observé sa mère qui donnait à boire. Le malheureux n’était pas prêt d’entrer en grâce.

Raymonde ne comprenait pas l’attitude de sa compagne, brutaliser l’aîné, ignorer le cadet et aduler le dernier né. Aucun sens commun, sa mère aimait sa sœur et elle sur le même pied.

Toute la famille partait sur Toulouse voir les grand parents paternels, cétait une source de joie mais aussi d’inquiétude, car Raymonde était très faible.

Cette derrière crut même entendre , il faut qu’on l’emmène c’est peut être la dernière fois qu’elle pourra venir. Bien sûr Marie Anne fut du voyage, assise avec sa robe de prisonnière pas très loin de sa confidente.

Jean maintenant a quinze ans, c’est un petit gabarit, souffreteux, maigrichon. Sa faiblesse ne lui permet guère de travailler. Sa mère qui est responsable de cet état de fait,enrage et le traite de bon à rien.

Comme il a grandit,  les corrections sont en rapport avec son âge. Pour ne pas se faire mal Marie Anne prend le manche de la cognée, ou le fouet, ou la ceinture.

Jamais il ne se rebelle, il reçoit ses punitions comme il recevrait un morceau de pain. Un jour qu’il a malencontreusement renversé sa maigre soupe elle décide de le fesser.

C’est un homme maintenant et il répugne pour la première fois à obéir et se montrer nu. Elle redouble de rage et le bourre de coup de poing, rien n’est épargné, visage, ventre, dos , bas ventre. Elle obtient ce qu’elle veut et le voilà nu devant elle. Il cache son sexe à peine pubère. Elle le regarde et se moque, l’humiliation est plus forte que les coups. Mais la ceinture s’abat sur les cuisses de Jean, il s’effondre sous la douleur.

Les coup tombent et comme un maître châtierait son esclave, Marie Anne cingle et cingle encore. Le sang gicle, les fesses et les cuisses sont rouge vif, elles ne sont que plaies. Antoine rentre et voit sa compagne qui s’en doute va tuer son fils, il lui arrache la ceinture et l’éloigne.

Le gamin remonte péniblement son pantalon, rajuste sa chemise et va s’effondrer sur la paille qui lui sert de lit sous l’escalier.

Il a soif, faim, il a mal, au loin il entend Justin pleurer, mais aussi sa mère qui comme un office religieux prend Antoine en son corps.

La nuit se passe; il tremble de froid, la chaleur du faible feu de la pièce principale n’atteint pas son recoin.

Il a mal au bas ventre, son sexe et son aine sont noirs. Il a de la fièvre.

Son frère Joseph compatit à tant de douleur et en parle à sa grand mère.

Jean entend au dessus de lui des voix d’adulte, on lui demande ce qu’il a, il est trop faible mais murmure que c’est sa mère qui lui a infligé une correction.

Il faut qu’on le soigne, qu’on le retire des mains de la folle. Mais que faire il est là, pale, tremblant , puant dans sa merde, incapable de se lever.

On prévient,  Marie Anne arrive, on se sauve car elle fait peur, on en parlera au maire, qui préviendra sans doute les gendarmes.

Le lendemain Dhers Joseph dit fardiel et Rousse Jérôme dit trabaillou deux cultivateurs constatent que Jean Dhers dit Chil est mort.

La rumeur enfle, on rapporte les propos du petit et on décrit son état, pire qu’un chien, plus sale qu’un loup, son ventre était noir. Son corps était d’une maigreur de cholérique.

Le maire pourtant n’intervient pas, nous sommes en février le village est isolé par la neige, les gendarmes sont trop loin et inaccessibles.

Alors on fait comme si il était mort d’une simple maladie, après tout on en sait rien.

Mais aux yeux du village Marie Anne vient de tuer une troisième personne,ses deux maris et son fils aîné, on se met à trembler pour le deuxième.

 

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