UNE ANNÉE DE LA VIE D’UNE FEMME, Semaine 8, la toilette

La toilette

Nous étions dimanche et je décidais de faire toilette, je m’y étais prise de bonne heure et de l’eau chauffait doucement à cet usage.

Je n’avais pas grand temps entre le départ des hommes et la messe, d’autant que Stanislas le vicieux voulut rester pour me reluquer. Il était hors de question qu’il me voit nue. Une bonne chrétienne ne se dévoilait pas complètement . Il y avait bien assez de ma belle mère qui sournoisement dans son lit de malheur m’observait de ses yeux vitreux.

Je commençais par mon visage puis doucement je descendais vers mes aisselles, bizarrement j’aimais l’odeur forte qui se dégageait de mes sous de bras, je trouvais cela excitant. Je n’aimais pas les gens sans odeur, j’avais l’impression qu’ils sentaient la mort.

D’ailleurs si je devais nommer l’un des sens que je préférais , je dirais sans hésiter, l’odorat. Pour me sentir bien dans un endroit,il fallait que les odeurs me plaisent en premier lieu.

Certains regardaient les yeux, l’expression du visage, un rictus ou un autre signe pour se faire l’idée d’une personne, moi je le respirais, le humais. Parfois je me disais que c’était bien étrange mais bon c’était ainsi et je crois que cela avait une efficacité certaine.

Puis comme j’avais ôté le haut je me frottais la poitrine et le ventre. L’eau chaude qui coulait entre mes deux seins me procura une sensation de bien être, j’aimais ces petits plaisirs de la vie.  Ma petite sœur vint m’aider pour le dos. Elle me frotta avec énergie, elle s’était mise de l’eau partout et je la menaçais de la laver au milieu de l’enclos à cochon. Pas du tout effrayée elle continua et fut bientôt aussi mouillée que moi. On rigola bien j’aimais ce moment d’intimité presque féminine avec ce petit bout de femme.

Je remis mon corsage et je nettoyais le bas,  je nettoyais chaque parcelle de mon corps en les recouvrant au fur et à mesure.  Je n’étais jamais vraiment tranquille, nue au milieu de la pièce. Nous n’avions pas comme dans les châteaux des endroits dédiés à notre intimité. Bien sûr je ne me dénudais jamais entièrement le sexe et les fesses, non vraiment cela n’aurait été qu’inconvenance. Je soulevais mes jupons et je faisais une toilette sommaire. J’avais été élevée comme cela ma mère disait nous n’étions pas des catins et cet endroit de notre anatomie n’avait pas à recevoir beaucoup de soin. Je ne sais si ce précepte était très bon pour la santé, alors je préférais quand même m’en occuper un peu.

Lorsque je remontais mon chiffon je vis qu’il était teinté de sang. Mes menstrues arrivaient, je n’étais donc pas grosse.  Nous les femmes cette arrivée nous délivrait de l’angoisse d’être enceinte et aussi nous délivrait de l’attitude trop pressante de nos hommes.  mais cela étaient les seuls avantages à cette arrivée mensuelle.

Je n’aimais pas beaucoup que cela me dégouline le long des cuisses, imaginez vous à l’église ou devant un homme. Je pris donc des bout de tissus que je me mis entre les jambes et que je fis tenir avec une sorte de ceinture de lin. Je n’étais guère à l’aise pour travailler mais bon nous devions toutes faire avec.

J’entendis alors du bruit dans la cour et en sortant pour voir d’où cela venait, j’aperçus Aimé mon petit valet qui tentait d’échapper à ma vue.

Je le rejoignais pour lui dire que je n’aimais pas beaucoup qu’il m’épie. Mais lorsque qu’il me fit le plus grand des sourires et qu’il balbutia un vous êtes belle maîtresse, je fondis comme neige au soleil.

Bêtement je lui dis que parce qu’il m’avait vu dénudée je devais aussi le voir ainsi. Il devint rouge comme un coquelicot et je lui tournais alors le dos, car ma sœur m’attendait par sa toilette.

Je ne sais pas ce qui m’a prise de lui dire une telle inconvenance, à mon tour le rouge me monta au front

Un peu énervée et excitée par mon valet, je déshabillais la petite pour la mettre dans une bassine en fer blanc. Je le laissais à ses ablutions en la surveillant de loin. Il me restait à faire manger la belle mère.

La nourrir et surtout la voir se dire je suis nourrie par cette peste me comblait d’aise, la voir souffrir d’être dépendante de moi, était ma petite vengeance.

Je passais de la bassine où jouait ma sœur au lit où agonisait ma belle mère.

Au fond de moi je savais qu’elle allait passer, elle ne mangeait presque plus rien, sa maigreur était terrible , sa poitrine si belle était comme fondue.

Moi sa mort ne me dérangeais guère, je ne l’aimais pas. Bien que l’on sait ce que l’on perd mais pas ce qu’on gagne. Car le père n’était pas homme à se passer de femme, il aimait les jeunes vierges et sa position de métayer ferait qu’il passerait facilement contrat avec un père.

 

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