UNE ANNÉE DE LA VIE D’UNE FEMME, Semaine 7, Une dernière étreinte avant carême

Une dernière étreinte avant carême

Le lendemain il fallut bien se lever pour travailler, demain serait encore chômé avec le mardi gras et tous se devaient de terminer les travaux hivernaux qui avaient pris du retard suite au mauvais temps.

Ce n’était pas la figure des meilleurs jours, le grand valet avait une tête de malade en fin de vie et de plus avait pris une toux de mauvaise tournure. Le jeune valet mon Aimé emmitouflé dans sa veste semblait avoir perdu toute la chaleur de son corps. Mon père menaça de les virer, mais cela était de pure forme car toute la jeunesse avait fait carnaval et ripaillé plus que de raison.

Mes frères avaient un solide mal de tête et rien que l’on puisse dire ne les intéressaient.

Mon mari qui devait aller aider dans une métairie à l’autre bout du village n’apparaissait toujours pas. Mon père en chef fut sur le point d’aller le réveillé avec un seau d’eau.

Il se leva enfin se fit engueuler comme un domestique et se sauva comme un voleur sans manger.

Tous partis je me rendis à l’étable car le collecteur de lait lui n’attendrait pas. J’étais à peine assise sur mon tabouret que le Stanislas tapis dans l’ombre apparut. Je savais ce qu’il voulait, je savais toujours ce qu’il voulait. Il n’en était pas question, il n’avait tenu qu’à lui de répondre hier soir à mes sollicitations.

Mais le diable était têtu, il me voulait . Une lutte s’engagea entre nous, je le repoussais, il m’attrapais. Il me serra très fort, usant de sa force, je lui mordis les lèvres et je vis dans ses yeux des éclairs de haine. Je le savais capable de me forcer , j’étais sa propriété, le mariage était contrat et mon corps lui était du. Alors pour abréger je fis acte de soumission, la violence de la bataille l’avait excité et il ne fut pas long.

Je le savais chrétien et bien peureux alors le carême serait pour moi une période où il s’abstiendrait sûrement.

Mon père, le lendemain pour faire honneur à sa métairie, consentit à sacrifier un gros poulet. Ce fut festin de roi, nos volailles étant destinées à la vente.

Nous n’avions pas fini nos agapes que des crèves la faim toquèrent à notre porte. En haillons, pieds nus, les fesses presque à l’air, la morve au nez et la gueule sales trois petites filles. Nous les connaissions elles étaient du village. Leur père journalier s’était blessé lors d’une coupe de bois et ne pouvait donc ramené d’argent à la maison et la mère encore grosse n’effectuait que de loin en loin des tâches mal payées. Il fallait donc que les enfants en passent par la mendicité et que le ménage soit secouru par la commune.

Mon père était avare mais sa réputation prévalue et foi de métayer il me donna autorisation de donner quelques œufs, un peu de farine et une timbale de lait.

Elles repartirent heureuses dans le froid jusqu’à la prochaine métairie.

En soirée je fis mes tourtisseaux et l’on passa une bonne soirée, René Delhoumeuau et Jacques Caillaud avec leur famille vinrent partager les leurs avec nous. Ce soir là Marguerite mangea un peu de mes gâteaux que je fis tremper dans du lait pour elle. Ce début d’appétit redonna confiance à tout le monde, mais en fait elle était bien faible.

Le soir Stanislas me fit une nouvelle fois fête et en profita avant nos quarante jours d’abstinence. Stoïquement je pensais pendant qu’il me besognait qu’il aurait beaucoup de mal à tenir et que j’aurai sûrement des choses à raconter au curé.

Le lendemain nous entrions dans le carême, le bougre pour me faire rager se frotta à moi, cela commençait bien.

Le mercredi qui suivait le mardi gras s’appelait le mercredi des cendres. A l’église le prêtre traça après avoir proclamé l’évangile et fait son homélie, une croix sur notre front avec la cendre des rameaux de l’année précédente.

Prières, aumônes et jeunes, nous commencions la préparation de Pâques, nous nous unissions à Jésus .

Mais c’était surtout une évocation symbolique à la mort.

A l’issue, chacun rentra chez soi, le travail ne manquait pas, l’hiver se terminait.

La soirée fut un peu morne après toutes ses festivités carnavalesques et la bombance de tourtisseaux, nous allions retomber dans la tristesse des soupes maigres.

Ce soir là, alors que la luminosité déclinait et que mon père ne voulait pas par mesure d’économie consommer trop de chandelle nous nous couchâmes comme les poules. Stanislas m’observa à la dérobé alors que je nourrissais Marie. Si ce spectacle pouvait le contenter je me faisais fort d’ouvrir ma chemise pour qu’il me laisse tranquille.

Au fond de ma couche à l’approche du sommeil ou bien pendant, je fis un rêve pas très chrétien. J’étais dans la grange, le valet était nu, son sexe dans une mâle posture. Sa toison claire et peu fournit m’attirait le regard. Alors que j’allais m’aventurer dans cette mince pâture, je m’aperçus que le second valet était debout et m’observait. Cela me réveilla, j’étais en sueur, mon sexe humide et je m’interrogeais maintenant de savoir si effectivement Victor ne m’avait pas observée lors de la nuit du carnaval. En tous cas je me promis d’avouer mes pensées impure à monsieur le curé lors de ma prochaine confession.

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