UNE VIE PAYSANNE, ÉPISODE 60, une liaison dérangeante

Louise Aimée, fille de Médéric et Marie Louise Augustine Perrin

Commune de Verdelot, hameau de Pilfroid.

1883

Moi de toujours j’étais la petite fille idéale, aucun mot plus haut que l’autre, fille soumise à maman, fille obéissante à papa. Je travaillais là où on me disait de travailler, j’avais été à l’école apprendre quelques rudiments de savoir. J’étais très liée à ma petite sœur, elle avait deux ans de moins que moi mais elle me dépassait en maturité . D’ailleurs elle devint femme en même temps que moi, nous dormions ensemble et nous partagions nos secrets. Le grossissement de nos seins fut pour nous un jeu délicieux au parfum d’interdit. Dans le silence de notre couche nous comparions notre pilosité au moyen de caresses innocentes et nous comparions la grosseur prometteuse de nos seins. Nous étions complètement différentes, elle était brune, charnue, à la poitrine forte, sa toison était riche dense et d’un noir de jais. Moi j’étais blonde comme les blés, mes seins ressemblaient à deux petites poires quand à mes poils ils ne formaient qu’un mince parterre à l’herbe rare. Je l’enviais et je la jalousais mais je l’aimais aussi d’un amour fou et inconditionnel.

Je m’étais donc dit que comme j’étais la plus vieille je devais me marier avant elle. Je me pris donc d’amitié pour un compagnon tuilier de l’Aulnoy Renault. Il était beau, grand, le sourire enjôleur, aucune fille n’avait d’indifférence pour lui. Mais c’est moi qui fut l’élue il me promit le mariage mais voulait afin qu’il n’y ai pas tromperie goutter un peu du fruit qu’il posséderait légalement.

Il faut bien être niaise, je l’étais assurément.

Un soir de janvier on se donna rendez vous, le temps nous était compté, on s’embrassa avec délectation.

Ce moment fut d’une intense complexité, j’avais comme de la fièvre, mes yeux mi clos ne voyaient que voyage. Mon ventre était noué mais je sentais sourdre en mes reins comme une source d’eau vive. L’atmosphère était comme ouatée, irréelle.

Pourtant la réalité me rattrapa quand mon amoureux me bascula dans la paille, j’étais sans défense mon corps le voulait même si mon instinct me disait non. Nous fîmes cela sans façon.

Je n’eus plus de nouvelle du garçon car le lendemain il était parti sur Paris. Il fallut bien que je me console. De toute façon ce fut une bonne chose que cet homme parte car j’étais évidemment amoureuse de mon berger . Je lui fis d’ailleurs savoir en me battant comme une blanchisseuse avec une rivale. Maman disait que j’étais la honte de la famille. Peut-être pas car ma sœur fit aussi des siennes

Mes pauvres parents furent dépités lorsqu’ils apprirent que ma sœur s’était aussi donnée à un homme et que sa jeunesse à la fertilité démoniaque avait fait qu’elle tomba enceinte. Mais Marie avait eu de chance la matrone avait interrompu la grossesse, mon père n’en avait rien su et ma sœur n’avait eu qu’à déplorer une bonne trempe mise par maman.

Moi j’attendais un geste de mon cousin voisin et confusément je savais qu’il arriverait mais que forcément comme nous étions liés par le même sang il y aurait encore des problèmes.

Joseph Alexandre Napoléon Perrin

Commune de la Saulsotte département de l’Aube

Année 1883

Ma liaison avec ma nièce n’était pas du goût de tout le monde, le maire du village me fit tout un problème et finit par enregistrer Louise comme étant ma femme, si cela lui faisait plaisir.

Moi je goûtais un sacré menu, la Louise avait quatorze ans de moins que moi, en d’autres époque cela nous eut valu  charivari. Les autres hommes étaient bien jaloux, leur femme ne pouvait tenir la comparaison. Ce que j’ai pu en entendre de commentaires.

Heureusement mes moutons ne parlaient pas et plus que jamais je les aimais, avec eux je n’étais jamais déçu.

Ma fille Joséphine lasse de supporter ma liaison était partie comme domestique à Provins. Enfin finalement elle était devenue ce que toutes les jeunes filles devenaient, une domestique de ferme, une servante, une pauvresse offerte à la concupiscence patronale et à l’avidité sexuelle de la valetaille. Je sais de quoi je parle , j’ai été l’un de ces ouvriers agricoles.

Par contre ce que je n’ai pas su tout de suite c’était que ma fille avait gardé des liens avec le fils du belge. Quand je dis des liens je suis assez modéré, le Victor Hacgeman il avait lutiné la Joséphine avant qu’elle parte et ma foi je ne sais comment il s’y prenait mais la relation avait duré. Comme de juste une relation qui s’éternise entre un homme et une femme finit toujours par une grossesse . Couillonne comme jamais ,ma fille accoucha à l’hôtel dieu de Provins d’un garçon qu’elle nomma Théophile. Quand vous arriviez pour accoucher sans père je vous dis que les sœurs ne vous faisaient pas de cadeau, une moins que rien, une trainée à la cuisse bien légère.

Le Victor je lui aurais bien casser la gueule mais il promit de régulariser. Mes fils, qui en ce moment se trouvaient à la maison, étaient fous de rage aussi , Joseph, Louis et Jules voulaient le tuer, mais à quoi bon risquer le bagne ou le rasoir national pour une fille perdue.

Elle me fit d’ailleurs remarquer que vue ma situation je n’avais rien à lui dire, une paire de gifles clôtura la conversation.

Le petit bâtard se fit malgré tout une place dans la vie, il n’y était pour rien et on va voir que finalement son père tint parole.

Mais bizarrerie de la vie , c’est aussi à cette époque que Louise ma nièce, maîtresse , femme vint à me quitter pour s’installer à Resson le hameau juste à coté du Courtiou. Est ce pour m’emmerder je ne sais pas mais ma fille Joséphine vint s’installer chez elle , moi qui les croyait fâchées. Décidément les femmes et leurs mystères. Donc ma maîtresse éleva mon petit fils bâtard et abrita les amours de ma fille avec le fils du belge. Il n’y avait aucune moralité à tout cela et  je retournais à mes moutons.

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul j’appris que mon fils Jules avait engrossé une gamine de Verdelot, foutu maladroit et foutu idiot.

Mais enfin c’était son problème et pas le mien. Par contre lorsque je connus l’identité de la tentatrice je vis rouge. Ce n’était que la Louise la fille de ma sœur Marie Louise , ma nièce, sa cousine germaine. La honte je vous dis, ces deux idiots allaient nous faire des enfants tarés.

Il paraît que ma sœur était couverte de honte. Mon beau frère voulait embrocher mon fils la situation était tendue.

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