UNE VIE PAYSANNE, ÉPISODE 42, me payer une femme

 

Joseph Alexandre Napoléon Perrin

Commune de Gault département de la Marne

Année 1848.

Quand je regardais les femmes s’activer pour la préparation des noces, mes noces, j’avais le sentiment que j’avais déjà parcouru un long parcours depuis mon départ de Verdelot.

J’avais suivi mon instinct et tel un nomade j’avais trimbalé mon misérable sac de ferme en ferme. Que d’expériences, que de rencontres, j’avais même côtoyé l’amour. Pas celui que l’on a d’une femme, non celui plus sauvage de l’union sexuelle. Une bonniche de Chatillon m’avait ouvert largement la porte de son monde intime, moi j’avais fait comme si j’étais déjà un redoutable jouteur. De puceau je me transformais en chasseur . Je m’apercevais quand ce monde codifié par des siècles de coutumes paysannes, ils existaient des brèches par où l’on pouvait s’échapper. Ces ouvertures étaient les envies irrépressibles qu’avaient les hommes auprès des femmes et celles non moins cachées des femmes pour les hommes.

Est-ce ma condition de berger toujours sur les chemins. Le fait de ne pas avoir d’attache ou bien mon regard aux yeux bleus, qui faisait qu’à chacun de mes pas était liée une conquête.

Ce fut une de mes patronnes de Chatillon qui lors des absences de son mari m’ouvrit sa couche, ce fut une marchande d’Epernay qui désolée et insatisfaite de son colporteur de bonhomme m’accueillit en son intimité. Une autre fois ce fut une drôlesse a qui je promis le mariage et qui me donna un acompte. Je la laissais désespérée mais néanmoins satisfaite de nos jeux d’amour.

J’étais bien payé et mes gages augmentaient au fur et à mesure de l’importance des troupeaux que l’on me confiait. J’avais donc un joli bas de laine et je pouvais avec cela obtenir sans trop de mal le consentement de parents qui accepteraient de prendre le risque de laisser leur fille à un berger.

En bref, je pouvais me payer une femme . Légalement, je n’avais pas de terre, pas de maison, mais j’avais mon petit capital.

Celle qui s’affairait et se faisait belle pour moi je l’avais obtenue sans trop de mal, ses parents étaient des simples, des gagnes petits, mi paysans, mi forestiers. Elle se donnait comme domestique, trimait dans une ferme.

Le hasard fit que je devins berger là dans cette méchante ferme. Oh moi j’y faisais bien ce que je voulais mais d’autres plus faibles comme ma Clémentine ils y souffraient le martyr confrontés à la méchanceté à la cupidité et à la lubricité des fils du patron.

Un jour dans l’étable, dans mon étable j’y surpris le plus jeune, le plus sale, le plus veule à vouloir forcer la petite domestique.  La petite, robe remontée jusqu’à l’indécence avait déjà abandonné la partie.

Je lui cassais mon bâton sur les reins. Son élan brisé net il faisait pitié à voir. Ses jambes nues frêles, son sexe pendouillant de façon grotesque et son cul strié d’une large empreinte nous déclenchèrent à la bonne et moi un fou rire que rien ne put calmer.

Je fus viré et ma petite sainte renvoyée. Le père Patoux prit la chose de haut et voulut se plaindre des mauvais traitements qui furent donnés à sa fille. On lui fit comprendre que le simple fait de nuire à la réputation de cette méchante famille suffirait bien.

De ce jour avec Clémentine on ne se lâcha plus, je m’accordais avec elle, je m’accordais avec les parents et je me serais bien accordé avec le diable tant elle était belle.

J’étais fier d’avoir pris cette haute tour ,ce donjon plein de grâce.

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