UNE VIE PAYSANNE, Épisode 27,

 

Commune de Verdelot, département de Seine et Marne

Année 1820

Quelle mouche a piqué Nicolas de vouloir appeler mon fils Napoléon, il ne m’avait pas prévenu évidemment. Contrairement à d’habitude, je me permis d’émettre des doutes sur l’intelligence d’une telle démarche.

Qu’est ce que nous nous sommes passés, les murs ont tremblé, les enfants ne savaient plus où aller, Augustine était opportunément sortie. Nous nous sommes insultés comme jamais, il était dans une colère noire et j’ai cru qu’il allait me battre. Mais non il est sorti en me disant tu m’emmerdes et je ne l’ai pas revu pendant plusieurs jours.

François l’avait cherché pendant un moment, ou plutôt avait fait semblant de le chercher car ces deux là, ils étaient copains comme cochons. Ferait mieux de surveiller sa femelle cet imbécile.

Il rentra, appela son fils Napoléon et pour nous ce fut Joseph.

En attendant il faillit bien perdre son travail, car quand on est con on est con, il travaillait pour la ferme de monsieur Chardon.

Ce dernier voulut apaiser les esprits et ne pas énerver les paysans du coin qui ma foi étaient quand même un peu Bonapartiste.

Outre la naissance de mon fils, un évènement arriva en France, un Bonapartiste trouva le moyen de poignarder le duc de Berry.

L’assassin se nommait Louvel, moi ce duc je ne le connaissais évidemment pas mais il s’avérait que c’était l’héritier du trône.

Il faut donc que je vous explique, notre roi Louis XVIII n’avait pas été foutu de faire des enfants, c’est quand même pas bien difficile mais passons. Alors quand il passerait l’arme à gauche ce qui compte tenu de son état actuel allait bientôt arriver cela serait son frère Charles comte d’Artois qui prendrait sa place sur les planches dorées.

Lui il avait deux fils, l’avenir était donc assuré. Mais dans ces familles qui venaient de je ne sais où, rien n’était normal. Le fils ainé qu’on appelait Angoulême et bien ils l’avaient marié à Marie Thérèse la fille du feu roi raccourci. Mais comme rien n’était simple, les gazettes disaient qu’elle avait le cul serré et que lui avait l’aiguillette nouée.

Il restait donc ce fameux Berry qu’on avait marié à une sienne cousine lointaine, quand à la sortie de l’opéra il fut poignardé, sa femme ne savait pas qu’elle était pleine.

Ce crime fut donc considéré comme un régicide, car si la duchesse n’avait pas un garçon la branche ainée s’éteignait.

Le Nicolas pris de vin dansa devant la maison , si il continuait il allait finir par se faire arrêter.

Pour une fois mon frère se montra ferme et le fit rentrer.

Louis Alexandre Patoux

commune de Gault le soigny département de la Marne

Année 1820

C’était bien simple, moi des enfants j’en avais pas besoin, je n’avais pas de terre à transmettre ni à cultiver, j’avais mes outils et je tenais pas à les transmettre trop rapidement.

Ma femme était encore enceinte et était sur le point d’accoucher, j’espérais que cela se passerait mieux que la fois d’avant.

Je lui avais suggéré de le faire passer, mais cette idiote par foi chrétienne ne voulait pas. Je pense plutôt qu’elle avait peur. Oui c’était bien interdit on était d’accord, mais beaucoup le faisait alors pourquoi pas nous.

Ce n’était d’ailleurs pas vraiment un enfant de l’amour car voyez vous j’avais l’impression que ma femme n’en avait plus pour moi.

J’avais même du me fâcher pour qu’elle m’accepte. Ce soir là se refusant pour une énième fois je l’avais un peu contrainte. Oh je ne l’avais pas frappée, mais disons que je m’étais ouvert la voie en usant de mon autorité.

Après tout Catherine m’appartenait légalement, j’en faisais ce que je voulais et il n’était absolument pas question qu’elle serre les cuisses en permanence.

Julie Alexandrine arriva donc le 1 décembre 1820, je n’avais pas de chance c’était une fille et en plus elle allait vivre.

Catherine costaude laissa la petite en garde à ma mère et reprit le travail aux champs et en forêt.

Elle revenait simplement lui donner le sein de temps en temps.

Moi au niveau travail j’en avais par dessus la tête, l’économie avait repris , le souvenir des guerres s’estompaient et les étrangers avaient quitté les lieux.

Bon il est vrai que l’époque était moins joyeuse, l’église tentait de reprendre en mains ses ouailles, sûrement pour mieux nous diriger, et ne pas aller à l’église était assez mal vu. Moi je préférais aller boire un canon avec les copains à l’auberge plutôt que d’entendre des conneries en latin. C’était donc encore un sujet de vives tensions entre Catherine et moi.

Une autre source d’engueulade était que je voyais mon frère et sa femme et que je les invitais à partager nos repas le dimanche. Catherine n’aimait pas mon frère, car il lui avait manqué de respect lorsqu’il était encore garçon. Parlons plus crument, il l’avait une fois surprise à se laver, cela l’avait outrée et elle pensait qu’il la guettait partout et en tout temps.

Quand à notre belle sœur Marie Guerin, elles s’étaient jetées quelques grossièretés à la figure et depuis elles pinçaient du bec. Quelle engeance que ces bonnes femmes, moi j’aimais mon frère, on travaillait ensemble et ce n’était pas nos femmes qui allaient nous séparer. Si il le fallait je finirais bien par lui mettre une trempe à la Catherine et je pense que mon frère ferait de même. Nous aurions bien le dernier mot.

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