LA VIE PAYSANNE, ÉPISODE 11, Une femme et une amante

Nicolas Perrin

commune de Verdelot, hameau de Pilfroid

1802

Bien revenons à nos moutons et à Verdelot, j’avais fait la connaissance d’une famille de bergers qui habitait au hameau de Pilfroid et tout de suite nous sommes devenus ami avec François Isidor. Je devins donc  berger dans une ferme au hameau de la Roche et souvent nous nous croisions et nos moutons se mêlaient.

Je fus bientôt reçu chez eux comme un parent . Ces gens qui n’avaient jamais bougé du village étaient captivés par la moindre histoire. C’était ma spécialité et le soir j’exerçais mon talent de conteur. J’avais bien sûr remarqué l’extrême attention que me portait les femmes de la maison.

Augustine,la femme de François me buvait des yeux et ne perdait pas la moindre de mes paroles. Quand je la saluais, elle était toute chamboulée et quand je lui adressais la parole, son visage rosissait comme celui d’une gamine. Il y avait aussi la fille de la famille Marie Louise, une pucelle de 21 ans ; alors pour elle j’étais le messie, le Dieu des armées, le roi des pasteurs, je crois que j’aurais pu la mener à se jeter dans la Morin. Pour dire vrai j’avais d’autres vues sur elle.

J’aimais être au centre de l’attention féminine, j’avais eu des bonnes fortunes mais il fallait vraiment que je me trouve une épouse. Cette petite Marie Louise était parfaitement à mon goût, belle, bien faite, solide au travail, elle ferait sûrement une bonne mère.

Je me mis donc à fréquenter le hameau de Pillfroid avec constance et aussi je m’obligeais à assister aux messes au bourg de Verdelot pour pouvoir apercevoir l’objet de ma convoitise.

Mais le plus souvent j’étais reçu par la femme de François Isidore, elle avait deux enfants en bas âge et était souvent chez elle, alors que les autres femmes de la maison étaient à se louer dans les environs.

Je sais que je n’aurais pas dû effectuer ces visites mais bon Augustine, allez savoir pourquoi elle m’attirait .

Un jour, seule, elle m’offrit de rentrer, j’étais l’objet de sa tentation, elle était objet de ma convoitise. On s’est embrassés et les choses se sont un peu précipitées. Nous nous sommes embrasés comme les fagots du feu de la saint Jean. Relation amoureuse animale, rien ne pouvait nous arrêter, aucune convenance, aucune barrière, aucune amitié. Deux animaux envahis par le désir, la table familiale fut le lit de notre joute, le rude bois de chêne fut la mousse de notre couche.

Heureusement l’intensité l’emporta sur la durée et entendant du bruit, nous eûmes juste le temps de reprendre une contenance honnête avant que Marie Louise la belle mère d’Augustine ne nous surpris en plein ébat.

Ce jeu dangereux, on essaya de ne pas le renouveler souvent mais dame nature ne nous laissait pas vraiment le choix.

Une fois ce fut la bergerie, une autre fois elle me rejoignit en ma cabane de pacage et une autre fois ce fut dans un bois. L’adultère était puni de prison et de toutes façons j’aurai dû partir car ma réputation n’y aurait pas survécu.

Ce fut plutôt l’annonce de sa grossesse qui mît un terme à notre relation, j’eus vraiment peur.

L’enfant était-il de moi ou bien de François ?

En tous cas, Augustine et moi on décida de ne plus pimenter notre vie par cette liaison coupable.

Je me décidais à franchir le pas et un dimanche je demandais à Marie Louise si elle voulait être ma femme. Curieusement je ne sentis pas un empressement de sa part, elle rougit pour sûr mais elle me balbutia un, je verrai embarrassé.

C’était bien la première fois qu’une femme me résistait et j’en fus marri.

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