UN FUNESTE DESTIN , Épisode 4, à la recherche d’une fumelle

Bon je ne fus pas pris, un soulagement, j’allais pouvoir m’atteler à trouver une fille. J’avais un double objectif, une femme expérimentée et ne craignant plus une grossesse pour me déniaiser et apaiser mes sens en attendant que je me dégote une drôlesse de mon âge et de mon milieu afin de me marier. Mais pour convoler il me fallait de l’argent, alors j’économisais et remplissait mes bas de laine, à ce rythme je ne pourrais me marier avant mes vingt six ans. Ça risquait d’être un peu long, alors je me mis à lorgner sur tous les jupons des environs. Je n’étais pas seul sur le foirail à rechercher femelle.

Idiotement je jetais mon dévolu sur l’une des filles du moulin, la cruelle sentant le nigaud m’avait souri. J’ai donc tenté de pousser un peu plus loin et un soir je décidais de l’accompagner du bourg au moulin de Jassillon. Elle accepta et je lui fis dès lors une espèce de cour. Comment avais je pu imaginer un instant qu’une fille de meunier s’offre à moi. Un jour ce ne fut plus une belle mais Alexis et Maximilien Surville les frères qui me firent la causette. Nul besoin d’en venir aux mains j’avais bien compris, le gibier était trop gros et point fait pour moi.

Alors que faire, guigner les filles sans pouvoir les lutiner c’en était désespérant pourtant j’étendais comme mes copains le cercle de nos recherches, nous allions sur Ferrières, Nuaillé d’Aunis, le Gué d’Alleré. Malgré l’interaction de ces villages, chasser sur des terres qui n’étaient pas les nôtres provoquait de nombreuses querelles et des bagarres.

Puis lors d’un bal à Ferrières je l’aperçus, elle s’appelait Marie Magdeleine , tout de suite je fus subjugué et ne la quittais plus des yeux. Elle virevoltait, dansait, sautait, riait, aguichait. Sous son bonnet j’apercevais ses cheveux d’un châtain très clair, son visage rond presque celui d’une enfant souriait de toute sa carnation qu’elle avait de très belle. Un petit nez lui donnait un petit air d’insolence qui d’ailleurs ne lui faisait visiblement pas défaut. Sa peau marquée de la petite vérole était toutefois assez jolie, son teint coloré était celui d’une fille des champs.

Elle était de petite taille mais croyez moi cela n’enlevait rien à son charme. Sa poitrine qu’elle avait forte semblant vous appeler à chaque fois qu’elle bondissait dans l’une de ses rondes endiablées.

Un ami de Ferrière me donna son nom c’était la fille au Henri Simonneau un cultivateur veuf et père d’une trallée de mouflets.

Il m’avertit aussi de me méfier de la belle, car visiblement elle avait la cuisse assez légère.

Pour ce que je voulais obtenir c’était une bénédiction.

Elle s’amusait comme une folle ne s’occupant guère des regards et des mauvaises phrases qui ça et là jaillissaient à son encontre.

Comme un imbécile, je restais à la regarder sans que cette dernière condescendit à me remarquer.

Tout de même en fin de soirée elle posa enfin ses yeux sur moi, ses yeux clairs me transpercèrent, soudain je me retrouvais nu, exposé comme au conseil de révision. Elle me jucha comme un maquignon , comme un boucher soupesant sa viande. Pantin désarticulé je ne savais que dire.

  • Tu me regardes depuis des heures, peux tu au moins me ramener.
  • Es tu muet ?
  • Non non, je suis d’accord je te ramène chez toi.

Ce fut bien court, Ferrières n’était pas bien grand. Arrivée devant sa maison, Marie Magdeleine m’octroya un baiser sur la bouche.

C’était la première fois qu’une femme m’embrassait, j’en fus pénétré, transporté, la foudre ne m’aurait pas frappé plus durement.

  • A bientôt l’inconnu
  • Je m’appelle François Petit
  • D’accord et moi Marie Magdeleine Simonneau.

Je rentrais chez moi presque en courant, à la maison ma sœur Anne m’attendait, elle aussi avait été à la fête mais obnubilé par ma danseuse je ne m’étais pas occupé d’elle.

Elle entra dans le vif du sujet tout de suite.

  • Alors tu en pinces pour la Simonneau, je t’ai vu
  • Oui et alors
  • Alors tu ne la connais pas cela se voit
  • Non et alors j’apprendrai bien à la connaître.
  • Passe ton chemin c’est une catin, une moins que rien.
  • Elle a déjà deux marmots sans père.
  • Tout le monde la troussée dans le canton, tu es bien le seul mon pauvre idiot.

Je restais penaud d’apprendre cela, mais en fait j ‘étais résolu à ne pas m’en occuper.

Ma sœur poursuivit son déballage.

  • De plus elle est méchante, bagarreuse, voleuse.
  • Son père Henri lui a mis des trempes, mais rien n’y a fait.
  • C’est une diablesse, laisse là à un soldat de passage ou à un bandit qui la foutra au travail sur le port.

Ma sœur était de toutes façons une jalouse et une langue de vipère, je me couchais bien résolu à la revoir.

Je n’eus de cesse de provoquer une rencontre et la pièce de vigne que nous possédions vers le Treuil n’avait jamais été aussi bien tenue.

J’appris beaucoup de choses sur elle et évidemment ce n’était pas à son avantage, violente, méchante, elle s’opposait en permanence à son père et à sa mère.

Son fils Louis avait trois ans et sa petite Marie quelques mois, elle ne s’en occupait guère et c’était sa tante qui la plupart du temps veillait sur eux.

Est ce la vilénie de sa fille qui fit mourir prématurément la femme à Henri Simonneau, certains le disaient et l’on chuchotait que la Marie aurait bien pu tuer sa mère.

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