LA VIE TUMULTUEUSE DE VICTORINE TONDU, Épisode 8, le Morvandiau

Puisqu’il faut en venir là, autant que je vous raconte, un jour où il y avait marché sur la place je passais avec ma panière des chevaux. Vincent Couillard le maréchal Ferrant était un ami et disons le m’avait serrée de bien près, il s’échinait sur la patte d’un canasson sous l’œil expert de deux hommes.

L’un se nommait Fernand et il me semble qu’il habitait depuis peu à Mormant, l’autre se nommait Jean Charles. Moi qui ne faisait guère comme les autres je posais mon fardeau pour bavarder un peu , cela ne se faisait pas une jeune fille ne devait pas être aussi entreprenante. J’en avais fait d’autres, alors vous pensez que ce simple babillage avec des hommes dans ce haut lieu de discussions viriles ne me gênais nullement.

Le Jean Charles se proposa pour porter mon fardeau, il était mignon et moi j’adorais se genre de prévenance. Mon prince charmant n’était qu’un journalier fils d’un morvandiaux exilé en terre de Brie, ce n’est pas le genre d’homme que je recherchais alors quand il me demanda de l’accompagner à une fête sur Argentières j’hésitais un peu.

J’étais partagée, ce gars ne correspondait guère à ma soif d’évasion, mais d’un autre coté il était d’un physique avantageux, un peu plus grand que la moyenne, blond, les yeux bleus, la bouche bien dessinée, des dents présentes et encore bien blanches, un visage rond avec toutefois un nez un peu épaté. Musclé par les travaux de la terre, il était à n’en point douter un appât affriolant pour les filles à marier de la région de Mormant. Il n’en restait pas moins qu’il était pauvre comme job, qu’il ne connaissait de la vie que les champs et qu’il bredouillait chaque fois que je lui parlais ou que je le regardais, son teint plutôt pâle se paraît aussitôt des couleurs de la pivoine.

Je n’eus pas à regretter son invitation, il dansait très bien et toute l’après midi il me fit virevolter, je me suis amusée comme une petite folle et il faut aussi que je l’avoue à chaque fois que Jean Charles me frôlait je devenais bizarre, alanguie, une bouffée de chaleur me montait. Je ne sais si il ressentait la même chose, mais moi à ce moment je me sentais seule au monde avec lui, il aurait pu me déshabiller, me mettre nue devant tout le monde et me prendre je ne m’en serais pas défendue.

Le soir épuisé il fit la route avec moi pour me raccompagner, cela valait bien un baiser, le premier arriva au niveau du château de Beauvoir, puis nous fîmes une nouvelle station vers la ferme de Courgossons. Le rapprochement se fit plus intime, c’est à ce moment que je me suis aperçue qui si moi j’avais des picotements au ventre, mon nouvel amoureux montrait aussi une joie démonstrative.

Ce fut tout ce que j’accordais à mon danseur, il fit demi tour et rentra je ne tenais pas à ce que tout Mormant sache que la lingère de Provins fréquentait un fils Trameau.

Les semaines passèrent, nous nous fréquentions et tout le monde le savait, Jean Charles avait son frère Ferdinand qui habitait sur la commune, alors lui et Isabelle sa femme nous fournissaient parfois un abri commode pour cacher notre amour.

Car figurez vous que les lieux où nous pouvions nous guignoter à loisir n’étaient pas légion, les bois autour de Mormant étaient faméliques et la plaine dévorante d’espace ne nous offrait rien pour cacher nos futures effusions.

C’est encore moi qui un jour pris les choses en mains, maman et mon frère étaient partis sur Verneuil pour rencontrer un tonnelier qui peut être embaucherait mon frère. J’entraînais donc le Jean vers mon humble logis et plus particulièrement vers ma couche. Mon dieu quel grand niais, paralysé, immobile comme une vieille souche, assit à m’observer béatement. Il fallut que je me mette à l’ouvrage et j’offris à sa vue mes deux seins blancs en envoyant en l’air mon caraco et ma chemise.

Ronds, fermes,durs, dressés, le téton pointant fièrement, mes appâts le sortirent de sa torpeur. Avant que de lui dévoiler le reste je l’aidais à se mettre à nu, dans la pénombre de la pièce mon dieu ce qu’il était beau et qu’il donnait envie. Enfin doucement pour l’agacer je fis tomber ma robe, ma cambrure de dos lui apparut. Je pense que son expérience des femmes était nulle, lorsque je me retournais la vision de ma belle toison de soie noire faillit lui faire jaillir sa joie un peu précipitamment.

Fini ces longs préliminaires, je chevauchais mon vierge amant et sus irrévocablement que cet homme serait mon mari et que j’en ferais ce que je voudrais. Pour sur en essuyant le produit de sa sollicitude sur mon joli tapis crépu et en le voyant dormir comme repu je ne savais pas que je me trompais lourdement sur le personnage.

Une réflexion au sujet de « LA VIE TUMULTUEUSE DE VICTORINE TONDU, Épisode 8, le Morvandiau »

  1. Bonjour,
    Dans notre arbre généalogique, nous avons une lignée du patronyme Tondu des Omes sur Vouzy, Victorine Tondu est elle une descendante de nos aïeux des Ormes?

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