LA VIE TUMULTUEUSE DE VICTORINE TONDU, Épisode 2, les salissures de la pauvreté

Lorsque Papa eut la mauvaise idée de mourir, la situation bascula . Jusque là nous avions vécu sur ses gains, augmentés par les journées de Maman et de la vente des quelques produits qu’elle produisait. Après ce fut la misère, aucun revenu et l’obligation de quitter la maison que nous habitions car le loyer en était trop élevé.

Maman dut se louer dans les fermes mais fut peu employée, trop délicate disaient certains, trop feignante disaient d’autres. Elle vendit quelques outils et surtout la vache qui nous fournissait notre lait.

La situation empira, nous ne mangions point tous les jours, ma mère qui coquette jusqu’à la mort de papa était devenue un peu souillon. Bonnet de coton sale, figure maculée , robe déchirée, ongles noirs, sabots crottés, elle faisait peine à voir et me faisait honte.

Moi mes frères et sœur nous étions livrés à nous même, nous ressemblions à des enfants sauvages. Je n’étais plus la fière petite fille qui apprenait bien à l’école mais une mauvaise graine qui poussait seule en dehors du champs.

Le curé du village prit les choses en mains et s’en alla trouver le maire, ils devaient faire quelque chose.

Joseph Bru notre maire et aussi cultivateur à Grand maison décida que nous serions secourus par la commune et le bon père en chaire tonna pour plus de compassion.

Après cela nous eûmes à peu prés de quoi manger mais la communauté était pauvre alors comment demander plus.

Un jour que je rentrais je fus témoin d’un triste spectacle, un charretier, ancienne connaissance de papa se tenait devant maman et la prenait par la taille. Elle ne semblait pas vouloir mais pourtant ne se débattait pas. Il l’embrassa dans le cou puis força sa bouche. Je les observais curieuse de la suite.

L’homme fourragea sous les robes de Maman et finit par lui relever ses jupons, je revois ses maigres jambes blanches et sa toison intime. Mes yeux ne pouvaient se soustraire à ce spectacle et je restais muette. Le rustre souleva Maman et la posa sur la grande table, jambes écartées, jupons relevés, le cul nu exposé aux convoitises. Le bonhomme baissa son pantalon et laissa apparaître un vit énorme redressé comme une bougie de la chandeleur. La scène était ridicule et dramatique à la fois, ce paysan au cul blanc la culotte sur les sabots s’introduisit en Maman et la besogna, ma mère restait muette, lui couinait sous l’effort. La délivrance pour elle, la jouissance pour lui son affaire faite il remonta son pantalon . Maman souillée ne bougeait pas, il fouilla dans sa poche extirpa quelques menues monnaies et lui déposa sur son ventre.

Il passa devant moi sans me voir. Je fis demi tour et allait vaincre ma peine et ma haine en me cachant dans un petit bois.

La nuit tombant je rentrais enfin, ma mère avait fait de la soupe et miraculeusement y baignait un morceau de lard.

Je bus ma honte toute ma jeunesse et jamais au grand jamais je n’oublierais la vision de cette toison souillée pour un morceau de lard.

Le frère de ma mère vint s’installer avec nous, il eut mieux fallu que maman se trouve un homme à marier. Mais forcément une veuve sans le sou, avec trois enfants et une réputation qui commençait à faire tache les prétendants ne se pressaient pas au portillon.

Mon oncle était un royal bon à rien et il fut plus une bouche inutile qu’une réel secours. Pourtant le travail ne manquait pas, seul le courage lui faisait défaut.

Un autre drame encore plus fort que la misère qui nous environnait vint nous frapper, ma petite sœur Angélique une merveille de fraîcheur et de spontanéité vint en cette fin de juillet 1850 à tomber malade. Ce fut rapide, le soir elle se plaignait de douleurs au ventre que ma mère était bien en peine de soulager et le lendemain blanche et raide sur sa paillasse elle avait rejoint mon père.

Ce fut comme un coup de tonnerre, ma mère sembla accuser le coup mais intérieurement un chemin s’était fait en elle. Il fallait fuir cette méchante terre qui prenait les êtres aimés, fuir les coup de rein de salopards profiteurs et fuir cette mauvaise réputation de femme qui ouvrait son ventre pour nourrir sa couvée.

La grande ville tentatrice, la reine de la brie champenoise, la cité de Thibaut nous accueillit en son sein.

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