LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 73, notre vie en famille, d’un couple à l’autre

 

1881 – 1886, le Beignon, commune de Sainte Flaive

Barthélémy Proux, époux de Victoire Cloutour

Après mon mariage je m’installais au Beignon avec Victoire mais aussi avec les parents Cloutour.

Cela ne m’amusait pas mais l’installation avec des parents était plus une réalité économique qu’un désir partagé.

Je les aimais bien mais tout de même avoir sur le dos en permanence ses vieux comme on disait n’était pas vraiment une sinécure.

Tout d’abord la maison était petite et notre lit pas très loin du leur. Je vous passe les détails mais chacun ayant ses besoins propres nous étions tous un peu gênés.

Je reverrais toujours la tête de Pierre mon beau père lorsqu’il nous avait entendu sa fille et moi en des ébats trop bruyants, il était goguenard. Mais pour sur lui même ne se rendait pas compte du bruit qu’il faisait  lorsque ma belle mère ne se refusait pas à lui, car dois je le rappeler, les vieux n’avaient que cinquante et quarante cinq ans.

A force de retenir sa sexualité la Victoire m’était apparue le soir des noces comme une belle oie blanche, elle n’ignorait rien théoriquement et techniquement mais était complètement ignorante de ce qu’elle allait ressentir . L’éducation féminine sur le sujet était très réduite, il fallait faire attention car on pouvait avoir des enfants,  de telles choses étaient mal au regard de l’église et d’ailleurs l’amour était fait pour la procréation. Je ne sais si ma belle mère croyait réellement à toutes ces conneries quand elle informa sa fille des modalité de la nuit de noces.

Moi ce que je sais c »est que ma femme aima faire l’amour et que nous découvrîmes ensemble des plaisirs que nous n’avions pas soupçonnés.

Les deux couples que nous formions s’entendaient relativement bien et c’est tant mieux car bientôt Victoire m’annonça qu’elle était enceinte.

J’oubliais, la belle Marie ma petite belle sœur et mon petit beau frère Auguste vivaient aussi avec nous.

Chaque matin nous partions tous travailler dans des fermes voisines, certaines fois nous étions tous ensemble d’autres fois non, mais de toutes façons nous espérions tous à terme prendre une métairie ou une ferme.

Victoire Cloutour, épouse de Barthélémy Proux

La vie m’était joyeuse, j’avais fait le bon choix, Barthélémy était un homme adorable, doux et affectueux, j’étais sure d’être heureuse.

Nous avions trouvé un équilibre de vie avec mes parents et mes frères et sœurs. Nous formions la communauté des Cloutours et de Proux.

Un jour je n’eus plus mes menstrues, elle n’était pas très régulières alors je n’étais pas très sure de moi. Au fond de moi je jubilais, être mère c’est une merveilleuse aventure, à condition que cela ne se répète pas trop de fois . Je me mis à avoir des nausées et les seins qui grossissaient , pas de doute, cette fois . L’annonce fut faite et Barthélémy exultait en espérant avoir un fils et non pas une pisseuse.

Le treize avril 1884 en revenant du village assez péniblement j’ai sentis couler quelques choses le long de mes cuisses, heureusement maman était avec moi, je perdais les eaux. Si je ne voulais pas accoucher comme une mendiante sur le bord du chemin je devais à tout prix rentrer.

Exténuées on arriva et on fit les préparatifs, sur mon lit j’ hurlais de douleur et les contractions se rapprochaient, la sage femme arriva.

Sans préalable elle regarda et commenta, le col est rudement dilaté cela ne devrait plus être très long.

Belle observation en vérité, Jean Marie n’arriva que le lendemain, nos matrones de campagne bien que plus qualifiées que celles qui accouchaient nos mères et grand mères n’avaient pas loin de là le niveau des nouveaux médecins qui commençaient à apparaître dans nos campagnes.

L’essentiel étant que l’enfant naisse et survive. A l’ancienne ma mère nettoya Jean Marie, avec un peu de vin et de beurre puis l’emmaillota fermement. Elle lui fit sucer un peu de sucre trempé dans du vin. Il n’était point bon de l’allaiter avant vingt quatre heures. On le baptisa rapidement, il n’était pas sur de vivre alors on se devait de prendre des précautions.

Il n’y avait guère de progrès médicaux et nous nous occupions de nos drôles comme nos mères et nos grand mères s’en occupaient autrefois.

Victoire Epaud, femme Cloutour.

Depuis que Jean Marie était né un vent de bonheur soufflait sur notre foyer, le petit était trop choyé à mon goût, sa tante et sa mère était toujours à s’en occuper, des baisers , des caresses, elles en étaient folles, ce n’est vraiment pas comme cela qu’on élève un enfant. De toutes façons, il fallait bien le laisser un peu seul pour aller travailler au champs. Serré dans ses langes il n’irait pas ben loin. Puis cette manie à trop vouloir le changer, la pisse le préservait des maladies de façon naturelle.

On allait pas passer notre temps à frotter ses langes, on avait bien d’autres choses à faire.

Au vrai j’étais un peu jalouse de ma fille, je n’avais eu que trois enfants et j’étais un peu sevrée de maternité, j’étais encore une femme à part entière et j’aurais pu encore donner vie. Mais allez savoir pourquoi à trente deux ans j’avais pondu le dernier et que depuis j’avais le ventre sec.

J’avais aussi une autre source d’inquiétude, le Pierre qui depuis son incartade avec la jeune domestique amie de sa fille semblait être sage. Je le savais car avec régularité il me besognait. Quand il prenait maîtresse le soir il avait tendance à baisser pavillon et à s’endormir. Ors voyez vous , le Pierre il devenait un peu moins régulier . Je lui laissais tout de même le bénéfice du doute, il commençait à vieillir, mais une inquiétude me taraudait.

Pierre Cloutour, époux de Victoire Epaud

J’aimais bien ma femme mais moi la routine me rendait morose, alors j’avais plutôt tendance à courir après tous les jupons qui passaient. Je repensais souvent à ma petite servante, celle qui avait eu un bébé et qui était disparue bien jeune. Puis mon effrontée de domestique, à celle là on ne pouvait rien en remontrer.Je la croise souvent maintenant qu’elle est mariée, elle me sourit fait la mijaurée mais surtout passe son chemin.

Non actuellement une jeune veuve du village, qui n’avait plus charge d’enfants et qui était suffisamment autonome financièrement pour ne pas se remarier, avait encore quelques velléités de plaire à un homme et de profiter des jouissances de l’amour. Elle était donc libre et assez éloignée des convenances coutumières pour prendre un amant qui ne lui demanderait que son corps. Cet heureux élu ce fut moi.

 

 

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