LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 71 , le mariage de Victoire et de Barthélémy

 

1882 – 1883, Le Beignon commune de Saint Flaive des Loups

Victoire Cloutour, fille de Pierre et victoire Epaud

Pour moi la grande affaire du moment était ce qui occupait toutes les filles de mon age que cela soit à la campagne dans l’univers clos de notre bocage ou dans les immeubles surpeuplés des grandes villes, que l’on fut paysannes aux bas crottés ou châtelaine aux mains de pianiste, tout de cette période de la vie féminine tournait à la recherche d’un homme avec qui vivre. Différentes choses évidement entraient en ligne de compte, l’envie de fonder une famille et avoir des enfants, perpétuer notre noble race en quelques sortes et aussi il fait bien se l’avouer, découvrir ce que nos aînées haïssent parfois. Tout tend vers cette chose irrationnelle qui est le rapprochement physique. Moi comme les autres je tendais à réduire le temps qui me séparait de l’étreinte merveilleuse. Pour sur mon corps de femme avait besoin d’un homme, le problème et nous le savions toutes c’était les risques d’une grossesse et l’abandon par le géniteur.

La plus part d’entre nous attendions de nous marier et nous nous offrions lors de cette fameuse nuit de noces tant redoutée, une autre partie anticipait un peu et dès que la date des épousailles était fixée se livrait avec délice aux joies de l’amour. Un petit groupe enfin jetait leur vertu dès que l’opportunité s’en présentait. Moi je me serais bien vue dans le deuxième groupe, trouver un brave homme et disons s’essayer un peu, pour patienter. J’étais raisonnable bien que certains jours, mes rêves correspondaient plus à la méthode de mon amie Philomène qui depuis qu’elle était devenue femme avait en peu de temps acquit une expérience supérieure à la plus part de nos mères.

Tout cela pour vous dire que les yeux d’un domestique du village ne me laissa pas de marbre et que je savais que garder ma fleur serait un objectif difficile à atteindre. Nous nous fîmes la cour, on se tourna autour et puis un jour me saisissant par la taille, il m’embrassa. Je tombais sous le charme .

Maman qui sentait ces choses malgré les difficultés qu’elle avait dans son couple favorisa nos rencontres, est ce parce qu’elle sentait que mon père avait une dent contre lui ou bien est ce parce qu’elle savait au fond elle qu’il me rendrait heureux.

Au bout de quelques mois notre idylle était connue par tous et approuvée par la communauté. Seul mon père rechignait, aller savoir pour quoi.

Ma mère autorisa Barthélémy à entrer chez nous, nous avions la maison pour nous, maman trouvait toujours quelques choses à faire avec mon frère et ma sœur pour pouvoir nous laisser seuls.

Je crois que si papa l’avait su il aurait tuer Barthélémy et battu maman. Nous avions promis d’être sage, mais ma fois l’impétuosité de Barthélémy et mon envie de découverte firent que nous allâmes fort loin dans notre découverte mutuelle.

Je garderais de ces moments volés une nostalgie que même de grands moments ne pourront effacer.

Un jour affairé à puiser de l’eau au puits je vis arriver mon Barthélémy et mon père, je faillis lâcher le seau au fond. On aurait dit deux compères en goguette, ils rentrèrent à la maison et me dirent de rester à l’extérieur. Une éternité plus tard mes deux hommes sentant l’alcool et étant passablement énervés me dire, la noce est fixée. Mon cœur ne fit qu’un bon et j’embrassais mon père et mon futur.

On commença l’ organisation, cela se ferait en juin de cette année 1883, Barthélémy viendrait habiter au Beignon avec nous, j’aurais préféré être seule avec lui mais on avait pas les moyens.

Moi depuis que j’étais petite je m’affairais sur mon trousseau, draps, serviettes, mouchoirs, robes, bonnets, coiffes, tabliers. Je tenais même de mes ancêtres un petit buffet qui par hasard m’avait été destiné.

Barthélémy avait un léger pécule, mais bon il n’était que domestique . On prépara avec ferveur, surtout moi notre mariage religieux, le curé le père Fumoleau nous prépara et ce fut un grand moment lorsque Barthélémy se confessa. Il m’avait embêté tout le long du chemin en me demandant si il devait avouer qu’il m’avait déjà touché les fesses. Ma réponse fut que je le tuerais si il dévoilait ces menus détails. On en rigola mais je n’étais tout de même pas rassurée avec mon fantasque amoureux.

La mère de Barthélémy vint à la maison avec Pascal mon futur beau frère, la famille était plus étendue que cela mais les autres je les verrai que  pour la noce ou je les croiserai pendant mon travail

Le mariage devrait avoir lieu le mardi 26 juin , les blés n’étaient pas encore murs  et cela tombait bien .

Dès le matin la famille afflua sur le hameau, nous avions décidé pour marquer le coup que nous inviterions la famille élargie, cela avait un coût financier, mais pour nous une vraie fierté.

Ma mère et la mère de Barthélémy avaient rempli des trésors d’ingéniosité pour préparer les repas

De longues tables de bois avaient été dressées devant notre maison, l’aire de battage servirait de lieu de danse.

Je me trouvais magnifique dans ma robe, maman avait acheté une pièce de tissu chez le tisserand du village et avec l’aide d’une couturière m ‘avait confectionné cette merveille, par dessus un joli châle de dentelle de jolis souliers. Barthélémy m’avait offert un joli anneau et s’était saigné aux quatre veines pour s’offrir un costume de mariage.

Monsieur Guignard nous attendait pour dix heures du matin à la mairie, chacun se plaça comme il put. J’avais choisi comme témoin, enfin mes parents avaient choisi mon oncle Auguste le frère de ma mère, il avait fait le déplacement de Saint Georges du Pointindoux. Il était arrivé avec son épouse ses trois enfants et son gendre. Je ne les avais pas vu depuis un moment et j’eus plaisir à les voir. Ils exercent la profession de chaufournier.

Mon deuxième témoin fut le mari de tante Clarisse, la petite sœur de ma mère, Pierre Marionneau, là aussi ils vinrent avec leurs enfants.

Barthélémy avait choisi quand à lui son oncle Jean Louis, métayer à la Chapelière sur la commune de la Mothe Achard, âgé de 60 ans il avait encore des enfants jeunes, sa fille Céline n’avait que huit ans. Accompagné de sa femme il était venu avec ses quatre enfants, de sa bru et de son gendre.

Pour compléter les témoins, l’oncle maternel de Barthélémy, Eugène Barreau qui venait en voisin de la métairie du Chêne sur notre commune. Bien évidement accompagné de sa famille, ce dernier était aussi une connaissance de mon père.

On fit la fête toute la journée, j’étais exténuée, mon dieu ce que j’ai pu faire d’aller et retour pour remplir les pichets, ce que les hommes peuvent boire m’ impressionne. Tout le monde a dansé et j’ai eu la joie de voir ma mère virevolter avec mon père, s’étaient  ils réconciliés une bonne fois pour toute. La nuit vint et nous étions encore à nous saouler de danse et de vin. Ma mère me trouva à découper  un morceau de brioche et me dit » il va vous falloir partir ma fille, ne fait pas attendre ton homme plus longtemps ».

 

 

 

 

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