LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 67, de douloureuses cohabitations

1876 – 1881, la Corberie, commune de Sainte Flaive des loups

Charles Guerin époux de Marie Anne Tessier.

Ce qui caractérisait notre vie à nous autres paysans c’était la continuité, depuis mon enfance je faisais exactement les mêmes gestes, le même travail. Nous commencions à nous forger dès notre plus petite enfance, puis peu à peu nous effectuions le travaux des adultes, maintenant moi j’arrivais à une période de ma vie où mes forces diminuaient, certes je me levais toujours le matin mais ce n’était plus avec le même entrain. En journée quand j’étais jeune j’avais peine à m’arrêter pour le casse croûte, maintenant j’avais peine à reprendre après celui ci. Le soir j’étais perclu de douleurs et dès que mes muscles étaient froids je marchais penché comme ma grand mère. Pendant les veillées, le babillement des femmes m’endormait et Marie Anne devait me secouer pour aller me coucher.

Mais le pire pour moi était de perdre mon autorité de chef de ménage, oui je l’étais encore et je mangeais en bout de table, je traçais toujours une croix sur le pain et quand j’avais fini tout le monde devait terminer aussi. Mais insidieusement, lentement, mes fils prenaient les commandes de l’exploitation, jamais de front mais toujours à trois, les garçons me proposaient des changements, des améliorations, des cultures nouvelles, des techniques venues de sociétés savantes. Pour sur je me refusais à la plus part mais à chaque fois leurs attaques répétées avaient raison de moi.

Je devenais un vieux con, je faiblissais et je tremblais à une invalidité qui m’aurait fait être dépendant de mes fils et de mes brues. Je me défendais comme je pouvais, un pas devant mais trois pas derrière.

Mais nom de dieu je résisterais à cette jeunesse qui me poussait sur le chemin de la mort.

1876 – 1881, la Corberie, commune de Sainte Flaive des loups

Marie Anne Tessier, épouse de Charles Guerin

Les hommes avaient été poussés dehors, je restais seule avec Clémentine ma petite dernière et Marie ma brue. Nous devions nous rendre propres et faire notre grande toilette.

Charles avait amené le grand baquet de bois et une grande quantité d’eau qui à présent chauffait peu à peu sur le feu vif de la cheminée.

Ma fille s’était impudiquement mise nue et accroupie dans l’eau tiédie et attendait que je vienne la nettoyer avec une brosse de crin . Son corps me rappelait le mien à son age, poitrine haute et ferme comme de jolies poires, un ventre plat et des fesses musclées et rebondies.

Normalement Clémentine aurait du se laver seule, mais j’aimais ce moment bizarre où il me semblait que ma petite fille m’appartenait encore un peu.

Puis ce fut à la grande Marie de passer à l’eau, celle là je la laissais se débrouiller toute seule.

Elle aussi se mettait complétement nue, je lui avais déjà fait la remarque que ce n’était pas convenable pour une femme mariée. Elle me rétorqua que notre mère Eve originelle était tout le temps toute nue. Cette évocation biblique me comblait d’ horreur, mais en fait je crois que j’étais jalouse de son jeune corps, mon dieu qu’elle était belle, grande, forte, des seins opulents et une croupe à vous faire une kyrielle de drôles et puis oh magie de la nature, la bougresse était blonde, sa toison ressemblait à un champs de blé. Foutue femelle qui entortillait son couillon de fils et qui entendait prendre la direction du ménage, son ménage, son intérieur, il n’en était pas question elle se défendrait, pas comme le Charles qui semblait abandonner la direction à ses foutus fils.

Puis ce fut mon tour, moi je me baignais en gardant mon jupon, hors de question de montrer mon cul à ma belle fille. La comparaison n’était pas très flatteuse entre elle et moi, j’accusais un net déficit en age.

Mes hanches s’étaient élargies et mon derrière était devenu une proéminence. Mon ventre abîmé par les maternités ressemblait à la carte de Cassini que possédait monsieur le curé.

Mais bizarrement ce qui me gênait le plus était que j’avais le conin tout blanc, alors ça je ne m’y faisais pas. Cette blancheur était mon secret et le Charles qui se serait moqué ne le saurait jamais.

C’est Clémentine qui me versait l’eau, ma bru m’aurait sans doute ébouillantée. Mais ce qui me ravissait le plus était lorsque la petite me peignait les cheveux, c’était mon moment de détente, j’adorais prolongé ce délicieux temps. Mais souvent la Marie déjà prête faisait les cents pas jalouse de notre intimité mère fille qu’elle ne pouvait point contrôler.

Enfin coiffée de mon bonnet de coton, mes fils blancs cachés, mon corps redondant enchâssé dans ma robe et mon pourpoint je pouvais dignement aller à la messe. Marie portait maintenant une sorte de coiffe à la nouvelle mode disait elle.

La lutte entre les générations était dure et plusieurs femelles dans un même foyer se transformaient en lutte impitoyable. Je n’avais plus le dessus d’autant que la Marie allait avoir un renfort de choix.

Mon fils André s’était en effet entiché de sa sœur Louise, normal me direz vous elle était belle aussi et les deux familles se voyaient souvent. Nos sangs se mêlaient souvent en nos campagnes.

En octobre 1881, André se maria donc avec la Louise Lhériteau sur la commune du Girouard, la noce fut aussi belle que celle de son frère c’était question de fierté mais cela obéra nos économies déjà très faibles. Il fut convenu que le couple s’installerait chez nous, encore une bouche à nourrir de plus sans compter que les deux vaillants feraient des petits. La borderie était petite et mes hommes devraient sûrement se gager dans des fermes plus grandes pour pouvoir subvenir correctement.

Mais je pensais que la soupe allait s’éclaircir et le lard se raréfier.

Ce que je craignais bien plus était la connivence des deux sœurs, je ne serais plus la maîtresse des lieux. J’allais oublier la Marie avait enfanté  deux fois, Henriette et Henri mes petits enfants égaillaient de leurs cris la Corberie. Au début je ne voulais pas m’en occuper mais j’ai vite compris que si la Marie s’éloignait aux champs je serais plus tranquille en restant dans mon foyer à surveiller les moutards.

Une réflexion au sujet de « LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 67, de douloureuses cohabitations »

  1. bonjours je lis tout vos récit avec délice petit demande j ai eu de la famille sur ste favie des loup dans ses année la FAMILLE BIRON si il y avait une petit histoire de cette familles je suis preneur
    cordialement

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