LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 57, naissance à la crapaudière et montée du progrès.

1870 – 1872, La crépaudière, commune de la Chapelle Achard

Marie Louise Barreau femme Ferré.

Je ne regrettais pas le choix que j’avais fait en choisissant mon bonhomme , travailleur, gentil, non buveur. Il avait adopté mes premiers enfants et les considérait comme les siens j’en étais très contente. Le seul reproche c’est que le Jean François il était insatiable pour la chose. Tous les jours même après les durs travaux de labour . Moi souvent je n’en n’avais pas envie mais c’était un devoir paraît il.

J’essayais bien d’alléguer le vendredi jour du seigneur, la période de carême et celle de l’avent.

Résultat, Auguste en 1864, François Aimé en 1866 et Louise en 1868. J’avais beau prolonger les allaitements rien ni faisait . Début 1871 j’étais encore une fois pleine, à mon age j’avais encore le temps d’en faire beaucoup.

Ce fut long et laborieux, si les autres fois j’avais réussi à tenir mon rôle de patronne à la métairie, cette fois je n’étais qu’une grosse génisse qui ne pouvait se traîner, je ne rentrais plus dans mes vêtements et fait exceptionnel je dus me faire faire une robe par la couturière du village.

Autant vous dire que je n’étais pas satisfaite de dépenser mes quelques pièces. Car voyez vous nous les femmes on devait se débrouiller. Jamais nos hommes ne nous donnaient de l’argent et celui que l’on économisait provenait de nos petites ventes de volailles, beurre, œufs, lapins que l’on faisait à la foire.

Donc je me traînais passablement, au départ je vomissais tout le temps alors que jusque là je n’avais pas eu ce problème. Je réussis à faire les moissons mais pas en tant que lieuse, je me suis contentée cette année de faire les repas et de fournir l’eau et le vin aux travailleurs. Barthélémy était devenu le roi des faucheurs et Marie ma grande prit ma place derrière mon mari. La pauvre le premier soir, elle avait les mains en sang, pour sur elle allait devoir s’endurcir.

Le premier août 1871, je ressentis mes première contractions, là encore ce fut Marie qui prit les choses en main comme si ces choses lui étaient innées, la servante Marie Pondivie s’en fut prévenir la sage femme du village. Encore une fois la nature se chargea de moi et notre mère sainte Marie me protégea je fis un beau garçon qu’on décida de nommer Eugène. Son père alla le déclarer le lendemain à la mairie avec son ami Louis Logeais le charron et le Louis Migné un journalier qu’on louait de temps à autre.

C’est aussi à cette période que l’on s’ aperçut que Barthélémy il tournait autour de la Pondevie, c’était bien normal c’était de son age mais moi j’aurais préféré qu’il me la laisse tranquille, elle était quand même sous notre responsabilité. Mais malgré notre surveillance , les deux ont quand même réussi un rapprochement. Les petits les ont surpris alors que la Marie avait déjà les fesses à l’air.

Nous leurs avons passés une engueulade, mais est ce que cela aura suffit. D’ailleurs à ce sujet ma petite servante délurée est vraiment belle et mon insatisfait de mari serait facilement tenté par une si belle proie. D’ailleurs le François pour faire rager son beau fils commença à tourner autour de la petite. Moi je ne rigolais pas et mon fils encore moins.

En vérité je ne sais si les deux copulèrent, mais en tout cas la drôlière elle tomba pas enceinte et ça c’était somme tout le principal.

Pour tous j’étais la métayère de la Crépaudière, mon père à sa mort en 1868, nous avait légué à mon frère et à moi, un petit pécule, pas grand chose mais tout de même.

Au fond de moi même, me revenait l’histoire de ce trésor que ces paysans avaient enterré sans se rappeler exactement où, mon grand père n’avait pas montré une grande intelligence à ce sujet. Mon premier mari sans trop de conviction avait plusieurs fois arpenté l’endroit sans rien y trouver. Il faudrait que le Barthélémy y retourne, il était futé son gars alors sait t’on jamais.

Après la naissance d’Eugène j’eus un retour de couches très difficile, quinze jours après mon enfantement j’ai eu une infection qui me causa une fièvre importante. On me crut perdue et François me veilla même quelques fois et puis il faut croire que j’avais une bonne constitution car je me remis sur pieds et je retournais aux champs. Par contre toutes mes maternités et particulièrement la dernière avaient entamé mon capital beauté. Je n’étais plus qu’une grosse femme, forte de hanches.  Je n’y pouvais rien, apparemment mon François il me trouvait encore à son goût.

Avec cette république qui s’installait des changements allaient s’opérer, tout d’abord nos garçons ne tireraient plus au sort ils iraient tous à l’armée faire un service militaire, c’était je crois pour palier à la volée que nous nous avions prise en 1870.

J’étais bien sûr inquiète car mes garçons devraient quitter la ferme et visiblement l’attrait de la ville commençait à faire son effet sur nos jeunes. Barthélémy était attiré par le nouveau moyen de transport qui traversait la Vendée, cela s’appelait un train, le paysage en avait été chamboulé et certains avaient perdu des terres, bon à ce qui se disait quelques riches avaient fait de bonnes affaires.

Mon fils parlait de devenir garde barrière ou bien même mécanicien dans les locomotives. Je m’opposerais à ce qu’il monte dans ces engins du diable.

Les gens du village sans comprendre ce qu’ils disaient, affirmaient que cela sortait notre pays de l’isolement et qu’il était maintenant très facile d’aller de la Roche notre préfecture aux sables d’Olonne où se développait un port assez important. Pour le coup dans quelques années il y aurait partout de cette foutue machine , j’espère que cela n’arrivera pas, moi je suis très bien à la Crépaudière

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