LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 48, l’amante de l’Eraudière

 

1859 – 1860, l’ Eraudière, commune de Poiroux

Rose Caillaud, épouse Ferré

Le bougre de François tout viveur qu’il était, avait une certaine vigueur, au travail certes mais aussi dans sa couche.

En 1857  naquit une superbe fille, j’avais aimé cette grossesse, tout c’était bien passé et presque jusqu’au bout j’avais pu m’occuper de mon ménage. François me laissa tranquille sauf une fois ou il me demanda de lui faire des cochonnerie , vous pensez que j’ai refusé, quel dégout.

La petite fut nommée Clémence Exavérine, François s’était surpassé, le deuxième petit nom fut sorti de nul part, ma mère la sainte femme en crut s’étouffer.

Pour moi j’avais assez d’enfant, mon ventre n’était pas un champs fertile où chaque année pousserait une récolte.

Avant que d’être enceinte de nouveau je me renseignais sérieusement sur les moyens de ne pas l’être et de  faire passer le fruit indésiré.

Maintenant il faut quand même que je vous raconte, bien que j’ai un peu honte quand même.

Un jour que j’allais au village pour vendre quelques volailles, je m’arrêtais dans un petit bois pour y satisfaire à une envie pressante. Un petit ruisseau coulait à quelques mètres de l’endroit où je me mettais à l’aise. Un homme complètement nu semblait s’y laver, je fus subjuguée par le spectacle et m’en repaissais. Grand, musclé, la peau halée , je ne le connaissais pas. Le soleil dardait de ses rayons sur son intimité, moi qui était rebutée par le sexe de François je béais d’admiration devant celui de mon dieu nageur.

Je fis du bruit et il se retourna, sans que je puisse faire un mouvement il m’offrit un sourire sans que sa nudité ne le gêne.

Un restant d ‘éducation me retint, de me mettre nue pour le rejoindre et m’offrir comme une déesse au dieu de l’olympe.

Reprenant mes esprits je partais en courant vendre mes gallinacés. Il va s’en dire que j’en fus bouleversée pendant plusieurs jours, et ce soir là j’eus envie d’un homme sans que mon pochard de bonhomme n’y fut pour grand chose.

Pour mon malheur ou pour mon bien il s’avéra que mon apparition s’était gagée dans une ferme des environs. Il advint ce qu’il devait advenir, un jour nos chemins se croisèrent et cette fois ci, j’envoyais mes convenances aux orties.

Le jeu était dangereux nous risquions la prison et la mise au banc de la société, sûrement plus moi que lui d’ailleurs. Le problème ne vint pas que nous fumes surpris, non nous avions eu de la chance , mais que je devins grosse à nouveau.

Heureusement, ultime précaution, certes inconsciente je ne m’étais jamais refusée à mon mari.

Je ne sus pas de qui était l’enfant mais je considérais qu’il était issu de l’amour. Ma fille se nomma Célina Aglaé Célestine et naquit en 1859.

Mon amant lui aussi considéra qu’il devait être le sien, il voulait que l’on fuit et parlais même de m’emmener au loin, par delà la mer océane vers un pays où l’or se ramassait à la pelle et où chacun était libre de s’installer. Je fus tentée, des vendéens étaient déjà partis aux États-unis d’Amérique mais moi j’avais trois enfants et il n’était point question que j’abandonne la chair de ma chair fusse t ‘elle issue d’un homme que je n’aimais plus.

Il fut donc convenu que nous cesserions de nous voir pendant ma grossesse. Nous respectâmes notre engagement.

A l’Eraudière en octobre ma mère se sentit soudain très faible, mais forte comme elle était il ‘y avait aucune inquiétude à avoir. Cette cinquantenaire encore femme aurait même pu à la mort de son mari reprendre un veuf , mais ne voulant plus d’un homme sur les bras elle se réserva pour son fils Joseph, l’homme de sa vie et point bon à grand chose.

Hélas la grippe qui nous coucha tous cette année, lui fut fatale, elle ne se releva point et nous en fumes tous affectés.

Mon idiot de mari ne se douta jamais de ma liaison, ce qui lui importait ce fut que de temps à autre je lui ouvre mes cuisses, j’avais compris je fus bonne épouse.

Pour sur nous ne fumes pas long à nous revoir avec mon amoureux, nous devenions imprudents. Un jour mon andouille de frère faillit nous trouver en mauvaise posture, heureusement peu au fait des choses de l’amour il ne s’aperçut pas de mon embarras et de mes vêtements en désordre.

Tout allait forcement très bien et je promenais de nouveau., tête blonde comme son père ou tête brune comme mon amant. Ce fut cette fois mon légitime qui gagna. Ils étaient à égalité car ma Célina ressemblait à une petite mauresque.

Moi je vivais une vie pleine j’avais enfin trouvé un équilibre, certes j’avais un peu de scrupule à mentir pendant la confession. Car malgré le secret qui entourait cet acte de catholicité,je n’avais nulle confiance, le curé était homme et la solidarité masculine devant la traîtrise d’une femme aurait pu se faire jour.

Mais bizarrement ce fut une femme qui devint la plus dangereuse, la Marie Fournier notre domestique sans qu’elle nous vit devina à mon comportement que je trompais mon mari. Oui je m’absentais souvent ayant toujours à faire à l’extérieur, oui j’étais toujours joyeuse quand je rentrais alors qu’elle savait les souffrances que me faisait endurer François quand il rentrait saoul. Par allusion elle tenta un vilain chantage. Je prévins mon Pierre et il s’en occupa.

La chose fut réglée et je crois que je n’eus plus à ce jour l’exclusivité de la couche du beau journalier. Mais l’avais je eu un jour ?

Un jour François me lança tout joyeux on va partir de Poiroux. Je lâchais ma cuillère de bouillon tant j’étais surprise.

Oui j’ai trouvé de meilleurs terres que l’Eraudière.

Moi qui me figurais que j’allais finir mes jours ici entourée de……

Je lui demandais où il comptait nous mener, il me répondit à Grosbreuil. Bon ce n’était pas le bout du monde mais je ne verrais plus Pierre tous les jours. Je fis tout pour l’en dissuader y compris mon arme fatale le serrement de cuisses et le cul tourné.

Je ne fus pas gagnante, un soir il me gifla et me prit de force, nous partirions bien à la Foresterie.

Mais la chance semblait me sourire et notre départ fut reporté, ce qui était pris n’était plus à prendre.

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