LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 19, L’enfant du Beignon

1815, Du coté du moulin du beignon, sur la commune de Sainte Flaive

Le Jacques Caillaud,cela faisait des années que cela le turlupinait cette affaire de trésor enfoui, il n’avait jamais osé y retourner. D’ailleurs il n’était même pas sur que cela soit le bon moulin, il y en avait tant dans nos campagnes. Il ne savait pas non plus si ses comparses ne l’avaient pas doublé, cela faisait longtemps maintenant. Il avait rencontré l’un d’eux sur une foire, c’était le Jean Epaud.

Il n’avait pas pu l’entretenir sur le sujet , beaucoup trop de monde l’entourait quand ils s’étaient croisé.

Comment s’y retrouver un moulin, une métairie, ils y en avaient  partout dans notre bocage, un chemin creux ressemblait à un autre chemin creux, les chagnes tordus par les ans avaient partout le même aspect.

Non vraiment il ne pensait pas pouvoir retrouver l’endroit seul, alors il erra comme une âme en peine. Près de l’orée d’un bois au bout d’un long cheminement qui lui avait fait perdre ses repères, il crut reconnaître un endroit qu’il aurait aimé faire disparaître de sa mémoire.

Une margelle de puits en pierre du pays , moussue et disjointe. Une corde coupée, effilochée pendouillait sur une poulie rouillée ne retenant plus depuis longtemps le seau qui puisait en sa source l’eau salvatrice.

Était ce ici où ailleurs qu’il vit l’indicible.

Il s’avança, une bâtisse simple comme on en voit chez nous, le toit de chaume éventré béait comme une immense bouche édentée. La poutre maîtresse semblait avoir résisté aux affres du temps mais d’autres faites d’un bois moins noble n’avaient point résisté et jonchaient l’ancien sol de terre battue.

Il pénétra par la porte défoncée, plus rien,le néant, aucune trace de vie, des ronces tenaces regagnaient le terrain perdu part une longue occupation humaine. Un arbre semé au vent profitait pleinement à l’abri de ces vieux murs. Le manteau de la cheminée noircie par les veillées menaçait de s’effondrer. Une crémaillère noire de suie pendait encore rappelant à l’intrus qu’il était, que des humains avaient vécu en ces lieux

Une volée d’oiseaux venue de nul part le fit sursauter, apeurer il quitta la ruine. Il n’alla pas loin en sortant tétanisé il crut reconnaître la masse sombre de l’ancien tas de fumier. Un squelette de femme momifié le regardait en grimaçant, des lambeaux de chair et de peau encore attachés comme sur une carcasse mal dépecée. Stupéfait, Jacques ne put faire un pas, replongeant dans le passé, revoyant des images qu’il avait refoulées au fond de son être.

  • A lors mon gars qu’est ce que vous faites là

Jacques sursauta, un homme se tenait devant lui et pointait un vieux fusil sur lui.

  • Que faites vous ici

  • Rien

  • Te fout pas de ma gueule ou je tire

  • Je me suis perdu

  • Tu mens

  • Je ne suis pas du  coin

  • Justement si t’es pas d’ici, pourquoi tu es là

  • Bon, je vous raconte, il y vingt ans pendant la révolution je suis passé par là avec une troupe et j’ai vu.

  • Je sais ce que tu as vu, c’est du passé

  • pars et ne reviens pas

Jacques ne se le fit pas dire plusieurs fois et se sauva.

Lorsqu’il passa à proximité d’un petit bois il eut l’impression diffuse d’être déjà passé par ce boqueteau.

Il se jura de revenir, mais avant il se devait de révéler son secret à son fils Joseph au cas ou il lui arriverait malheur avant.

En rentrant il raconta tout à son fils, sans rien omettre de ce qu’il avait vu à la métairie et du massacre des soldats républicains. Mais ce qui subjugua Joseph ce fut l’histoire du coffre.

  • Papa il faut qu’on y retourne.

  • Non fils je n’arriverais pas à retrouver l’endroit exact.

  • Mais il faut essayer

  • Non il faut d’abord que l’on retrouve ceux qui étaient avec moi

  • Mais comment

  • Il y en a un qui s’appelle Jean Epaud, peut être bien des Clouzeaux

  • Tu ne te rappelles que de lui

  • Non il y en un qui se nommait Ferré

  • Mais père des Ferré il y en a des tas

  • Oui je sais

Joseph ne dit rien à son père mais se promit de se rendre sur les lieux à son insu pour tenter de percer le mystère.

Avril 1819, moulin du Beignon, commune de Saint Flaive des loups.

Joseph Caillaud avait dû attendre que son père meurt pour pouvoir avoir l’opportunité de se rendre sur place. Un adolescent ne pouvait s’absenter aussi longtemps s’en en rendre compte à quiconque.

Maintenant qu’il était libre il n’avait pas traîné et commençait des recherches.

Il trouva facilement la vieille métairie et vit au loin les ailes du moulin. Le meunier ne vint pas le menacer , mais il ne se sentait guère à l’aise et quelque chose le troublait.

Dans un bois il remarqua un ensemble rocheux, son père avait parlé de rocher, mais encore une fois les affleurements de schistes étaient nombreux dans la région et rien n’était bien caractéristique.

Il souleva encore et encore des pierres mais aucun miracle n’arriva, il lui fallait repartir car l’obscurité gagnait les sous bois et bientôt il ne trouverait plus sa route.

Sur le chemin il croisa une jeune bergère et son troupeau, il la salua mais elle, ne répondit pas son regard était perçant, ses yeux étaient bizarrement de deux couleurs. Joseph frissonna avait il rencontré le diable en la forme de cette jeune drôlesse. D’autant que son père avait longuement insisté sur la présence dans le charnier de la métairie d’une enfant sanctifiée avec des yeux qui lui avaient semblé de verre.

Joseph peureusement se sauva et fit le chemin en courant, il ne parla de rien à personne, enfouissant lui aussi le moulin, la métairie et le trésor.

Mais décidément curieux il se renseigna sur ce Jean Epaud, après maintes recherches il finit par savoir qu’il y avait un métayer de ce nom là à Venansault.

Il s’y rendit un jour et à l’auberge apprit que Jean exploitait la Mancelière.

Il s’y rendit et frappa à la porte et une femme d’une cinquantaine d’années lui ouvrit. Son mari n’était pas là car parti à la Roche sur Yon pour y vendre des bestiaux. Elle se chargerait de la commission.

Joseph retourna chez lui, il savait que si l’homme était le bon il aurait des nouvelles rapidement

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