MA VIE DE MARÉCHAL FERRANT, épisode 13, des naissances et ma maitresse

Le clocher de Saint Barthélémy

 

Puisque je vous ai parlé de cette femme qui me faisait envie et qui passait pour aller faire ce que toutes les femmes faisaient pour alimenter leur foyer en eau, il faut que je vous parle de cette magnifique fontaine située en bas de la rue du minage et de la rue du Cordouan, elle était du début du règne du roi bien aimé le quinzième, mais bien sur il y avait une fontaine à cet endroit bien avant. Il y avait deux pompes et il fallait souvent attendre, l’eau était à peu près de bonne qualité sauf quand les eaux sales de la rue venaient se déverser dans le bassin, alors la gare à la chiasse.

Marie y allait souvent car elle consommait beaucoup d’eau à sa toilette, je vous demande un peu pourquoi faire. Elle m’ houspillait en permanence en me disant que j’étais sale. Moi je me lavais les mains et le visage tous les jours, pour les pieds s’était le dimanche. Le reste qui était point exposé je ne m’en occupais point. Marie elle, se lavait complètement une fois par semaine, même son conin comme les garces du port. Si encore j’avais pu la regarder se lavant j’en aurais éprouvé du plaisir mais non elle se lavait avec une voisine toute aussi entichée qu’elle de propreté. Vous parlez d’une engeance moi les femmes j’aime quand elles ont un peu d’odeur.

En février arriva Raoul de son deuxième prénom Alexandre, l’accouchement ne se passa très bien et il fallut faire venir Joseph Carneiro le chirurgien, Marie fut déchirée et eut une hémorragie, on l’a cru perdue. Le petit était fort malingre et le praticien ne nous donna que peu d’espérance. J’attendis deux jours pour aller le déclarer avec Raoul Gautier, mon voisin et avec le chirurgien.

La fièvre se mit en Marie Magdeleine, elle délira quelques jours et ne put nourrir le petit, ni d’ailleurs mon premier qui tétait encore comme un goulu. Pour Jean Paul se fut une petite lavandière aux téton généreux et pour Raoul une accorte marchande de légume qui vendait sa pratique au bas de la rue.

La nature sauva ma femme mais Raoul nous quitta à l’age d’un mois. Encore une fois je fis le voyage à Saint Éloi pour ensevelir ce bout de chair tout rabougri. Je suis peut être un peu dur mais depuis le début on savait qu’il allait passer alors je ne m’étais pas attaché.

Marie eut un peu de mal à s’en remettre, mais moi j’avais mes ardeurs. Autant vous dire que la première fois elle m’a maudit mais bon on va pas contre la nature . Comme elle ne voulait toujours pas goûter à d’autres plaisirs, il ne fallait pas qu’elle se plaigne. C’est donc à cette période comme elle n’arrêtait pas de geindre que je me suis m’y à fréquenter une jeune veuve de la rue Gargoullaud. Tous les jours je passais devant chez elle et nous échangions quelques mots. Un jour elle me fit entrer chez elle boire un coup d’une piquette qu’elle obtenait d’un bout de vigne hors la ville du coté de Laleu. Ce jour la je la troussais d’importance sur la table de sa cuisine, sans amour ni fioriture. C’est tout ce qu’elle demandait et moi j’aspirais à la même chose. Régulièrement depuis je lui rendais visite, elle était moins fermée que ma femme pour certaines choses alors pourquoi se priver.

J’étais bien sur moins assidu dans les bras de Marie, mais je crois qu’elle s’en trouvait soulagée. Il faut maintenant vous dire que les choses cessèrent rapidement. Précédemment je vous ai parlé de la fontaine du pilori ou chacun allait se fournir en eau, c’était aussi un lieu de nouvelles et d’informations. Un matin Marie fut moquée et les femmes présentent scandèrent  » la cocue, la cocue  ». le soir elle m’attendait de pieds fermes, se fut un régal pour le voisinage tout y passa, les noms d’oiseaux et la vaisselle, je dus lui mettre une toise pour la faire cesser. Elle me battit froid pendant un bon moment, d’autant que les moqueries ne cessèrent pas, une femme qui était trompée en cette période était une femme qui ne savait pas retenir son mari. Le curé de notre dame s’en mêla et lui fit comprendre qu’un homme avait des envies et qu’il était de son devoir à elle d’y pourvoir. Ce ne fut pas facile pour elle mais un soir elle fit le premier pas et s’offrit. Pour tout dire je ne voyais plus mon amante, Marie deux mois après était encore pleine. Bon dieu de bon dieu, j’espérais que cette fois la nature serait plus clémente.

C’est aussi à cette période que l’on déménagea car le propriétaire de notre appartement voulait simplement le récupérer. On trouva à se loger dans la rue de le Forme juste à coté de la rue des trois marteaux, nous donnions sur la grande boucherie, cela sentait mauvais dans notre précédent logement, mais là nous touchions des sommets olfactifs. En plus il n’y avait pas de latrines dans l’immeuble, tout dans un seau. Heureusement ce n’est pas moi qui descendait le pot de chambre le matin c’était le travail des femmes.

Bref un petit déménagement, mais au final un appartement beaucoup moins spacieux, nous ne pensions pas y rester longtemps.

En tout cas ce fut ici que Marie accoucha d’ Alexandre, encore très long et douloureux décidément, Marie était plus douée pour tomber enceinte que pour faire naître un petit. Notre garçon était assez chétif et de fait il ne vécut que 19 jours. Michel Pacraud un maître serrurier qui tenait son atelier rue des merciers et ami de la famille vint déclarer la naissance et le décès à l’hôtel de ville avec moi. Heureusement l’enfant avait été baptisé, je ne croyais guère aux bondieuseries mais je n’aimais pas l’idée que mes enfants n’accèdent pas au paradis et restent coincés dans les limbes. Le gardien du cimetière me connaissait maintenant et me permit d’enterrer Alexandre à proximité de l’endroit où reposait son frère Raoul. Marie resta prostrée quelques semaines, mais il fallait se remettre au travail.

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