MA VIE DE MARÉCHAL FERRANT, Épisode 10, la noce et ma nuit de noces

Ron Hicks 1965 les amoureux

 

Nous n’en sommes pas là et le festin commença, nous avions prévu grand et bon. C’est ma belle sœur la cabaretière qui prépara le repas. Je ne l’aimais pas mais bon dieu qu’elle cuisinait bien.

Pâtés, rôtis, volailles, cochonnailles, rien de manquait nous nous empiffrâmes et pour faire passer cette abondance nous bûmes plus que de raison. Je crois que la première chanson paillarde fut poussé par mon père  » le curé de camaret à les couilles qui pendent et quand il s’assoit dessus  ». Chacun braillait à qui mieux mieux. Marie Magdeleine rougit quand mon jeune frère Antoine passablement éméché vint lui chanter devant le visage  » Les rideaux de notre lit sont fait de serge rouge, mais quand nous sommes dedans , la rage du cul nous prend, tout bouge  »

Heureusement les joueurs de vèze et de violon se mirent à l’ouvrage et la danse commença. Ce fut une sarabande endiablée, la joie était au rendez vous. Je serrais de près ma femme car tous voulaient la faire tourner. La remise se remplit de monde car les militaires du poste de garde de la porte neuve demandèrent le coup à boire. Les tonnelets étaient percés les uns après les autres, les pisseurs s’alignaient en rigolant le long de la vieille muraille, les femelles rieuses s’écartaient à peine de la noce pour écarter jupon et faire de même. Mais il fallut nous remettre à table, pour le service du soir

J’étais gueudé mais les traditions sont les traditions. Mon frère Antoine s’écroula ivre dans son assiette, mon père avec un groupe de vieux continuaient de brailler des insanités. Les petites mains engagées pour le service s’affairaient et gloussaient quand un chaud lapin leurs passait main au derrière. En fin de soirée ma femme fut enlevée par les noceurs et je dus payer rançon pour la récupérer. La noce continua sans nous et nous nous éclipsâmes. Mon oncle nous avait prêter un petit meublé rue chaudrier. Nous nous y rendîmes fiévreusement. Je me rappelle, l’escalier était fort roide, je me mis derrière Marie et je la poussais gentiment en profitant de son joli postérieur. Nous rigolions à tue- tête pour masquer notre nervosité. Dans l’appartement aidé par la clarté d’une lucarne nous allumâmes une chandelle. Ivre de vin, fatigué et embarrassé je m’asseyais sur le lit où elle vint me rejoindre. Évidemment je ne pouvais me targuer de la moindre expérience, avoir perdu sa virginité chez les garces du port ne s’appelait pas de l’amour. Curieusement se fit Marie Magdeleine qui avec son instinct de femme prit les choses en main, elle déboutonna ma chemise en plongeant son regard d’un bleu translucide dans mes yeux. Cette sorte d’insolence enflamma mes sens et je lui pris les lèvres à pleine bouche. Nous nous déshabillâmes mutuellement, ses gestes étaient emprunt de volupté et de tendresse, je m’efforçais qu’elle ressente la même chose. Je découvris à la lueur blafarde de la bougie son magnifique corps, ses seins ronds et sensuels où pointaient deux tentants tétons. Son ventre qui m’invitait à déposer des baisers et ses longues jambes invitant à la caresse. Je m’ émerveillais enfin devant sa légère toison au reflet roux d’où perlait une rosée douceâtre et nacrée. Maladroitement je vins à elle, puis dans elle, une légère poussée, la vierge ne l’était plus. Elle fut un peu surprise, soupira et se détendit, quelques mouvements me libéraient , Marie Magdeleine était ma femme.

Je restais quelques instants en elle, figé, satisfait et heureux, je me basculais sur le coté et la regarder se lever. Pudiquement elle s’enroula dans une courtine de drap, mais ce geste plein de candeur invitait mon corps à reprendre de la vigueur. Elle s’essuya, et regarda la lune par le lucarnon, c’est sur cette vision du paradis que je m’endormis tout de go. Elle me laissa dormir un peu, mais cette nuit m’appartenait et lui appartenait, je sentis ses mains tout d’abord timides qui explorait mon torse puis prenant de l’assurance ma belle s’aventura sur mon ventre où elle joua avec les premières boucles de mon intimité. Je ne bougeais pas feignant le sommeil, Marie ne s’y laissa tromper tant ma vaillance en évidence ressortait. J’ouvris les yeux et lui souriais, je la guidais et nous nous unîmes pour la seconde fois. Je pris mon temps et au bout d’une longue joute elle eut raison de moi et j’eus raison d’elle. Nous étions comblé tous deux et nous nous rhabillâmes, car les noceux n’allaient point tarder à nous débusquer. De fait elle posa sa tête sur mon épaule et s’endormit

A l’aube nous entendîmes un chambard. Un groupe ou mon cousin paradait entra avec fracas dans la pièce, les propos avinés et paillards montaient en cascade et faisaient éclater d’un rire gras les convives éméchés. Un ouvrier de la forge souleva le drap pour voir si la rougeur virginale avait souillé l’enveloppe de lin et si le Louis avait honoré et dépucelé sa femme.

On se gaussa un peu du manque de matière mais il fut acté que l’union avait été consommée. Les mariés burent au pot de chambre une infecte tambouille. Chacun ensuite alla prendre un peu de repos. Ils restaient quelques heures aux mariés pour se refaire une santé et se familiariser avec affres de leur premier vase de nuit partagé. Cela me fit rigoler de voir ma belle sur le pot, elle me demanda de fermer les yeux mais le bruit me fit attraper un irréversible fou rire. Cela se termina par une bataille sur le galetas  qui ma redonna  un regain de vigueur de ma part et par une envie irrépressible de Marie. Nous rejoignîmes la noce, pour une deuxième journée de mangeaille, les traits étaient tirés, les langues pâteuses et les estomacs barbouillés. Ce fut moins pantagruélique que la veille mais l’appétit venait en mangeant et de nouveaux les langues se délièrent, bien sur avec Marie nous en eûmes pour notre grade, allusions salaces, remarques douteuses, mais bon rien de méchant et de toutes façons la encore cela faisait partie des coutumes.

Une belle noce dont on parla dans la famille j’étais fier et heureux mais il fallait maintenant revenir aux réalités. Avec Marie on s’installa provisoirement chez mon père, mais quelle exiguïté nocive pour un jeune couple. Nous étions plein de fougue mais la présence de mon vieux et de mon jeune frère nous bloquait quelque peu

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