L’HISTOIRE PAR LA CARICATURE

Alfred Robida  1848- 1926

Je viens d’acheter sur une brocante un livre édité en 1918, écrit et illustré par Alfred Robida ce document titre le  » Vautour de Prusse  »

Il traite de la montée hégémonique de la Prusse jusqu’à son effondrement en 1918.

Les illustrations sont féroces et pourraient trouver place dans Charlie Hebdo sans aucun problème.

Je ne résiste pas à vous en publier quelques unes avec un petit texte de mon cru pour en extraire modestement la quintessence historique.

Bien évidement avant de commencer, gloire à l’auteur maintenant oublié que je vous présente en quelques lignes.

Albert Robida est né à Compiègne en 1848, destiné au notariat il s’ennuie rapidement et dès 1866 il propose ses talents de dessinateur au  » Journal amusant  ». Son coups de crayon et sa plume font qu’il collabore rapidement dans plusieurs revues.

En 1879 il crée le personnage de Saturnin Farandol, précurseur de Tarzan.

En 1880 il fonde une revue nommée Caricature, prolixe il officie comme illustrateur dans des guides touristiques, des ouvrages historiques et même des classiques littéraires.

Il est en outre l’auteur d’une trilogie d’anticipation qui le place largement au niveau de Jules Verne.

Son œuvre est immense, 60 livres, 200 livres illustrés, participation à 70 revues de presse et environ 60000 dessins.

Il s’éteint en 1926 et repose au cimetière de Croissy sur Seine.

Passons maintenant à la première caricature que je trouve assez féroce.

 

On y voit un sous marin Allemand que nous appellerons U boot et au loin un navire hôpital.

Le capitaine du navire déclame à son équipage :  » Un navire hôpital ! Envoyez la torpille, vous aurez tous la croix de fer.

Cette caricature nous amène évidement à parler du comportement odieux et disons le ,criminel de l’armée Allemande pendant la grande guerre.

Même si ce ne sont pas les allemands qui ont inventé le crime de guerre, l’industrialisation de la violence, le développement des technologies, l’invention de moyens de destruction massive et disons le l’absence de tous scrupules font que les crimes perpétrés sont particulièrement odieux et meurtriers.

L’utilisation d’un nouveau engin de mort appelé « le sous marin » et en allemand » U boot » amena une série d’ignominies.

Ce navire inventé depuis un moment déjà ( 1624 ) a commencé sa carrière destructrice en 1864 pendant la guerre de sécession .

L’arrivée magnifique de ce joli conflit va lui permettre de se moderniser à une vitesse plus rapide que jamais.

Notre fier état major prussien possédait à l’entrée de la guerre 24 submersibles et proclama rapidement que la guerre sous marine serait totale .

Le terme n’est guère ambiguë, le bon Kaiser autorisant ses navires à couler bateaux civils comme bateaux militaires.

Nos zélés capitaines ne se le firent pas dire deux fois et les navires marchands furent rapidement passés par le fond.

Le comble fut rapidement atteint lorsque les U boot s’en prirent aux navires hôpitaux.

Théoriquement ces bateaux étaient protégés par la convention de Genève dont les Allemand avaient été signataires.

Cette convention de 1864 à l’initiative du suisse Henri Dunant préside à la création d’un droit international humanitaire et à la création de la  » Croix Rouge internationale  »

L’article premier stipulait que les ambulances et les hôpitaux militaires étaient reconnus comme neutres.

Article limpide, mais malheureusement dans la société humaine le droit semble être fait pour être bafoué.

Les Allemands s’en firent une spécialité au 20ème siècle et le 1er février 1915 le navire hôpital Anglais Asturia fit l’objet d’une première attaque du genre . Les torpilles le manquèrent cette fois là, mais qu’on se le dise pas de répit pour les navires marqués de la croix rouge.

De nombreux navires hôpitaux furent coulés pendant cette période et les Anglais pour faire face à cet ignoble comportement firent monter à bord de ces bateaux réputés neutres des officiers prussiens comme bouclier humain.

La guerre se termina le Kaiser et son nigaud de fils s’exilèrent sans pour autant être jugés comme criminels de guerre. Les capitaines de U boot ne furent guère inquiétés et beaucoup viendront rejoindre la dynamique équipe du bon Adolf.

La caricature parle d’elle même et le talent de Robida transparaît dans ces quelques traits.

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