UN AVORTEMENT VIOLENT Épisode 2, l’acte

Cette dernière d’une conscience chrétienne à toutes épreuves, lève les yeux au ciel et prend Dieu à témoin, jamais tu dois faire cela, tu serais damnée.

Vous parlez d’un soutien entre une folle de Dieu et une folle tout court, je suis bien avancée.

En soirée je surprends Jacques et Jeanne sa mère, elle lui explique comment me le faire passer.

Jacques mon fils ainé qui avait surpris la conversation  me dit « maman, il parle de toi et d’un bébé dans ton ventre ».

Les méchants ne se cachent même pas de mon enfant, j’en ai honte pour eux.

Le repas se passe presque normalement, je couche les enfants et nous veillons un peu, la vieille file, les deux hommes cassent des noix et moi je ravaude.

Dans le lit Jacques exige que je remonte ma chemise, oh non il ne va recommencer.

Mais ce n’est pas pour cela qu’il veut voir mon ventre. Je suis inquiète je refuse, il exige, j’ai tant de fois abdiqué mon corps, que cette fois ci  encore, je remonte ma chemise. De le voir ainsi penché sur moi me gène quand il me veut il ne prend pas autant de temps. Instinctivement ce soir il me fait peur , ses yeux vont de mon sexe à ma poitrine, mais ce n’est pas à mes parties intimes qu’il en veut, je le sens c’est sûr.  Subitement il pose  ses deux grosses mains,sur le bas de mon ventre, il m’appuie dessus,  puis me malaxe violemment. Il me fait très mal mais ce n’est pas fini, il m’assène des coups de poing au dessus de ma toison. J’hurle,  dans le lointain il me semble entendre sa mère qui le félicite, c’est un coup monté entre eux deux, ils veulent que le petit se décroche. Je ravale ma douleur, mon tortionnaire satisfait bientôt ronfle comme une forge.

Moi le lendemain j’ai mal au ventre , mais j’ai mon labeur et je l’effectue sans geindre. Mon mari le soir il exige de recommencer, et les coups de poing et le reste à croire que me battre l’excite.

Il recommencera le lendemain. Maintenant j’ai mal et je je marche péniblement, la belle mère s’en aperçois et jubile, « je crois que ton mari te l’a fait passer, mais dit rien tu lui attirerais des ennuis ».

Je me traîne, je souffre, j’irais bien voir le docteur, mais avec quel argent je le paierais?

Un matin j’expulse en pissant un caillot sanguinolent, j’hurle toute seule sur mon pot.

Je crois en avoir fini, la douleur s’estompe un peu, je reprends des couleurs et  la vie me sourit de nouveau. Jacques mon grand va à l’école j’en suis fière mais je suis la seule, le reste de la famille considère l’instruction comme inutile. Heureusement Louis Morin l’instituteur à une grande influence dans la commune et une grande partie des paysans mette leurs enfants en classe.

Non en fait je n’en ai pas fini, la douleur revient, insidieuse, vicieuse, je saigne au mauvais endroit, cela dégoute mon mari. Mais cet idiot se gausse, rigole, se vante et croit que j’ai de nouveau mes règles. Quand sait-il, ce monstre?

Moi je dépéris à vue d’œil, je ne mange plus, je vomis , je marche courbée comme une vieille.

Mes vêtements sont souvent tachés de sang et au lavoir j’attire l’attention des autres femmes..

Mon mari s’inquiète un peu, mais sa mère le rassure, c’est des problèmes de femme lui dit-elle, ça va passer.

Mais rien ne passe, je vais crever, mais en attendant j’en souffre autant qu’un accouchement.

On s’inquiète enfin de moi lorsqu’un soir en voulant porter mon petit Pierre je chute lourdement sur la terre battue. Les trois malfaisants délibèrent, inquiets pour leur respectabilité ils appelleraient bien le docteur Vivielle. Mais malheureusement leur avarice les retient et je continue de souffrir en silence.

Les jours se passent et je ne suis que l’ombre de moi même, je rencontre mes parents et je leurs fais part qu’en plus de mes douleurs incessantes le petit Pierre hurle toutes les nuits et m’empêche de dormir.

Le père m’engage à venir chez lui, j’accepte et je me sauve presque de chez moi.

La vieille jubile de me voir partir et d’abandonner la place, je suis prise d’une anxiété qui grandit à mesure que les heures passent. Je redoute que mon mari ne revienne me chercher de force, ne me batte et exerce son droit marital.

Mais le soir venu rien, désintéressement total de la famille Bourdin, j’étais partie, tant mieux on ne m’entendra plus pleurnicher.

Mon état s’aggrave, le père fait venir le médecin, il m’examine, il a sa mine des mauvais jours.

Je l’entends parler avec mes parents, ma mère pleure, mon père est terrassé, les deux doivent s’asseoir, ils ne me disent rien. Pourquoi, je suis au premier chef concerné?

Dans les jours qui suivent je commence une longue descente, j’ai mal, puis je ne ressens plus rien c’est une alternance. Mes parents oscillent entre la peine et l’espoir. J’ai même la visite de mon mari, il se repent, m’explique qu’il ferra venir le docteur si besoin mais que cela ne se fait pas de quitter le domicile conjugal. Nous y voit là, aucune considération pour moi, pas une once d’amour, juste l’apparence et le qu’en dira-t-on. Je lui oppose un non méprisant.

Le docteur Potet m’annonce que j’ai une hydropisie, c’est pour moi du charabia, j’ai un mauvais pressentiment je demande à voir mes enfants.

Jacques doit sans doute refuser car je ne vois personne venir. Je crois que je vais mourir, j’appelle, mon père ma mère et le docteur sont à mon chevet. Je leurs explique enfin ce qui c’est passé, je leur explique que j’étais enceinte et que mon mari à tenté de m’avorter en me frappant le ventre.

Je délire, on demande le curé, mon père ne s’occupe pas de mon mari.  Chez les Bourdin personne ne bouge. Je vois maintenant mon frère Guillaume, il pleure, me tient la main.

Ma vue se brouille je ne sens plus la main qui me tenait, les bruits s’enfuient, je ne perçois plus les odeurs, une lueur.

3 réflexions au sujet de « UN AVORTEMENT VIOLENT Épisode 2, l’acte »

    • Oui même aux Texas où j’habite. Depuis le 1ier septembre la nouvelle loi sur les avortements a pratiquement fait cesser tous les avortements dans l’Etat. Le Texas est une fois et demi la superficie de la France et les pauvres filles et femmes qui ont besoin de soins doivent aller dans d’autres états. Et malheureusement elles sont généralement les plus démunies qui n’ont pas l’argent nécessaire pour voyager de telles distances et pour rester dans un hôtel et de plus elles ne peuvent se permettre de prendre des congés à leur travail. Et le pire est que le gouverneur a tourné tous les habitants du Texas et au-delà en chasseurs de prime s’ils gagnent contre toute personne qui aide la pauvre femme (famille, chauffeurs de taxi ou de Uber, docteurs, infirmières……..) C’est totalement écœurant. Nous sommes retournés au Moyen Age.

      Aimé par 1 personne

  1. Que c est triste ..c etait une epoque tres difficile pour les femmes..comme le dis si bien dans le commentaire de cette personne ça existe encore dans certains pays ..

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