DESTIN DE FEMME, Épisode 2, ma jeunesse

Ils se sont mariés alors qu’elle avait déjà trente et un ans ce qui explique peut être la faible fécondité de ma mère. Ce que je ne m’explique pas par contre c’est pourquoi mon père a épousé une vieille.

Nous nous sommes donc installés au hameau de Liechien dans une petite maison sans prétention, une pièce principale ou trônait le grand lit de mes parents, il était à gauche de la cheminée. Il avait ces grands rideaux protecteurs qui apportaient une relative intimité parentale, du moins quand aucun petit ne dormait avec les parents. Ce n’était pas le cas chez nous mais à moi il m échut une méchante paillasse dans le coin opposé et là pour le coup j’étais exposée au regard. Mon frère plus grand fut relégué dans un espèce d’appentis sombre et humide, mais on ne peut pas tout avoir car cette mauvaise situation était composée par l’immense privilège d’être seule. Nous n’étions pas particulièrement riches mais bon nous étions quand même équipés correctement, une table en chêne et des bancs, un coffre, une maie et un vieux bahut branlant. Au fils des décennies la famille avait accumulé une énorme quantité de linge que l’on se transmettait de mère en fille. Il en fallait certes car nous ne faisions pas la buée très souvent mais je pense qu’il me faudrait plusieurs vies pour user ces solides draps de lin.

Nous avions la chance de posséder une vache que mon père en vaine d’inspiration nomma Marie Antoinette et bien sur un poulailler bien remplit d’affreuses bestioles que je me devais de nourrir.

Pour l’ensemble des ménages avoir ce genre d’appoint était une bénédiction, lait, beurre, œufs, volailles apportaient le peu de numéraire que nous possédions. A cela s’ajoutaient les fruits et quelques vignes, nous ne mourions pas de faim.

De plus mon frère ayant atteint l’age de s’employer chez un patron et se plaça dans une ferme du village d’Auger. Il était pour l’instant simplement nourrit comme il était d’usage pour le travail des enfants.

Je fus heureuse de son départ car ce grand gaillard me faisait peur et disons le crûment ne pensait qu’à me surprendre à la toilette où lorsque je faisais mes besoins. Toujours à m’observer à m’épier afin de voir l’une de mes grâces naissantes. Je m’en plaignis à ma mère mais ma récrimination ne fut pas agréée par ma mère et c’est moi qui me pris une correction comme quoi j’étais toujours à l’attiser. Je commençais à faire mon apprentissage de femme en comprenant peu à peu la primauté de la voix masculine sur celle des femmes.

Bref je pris donc sa couche, je fus délivrée de mon frère ainsi que de la promiscuité sonore des ébats parentaux. En effet à l’age ou j’arrivais je commençais à comprendre le pourquoi de ces gémissements et malgré ma discrétion naturelle je ne pouvais m’empêcher d’entendre ces joutes conjugales.

Je me fis donc mon petit univers et je récupérais même un petit miroir où je pouvais à loisir me mirer sans que maman se récrie devant une paresse éventuelle.

Ma petite vie se passait donc à l’ombre de mes parents et quoiqu’il en fut de la dureté des temps je vivais une jeunesse heureuse.

Je n’allais pas à l’école bien entendu et lorsque mon travail était terminé je m’ébattais avec mes camarades dans la campagne. Nous observions les animaux, les fleurs, mais aussi les garçons.

Nous étions assez libres et parfois on jouait un peu aux amoureux, rien de bien méchant quelques bisous bien que certaines fois notre imagination nous emmenait plus loin. Un jour avec quelques garnements de Liéchene nous avons attaché à un arbre un pauvre diable un peu simplet qui nous suivait sans arrêt et nous gênait dans nos pérégrinations, nous lui avons baissé la culotte et nous nous sommes enfuis. Autant vous dire que la mère ne m’oublia pas lorsque notre forfait fut connu, à m’en rappeler j’ai toujours le derrière qui me chauffe.

Nous allions aussi le long de la route et nous regardions passer les soldats, en pleine période Napoléonienne ils étaient fort nombreux, nous les filles on les trouvait fort beaux dans leurs uniformes chamarrés, les garçons les regardaient avec envie et les auraient bien suivis. Ma mère n’était pas d’accord pour que j’use mes yeux à regarder des hommes passer, elle me disait que ce n’était pas spectacle pour une jeune fille.

De toutes les façons pour elle ma seule sortie n’aurait du être que la messe du dimanche.

Puis tout changea à la suite d’un événement bien connu des femmes, un matin le long de ma cuisse je sentis quelque chose de chaud qui s’écoulait, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il m’arrivait

Ma chemise se teinta de rose et ma naissante toison se trouva poisseuse d’un sang impure.

Bref j’avais pour la première fois mes menstrues, ma mère instruite du fait m’expliqua comment m’essuyer avec une sorte d’étoupe. La première fois ce ne fut pas très abondant et de toutes façons je ne m’attendais pas à ce que cela recommence. Ce fut ma meilleure amie qui m’instruisit car ma mère à part me dire que j’étais maintenant une femme ne me renseigna sur rien. Par contre c’en fut fini de ma relative liberté, cheveux attachés, bonnet sur la tête, interdiction de fréquenter les garçons et nudité interdite même pour ma grosse toilette.

Je préférais être une petite fille plutôt que d’être ainsi surveillée par ma cerbère de mère. De plus mes forces grandissaient et elle m’emmena travailler dans les fermes.

Mais bon très tôt j’employais toutes mes ressources pour échapper à la vigilance de mes parents, comme toutes les jeunes de mon age être courtiser par un galant faisait l’objet de mes préoccupations principales. Car voyez vous de la petite boulotte que j’étais un joli papillon était sorti de sa chrysalide graisseuse. J’avais du succès mais aussi le plus grand mal à repousser les ardeurs de certains grands mâles. Un jour je me fis coincer par un valet de ferme dans une étable, il m’embrassa de force et tenta de remonter ma robe cela le faisait rire et c’est la première fois que je sentais de près la vigueur d’un vit. Heureusement le bougre point trop méchant devant mes pleurs et mes cris me laissa en me traitant de catin .

Je me gardais bien de dire quoi que ce soit, mais en moi même je me disais qu’il serait bon de choisir moi même mon galant.

Un jour, jour de Saint Jean nous étions tous réunis pour la fête, nous dansâmes des rondes endiablées autour du bûcher, les parents s’étaient éclipsés et nous étions tous ivre de jeunesse et d’envie d’amour.

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