LA VIE TUMULTUEUSE DE VICTORINE TONDU, Épisode 10, la mort du père et l’éclatement de la famille

Nous étions presque organisés lorsque un événement imprévu vint troubler la quiétude de la maison, mon beau père commença à se plaindre de maux de ventre, on ne put rien faire pour le soulager il entra en agonie et la pièce où il reposait se trouva pleine de tous les enfants venus lui porter hommage et l’assister dans son départ. Le 19 avril 1859 le morvandiau mourut, au fond de lui même il aurait voulu retourner à Dun les Places pour être inhumé avec ses parents mais bon il n’était point roi que l’on puisse déplacer son corps.

Je fis ma première toilette des morts avec mes belles sœurs, j’appréhendais de déshabiller mon beau père et de laver son corps nu, mais curieusement cela ne me fit pas plus d’effet que si j’avais récuré un vieux plancher. N’allez pas croire que je sois insensible mais je n’aimais guère ce vieux bonhomme toujours gueulant, pas très propre et qui voulait régner en maitre sur sa famille comme un bourgeois sur sa domesticité.

Le lendemain et oui il ne fallait pas traîner car il faisait déjà un peu chaud le corps de feu mon beau père, premier Trameau à mourir en Seine et Marne fut conduit en terre d’Argentières.

Pour qui sonne le glas la famille éclata. On déménagea à Guignes et la veuve partit sur Coubert avec Germain et Félicité.

A Guignes il y avait l’ensemble de la fratrie et c’est avec plaisir que j’emménageais à coté de chez Prosper au hameau de Vitry. Ces quelques mois que j’allais passer seule avec mon mari seront uniques, d’abord je lui annonçais qu’il allait être père, il fut content mais sans plus, je crois que ce qui le préoccupait c’est qu’il n’allait plus pouvoir me toucher. Elisabeth m’expliqua la position à prendre pour le faire encore un peu, Jean Charles fut surpris de cette incongruité portant un nom de chien mais mesura tous les charmes qu’il pouvait en tirer et apprécia mes courbures sous un autre angle visuel. Je crois même qu’il y prit goût. Le 17 septembre 1859, je commençais un long travail, j’étais entourée, Honorine, Virginie, Élisabeth et Victoire et pour sûr la sage femme ne me quittèrent pas d’un moment. J’ai souffert, hurlé, pleuré, poussé et enfin fut délivrée en un terrible et dernier effort, un garçon rond comme un petit pois, rouge et flétri comme une vieille pomme me glissa entre les jambes.

L’enfant fut promptement lavé et emmailloté et moi heureuse je dormis comme une bien aimée.

A mon réveil, le fruit de mon corps se nommait Jean Charles, je ne fus pas très satisfaite car je voulais le prénommé Victor. Je me rappelais les conseils de ma belle mère et gardais mes forces pour d’autres luttes.

Je sus tout de suite que je ne serais pas une mère bien aimante, je ne ressentais pas le grand frisson de l’amour en prenant dans mes bras ce braillard morveux et puant. De plus ce carnassier dévorait à pleine bouche ma belle poitrine de vingt ans, goulu je devais sans cesse livrer à la vue mes opulentes mamelles, le spectacle était bien joli, Élisabeth et moi assises sur le pas de la porte de concert et en bavardant nous comparions les dégâts occasionnés par les petite bouches dévastatrices.

N’allez pas croire que je fus une mauvaise mère, non je faisais simplement cela comme un devoir, une obligation.

La vie des hommes était je pense plus simple que celle de nous autres, les femmes,nous avions notre journée ménagère, notre journée de mère, notre journée de travailleuse et notre journée de femme.

Vous parlez d’un emploi du temps, moi je ne fus parfaite dans aucune.

La situation n’était pas très bonne pour l’emploi dans la région de Guignes et un soir Jean Charles m’annonça qu’il avait trouvé à ce gager pour un salaire nettement supérieur à l’actuel, je m’en réjouissais car même si on s’habitue à la précarité, la perspective de vivre mieux m’enchanta immédiatement.

Nous allions partir sur la ville de Coulommiers au nord est du département, enfin je retournais dans une ville.

Ce soir là mon grand dadais de mari eut le droit au grand jeux tant j’étais heureuse de quitter cette plaine sinistre.

J’étais nue sur le lit, sa tête reposant sur ma poitrine, nous étions exténués d’amour et en cet instant j’eus l’impression de frôler le bonheur. Quelques maisons plus loin Prosper qui avait accepté le même emploi n’eut pas les même prévenances de la part d’Élisabeth. Elle ne voulait pas partir, se trouvait bien ici au milieu de sa famille, ils s’engueulèrent copieusement et au lit elle se tourna résolue à faire la grève de l’amour.

Les deux frères partirent en repérage, et revinrent quelques jours plus tard très satisfaits d’eux même.

Il était temps de faire les adieux, d’ailleurs de mon coté, ma mère et mon frère avaient quitté la région pour s’installer à Villeneuve Saint Georges près de Paris. Maman avait choisi de vivre amante et de suivre de loin les déplacements de celui qui prenait son corps mais pas sa vie. Mon frère bénéficia, il est vrai de cette conjoncture et eut la possibilité de devenir tonnelier pour son propre compte, comme une sorte d’appui occulte.

Sans pour l’instant être très loin l’un de l’autre la tribu Trameau dès lors se dispersa, Coubert, Guignes, Quiers, Coulommiers, Fontenay en Brie, Rosay en Brie. Mon mari ne savait pas qu’il ne reverrait plus certains d’entre eux.

LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 83, la famille Cloutour de la Cossonnière

 

1893 – 1896, la Cossonnière, commune de La Chapelle Achard

Victoire Cloutour, femme Proux

Il faut quand même le dire, ce qui fut l’événement majeur de ces années est bien entendu notre déménagement à la Cossonnière sur la commune de La Chapelle Achard.

Mon père toute sa vie avait rêvé d’un tel lieu et d’une telle exploitation, à l’aube de ses soixante ans, il y arrivait enfin. C’était bien entendu le chef d’exploitation mais dès le départ il fut convenu que Barthélémy mon mari serait également partie prenante du contrat qui fut conclu avec le propriétaire. N’allez pas croire que c’était une terre gigantesque et que nous allions devenir de riches paysans, non il faut relativiser, l’exploitation serait simplement plus grande que ce que nous avions connu jusqu’à là et surtout nous ne serions plus des journaliers mais des fermiers ayant une assise terrienne. Pour sur les terres ne nous appartenaient pas mais nous nous étions laissés dire que certains paysans parvenaient maintenant à acquérir la terre qu’ils travaillaient depuis la nuit des temps. Nous n’en étions pas là mais peut être qu’un jour nos enfants deviendraient propriétaires à leur tour.

Mon père en accord avec mon mari décida qu’ils iraient de l’avant et que toutes les technologies disponibles et rentables entreraient sur la ferme. Mais de cela nous en reparlerons car comme toujours les oppositions entre les jeunes et les vieux animaient les repas et les veillées.

Papa était toujours plein de vigueur et de force, certes le soir il piquait un peu du nez mais chaque matin près à l’ouvrage, le verbe haut il montrait l’exemple et souvent houspillait son fils qui selon lui feignantait un peu trop sur sa paillasse.

Il se disait aussi que le père avait encore une bonne femme sur Sainte Flaive des Loup moi je n’ai pas été vérifier mais Barthélémy disait que de temps à autre le vieux il trouvait à faire ailleurs et qu’il disparaissait de longues heures. Moi je voyais pas bien comment un homme comme lui pouvait susciter une passion amoureuse, pas très grand, presque chauve, toujours mal rasé, ridé, édenté et un acre fumet s’échappant de son corps rarement lavé. Maman se pliait encore à ses exigences, nous le savions car si les courtils masquaient, ils ne bloquaient pas les sons et régulièrement nous entendions

Nos vieux s’adonner à la chose. Maman était un peu obligée par devoir conjugal mais qu’une femme puisse subir volontairement les assauts de cet homme vieillissant moi cela me passait par dessus.

Maman n’avait que cinquante quatre ans, je la trouvais jolie et ses cheveux que je peignais presque chaque jour étaient encore d’un beauté saisissante bien que quelques fils d’argent apparaissent ça et là.

Lors des grandes toilettes je l’apercevais nue, nous aurions dit une jeune femme, les seins fermes et le ventre plat. Musclée par les travaux agricoles, elle était je pense encore très désirable et je l’enviais car moi avec mes quatre maternités j’avais les mamelles lourdes et tombantes et mon ventre strié de disgracieuse ridules. Ce qui me stupéfiait dans ma mère c’est qu’elle était propre contrairement à la plus part des femmes de son age et qu’elle faisait preuve de coquetterie en s’aspergeant d’une eau parfumée dite de Cologne qu’elle avait achetée à l’insu de mon père à un colporteur. Je savais que maman ne pouvait plus avoir d’enfants et que cela avait simplifié sa vie. Ce qu’elle redoutait le plus n’était pas les assauts de son homme mais plutôt les conséquences.

Au lavoir elle me confia que le sexe la dégouttait maintenant et qu’en quelques sortes cela la soulageait que Papa aille voir ailleurs. La morale n’était pas respectée et cela cancanait énormément sur notre dos. Nous en avions l’habitude.

Mon bonhomme avait maintenant trente six ans, la force de l’age , la maturité, l’expérience appelons cela comme on veut. C’était un travailleur forcené et il rentait souvent le dernier. Certes c’était un fort gueulard surtout quand il était pris de vin, les taloches volaient bas et les drôles se faisaient petits dans leur coin, moi j’aimais pas ces moment car voyez vous avec moi il n’était pas méchant mais amoureux. Une main par ci, une main par là, un baiser dans le cou et des étreintes forts gênantes lorsque j’étais penchée sur le potager. Cela faisait rire le père qui dans ses moustaches n’arrêtait pas de dire  » la Victoire ce soir , elle va prendre  ». Mon frère en rajoutait en disant que j’aimais bien ça ce qui faisait se pavaner cet imbécile de Barthélémy. En ces moments j’aurais bien voulu vivre seule ma vie de couple.

 

Donc en plus de mes parents, nous avions à la maison l’Auguste, âgé de vingt quatre ans, il revenait du service. Il ne pensait qu’à une chose depuis, trousser des filles et éventuellement s’en trouver une légitime pour ne plus avoir à chercher une proie pour assouvir sa passion de l’amour. Il était fort intrusif en nos intimités et je savais que si il pouvait il se rincerait bien l’œil avec nos nudités à moi et à ma sœur. Mais bon je l’aimais , je l’avais vu grandir et l’avais souvent martyrisé quand je le gardais étant petite. Nous en avions gardé un amour fraternel indéfectible.

Ensuite il y avait la petite reine Marie vingt six ans, petite brunette potelée, espiègle, enjouée, rieuse. Ma sœur savait faire tourner les cœurs, depuis qu’elle était petite elle retournait ma brute de père par un sourire, jamais une gifle, jamais un coup de ceinture, jamais un cul fessé, non pas qu’elle ne faisait pas d’ânerie, elle savait simplement , habillement détourner les fautes sur moi et mon frère. Nos volées les plus mémorables nous les lui devions. Mais bon elle nous désarmait par un sourire et un câlin.

Mais celui qu’elle désorientait le plus était notre domestique Auguste Ferré. La peste en faisait se qu’elle voulait, comme un pécheur qui avait ferré le poison avec son hameçon elle ne le lâchait pas et le gardait sous son emprise. Ce grand benêt, était au vrai plus qu’un domestique, il était le demi frère de Barthélémy, il n’avait guère été élevé ensemble mais il s’aimait vraiment bien.

Pour tout dire, une idylle s’était nouée et les deux allaient se marier, il le fallait d’ailleurs avant qu’il n’arrive une complication

Le mariage fut donc fixé le 5 juillet 1892 juste avant les moissons.

Il fut convenu que le nouveau couple s’installerait avec nous à la Cossonnière, ce n’était qu’aménagement mais nous fumes avec un nouveau lit double, de nouveau un peu à l’étroit.

LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 57, naissance à la crapaudière et montée du progrès.

1870 – 1872, La crépaudière, commune de la Chapelle Achard

Marie Louise Barreau femme Ferré.

Je ne regrettais pas le choix que j’avais fait en choisissant mon bonhomme , travailleur, gentil, non buveur. Il avait adopté mes premiers enfants et les considérait comme les siens j’en étais très contente. Le seul reproche c’est que le Jean François il était insatiable pour la chose. Tous les jours même après les durs travaux de labour . Moi souvent je n’en n’avais pas envie mais c’était un devoir paraît il.

J’essayais bien d’alléguer le vendredi jour du seigneur, la période de carême et celle de l’avent.

Résultat, Auguste en 1864, François Aimé en 1866 et Louise en 1868. J’avais beau prolonger les allaitements rien ni faisait . Début 1871 j’étais encore une fois pleine, à mon age j’avais encore le temps d’en faire beaucoup.

Ce fut long et laborieux, si les autres fois j’avais réussi à tenir mon rôle de patronne à la métairie, cette fois je n’étais qu’une grosse génisse qui ne pouvait se traîner, je ne rentrais plus dans mes vêtements et fait exceptionnel je dus me faire faire une robe par la couturière du village.

Autant vous dire que je n’étais pas satisfaite de dépenser mes quelques pièces. Car voyez vous nous les femmes on devait se débrouiller. Jamais nos hommes ne nous donnaient de l’argent et celui que l’on économisait provenait de nos petites ventes de volailles, beurre, œufs, lapins que l’on faisait à la foire.

Donc je me traînais passablement, au départ je vomissais tout le temps alors que jusque là je n’avais pas eu ce problème. Je réussis à faire les moissons mais pas en tant que lieuse, je me suis contentée cette année de faire les repas et de fournir l’eau et le vin aux travailleurs. Barthélémy était devenu le roi des faucheurs et Marie ma grande prit ma place derrière mon mari. La pauvre le premier soir, elle avait les mains en sang, pour sur elle allait devoir s’endurcir.

Le premier août 1871, je ressentis mes première contractions, là encore ce fut Marie qui prit les choses en main comme si ces choses lui étaient innées, la servante Marie Pondivie s’en fut prévenir la sage femme du village. Encore une fois la nature se chargea de moi et notre mère sainte Marie me protégea je fis un beau garçon qu’on décida de nommer Eugène. Son père alla le déclarer le lendemain à la mairie avec son ami Louis Logeais le charron et le Louis Migné un journalier qu’on louait de temps à autre.

C’est aussi à cette période que l’on s’ aperçut que Barthélémy il tournait autour de la Pondevie, c’était bien normal c’était de son age mais moi j’aurais préféré qu’il me la laisse tranquille, elle était quand même sous notre responsabilité. Mais malgré notre surveillance , les deux ont quand même réussi un rapprochement. Les petits les ont surpris alors que la Marie avait déjà les fesses à l’air.

Nous leurs avons passés une engueulade, mais est ce que cela aura suffit. D’ailleurs à ce sujet ma petite servante délurée est vraiment belle et mon insatisfait de mari serait facilement tenté par une si belle proie. D’ailleurs le François pour faire rager son beau fils commença à tourner autour de la petite. Moi je ne rigolais pas et mon fils encore moins.

En vérité je ne sais si les deux copulèrent, mais en tout cas la drôlière elle tomba pas enceinte et ça c’était somme tout le principal.

Pour tous j’étais la métayère de la Crépaudière, mon père à sa mort en 1868, nous avait légué à mon frère et à moi, un petit pécule, pas grand chose mais tout de même.

Au fond de moi même, me revenait l’histoire de ce trésor que ces paysans avaient enterré sans se rappeler exactement où, mon grand père n’avait pas montré une grande intelligence à ce sujet. Mon premier mari sans trop de conviction avait plusieurs fois arpenté l’endroit sans rien y trouver. Il faudrait que le Barthélémy y retourne, il était futé son gars alors sait t’on jamais.

Après la naissance d’Eugène j’eus un retour de couches très difficile, quinze jours après mon enfantement j’ai eu une infection qui me causa une fièvre importante. On me crut perdue et François me veilla même quelques fois et puis il faut croire que j’avais une bonne constitution car je me remis sur pieds et je retournais aux champs. Par contre toutes mes maternités et particulièrement la dernière avaient entamé mon capital beauté. Je n’étais plus qu’une grosse femme, forte de hanches.  Je n’y pouvais rien, apparemment mon François il me trouvait encore à son goût.

Avec cette république qui s’installait des changements allaient s’opérer, tout d’abord nos garçons ne tireraient plus au sort ils iraient tous à l’armée faire un service militaire, c’était je crois pour palier à la volée que nous nous avions prise en 1870.

J’étais bien sûr inquiète car mes garçons devraient quitter la ferme et visiblement l’attrait de la ville commençait à faire son effet sur nos jeunes. Barthélémy était attiré par le nouveau moyen de transport qui traversait la Vendée, cela s’appelait un train, le paysage en avait été chamboulé et certains avaient perdu des terres, bon à ce qui se disait quelques riches avaient fait de bonnes affaires.

Mon fils parlait de devenir garde barrière ou bien même mécanicien dans les locomotives. Je m’opposerais à ce qu’il monte dans ces engins du diable.

Les gens du village sans comprendre ce qu’ils disaient, affirmaient que cela sortait notre pays de l’isolement et qu’il était maintenant très facile d’aller de la Roche notre préfecture aux sables d’Olonne où se développait un port assez important. Pour le coup dans quelques années il y aurait partout de cette foutue machine , j’espère que cela n’arrivera pas, moi je suis très bien à la Crépaudière

LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 52, encore une bouche à nourrir à la Foresterie.

1863 – 1866, la Foresterie, commune de Grobreuil

Rose Caillaud épouse Ferré.

Nous les femmes on avait pas trop notre mot à dire quand il s’agissait d’agriculture, de terre ou de bestiaux. François il avait décidé et comme je vous l’ai dit il était têtu. Un beau matin nous chargeâmes nos meubles sur une charrette à foin qu’on nous avait prêté, nous n’avions pas besoin de faire beaucoup d’aller et retour nous étions pauvres. En Vendée il y avait beaucoup de bras donc les salaires n’avaient pas tendance à monter. François était travailleur certes mais pas très entreprenant, pour monter dans une société figée comme la notre il fallait faire preuve d’audace et il n’en n’avait point.

Bon revenons sur le sujet qui fâche, la divine bouteille était son péché mignon, quand il n’était pas ivre il flottait entre deux eaux. Alors pensez bien qu’aucun propriétaire ne lui aurait confié un métayage , un fermage ou un colonage. Alors on se baladait de hameau en village et lui de ferme en ferme.

Donc nous voilà partis, comme des bohémiens, les quatre pissouzes juchées en haut de notre fatras et les deux petiots à l’arrière les jambes ballantes.

J’avais presque honte de montrer un tel bric-à-brac, une fierté peut être déplacée pour des sans le sou . La pauvreté étant générale nous n’étions pas forcement les plus à plaindre. Oui les enfants se repassaient leurs effets, reprisés, raccommodés des pièces aux genoux , au cul. Dans mes vieilles robes j’en faisais pour mes filles qui grandissaient . Ce qui m’embêtait le plus, c’est que les gamins allaient la plus part du temps pieds nus, il fallait économiser les sabots. Les pauvres avaient souvent leurs petits pieds meurtris, coupés et il faut le dire d’une saleté repoussante. Nous les adultes nous possédions des souliers mais là aussi économie, juste pour la messe, les noces et les enterrements.

Nous nous installâmes donc en notre nouveau logement, ni plus ni moins délabré que le précédent, ni plus grand ni plus petit toujours le même entassement.

Nous avions quand même un jardin ou j’allais pouvoir m’assurer des légumes pour la soupe quotidienne et un poulailler pour élever quelques bestioles que je vendrais, sur le marché.

Parlons maintenant des choses qui fâchent, quelques soit l’endroit, le travail était dur et régit par les mêmes contraintes, rien n’épargnait les femmes, labeur, enfants,  et satisfaction de nos seigneurs et maitres.

Mais moi j’avais mes petits moments de détente avec mon beau journalier, c’était un risque calculé mais quel bonheur à chaque retrouvaille. Je crois que le fait de devoir se cacher, le fait de l’acte de tromperie décuplait mon désir. Cela faisait en somme un équilibre avec les méchants coups de boutoir de mon tendre époux.

Nous fîmes cela une dernière fois et il me promit de s’arranger pour venir me voir. Je ne croyais guère ses sornettes masculines, mais bon je m’y rattachais quand même.

Même endroit,

François Ferré, époux de Rose Caillaud.

La Foresterie était située entre Nieul le Dolent et Grosbreuil, il y avait quelques maisons où logeaient des familles de journaliers comme nous, Jean Ravon, Pierre Beranger  et Louis Rivaize . Ils y avaient l’exploitation de Jean Rimbaud qui formait couple avec sa sœur, la ferme de Pierre Potin et celle de Guilbeau Jacques, sans oublier celle importante de Gautreau louis.

Il y avait treize maisons et nous étions plus de cinquante habitants, du mouvement partout et des enfants qui couraient dans tous les sens.

Moi je m’employais chez tous et chez personne en particulier, j’avais comme qui dirait mon indépendance. Je me fis tout de suite un copain, Henri Martin dit jambe de bois, journalier comme moi mais il faut le dire avec un sérieux handicap pour trouver ouvrage, lui et sa femme crevaient littéralement de faim.

Nous avions aussi une pauvre miséreuse, la Marie Jousmet plus de soixante dix ans et toujours à trimer. Elle lavait le linge des Gautreau, la pauvre elle faisait pitié à plier sous le faix. Je la soulageais souvent de sa charge quand je la croisais.

Je ne sais si Rose se plaisait en cet endroit mais vu sa tête j’avais comme un doute. D’ailleurs la Rose, elle n’était plus celle que j’avais connue, il s’était opéré comme un changement. Subitement elle était devenue plus coquette, plus propre, elle passait son temps à se laver le cul comme une catin.

Mais le plus bizarre c’était qu’elle ne se refusait plus à moi comme il fut un temps. Je la trouvais quand même un peu passive mais bon moi je faisais mon affaire et je ronflais comme un sonneur.

Mais tout de même, que les femmes étaient des êtres bizarres, il en fallait bien pour faire des drôles, pour la bagatelle et aussi s’occuper des vaches

En parlant d’enfant la Rose m’en promenait un autre, comment se débrouillait t’ elle . Je passais mon temps à m’évertuer à nourrir ma marmaille qu’elle m’en refaisait un autre.

C’était la nature me direz vous mais certaine femme en avait moins que d’autres. Cela doit appeler à des explications, bon moi j’en avais pas.

Celui que nous appellerions petit Louis naquit à l’automne 1865, il était blond comme les blés, d’ailleurs tous étaient blonds sauf la Célina qui était brune comme une romanichelle.

Mon frère Jean me disait  » quoi que t’as foutu pour avoir une noiraude  », je lui répondais j’ai fait comme pour les autres. De fait tous les Ferré étaient plutôt de teint clair, bon c’était comme cela elle était par ailleurs d’une beauté exceptionnelle. Il faudrait que je me méfie car elle allait m’attirer tous les mâle du village. Ma femme n’avait que trente deux ans et m’avait donné déjà sept enfants en onze ans de mariage quand je vous dis qu’elle portait sans cesse ce n’est pas des blagues.

Pour que l’on puisse s’en sortir il fallait que je trouve au plus vite à placer ma fille aînée, elle était un peu jeune mais bien vigoureuse elle pouvait servir si l’on savait manier la badine. Ma femme s’y opposa et devant sa détermination je dus différer ma décision.

UNE ANNÉE 2018 FORT RÉUSSIE.

En cette fin d’année je tiens à remercier l’ensemble des internautes qui m’ont suivi à travers mes histoires. Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire et cela me comble de bonheur, au départ destiné à l’édification de mes enfants et petits enfants, mon blog a pris une importance que je n’espérais guère en démarrant cette aventure.

J’ai des lecteurs dans environs 90 pays et cela fait toujours bizarre de savoir qu’un texte que vous avez écrit soit lu à l’autre bout du monde.

Je ne sais pas de quoi  demain sera fait mais d’ors et déjà quelques textes sont prêts et j’espère qu’ils vous intéresseront.

N’hésitez pas à commenter,  à liker, à partager et même à me soumettre des idées.

TOP 5 DE MES TEXTES POUR L’ANNÉE 2018

De quoi mourait on dans nos campagne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/05/18/de-quoi-mourait-on-dans-les-campagnes-dautrefois/

Une sinistre histoire de viol : https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

Le berceau de la petite morte : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/08/31/le-berceau-de-la-petite-morte/

La mort de la petite paysanne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/04/09/la-mort-de-la-petite-paysanne-le-fleau-de-la-variole/

La niflette tradition Provinoise :  https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

Je vais terminer en vous souhaitant  une bonne année 2019,  plein de belles trouvailles et en vous remerciant une dernière fois pour vos visites assidues.

Pascal

PETIT REMERCIEMENT AUX LECTEURS DE MON BLOG

Mon havre de paix

 

 

Chers généamis et généacousins mon blog va avoir 3 ans et vous êtes de plus en plus nombreux à lire mes petits billets. Je tiens à vous en remercier chaleureusement.

Au départ dans mon esprit ce blog avait, je dirais vocation familiale et devait héberger des chroniques qui instruiraient mes enfants, petits enfants, neveux et nièces sur la vie de leurs ancêtres.

Puis grâce aux différents groupes généalogiques dont je remercie les administrateurs j’ai élargi ma base de lecteurs. J’ai la fierté d’avoir été visité presque 25 000 fois cette année. Ce qui est plus du double par rapport à l’année précédente.

Je traite maintenant de sujets variés en essayant toutefois de ne pas trop m’éloigner de la généalogie et de ma famille qui sont quand même le cœur du sujet.

J’ai publié 110 articles, certains vous ont beaucoup plus, d’autres moins, certains étaient bien écrits, d’autres beaucoup moins bien. Des textes que je considérais comme intéressants n’ont pas été lus et c’est pour cela que je me permettrai de vous en représenter quelques uns.

Cette année le palmarès des vues revient à mon article sur les Relevailles et sur une sinistre histoire de viol ( qui était déjà en tête en 2016) et mon texte sur le Maraichinage.

Je vous remets les liens de mon top cinq si vous voulez les découvrir ou les redécouvrir.

Je tiens aussi à remercier mon épouse pour la correction orthographique de mes textes, sans sa  revisite je vous  hérisserais de mes étourderies.

Je vous remercie donc encore une fois pour votre assiduité à me lire, je vais continuer à tenter de produire des récits de qualités  n’hésitez pas à commenter, à partager et à me contacter. J’espère que l’année 2018 vous sera fertile en découverte

Bonnes et joyeuses fêtes .

Pascal

 

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/04/07/les-relevailles-dautrefois-2/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/05/19/la-mort-du-mendiant-qui-nen-etait-peut-etre-pas-un/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/06/02/le-viol-dune-vie-ou-le-malheureuse-destin-de-marie-therese/

 

RETOUR SUR UNE BELLE ANNÉE DE GÉNÉALOGIE ET D’ÉCRITURE

Tout d’abord je tiens à souhaiter une belle et heureuse année 2017 à tout mes lecteurs.

L’année 2016 aura été pour mon blog celui de l’explosion des vues et j’en suis très satisfait.

Je suis certes encore un débutant, mais je m’efforce de m’améliorer, tant dans l’écriture que dans la présentation.

Cette année mon blog a reçu 7438 visiteurs pour 12790 vues.

Belle progression car en  2015 je n’avais reçu que 1635 visiteurs pour 2748 vues.

Les habitants de 75 pays ont visité mon blog, avec en tête évidement la France, suivit des États unis et de la Belgique.

Mes articles phares ont été pour cette année : Une sinistre histoire de viol dans l’Aisne

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/.

: Le maraichinage de la coutume ancestrale à la liberté sexuelle.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

 

          : Vierge au mariage ou pas.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/06/10/vierge-au-mariage-ou-pas/

 

    : La niflette, tradition Provinoise

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

 

Mais la série d’article dont je suis le plus fier est l’histoire des  TRAMAUX et LA GUERRE A FERNAND.

 

J’espère que je trouverais l’inspiration pour cette nouvelle année et que mes textes vous feront passer un peu de bon temps.

Encore une fois bonne année généalogique et plein de merveilleuses découvertes.

A bientôt

 

PASCAL

 

 

 

2015 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2 700 fois en 2015. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 45 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.