DESTIN DE FEMME, Épisode 34, Ultime rencontre.

Et bien moi j’étais maintenant seule avec mon buffet, quelle tranquillité, mais aussi quelle tristesse.

Le soir quand je rentrais du travail, épuisée, je ne tardais pas à me coucher n’ayant rien d’autre à faire .

Je causais bien avec mes chats mais comme ils ne me répondaient que rarement les soirées étaient monotones et je les appréhendais.

Quand il faisait beau je me posais sur mon banc devant la maison, les voisins s’arrêtaient et nous papotions , le soleil me grillait et j’aimais ces instants de pur bonheur.

Mais j’étais bien fatiguée et les travaux que j’effectuais me pesaient énormément, je ne savais pas si j’allais pouvoir les faire bien longtemps.

Heureusement mon fils Louis qui lui aussi s’était installé à Villiers s’occupait de moi et m’aidait pécuniairement. Remarquez il n’avait pas le choix sinon il aurait été obligé à moment ou  à un autre de me prendre chez lui.

Je crois que personne ne voulait de cette solution, et je préférais mourir chez moi. Mais je n’étais pas centenaire et finalement guère pressée de partir.

J’eus encore un moment de fierté quand un jour que je me remontais un seau d’eau au puits, un homme que je ne connaissais pas s’arrêta devant moi et m’aida. Il se présenta et on parla de la pluie et du beau temps.

De ce jour il revint régulièrement, des premières banalités, nous étions passés à parler de nos vies et de nos proches. Il était veuf et un jour il me demanda si je voulais partager sa vie.

J’étais charmée, mais surprise, pourquoi s ’embêter, il m’exposa tous les avantages, il avait un peu de bien ce qui me mettrait à l’abri d’une éventuelle indigence. L’argument le plus pertinent était qu’il était plus facile de vivre sa vieillesse à deux que tout seul. Il avait mille fois raisons mais j’hésitais.

Physiquement il était encore vert, droit, le visage à peine ridé, propre, pas repoussant du tout.

Sa conversation était riche ce qui me changeait de mes matous, non vraiment j’hésitais.

Mais entre discuter avec un ami et partager son lit il y avait un pas qu’il m’était difficile de vaincre.

Le poids du quand dira t’on, les yeux de la famille qui verrait surement d’un mauvais œil l’intrusion d’un étranger dans leur maigre héritage ou simplement une peur irraisonnée de l’inconnu.

Un jour que nous partagions un quignon de pain et un morceau de brie noir, il me prit la main. Cela me fit venir les larmes, rarement on avait fait ce geste à mon égard, mes précédents maris étaient beaucoup plus directs.

J’étais à ce moment près à lui dire oui, l’intrusion de mon petit fils mit fin à ce rapprochement.

Suspendu ce moment idyllique nous savions tous deux qu’il nous faudrait faire renaitre un tel instant pour que nous puissions nous unir.

L’occasion fut peut être manquée, les semaines passèrent puis les mois, je ne voyais plus mon vieux courtisan, j’en fus malheureuse puis ma vie simple reprit son cours, mon buffet brillait toujours de mille feux mais moi je me sentais vieillir.

Un jour au début de l’été, vision miraculeuse je le vis approcher de ma maison, oui c’était bien lui mais vouté, avançant péniblement il ne semblait plus être le même.

Son visage s’était creusé et sa barbe plus blanche. Il s’asseya sur la grosse pierre du devant, épuisé.

Je vins le rejoindre et il me conta ses malheurs, sa maladie qui l’avait retenu cloué au lit, puis la mort de son fils. Non il n’avait pas abandonné cette idée d’installation et de mariage, quelle sotte, à aucun moment je n’avais envisagé qu’il puisse avoir un empêchement.

La soirée passa et je me décidais à le garder à souper, pendant que je m’affairais il était assis à m’observer, j’avais l’impression qu’il avait toujours été présent. Puis je l’ai gardé en cette belle nuit.

Sans précipitation nous nous sommes dévoilés l’un à l’autre, j’ai fait fi de mes livres en trop, de mes seins lourds, de mes fesses graisseuses, de mon ventre bedonnant et de mes cheveux blancs.

J’ai fait fi de ses genoux cagneux, de son ventre proéminent, de son début de poitrine, de son dos vouté, de ses muscles relâchés et de son torse neigeux.

Nous fîmes l’amour, comme jamais je n’avais fait, matinée de douceur et de tendresse.

Cette apothéose fut comme le crépuscule de ma vie amoureuse et d’ailleurs de ma vie en général.

On décida de ne pas se marier, mais de se rencontrer comme bon nous semblerait, la vieille resterait seule sauvant l’honneur. Évidemment personne n’était dupe mais dans une société hypocrite notre liaison avait sa place.

Mon dernier homme m’accompagna dans mes ultimes instants, avec gentillesse il me veillait, avec abnégation il me nourrissait. Sachant lire il me dévoilait le monde à travers les journaux, je voyageais enfin. Ne travaillant plus il subvenait à mes besoins, se substituant à mes enfants qui là ne trouvaient rien à redire à sa présence.

Puis comme tout à une fin j’en eus une aussi. Le 16 févier 1865, je quittais le monde des vivants.

Mais mon âme, de Louis à Adrienne, d’Adrienne à Fernande, de Fernande à Daniel, de Daniel à Pascal me survit et je vois même ce dernier écrire et narrer sur une drôle de machine mon histoire et celle de la défunte Rosalie.

FIN

ODE A UNE DERNIÈRE COMPAGNE

 La mort est venue chez moi ce soir,

Je lui ai dit de repasser plus tard.

A-t-elle perdu la raison,

De venir hors de saison .

Elle est partie en souriant,

Me disant j’ai tout mon temps.

Car voyez vous la gredine,

Ce fait un jour votre copine.

Au moment où on s’y attend le moins,

Elle est tapie là dans son coin. 

La faux s’abat sur vous, heureusement

Elle ne gagne pas à tous les coups. 

Pour quelques temps elle lâche sa proie,

Mais soyez sûrs elle reviendra. 

Vicieuse, elle est sournoise,

Prenez garde, qu’elle ne vous cherche noise.

Je suis sûr qu’elle est partie excédée,

De ne pas m’avoir emporté. 

Quand elle vous a frôlé,

Vous en restez obsédés. 

Maintenant j’ai soixante printemps,

M’étonnerait qu’il m’en reste autant. 

Rien ne sera comme avant,

Sauf peut être les rires d’enfants. 

Mais je m’appuie sur la main de mon amour,

Pour que le bonheur coule toujours.

Bientôt une nouvelle brise soufflera,

J’espère qu’elle me pardonnera,

De l’avoir ce dimanche humiliée,

Hippocrate en urgence repoussé. 

Afin que je puisse vivre mon destin.

Celui simple de vivre avec les miens. 

Présomptueusement je pense l’avoir domptée,

Mais je la crois très fâchée. 

Nous redeviendrons un jour bons amis,

A ce moment tout sera fini. 

On ne gagne jamais contre la faux,

Quand elle décide de s’y prendre comme y faut .

Mais en attendant je jouis de la vie,

Combien de temps avant que tout soit fini.

 

Pascal

 

 

 

UNE BIEN BELLE ANNÉE

L’année 2020 a été pour moi au niveau de l’écriture, merveilleuse. Elle l’a été car vous avez été fort nombreux à me lire, mon blog ayant cette année dépassé allègrement les 100 000 visites.

Je tiens donc à vous remercier de tout mon cœur pour l’attention que vous avez portée à la lecture de mes articles et sagas familiales.

Vos commentaires amicaux hormis quelques insultes m’encouragent à poursuivre cette passion dévorante qu’est l’écriture et à m’améliorer sans cesse.

Un remerciement appuyé à tous les administrateurs des groupes qui par leur constance et leur gentillesse font vivre la généalogie et permettent la diffusion de récits d’auteurs amateurs.

Également un remerciement plein d’amour à mon épouse qui relit et corrige mes textes

L’année prochaine je reviendrai vers vous avec d’autres chroniques , d’autres sagas et d’autres articles, pour continuer à faire vivre nos ancêtres disparus et faire œuvre de transmission.

Pour vous faire patienter je vais rediffuser quelques textes plus anciens mais en attendant je vous adresse de nouveau mes sincères remerciements et je vous souhaite un merveilleux noël et une belle année 2021

 

Amicalement

Pascal

 

 

 

LE TRÉSOR DES VENDÉENS, Épisode 52, encore une bouche à nourrir à la Foresterie.

1863 – 1866, la Foresterie, commune de Grobreuil

Rose Caillaud épouse Ferré.

Nous les femmes on avait pas trop notre mot à dire quand il s’agissait d’agriculture, de terre ou de bestiaux. François il avait décidé et comme je vous l’ai dit il était têtu. Un beau matin nous chargeâmes nos meubles sur une charrette à foin qu’on nous avait prêté, nous n’avions pas besoin de faire beaucoup d’aller et retour nous étions pauvres. En Vendée il y avait beaucoup de bras donc les salaires n’avaient pas tendance à monter. François était travailleur certes mais pas très entreprenant, pour monter dans une société figée comme la notre il fallait faire preuve d’audace et il n’en n’avait point.

Bon revenons sur le sujet qui fâche, la divine bouteille était son péché mignon, quand il n’était pas ivre il flottait entre deux eaux. Alors pensez bien qu’aucun propriétaire ne lui aurait confié un métayage , un fermage ou un colonage. Alors on se baladait de hameau en village et lui de ferme en ferme.

Donc nous voilà partis, comme des bohémiens, les quatre pissouzes juchées en haut de notre fatras et les deux petiots à l’arrière les jambes ballantes.

J’avais presque honte de montrer un tel bric-à-brac, une fierté peut être déplacée pour des sans le sou . La pauvreté étant générale nous n’étions pas forcement les plus à plaindre. Oui les enfants se repassaient leurs effets, reprisés, raccommodés des pièces aux genoux , au cul. Dans mes vieilles robes j’en faisais pour mes filles qui grandissaient . Ce qui m’embêtait le plus, c’est que les gamins allaient la plus part du temps pieds nus, il fallait économiser les sabots. Les pauvres avaient souvent leurs petits pieds meurtris, coupés et il faut le dire d’une saleté repoussante. Nous les adultes nous possédions des souliers mais là aussi économie, juste pour la messe, les noces et les enterrements.

Nous nous installâmes donc en notre nouveau logement, ni plus ni moins délabré que le précédent, ni plus grand ni plus petit toujours le même entassement.

Nous avions quand même un jardin ou j’allais pouvoir m’assurer des légumes pour la soupe quotidienne et un poulailler pour élever quelques bestioles que je vendrais, sur le marché.

Parlons maintenant des choses qui fâchent, quelques soit l’endroit, le travail était dur et régit par les mêmes contraintes, rien n’épargnait les femmes, labeur, enfants,  et satisfaction de nos seigneurs et maitres.

Mais moi j’avais mes petits moments de détente avec mon beau journalier, c’était un risque calculé mais quel bonheur à chaque retrouvaille. Je crois que le fait de devoir se cacher, le fait de l’acte de tromperie décuplait mon désir. Cela faisait en somme un équilibre avec les méchants coups de boutoir de mon tendre époux.

Nous fîmes cela une dernière fois et il me promit de s’arranger pour venir me voir. Je ne croyais guère ses sornettes masculines, mais bon je m’y rattachais quand même.

Même endroit,

François Ferré, époux de Rose Caillaud.

La Foresterie était située entre Nieul le Dolent et Grosbreuil, il y avait quelques maisons où logeaient des familles de journaliers comme nous, Jean Ravon, Pierre Beranger  et Louis Rivaize . Ils y avaient l’exploitation de Jean Rimbaud qui formait couple avec sa sœur, la ferme de Pierre Potin et celle de Guilbeau Jacques, sans oublier celle importante de Gautreau louis.

Il y avait treize maisons et nous étions plus de cinquante habitants, du mouvement partout et des enfants qui couraient dans tous les sens.

Moi je m’employais chez tous et chez personne en particulier, j’avais comme qui dirait mon indépendance. Je me fis tout de suite un copain, Henri Martin dit jambe de bois, journalier comme moi mais il faut le dire avec un sérieux handicap pour trouver ouvrage, lui et sa femme crevaient littéralement de faim.

Nous avions aussi une pauvre miséreuse, la Marie Jousmet plus de soixante dix ans et toujours à trimer. Elle lavait le linge des Gautreau, la pauvre elle faisait pitié à plier sous le faix. Je la soulageais souvent de sa charge quand je la croisais.

Je ne sais si Rose se plaisait en cet endroit mais vu sa tête j’avais comme un doute. D’ailleurs la Rose, elle n’était plus celle que j’avais connue, il s’était opéré comme un changement. Subitement elle était devenue plus coquette, plus propre, elle passait son temps à se laver le cul comme une catin.

Mais le plus bizarre c’était qu’elle ne se refusait plus à moi comme il fut un temps. Je la trouvais quand même un peu passive mais bon moi je faisais mon affaire et je ronflais comme un sonneur.

Mais tout de même, que les femmes étaient des êtres bizarres, il en fallait bien pour faire des drôles, pour la bagatelle et aussi s’occuper des vaches

En parlant d’enfant la Rose m’en promenait un autre, comment se débrouillait t’ elle . Je passais mon temps à m’évertuer à nourrir ma marmaille qu’elle m’en refaisait un autre.

C’était la nature me direz vous mais certaine femme en avait moins que d’autres. Cela doit appeler à des explications, bon moi j’en avais pas.

Celui que nous appellerions petit Louis naquit à l’automne 1865, il était blond comme les blés, d’ailleurs tous étaient blonds sauf la Célina qui était brune comme une romanichelle.

Mon frère Jean me disait  » quoi que t’as foutu pour avoir une noiraude  », je lui répondais j’ai fait comme pour les autres. De fait tous les Ferré étaient plutôt de teint clair, bon c’était comme cela elle était par ailleurs d’une beauté exceptionnelle. Il faudrait que je me méfie car elle allait m’attirer tous les mâle du village. Ma femme n’avait que trente deux ans et m’avait donné déjà sept enfants en onze ans de mariage quand je vous dis qu’elle portait sans cesse ce n’est pas des blagues.

Pour que l’on puisse s’en sortir il fallait que je trouve au plus vite à placer ma fille aînée, elle était un peu jeune mais bien vigoureuse elle pouvait servir si l’on savait manier la badine. Ma femme s’y opposa et devant sa détermination je dus différer ma décision.

UNE ANNÉE 2018 FORT RÉUSSIE.

En cette fin d’année je tiens à remercier l’ensemble des internautes qui m’ont suivi à travers mes histoires. Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire et cela me comble de bonheur, au départ destiné à l’édification de mes enfants et petits enfants, mon blog a pris une importance que je n’espérais guère en démarrant cette aventure.

J’ai des lecteurs dans environs 90 pays et cela fait toujours bizarre de savoir qu’un texte que vous avez écrit soit lu à l’autre bout du monde.

Je ne sais pas de quoi  demain sera fait mais d’ors et déjà quelques textes sont prêts et j’espère qu’ils vous intéresseront.

N’hésitez pas à commenter,  à liker, à partager et même à me soumettre des idées.

TOP 5 DE MES TEXTES POUR L’ANNÉE 2018

De quoi mourait on dans nos campagne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/05/18/de-quoi-mourait-on-dans-les-campagnes-dautrefois/

Une sinistre histoire de viol : https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

Le berceau de la petite morte : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/08/31/le-berceau-de-la-petite-morte/

La mort de la petite paysanne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/04/09/la-mort-de-la-petite-paysanne-le-fleau-de-la-variole/

La niflette tradition Provinoise :  https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

Je vais terminer en vous souhaitant  une bonne année 2019,  plein de belles trouvailles et en vous remerciant une dernière fois pour vos visites assidues.

Pascal

PETIT REMERCIEMENT AUX LECTEURS DE MON BLOG

Mon havre de paix

 

 

Chers généamis et généacousins mon blog va avoir 3 ans et vous êtes de plus en plus nombreux à lire mes petits billets. Je tiens à vous en remercier chaleureusement.

Au départ dans mon esprit ce blog avait, je dirais vocation familiale et devait héberger des chroniques qui instruiraient mes enfants, petits enfants, neveux et nièces sur la vie de leurs ancêtres.

Puis grâce aux différents groupes généalogiques dont je remercie les administrateurs j’ai élargi ma base de lecteurs. J’ai la fierté d’avoir été visité presque 25 000 fois cette année. Ce qui est plus du double par rapport à l’année précédente.

Je traite maintenant de sujets variés en essayant toutefois de ne pas trop m’éloigner de la généalogie et de ma famille qui sont quand même le cœur du sujet.

J’ai publié 110 articles, certains vous ont beaucoup plus, d’autres moins, certains étaient bien écrits, d’autres beaucoup moins bien. Des textes que je considérais comme intéressants n’ont pas été lus et c’est pour cela que je me permettrai de vous en représenter quelques uns.

Cette année le palmarès des vues revient à mon article sur les Relevailles et sur une sinistre histoire de viol ( qui était déjà en tête en 2016) et mon texte sur le Maraichinage.

Je vous remets les liens de mon top cinq si vous voulez les découvrir ou les redécouvrir.

Je tiens aussi à remercier mon épouse pour la correction orthographique de mes textes, sans sa  revisite je vous  hérisserais de mes étourderies.

Je vous remercie donc encore une fois pour votre assiduité à me lire, je vais continuer à tenter de produire des récits de qualités  n’hésitez pas à commenter, à partager et à me contacter. J’espère que l’année 2018 vous sera fertile en découverte

Bonnes et joyeuses fêtes .

Pascal

 

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/04/07/les-relevailles-dautrefois-2/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/05/19/la-mort-du-mendiant-qui-nen-etait-peut-etre-pas-un/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/06/02/le-viol-dune-vie-ou-le-malheureuse-destin-de-marie-therese/

 

ROBERT PIERRE

Dans la nébuleuse céleste,dans le flou intemporel du rien s’élèvent des flammes, immense brasier rougeoyant au milieu du néant.

La chaleur est intense, les bras du feu montent, s’abattent, vivent et meurent sans cesse renouvelés par un combustible invisible.

Âtre sans foyer, chaleur perdue, feu sans joie, crématorium sans fleur, brûlot sans bois, écobuage sans taillis nous sommes au purgatoire des âmes.

Sans cesse alimenté par les péchés humains, par nos vilenies, nos mauvaises pensées, nos traîtrises, meurtres,viols, concupiscence, gourmandises, convoitises, bassesses, mensonges cet immense incendie brûlent d’une éternelle incandescence.

Ce carburant immatériel brûle à merveille, il est inépuisable. A l’instant même, l’âme d’un paysan fanatisé par un iman fanatique et qui vient de se faire sauter sur un marché se consume en même temps que celle de quelques unes de ses victimes, un marchand qui a dénoncé un confrère pour avoir sa place, une femme au corps brûlant qui s’est donnée à un de ses amants, homme fruste qui a violé un enfant, un élu qui a détourné l’argent public, le choix est large l’arrivage incessant.

Noria purificatrice, chaque âme noire est lavée de toutes impuretés et renvoyée sur terre.

Cycle ressemblant à celui de l’eau, les mânes sont identiques depuis leur funeste création. Le créateur renvoie indistinctement l’âme des êtres purifiés. Mais le retour est aléatoire et d’humain l’on devient animaux et d’animaux l’on devient humain.

Mais certains n’expient jamais et auprès du créateur restent à demeure.

Maximilien déambulait nerveusement autour du brasier depuis un long moment, sentant qu’on l’observait, il se retourna vivement. Joseph Djougachvili dit Staline le regardait goguenard.

  •  » Salut maximilien tu vas bien
  • Je vous ai déjà dit de ne pas me tutoyer , nous n’avons pas élevé les cochons ensemble, nous n’avons aucun point commun et rien ne vous autorise à cette familiarité.
  • Mais bien sur que si l’incorruptible que nous avons des points communs et le principal est que nous soyons tous deux autour d’un feu à expier les mêmes sortes de fautes.
  • Et puis cesse de marcher en long et en large, nous ne sommes pas au comité.

Maximilien Robespierre réajusta sa cravate, expiation ou pas ,l’élégance chez lui devait rester de mise. Joseph dont la mise était moins raffiné se mit à rire.

  •  » Ta cicatrice thermidorienne te démange ou bien est -ce le coup habile du gendarme Merda ?.

Malgré son ancienne profession d’avocat, Maximilien n’avait guère de talent oratoire, il ne sut que répondre au fiel du père du peuple.

Joseph enfonça le clou et lui demanda si le froid de l’acier tombant sur sa nuque le gênait encore.

L’arrivée de son ami lui fit l’économie d’une réponse bafouillée, il ne faisait aucun doute que dans une joute oratoire, le georgien ne terrasse le précieux Arrassien .

Il n’en était pas de même de Saint Just, l’archange de la terreur au jeu des mots était redoutable et Staline ne le taquinait jamais car voulant garder le dessus, les réparties cinglantes du jeune apôtre l’en dissuadaient.

  • Viens avec moi Maximilien laissons cet assassin.

Joseph n’aimait pas qu’on le traite ainsi, plusieurs années de despotisme l’avaient habitué à une certaine veulerie de la part de ses semblables.

Il considérait de toute façon que la mort des quelques 40 millions d’êtres humains dont il était responsable était un mal nécessaire à l’élaboration d’un communisme international.

Il se dirigea en maugréant vers une autre partie du cercle. Un petit gros en redingote, assit sur un rocher regardait par delà les flammes , l’arrivée des nouveaux repentants

  • Toujours sur ton rocher Naboulione, toi aussi tu estimes que ta place n’est pas autour du feu

La réputation de polémiste de Joseph dissuada l’empereur déchu de toute réponse, il resta dans ses pensées refaisant le monde à son image. Cette fois ci le siège de Saint Jean d’Acre s’était déroulé à merveille et cet imbécile de Phillipeau avait trouvé la mort rapidement et rien n’arrêterai désormais sa marche triomphale dans les pas d’Alexandre.

Le tyran rouge ne trouvait personne avec qui se chamailler, le couple Ceaucescu qui pleurait sur leurs beaux manteaux troués par les balles vengeresses du peuple, menu fretin, dictateur de bas étage, sous produit de son empire à lui ne valait pas la peine de dépenser de la salive.

Plus loin Adolf et Benito réajustaient leurs uniformes.

  • Tu te prépares pour Nuremberg, je te rappelle qu’ici tu n’as pas de public, fini les défilés aux milliers de torches, les parades militaires grandioses, les bras tendus et les chemises grises.
  • Ta Riesenthale n’est plus là avec sa caméra.
  • Et toi Benito, ta Clara Petaci a t’ elle aimé le sort que lui ont fait subir les partisans.
  • Comme public vous n’avez plus que des tyrans, des assassins, des des fourbes, des lâches et des traîtres.

Les 2 ténors de la haine baissèrent la voix et regardèrent méchamment l’intrus.

  • Passes ton chemin, traître, vil inférieur, suppo de race impure.
  • Peut être qu’un jour nous aurons de nouveau du public
  • Vas tourmenter d’autres âmes.

Staline perplexe poursuivit son chemin, il n’aimait guère cet Autrichien qui lui rappelait sa propre vilenie face au peuple Polonais et sa complète responsabilité dans les meurtres de Katyn. Joseph était perplexe ou ces 2 fous avaient il bien pu prendre l’idée qu’un jour d’autres malheureux défileraient sous leur tribune.

Sa main valide derrière son dos il poursuivit sa patrouille haineuse. Un peu en retrait se tenait le grand timonier.

Les 2 hommes ne conversaient jamais ensemble, pourtant ces 2 déclencheurs de famines avaient de multiples points communs, le communisme, les purges sanglantes, les déplacements de population, l’industrialisation forcée, les millions de morts et un mépris commun pour l’âme d’autrui.

Mais rien ni faisait, Staline qui avait aidé Mao a créer son empire démoniaque ne supportait pas que le sien se soit écroulé et que celui du chinois perdure encore.

  • Alors TSÉ TOUNG tu viens de terminer ta longue marche .,,,

Mao qui ne parlait que son dialecte natal et qui de toute sa vie n’avait fait aucun effort pour apprendre une autre langue regarda le petit père du peuple sans rien comprendre.

Staline continua son chemin en ricanant et croisa POL POT qui regardait fixement les flammes.

Décidément en forme, Joseph lui lança.

  • Tu as reconnu quelqu’un mon pote.

Ce dernier jeu de mot ne s’entendait pas en Cambodgien mais seulement en Français, il ricana tout seul.

Son français ,notre bon Georgien le tenait d’un autre petit Adolphe, le nain au toupet ordonnateur du massacre des communards, politicien rusé, défenseur des bourgeois et pourfendeur des ouvriers révoltés qui était lui aussi passé par le doux foyer des âmes perdues.

Pol Pot nouvellement arrivé ,n’avait encore pas pris l’habitude des tournées pleines de fiel de Staline. Il ne fit donc que sourire et salua d’un mouvement de buste son ancien maître.

Un peu plus loin, une conversation animée l’attira, PHILIPPE II polémiquait avec un évêque en se demandant si les indiens avaient une âme et si la controverse de Valladoid fut une bonne chose.

Chacun y allait de ses théories, Joseph dont la seule idée maîtresse était l’asservissement des peuples à son profit ne comprenait guère cette idiotie. De toute manière, les esclaves amérindiens avaient été remplacés par des esclaves africains et pour lui c’était la moindre des choses.

Staline pensait que dans le pays des âmes il était le seul à être sensé. Il ne doutait de rien notre tyran.

Comme tous les jours il se dirigea vers le juge suprême pour lui faire son rapport sur les cancans du foyer et voir si le maître en récompense ne pouvait abréger sa rédemption.

  • Comment notre maître à tous se porte t ‘il ?
  • Bien bien Joseph, ta tournée s’est bien passée ?
  • Tu as tourmenté tout le monde je présume.
  • Non non juste se pédant d’avocat Français.
  • Tu es vraiment injuste avec lui, quelques parts tu lui dois un peu non.
  • Robespierre n’était pas communiste.
  • Oui je sais il était pour le respect de la propriété individuelle, mais la révolution française a ouvert la porte à d’autres révolutions y compris celle de Vladimir Ilicht.Le fait que le maître ne mentionne que Lénine et non lui comme fondateur de l’empire bolchevique le fit grincer des dents.
  • Aucun lien mon bon maître, entre la révolution populaire des soviets et la révolution bourgeoise des avocaillons du siècle des lumières.

Voyant qu’il ne pourrait convaincre Staline il changea le corps de la conversation.

  • Alors que racontes tu sur des compagnons de purgatoire.
  • Rien d’intéressant.
  • Mais si, mais si…
  • Adolf et Bénito répètent leur sketch.
  • Oui je sais le même depuis 60 ans
  • Bonaparte rêve
  • Mao rit jaune
  • Très mauvais, continue
  • L’espagnol radote des insanités sur les indiens
  • Encore, il faudra que je lui en parle sinon je vais le garder pendant des millénaires
  • Mais le plus intéressant ce sont les messes basses de Saint Just et de Robespierrre, ils complotent.
  • Que veux tu qu’ils mijotent, ils parlent de leur passé.
  • A propos de mon passé mon juge, il faudrait peut être penser à une révision de mon procès, je vous sers admirablement.
  • Quarante années et quelques ragots ne peuvent racheter 20 millions de morts, va et laisse moi.

Staline s’en fut en laissant le juge suprême s’interroger sur les discussions en catimini des 2 guillotinés de thermidor.

LE SONGE DU VIEUX MONSIEUR

Assis dans son fauteuil face au couloir le vieil homme regardait l’infirmière s’éloigner. La lourde auxiliaire de vie en blouse blanche et crocs rose avait laissé la place à une sublime apparition. Une jeune femme, grande, les cheveux blonds remontés en arrière lui fit signe et d’un geste lui demanda de la suivre. Son sourire et son appel lui firent retrouver l’usage de ses jambes.

Ils progressèrent tous deux dans un long couloir blanc éclairé de lumière vives, des rires d’enfants accompagnaient leur marche.

Puis un grand jardin, une terrasse et une baie vitrée par laquelle ils pénétrèrent dans une grande pièce aux pierre apparentes. Les rires d’enfants avaient disparu, la belle enlaça le vieux monsieur.

Il sentit sa poitrine qui fit frémir son torse décharné. Son parfum l’envoûtait, le corps du vieillard semblait renaître. Elle monta un escalier de bois blanc et pénétra dans une chambre, elle le fit asseoir sur le lit.

La fleur commença son effeuillage, un à un les vêtement tombèrent. Impudique au regard, la belle souriait, ses seins triomphants semblaient une invitation, la lumière du jour tardait ses rayons sur sa toison. Les lèvres ouvertes où de fines perles d’eau de désir venaient luire appelaient les mains du vieillard.

Il tendit les mains pour la caresser.

Un bruit sec sur le carrelage le réveilla de son songe, son livre était tombé, le couloir était vide, un silence lourd ponctué par les cris plaintifs de voisins prit de démence, seul dans sa chambre il devra attendre. De longues minutes  s’écouleront avant que quelqu’un se penche pour lui remettre en main. Sablier inexorable du temps perdu, l’écrasante solitude achève la vie de l’être qui l’a subi

Les larmes coulèrent le long de son visage empruntant le chemin sinueux de ses rides, mais il sentit bientôt qu’on lui redonnait son livre. Un baiser lui sécha les larmes, ne pleure pas papy je suis là.

RETOUR SUR UNE BELLE ANNÉE DE GÉNÉALOGIE ET D’ÉCRITURE

Tout d’abord je tiens à souhaiter une belle et heureuse année 2017 à tout mes lecteurs.

L’année 2016 aura été pour mon blog celui de l’explosion des vues et j’en suis très satisfait.

Je suis certes encore un débutant, mais je m’efforce de m’améliorer, tant dans l’écriture que dans la présentation.

Cette année mon blog a reçu 7438 visiteurs pour 12790 vues.

Belle progression car en  2015 je n’avais reçu que 1635 visiteurs pour 2748 vues.

Les habitants de 75 pays ont visité mon blog, avec en tête évidement la France, suivit des États unis et de la Belgique.

Mes articles phares ont été pour cette année : Une sinistre histoire de viol dans l’Aisne

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/.

: Le maraichinage de la coutume ancestrale à la liberté sexuelle.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

 

          : Vierge au mariage ou pas.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/06/10/vierge-au-mariage-ou-pas/

 

    : La niflette, tradition Provinoise

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

 

Mais la série d’article dont je suis le plus fier est l’histoire des  TRAMAUX et LA GUERRE A FERNAND.

 

J’espère que je trouverais l’inspiration pour cette nouvelle année et que mes textes vous feront passer un peu de bon temps.

Encore une fois bonne année généalogique et plein de merveilleuses découvertes.

A bientôt

 

PASCAL

 

 

 

2015 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2 700 fois en 2015. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 45 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.