LE DÉPART D’UN JEUNE CON

 

Jeune, con, insouciant du mal qu’il peut faire en s’éloignant, il monte dans la vieille voiture verte du réseau SNCF de l’est .

Ce départ il en a rêvé lorsque solitaire ses yeux se perdaient sur les vieux toits de la ville.

Maintenant tout se précipite, tout se bouscule, son papier bien serré dans sa veste, ses maigres habits serrés dans une antique valise, il part.

A la lueur dansante des lampes qui éclairent le quai, son père une dernière fois l’accompagne du regard. Rien ne transparait de sa détresse intérieure mais en sage de la vie il sait au fond de lui que celui qui s’en va ne revient jamais.

C’est une sorte d’enterrement, un deuil perpétuel, une petite mort que de voir ceux qu’on aime s’éloigner.

La silhouette qui peine sous la charge de sa valise s’estompe derrière les vitres sales du wagon, elle dépose son bagage de cuir noir dans un porte bagage.

Le partant revient une dernière fois saluer celui qui l’a fait naître, celui qui l’a élevé et qui jusqu’à lors l’a nourri. Les phrases ne se bousculent pas, elles sont celles de taiseux.

Dans les regards il y a de l’amour, mais il est jeune et con, en voit-il derrière la barrière lacrymale la profondeur?

Le train s’ébranle dans la nuit, bientôt le père se fait petit dans le lointain. Les lumières de la ville qui l’ont vu grandir disparaissent, ne laissant place qu’à la froide solitude de la campagne plongée dans l’obscurité.

Alors que traînant les pieds, malheureux il rentre au foyer où plus jamais ne résonneront les cris de son enfant, son fils vogue vers son futur, son avenir, sa vie.

Il aurait préféré pour sûr que cet avenir se construise ici dans le giron mais l’inconscience de la jeunesse vient de le pousser au loin, comme un mauvais coup de vent vous volerait une page de souvenir.

La nuit sera mauvaise, comme la brise haineuse qui déroule votre vie au gré de ses envies. Jamais il ne sera le même, jamais le temps ne s’écoulera de la même façon. Il a beau savoir comme le savent les pères et les mères que leurs enfants ne leur appartiennent pas mais son cœur tout de même se brise.

Lui la tête calée sur la vitre froide regarde le paysage, il ne sait pas que c’est son enfance qui file, il ne sait pas que le morceau de vie qu’il abandonne est la brique constructrice de son destin. Non il ne sait rien de cela , il est jeune et con.

Il observe la scène qui s’offre dans le compartiment, des travailleurs abêtis par la fatigue et qui regagnent leur foyer, un bidasse en uniforme qui bientôt aura fini son temps et une jeune fille un peu intimidée qui baisse la tête alors qu’elle se doute qu’on l’observe. C’est un microcosme, ce n’est plus la cellule familiale, ce n’est plus sa mère qui tricote un chien au crochet autour d’une bouteille, ce n’est plus son père qui lit le parisien.

Puis le train ralenti, de nouveau des lumières trouent la nuit.

Les routes telles des lambeaux luminescents incendient le noir crépusculaire, maintenant des immeubles bordent les voies, la crasse, les voitures, des centaines de voies, des lumières qui clignotent, au loin un avion.

Crissements des roues, wagons qui pleurent, Paris gare de l’est. Il n’a pas loin à aller, la gare de Lyon est proche. L’odeur des quais lui pique le nez, la foule empressée le bouscule, lui cherche l’entrée béante du métro. Ligne 4, Châtelet, Clignancourt, les couloirs aux carreaux bleu métro se succèdent, un musicien, un pochard, une roumaine qui exhibe son enfant, un flic, une bourgeoise fatiguée, une gamine aux yeux bordés déjà las de la vie, dont le rimel en vilaines coulures lui donnent un masque de clown. Tout se bouscule mais il ne peut reculer, tenir son horaire, changer de gare, trouver le bon train. Il ne pense plus à ceux qui l’abritaient, à ceux qui le choyaient, son destin est enfin en marche il est lui, il n’est plus eux.

Un ignoble wagon vert, le monde s’agglutine , le train est plein. Une place, il s’y cale et ne bouge plus de peur de se la faire prendre.

A voir les visages, il n’est pas seul à tenter l’aventure. Des faces étrangères mais qui expriment toute l’inquiétude d’un grand voyage.

Ceux qui sont là ont-il la même destination, il l’ignore, chacun se tait.

Puis dans un bruit effrayant le convoi démarre, Paris Vintimille. Le bruit est le même que précédemment, les lumières sont les mêmes. Les yeux commencent à se fermer, des épaules s’affaissent. On entend toutefois des bruissement de papier aluminium, le casse croûte maternel, odeur de pâté, de jambon, puis de nouveau le silence.

Tous se taisent, aucune parole ne s’échange, un désespoir, une langueur les frappent. est ce déjà un renoncement?

Non certes pas, juste une première faiblesse , un léger remord, mais le train de la vie comme le Paris Toulon poursuit sa course et ils s’éloignent tous du foyer initial de leur premier bonheur.

Les heures défilent lentes, angoissantes, l’avenir se rapproche, le futur ignoré qu’on espère beau.

Le contrôleur réveille tout le monde titre de transport, il s’aperçoit que presque tout le monde a le même, le fonctionnaire sourit.

La fatigue écrase son monde, le sommeil est mauvais, sale, presque fatiguant, l’aube pointe à travers les carreaux, tient, on voit la mer. Arrêt, Marseille Saint Charles.

Alors que Lyon Perrache n’a suscité aucun intérêt, la cité phocéenne réveille et émerveille.

Le jour est définitivement levé, il se lève, marche dans le couloir, la peur du lendemain arrive.

Enfin l’arrivée, tous sautent à quai, observation.

Le planton est là, second maître à casquette, les recrus se regroupent autour de lui comme des canetons autour d’une mère cane

Il donne ses ordres, les premiers aboiements qui se veulent malgré tout paternaliste.

On le suit, Panurge n’aurait pas mieux fait, de la gare au port le chemin est long, les valises sont lourdes, les rues sont désertes.

Chicago étale sa saleté, sa puanteur d’urine, de vomis et de poubelles.

La darse de Toulon, autres odeurs, autre atmosphère, quelques barcasses. Malgré le soleil qui point l’ambiance est pesante, lugubre, morne, plus aucune joie ne transparaît sur les visages. Un silence de mort, de cathédrale, de Saint Sépulcre entoure les futurs matafs.

La mer exhale une forte odeur désagréable aux terriens que nous sommes encore, au fond d’eux même plusieurs pensent déjà à repartir.

On les entasse dans un grand canot à moteur manœuvré par des matelots. Éloignement du bord, enfin un spectacle s’ouvre aux yeux plein d’ébahissement, sur la droite, les masses imposantes des vaisseaux de la flotte que l’on rêve déjà de monter.

Derrière la splendeur du Faron qui écrase de sa hauteur l’ensemble de la baie, puis en face la presqu’île de Saint Mandrier.

Loin derrière, loin là bas, une mère se lève, sort un bol qu’elle ne remplit pas, le pose puis pleure. Son fils, l’idiot , le jeune con est parti pour un long voyage, celui dont on ne revient pas , celui de la vie.

UNE ANNÉE D’ÉCRITURE INTENSE ET DE FABULEUSES DÉCOUVERTES GÉNÉALOGIQUES

L’année qui vient de se terminer a encore été très belle en terme d’écriture et de découvertes.

J’ai publié 151 nouveaux articles et j’ai republié bon nombre d’articles que vous aviez aimés.

Je me suis demandé en cours d’année si j’allais garder le format actuel sous forme de feuilleton. J’attends vos avis sur le sujet mais avouons le, je ne boude pas le plaisir que j’ai à le faire sous cette forme.

Pour l’année 2022, je vous livre le top 10 de vos lectures

Je remarque que le sexe et la mort sont une constante car ces deux textes étaient déjà en tête en  2021.

Préférant recommencer la nouvelle année par des textes nouveaux, j ‘invite  les lecteurs de mon texte sur le  »trésor des Vendéens », à poursuivre la lecture en allant directement dans mon blog puis en allant dans catégorie. Vous y trouverez l’ensemble de mes épisodes.

Pour cette année deux grands textes sont déjà prêts et le premier commencera dès lundi.

Il s’intitulera  » La belle morte et la tueuse d’enfant  ». C’est en vérité une drôle d’histoire issue d’une visite dans le cimetière de mon village. Dans une chapelle la vieille photo d’une jeune femme, un nom, une date, fasciné par ce visage souriant qui semble m’appeler j’ai voulu en écrire l’histoire. Mais voila? alors que je cherchais les origines de cette troublante morte je suis tombé sur une stupéfiante affaire et je n’ai pu m’empêcher de mélanger les deux histoires.

Ensuite je vous livrerai l’histoire romanesque des jeunes hommes de ma commune morts au chant d’honneur dans les charniers de la Grande Guerre.

J’ai tenté de faire revivre leur famille, leurs proches, leur entourage au moyen d’un récit romanesque. J’ai puisé dans leur registre matricule, dans les registres d’état civil et dans l’ensemble des données des archives communales, dont j’effectue par ailleurs le rangement.

Ensuite viendront quelques études sur mon village, et quelques études sur des photos, le tout entrecoupé de textes republiés.

J’espère pouvoir encore vous ravir et agrémenter vos journées par ces récits sans prétention et je vous remercie de votre constance à me lire.

Accordez- moi l’indulgence due à un amateur et n’hésitez pas par message à me faire part de vos remarques constructives.

En attendant, je vous exprime ma reconnaissance de m’avoir permis de m’exprimer sur ce blog par l’intermédiaire de différents groupes de généalogie ou d’histoire.

Si vous voulez être sûr de ne rien rater, abonnez- vous sur mon blog.

Cordialement

Pascal T

ODE A UNE DERNIÈRE COMPAGNE

 La mort est venue chez moi ce soir,

Je lui ai dit de repasser plus tard.

A-t-elle perdu la raison,

De venir hors de saison .

Elle est partie en souriant,

Me disant j’ai tout mon temps.

Car voyez vous la gredine,

Ce fait un jour votre copine.

Au moment où on s’y attend le moins,

Elle est tapie là dans son coin. 

La faux s’abat sur vous, heureusement

Elle ne gagne pas à tous les coups. 

Pour quelques temps elle lâche sa proie,

Mais soyez sûrs elle reviendra. 

Vicieuse, elle est sournoise,

Prenez garde, qu’elle ne vous cherche noise.

Je suis sûr qu’elle est partie excédée,

De ne pas m’avoir emporté. 

Quand elle vous a frôlé,

Vous en restez obsédés. 

Maintenant j’ai soixante printemps,

M’étonnerait qu’il m’en reste autant. 

Rien ne sera comme avant,

Sauf peut être les rires d’enfants. 

Mais je m’appuie sur la main de mon amour,

Pour que le bonheur coule toujours.

Bientôt une nouvelle brise soufflera,

J’espère qu’elle me pardonnera,

De l’avoir ce dimanche humiliée,

Hippocrate en urgence repoussé. 

Afin que je puisse vivre mon destin.

Celui simple de vivre avec les miens. 

Présomptueusement je pense l’avoir domptée,

Mais je la crois très fâchée. 

Nous redeviendrons un jour bons amis,

A ce moment tout sera fini. 

On ne gagne jamais contre la faux,

Quand elle décide de s’y prendre comme y faut .

Mais en attendant je jouis de la vie,

Combien de temps avant que tout soit fini.

 

Pascal

 

 

 

UNE BIEN BELLE ANNÉE

L’année 2020 a été pour moi au niveau de l’écriture, merveilleuse. Elle l’a été car vous avez été fort nombreux à me lire, mon blog ayant cette année dépassé allègrement les 100 000 visites.

Je tiens donc à vous remercier de tout mon cœur pour l’attention que vous avez portée à la lecture de mes articles et sagas familiales.

Vos commentaires amicaux hormis quelques insultes m’encouragent à poursuivre cette passion dévorante qu’est l’écriture et à m’améliorer sans cesse.

Un remerciement appuyé à tous les administrateurs des groupes qui par leur constance et leur gentillesse font vivre la généalogie et permettent la diffusion de récits d’auteurs amateurs.

Également un remerciement plein d’amour à mon épouse qui relit et corrige mes textes

L’année prochaine je reviendrai vers vous avec d’autres chroniques , d’autres sagas et d’autres articles, pour continuer à faire vivre nos ancêtres disparus et faire œuvre de transmission.

Pour vous faire patienter je vais rediffuser quelques textes plus anciens mais en attendant je vous adresse de nouveau mes sincères remerciements et je vous souhaite un merveilleux noël et une belle année 2021

 

Amicalement

Pascal

 

 

 

UNE ANNÉE 2018 FORT RÉUSSIE.

En cette fin d’année je tiens à remercier l’ensemble des internautes qui m’ont suivi à travers mes histoires. Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire et cela me comble de bonheur, au départ destiné à l’édification de mes enfants et petits enfants, mon blog a pris une importance que je n’espérais guère en démarrant cette aventure.

J’ai des lecteurs dans environs 90 pays et cela fait toujours bizarre de savoir qu’un texte que vous avez écrit soit lu à l’autre bout du monde.

Je ne sais pas de quoi  demain sera fait mais d’ors et déjà quelques textes sont prêts et j’espère qu’ils vous intéresseront.

N’hésitez pas à commenter,  à liker, à partager et même à me soumettre des idées.

TOP 5 DE MES TEXTES POUR L’ANNÉE 2018

De quoi mourait on dans nos campagne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/05/18/de-quoi-mourait-on-dans-les-campagnes-dautrefois/

Une sinistre histoire de viol : https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

Le berceau de la petite morte : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/08/31/le-berceau-de-la-petite-morte/

La mort de la petite paysanne : https://pascaltramaux.wordpress.com/2018/04/09/la-mort-de-la-petite-paysanne-le-fleau-de-la-variole/

La niflette tradition Provinoise :  https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

Je vais terminer en vous souhaitant  une bonne année 2019,  plein de belles trouvailles et en vous remerciant une dernière fois pour vos visites assidues.

Pascal

PETIT REMERCIEMENT AUX LECTEURS DE MON BLOG

Mon havre de paix

 

 

Chers généamis et généacousins mon blog va avoir 3 ans et vous êtes de plus en plus nombreux à lire mes petits billets. Je tiens à vous en remercier chaleureusement.

Au départ dans mon esprit ce blog avait, je dirais vocation familiale et devait héberger des chroniques qui instruiraient mes enfants, petits enfants, neveux et nièces sur la vie de leurs ancêtres.

Puis grâce aux différents groupes généalogiques dont je remercie les administrateurs j’ai élargi ma base de lecteurs. J’ai la fierté d’avoir été visité presque 25 000 fois cette année. Ce qui est plus du double par rapport à l’année précédente.

Je traite maintenant de sujets variés en essayant toutefois de ne pas trop m’éloigner de la généalogie et de ma famille qui sont quand même le cœur du sujet.

J’ai publié 110 articles, certains vous ont beaucoup plus, d’autres moins, certains étaient bien écrits, d’autres beaucoup moins bien. Des textes que je considérais comme intéressants n’ont pas été lus et c’est pour cela que je me permettrai de vous en représenter quelques uns.

Cette année le palmarès des vues revient à mon article sur les Relevailles et sur une sinistre histoire de viol ( qui était déjà en tête en 2016) et mon texte sur le Maraichinage.

Je vous remets les liens de mon top cinq si vous voulez les découvrir ou les redécouvrir.

Je tiens aussi à remercier mon épouse pour la correction orthographique de mes textes, sans sa  revisite je vous  hérisserais de mes étourderies.

Je vous remercie donc encore une fois pour votre assiduité à me lire, je vais continuer à tenter de produire des récits de qualités  n’hésitez pas à commenter, à partager et à me contacter. J’espère que l’année 2018 vous sera fertile en découverte

Bonnes et joyeuses fêtes .

Pascal

 

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/04/07/les-relevailles-dautrefois-2/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/05/19/la-mort-du-mendiant-qui-nen-etait-peut-etre-pas-un/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

https://pascaltramaux.wordpress.com/2017/06/02/le-viol-dune-vie-ou-le-malheureuse-destin-de-marie-therese/

 

ROBERT PIERRE

Dans la nébuleuse céleste,dans le flou intemporel du rien s’élèvent des flammes, immense brasier rougeoyant au milieu du néant.

La chaleur est intense, les bras du feu montent, s’abattent, vivent et meurent sans cesse renouvelés par un combustible invisible.

Âtre sans foyer, chaleur perdue, feu sans joie, crématorium sans fleur, brûlot sans bois, écobuage sans taillis nous sommes au purgatoire des âmes.

Sans cesse alimenté par les péchés humains, par nos vilenies, nos mauvaises pensées, nos traîtrises, meurtres,viols, concupiscence, gourmandises, convoitises, bassesses, mensonges cet immense incendie brûlent d’une éternelle incandescence.

Ce carburant immatériel brûle à merveille, il est inépuisable. A l’instant même, l’âme d’un paysan fanatisé par un iman fanatique et qui vient de se faire sauter sur un marché se consume en même temps que celle de quelques unes de ses victimes, un marchand qui a dénoncé un confrère pour avoir sa place, une femme au corps brûlant qui s’est donnée à un de ses amants, homme fruste qui a violé un enfant, un élu qui a détourné l’argent public, le choix est large l’arrivage incessant.

Noria purificatrice, chaque âme noire est lavée de toutes impuretés et renvoyée sur terre.

Cycle ressemblant à celui de l’eau, les mânes sont identiques depuis leur funeste création. Le créateur renvoie indistinctement l’âme des êtres purifiés. Mais le retour est aléatoire et d’humain l’on devient animaux et d’animaux l’on devient humain.

Mais certains n’expient jamais et auprès du créateur restent à demeure.

Maximilien déambulait nerveusement autour du brasier depuis un long moment, sentant qu’on l’observait, il se retourna vivement. Joseph Djougachvili dit Staline le regardait goguenard.

  •  » Salut maximilien tu vas bien
  • Je vous ai déjà dit de ne pas me tutoyer , nous n’avons pas élevé les cochons ensemble, nous n’avons aucun point commun et rien ne vous autorise à cette familiarité.
  • Mais bien sur que si l’incorruptible que nous avons des points communs et le principal est que nous soyons tous deux autour d’un feu à expier les mêmes sortes de fautes.
  • Et puis cesse de marcher en long et en large, nous ne sommes pas au comité.

Maximilien Robespierre réajusta sa cravate, expiation ou pas ,l’élégance chez lui devait rester de mise. Joseph dont la mise était moins raffiné se mit à rire.

  •  » Ta cicatrice thermidorienne te démange ou bien est -ce le coup habile du gendarme Merda ?.

Malgré son ancienne profession d’avocat, Maximilien n’avait guère de talent oratoire, il ne sut que répondre au fiel du père du peuple.

Joseph enfonça le clou et lui demanda si le froid de l’acier tombant sur sa nuque le gênait encore.

L’arrivée de son ami lui fit l’économie d’une réponse bafouillée, il ne faisait aucun doute que dans une joute oratoire, le georgien ne terrasse le précieux Arrassien .

Il n’en était pas de même de Saint Just, l’archange de la terreur au jeu des mots était redoutable et Staline ne le taquinait jamais car voulant garder le dessus, les réparties cinglantes du jeune apôtre l’en dissuadaient.

  • Viens avec moi Maximilien laissons cet assassin.

Joseph n’aimait pas qu’on le traite ainsi, plusieurs années de despotisme l’avaient habitué à une certaine veulerie de la part de ses semblables.

Il considérait de toute façon que la mort des quelques 40 millions d’êtres humains dont il était responsable était un mal nécessaire à l’élaboration d’un communisme international.

Il se dirigea en maugréant vers une autre partie du cercle. Un petit gros en redingote, assit sur un rocher regardait par delà les flammes , l’arrivée des nouveaux repentants

  • Toujours sur ton rocher Naboulione, toi aussi tu estimes que ta place n’est pas autour du feu

La réputation de polémiste de Joseph dissuada l’empereur déchu de toute réponse, il resta dans ses pensées refaisant le monde à son image. Cette fois ci le siège de Saint Jean d’Acre s’était déroulé à merveille et cet imbécile de Phillipeau avait trouvé la mort rapidement et rien n’arrêterai désormais sa marche triomphale dans les pas d’Alexandre.

Le tyran rouge ne trouvait personne avec qui se chamailler, le couple Ceaucescu qui pleurait sur leurs beaux manteaux troués par les balles vengeresses du peuple, menu fretin, dictateur de bas étage, sous produit de son empire à lui ne valait pas la peine de dépenser de la salive.

Plus loin Adolf et Benito réajustaient leurs uniformes.

  • Tu te prépares pour Nuremberg, je te rappelle qu’ici tu n’as pas de public, fini les défilés aux milliers de torches, les parades militaires grandioses, les bras tendus et les chemises grises.
  • Ta Riesenthale n’est plus là avec sa caméra.
  • Et toi Benito, ta Clara Petaci a t’ elle aimé le sort que lui ont fait subir les partisans.
  • Comme public vous n’avez plus que des tyrans, des assassins, des des fourbes, des lâches et des traîtres.

Les 2 ténors de la haine baissèrent la voix et regardèrent méchamment l’intrus.

  • Passes ton chemin, traître, vil inférieur, suppo de race impure.
  • Peut être qu’un jour nous aurons de nouveau du public
  • Vas tourmenter d’autres âmes.

Staline perplexe poursuivit son chemin, il n’aimait guère cet Autrichien qui lui rappelait sa propre vilenie face au peuple Polonais et sa complète responsabilité dans les meurtres de Katyn. Joseph était perplexe ou ces 2 fous avaient il bien pu prendre l’idée qu’un jour d’autres malheureux défileraient sous leur tribune.

Sa main valide derrière son dos il poursuivit sa patrouille haineuse. Un peu en retrait se tenait le grand timonier.

Les 2 hommes ne conversaient jamais ensemble, pourtant ces 2 déclencheurs de famines avaient de multiples points communs, le communisme, les purges sanglantes, les déplacements de population, l’industrialisation forcée, les millions de morts et un mépris commun pour l’âme d’autrui.

Mais rien ni faisait, Staline qui avait aidé Mao a créer son empire démoniaque ne supportait pas que le sien se soit écroulé et que celui du chinois perdure encore.

  • Alors TSÉ TOUNG tu viens de terminer ta longue marche .,,,

Mao qui ne parlait que son dialecte natal et qui de toute sa vie n’avait fait aucun effort pour apprendre une autre langue regarda le petit père du peuple sans rien comprendre.

Staline continua son chemin en ricanant et croisa POL POT qui regardait fixement les flammes.

Décidément en forme, Joseph lui lança.

  • Tu as reconnu quelqu’un mon pote.

Ce dernier jeu de mot ne s’entendait pas en Cambodgien mais seulement en Français, il ricana tout seul.

Son français ,notre bon Georgien le tenait d’un autre petit Adolphe, le nain au toupet ordonnateur du massacre des communards, politicien rusé, défenseur des bourgeois et pourfendeur des ouvriers révoltés qui était lui aussi passé par le doux foyer des âmes perdues.

Pol Pot nouvellement arrivé ,n’avait encore pas pris l’habitude des tournées pleines de fiel de Staline. Il ne fit donc que sourire et salua d’un mouvement de buste son ancien maître.

Un peu plus loin, une conversation animée l’attira, PHILIPPE II polémiquait avec un évêque en se demandant si les indiens avaient une âme et si la controverse de Valladoid fut une bonne chose.

Chacun y allait de ses théories, Joseph dont la seule idée maîtresse était l’asservissement des peuples à son profit ne comprenait guère cette idiotie. De toute manière, les esclaves amérindiens avaient été remplacés par des esclaves africains et pour lui c’était la moindre des choses.

Staline pensait que dans le pays des âmes il était le seul à être sensé. Il ne doutait de rien notre tyran.

Comme tous les jours il se dirigea vers le juge suprême pour lui faire son rapport sur les cancans du foyer et voir si le maître en récompense ne pouvait abréger sa rédemption.

  • Comment notre maître à tous se porte t ‘il ?
  • Bien bien Joseph, ta tournée s’est bien passée ?
  • Tu as tourmenté tout le monde je présume.
  • Non non juste se pédant d’avocat Français.
  • Tu es vraiment injuste avec lui, quelques parts tu lui dois un peu non.
  • Robespierre n’était pas communiste.
  • Oui je sais il était pour le respect de la propriété individuelle, mais la révolution française a ouvert la porte à d’autres révolutions y compris celle de Vladimir Ilicht.Le fait que le maître ne mentionne que Lénine et non lui comme fondateur de l’empire bolchevique le fit grincer des dents.
  • Aucun lien mon bon maître, entre la révolution populaire des soviets et la révolution bourgeoise des avocaillons du siècle des lumières.

Voyant qu’il ne pourrait convaincre Staline il changea le corps de la conversation.

  • Alors que racontes tu sur des compagnons de purgatoire.
  • Rien d’intéressant.
  • Mais si, mais si…
  • Adolf et Bénito répètent leur sketch.
  • Oui je sais le même depuis 60 ans
  • Bonaparte rêve
  • Mao rit jaune
  • Très mauvais, continue
  • L’espagnol radote des insanités sur les indiens
  • Encore, il faudra que je lui en parle sinon je vais le garder pendant des millénaires
  • Mais le plus intéressant ce sont les messes basses de Saint Just et de Robespierrre, ils complotent.
  • Que veux tu qu’ils mijotent, ils parlent de leur passé.
  • A propos de mon passé mon juge, il faudrait peut être penser à une révision de mon procès, je vous sers admirablement.
  • Quarante années et quelques ragots ne peuvent racheter 20 millions de morts, va et laisse moi.

Staline s’en fut en laissant le juge suprême s’interroger sur les discussions en catimini des 2 guillotinés de thermidor.

LE SONGE DU VIEUX MONSIEUR

Assis dans son fauteuil face au couloir le vieil homme regardait l’infirmière s’éloigner. La lourde auxiliaire de vie en blouse blanche et crocs rose avait laissé la place à une sublime apparition. Une jeune femme, grande, les cheveux blonds remontés en arrière lui fit signe et d’un geste lui demanda de la suivre. Son sourire et son appel lui firent retrouver l’usage de ses jambes.

Ils progressèrent tous deux dans un long couloir blanc éclairé de lumière vives, des rires d’enfants accompagnaient leur marche.

Puis un grand jardin, une terrasse et une baie vitrée par laquelle ils pénétrèrent dans une grande pièce aux pierre apparentes. Les rires d’enfants avaient disparu, la belle enlaça le vieux monsieur.

Il sentit sa poitrine qui fit frémir son torse décharné. Son parfum l’envoûtait, le corps du vieillard semblait renaître. Elle monta un escalier de bois blanc et pénétra dans une chambre, elle le fit asseoir sur le lit.

La fleur commença son effeuillage, un à un les vêtement tombèrent. Impudique au regard, la belle souriait, ses seins triomphants semblaient une invitation, la lumière du jour tardait ses rayons sur sa toison. Les lèvres ouvertes où de fines perles d’eau de désir venaient luire appelaient les mains du vieillard.

Il tendit les mains pour la caresser.

Un bruit sec sur le carrelage le réveilla de son songe, son livre était tombé, le couloir était vide, un silence lourd ponctué par les cris plaintifs de voisins prit de démence, seul dans sa chambre il devra attendre. De longues minutes  s’écouleront avant que quelqu’un se penche pour lui remettre en main. Sablier inexorable du temps perdu, l’écrasante solitude achève la vie de l’être qui l’a subi

Les larmes coulèrent le long de son visage empruntant le chemin sinueux de ses rides, mais il sentit bientôt qu’on lui redonnait son livre. Un baiser lui sécha les larmes, ne pleure pas papy je suis là.

RETOUR SUR UNE BELLE ANNÉE DE GÉNÉALOGIE ET D’ÉCRITURE

Tout d’abord je tiens à souhaiter une belle et heureuse année 2017 à tout mes lecteurs.

L’année 2016 aura été pour mon blog celui de l’explosion des vues et j’en suis très satisfait.

Je suis certes encore un débutant, mais je m’efforce de m’améliorer, tant dans l’écriture que dans la présentation.

Cette année mon blog a reçu 7438 visiteurs pour 12790 vues.

Belle progression car en  2015 je n’avais reçu que 1635 visiteurs pour 2748 vues.

Les habitants de 75 pays ont visité mon blog, avec en tête évidement la France, suivit des États unis et de la Belgique.

Mes articles phares ont été pour cette année : Une sinistre histoire de viol dans l’Aisne

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/.

: Le maraichinage de la coutume ancestrale à la liberté sexuelle.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

 

          : Vierge au mariage ou pas.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/06/10/vierge-au-mariage-ou-pas/

 

    : La niflette, tradition Provinoise

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

 

Mais la série d’article dont je suis le plus fier est l’histoire des  TRAMAUX et LA GUERRE A FERNAND.

 

J’espère que je trouverais l’inspiration pour cette nouvelle année et que mes textes vous feront passer un peu de bon temps.

Encore une fois bonne année généalogique et plein de merveilleuses découvertes.

A bientôt

 

PASCAL

 

 

 

2015 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2 700 fois en 2015. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 45 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.