LE TUEUR DE PRÊTRES

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LE TUEUR DE PRÊTRES OU LA VIE DU CAPITAINE LALY

Un vieil homme, grand, encore vigoureux malgré son âge arpente comme tous les jours les quais du port de Saint Martin de ré.
Sa figure est dure, son regard est méchant, il ne répond que très rarement aux saluts, c’est un ancien marin . D’aucun dise qu’il était bon pilote côtier, maintenant retiré il vit chichement de ses quelques rentes.

Quelques vieilles femmes en le croisant se signent, elles ne s’attardent pas, fuient le bonhomme qui habitué, n’a même plus un regard pour elles. Les marins du port soulèvent leur casquette à son passage, un peu déférant. Seuls parfois quelques enfants délurés l’invectivent. Lui n’en n’a cure, il poursuit son chemin.
A la même heure tous les jours, de façon immuable il sort de sa maison ,de la rue du grand four, et va errant poser son regard sur la vaste immensité océane.
Les jeunes ignorent son passé, les vieux se souviennent.

Nous sommes en 2015, un navire à voile comme on n’en n’a plus vu depuis longtemps remonte le fleuve Charente, des milliers de badauds se pressent sur les rives et applaudissent le majestueux bâtiment.
La vieille commune de Rochefort longtemps endormie se réveille enfin sur son siècle.
L’Hermione, navire qui emmena  jadis un jeune noble de France aux Amériques pour porter de l’aide aux insurgents a été reconstitué et effectue sa première sortie.

Il se dirige vers la rade de l’île d’Aix, escorté par des centaines d’embarcations qui lui font fête.

Parmi les milliers de touristes qui se pressent combien connaissent l’histoire du bâtiment nommé les  » Deux Associés  » qui lui aussi remonta le fleuve quelques 221 années plus tôt ?
Sans doute très peu.

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Chaque drame a droit à sa mémoire, mais la multiplicité de ces derniers font que les plus anciens sont recouverts par des récents dont l’ignominie est pire encore.

Rappelons les faits, nous sommes en pleine Révolution Française, le comité de salut public, émanation de la représentation publique, est au pouvoir, la terreur commence et les décrets tombent.
L’un des plus terribles est celui condamnant les prêtres réfractaires à la déportation. Avec l’exécution de cet ordre infâme, commence un génocide identitaire et idéologique comme la France en connut peu.

Venus de toutes les régions de France des prêtres se retrouvèrent à Rochefort en attente de leur déportation.
Le chemin semé d’horreur qui conduisit les prisonniers au port de guerre de Rochefort n’était rien en comparaison à la souffrance qu’ils allèrent devoir endurer, sur ce qu’on l’on appela  les  » pontons  »

Mais les décisions gouvernementales criminelles ne seraient rien sans leurs lâches exécutants et malheureusement à chaque époque, surgissant du néant une foule de vils exécuteurs de basses œuvres exécutent avec zèle et compétence les ordres iniques.

La ville de Rochefort, l’une des plus patriotique de France disait on , n’en manquait pas.
Il fut décidé que les prêtres seraient parqués sur des bateaux pour y être déportés, deux navires négriers  » Les deux Associés  » et le  » Washington  » furent donc affrétés.

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La malchance pour les prisonniers voulut que le commandement des navires tombèrent  entre les mains de deux fervents patriotes qui se muèrent en criminels.

C’est l’histoire de l’un deux que je vais conter.

Jean Baptiste René Laly

Le 22 mars 1794, le citoyen Jean Baptiste René Laly est nommé commandant des  » Les deux Associés  » il est jeune 28 ans, les dents longues comme on dirait maintenant, officier patriote, c’est une brute tant au physique qu’ au comportement, il est grossier, méchant, des sourcils toujours froncés,sur une face bestiale, chez lui l’invective n’est jamais loin.

Il a bonne réputation en tant que marin et connaît par cœur les côtes de la région car il est natif, de l’île de Ré.

Il est né le 27 mai 1765 à la Flotte en Ré et a été baptisé à l’église par le père Girardeau curé de la paroisse. Son père René est tonnelier, issu du village d’Esnande sur le continent, sa mère Marie Thérèse Bureau est d’une famille de Pilotes côtiers, son grand père Henry a même été officier sur les vaisseaux du roi.

Rien d’étonnant donc à ce que cet ilote dans un tel environnement ne devienne marin à son tour.

Le 1er juin 1790, René Laly est reçu pilote côtier par l’Amirauté de La Rochelle.

Il obtient rapidement des commandements sur  »la Moselle » puis sur le  »Marie Guiton  ».

Pouvant justifier de plusieurs années de navigation il devient Enseigne non entretenu sur la chaloupe canonnière la  »Dédaigneuse  ».

Son expérience et son fanatisme révolutionnaire lui firent  obtenir son commandement sur ce beau navire. Une véritable promotion dont il est très fier.

Ce virulent sans culotte n’était pas célibataire, mais marié à une fille de Saint Martin, Marie Magdeleine Rousseau née le 26 avril 1761 et elle aussi fille de marin.

Ils eurent 4 enfants : Étienne René né le 27 mai 1791

Magdeleine Véronique née le 4 juin 1792, décédée le 17 juillet 1845

Marie Anne Rosalie née 3 avril 1798, décédée le 27 septembre  1803

Véronique née le 26 mars 1794 et décédée le 19 janvier 1795

Ces naissances et ces décès eurent lieu à Saint Martin de Ré, la famille de Laly ne suivie donc pas ce dernier à Rochefort. D’ailleurs sur l’acte de naissance de Magdeleine Véronique , il est dit absent car au service de la République.

Notre nouveau capitaine recruta un équipage à son image, tous de purs patriotes. Son second l’enseigne Villecolet surnommé Marius est un jacobin bon teint, brute sanguinaire qui fera régner la terreur. Le chef de la gamelle un Rochelais nommé Cazenave aussi enseigne se charge de faire mourir les ecclésiastiques dont il a la subsistance et de faire ripailler l’équipage du bateau.

Le reste est à l’ avenant, tous de sac et de corde ardents révolutionnaires, pillards, buveurs et voleurs.

Les circonstances du temps les transformeront en complices d’assassinat.

Le 22 avril 1794  » Les deux Associés  » est enfin prêt à recevoir ses pensionnaires, Laly et son état major accueillent une première fournée de 250 prêtres.
Tout de suite le ton de la détention est donné, l’inscription donne lieu à une fouille en règle. Les prêtres sous l’impulsion de Laly vont subir le pillage du peu d’effets qu’ils leurs restaient. Insultes, crachats, propos orduriers, mises à nus, fouilles à corps ignominieuses, rien ne leur sera épargné. Humiliés, affaiblis ils sont enfin jetés dans ce qui sera leur lieu de détention.
D’autres malheureux viendront rejoindre leurs coreligionnaires, ils se retrouveront finalement à  près de 400 dans un entrepont où 40 hommes tenaient à peine.
Les Nazis du 20ème siècle ne firent guère pire que nos marins de Rochefort.

Le bateau enfin prêt avec sa précieuse cargaison fut conduit par Laly à petite journée dans la rade de l’île d’Aix où il attendra un ordre de départ qui ne vint jamais. Le théâtre définitif de cet horreur se dévoilait enfin aux prisonniers.

Imaginons maintenant ce tombeau, noir et puant où 400 personnes encaquées comme des sardines devaient rester 12 heures durant sans pouvoir se mettre debout et devant pour dormir . Pas de paille rien que les dures planches de chêne comme unique literie pour s’accorder un moment de somnolence . A chaque extrémité des baquets servant de lieux d’aisances qui à la moitié de la nuit, plein, déborde un flot d’excréments sur les pauvres placés à proximité. Des gazes méphitiques alourdissent l’atmosphère et font leurs œuvres de mort.
La chaleur est insoutenable et l’odeur en est putride. Les maladies sur un tel terreau se propagent rapidement, gale, typhus, dysenterie, scorbut fauchent maintenant des êtres affaiblis.

Le bon Laly pour lutter contre la vermine décide la fumigation quotidienne de l’entrepont, idée louable en soit si les prisonniers manquant de périr n’étaient obligés de rester dans leur cage pendant l’opération.

Délivrés chaque matin , les bandits noirs montaient sur le pont où entassés à l’avant ils devaient sans pouvoir s’asseoir passer le reste de la journée. Souvent le froid succédait à la chaleur et les chocs thermiques firent de nombreuses victimes. Mouillés par la pluie, ou par les excrément des gardiens, brûlés par le soleil, le pont était l’équivalent de l’entrepont dans l’entreprise de destruction.

Notre brillant capitaine lui, faisait bombance, ivre la plus part du temps il montrait à son équipage la conduite à tenir face aux ennemis de la République.

Bénéficiant d’un pouvoir quasi dictatorial et discrétionnaire Laly et ses commensaux abusèrent lâchement de la mission qui leurs avait été confiée.

Le long martyrologe se poursuivit, les prêtres périssaient à tour de rôle, le capitaine était au mieux de sa forme.

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Puis vint des changements politiques, la situation s’améliora lentement pour nos infortunés, ( très lentement ).
En janvier 1795, notre rusé Laly qui ayant récupéré son chargement précédemment débarqué sur l’île Madame se fit plus humain, presque courtois. Métamorphosé et intelligente, la bête sentait que la situation pouvait basculer. Elle bascula en effet et le temps des tyranneaux fut révolu, des comptes devront être rendus.
Laly est maintenant considéré comme un pestiféré, le 14 décembre il est accueilli par des huées à l’église des capucins de Rochefort où se tiennent les assemblées populaires.

Le capitaine apeuré sentant que la fin de son commandement était proche, s’avilit à demander aux prêtres survivants un certificat le dédouanant de sa conduite. Les prêtres miséricordieux lui accordèrent. Le 16 avril 1795 il fut enfin relevé de son commandement et placé sous la surveillance de la municipalité de Saint Martin de Ré.

Le 29 août 1795 une commission l’autorisera à reprendre au  »commerce  »son activité de marin.
Sa peine, le malheureux, fut donc l’interdiction de travailler pour l’état.

Rappelons simplement que sur 827 déportés , seuls 238 survivront. Ce ne fut pas une punition bien terrible.

Laly ne reniera rien et continuera à vivre tranquillement entouré des siens., voulant se persuader sans doute que son attitude fut juste et qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres des représentants en mission.

La tradition orale rapporté par Mr Manseau,  fait état d’une misère, d’un pauvre homme vivant misérablement avec une mauvaise femme et des enfants rachitiques ainsi que d’une rencontre entre un des prêtres déporté et son tortionnaire. Le tueur de prêtres serait même mort à l’hospice assisté d’un aumônier.

La vérité fut-elle aussi noire ?

Certes l’ostracisme de la population fit que la vie de Laly ne suivit pas le cours tranquille d’un officier de la marine et que sa carrière d’officier supérieur s’arrêta nette. Mais il trouva quand même des engagements , ses capacités et l’oubli général des faits firent le reste.

En 1807 il est témoin d’une naissance, il a la profession de maître pilote.

Sa femme décéda le 29 septembre 1811 en son domicile, ce n’est pas Laly qui déclara le décès mais 2 voisins. Sur l’acte le sieur Laly est dit Pilote.

Le 29 janvier 1816, il est témoin de la naissance d’un enfant naturel, est- il le sien ?

Le 23 septembre 1816 il maria sa fille Magdeleine Véronique avec un marin nommé LANGLOIS André, il est toujours Capitaine pilote, les témoins sont des marchands ou des pilotes, aucune trace de misère dans ce monde de marins et d’artisans.

Le couple eut 12 enfants,  (ce sont peut être eux les êtres faméliques de la tradition orale).  Lui marinier et elle blanchisseuse les fins de mois étaient certainement difficiles

En 1823 Laly fut témoin de la naissance de Marie l’une de ses petites filles.

Le 18 février 1836 le tortionnaire décéda à l’hospice Saint honoré assisté de Mr DIERES aumônier de l’hospice.

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A t’ il fait acte de contrition dans les bras de ce prêtre, a t’ il regretté un jour sa conduite et sa conscience fut-elle tranquille ?

C’est- il persuadé comme tous ceux de son espèce que sous couvert d’ordres donnés ils pouvaient en toute bonne foi commettre les pires iniquités.

La race humaine a de tout temps engendré des Laly, des Bousquet, des Barbie , des Papon et des Eichmann

 

acte de naissance , page 145  :  http://charente-maritime.fr/archinoe/visu_affiche.php?PHPSID=g0ciie030r8avgovm9mutkttf6¶m=visu&page=1

acte de décès, page 168 : http://charente-maritime.fr/archinoe/visu_affiche.php?PHPSID=g0ciie030r8avgovm9mutkttf6&param=visu&page=1

A lire : Les pontons de Rochefort  de Jacques Herrissay

L’ENFANT DU GRENADIER

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L’enfant du grenadier

 

Que l’on imagine pas un déplacement de troupes de l’armée Napoléonienne, comme une parade bien ordonnée avec des soldats marchant aux pas, rythmés par des tambours et menés par des beaux officiers rutilants.

Il faut plutôt se mettre en tête, une longue colonne de loques , s’étirant sur plusieurs kilomètres, les pieds en sang et le ventre creux. Couverts d’une épaisse couche de crasse, habités de puces et de poux, fiévreux et maudissant le petit caporal.

Au tableau des soldats qui marchent péniblement s’ajoute la longue queue de chariots divers et variés ou se mêlent le ravitaillement ( dans le meilleur des cas ), les bagages des officiers et les objets hétéroclites provenant du pillage. Il y a aussi une multitude de femmes au statut bien distinct.

Les officielles, vivandières, cantinières et blanchisseuses qui sont répertoriées. Elles portent une médaille réglementaire et sont munies d’une carte de sécurité. En principe il y a 4 blanchisseuses par bataillon et le même nombre de vivandières. Les blanchisseuses autorisées à avoir un cheval de bat s’occupent du linge  »mais pas que  ». Les vivandières avec leurs voitures tirées par deux chevaux fournissent moyennant rétribution, le boire, le manger et la fourniture de petits ustensiles.

Le règlement est strict pour ces non militaires, appels obligatoires, peines de prison et amendes.

Pour éviter la multiplication de ces femmes la dureté s’impose souvent, durant la campagne d’Espagne les femmes en surnombre qui suivaient sans autorisation étaient mises toutes nues, rasées entièrement, passées au cirage et promenées au milieu de la troupe goguenarde et sadique.

Mais suivant les officiers, le règlement était plus au moins contourné et une autre catégorie de femme suivait dans les bagages. Ces dernières assuraient le bonheur de ces militaires sans femme.

Certains soldats se faisaient leur protecteur où leur souteneur comme l’on voudra. Ce n’était pas un bordel ambulant et officiel comme dans les guerres civilisées du futur mais chaque régiment avait ses habituées. Là aussi, les officiers généraux poussaient de temps en temps des colères et en faisaient tondre quelques unes. Les conditions d’hygiène déplorables faisaient que ces femmes étaient un vecteur de transmission importantes de maladies vénériennes qui mettaient au tapis bon nombre de soldat.

A ces professionnelles , on pouvait ajouter les propres femmes de soldats et surtout d’officiers. Elles suivaient avec leurs enfants au rythme des déplacements et surtout des retraites.

A quelle catégorie appartenait Dorothée BÉLENGÉ, infortunée qui abandonna son enfant un triste jour de mars 1814 dans une pauvre ville Champenoise ?

Difficile à dire

Le 23 mars 1814, le sieur DAGONET Claude, et le secrétaire de mairie Jean Baptiste HENNE déclare le décès ce jour de Louis Nicolas MOUROUX âgé d’un an. Ce dernier est mort chez le dit DAGONET jardinier de son état dans sa maison sise rue d’en haut à Montmirail.

Que sait on de cet enfant ?

Tout d’abord on connaît les parents, le père est soldat, grenadier au 88ème régiment de ligne et se nomme Michel MOUROU ( X ), sa mère se nomme Dorothée BÉLENGÉ.

Le soldat dont j’ai retrouvé l’acte de naissance est né à Bussy Saint George en Seine et Marne le 18 octobre 1783, d’Antoine et de Marguerite MARGUILLIER.

Il a donc 31 ans, je n’ai aucun renseignement sur la mère de l’enfant. J’ignore également si ils étaient mariés, l’acte de décès de l’enfant est muet sur ce sujet.

Le petit Louis Nicolas est né quand à lui en Espagne dans le village de Pedro Bernardo en Castille à une centaine de kilomètres de Madrid le 7 mars 1813.

A peine né l’enfant a dû suivre la longue cohorte des fuyards abandonnant l’Espagne à la suite du roi Joseph.

Longue fuite jusqu’au pays Basque où bêtement le roi offrit la bataille de Vitoria à WELLINGTON et la victoire sur un plateau. Le 88ème de ligne de la brigade du général MORGAN faisant parti de la 1er division du Général LEVAL armée du Midi sous le commandement de GAZAN DE LA PEYRIERE. La bataille fut une belle catastrophe, les soldats se sauvèrent comme ils purent à l’issu de combats meurtriers, tout fut abandonné, le convoi amenant les bagages, l’artillerie, les civils.

Chacun ne dut son salut qu’au pillage dont se livrèrent les troupes Anglaises et Espagnoles.
On peut imaginer Dorothée avec son nourrisson fuyant en abandonnant tout ses biens. Par bonheur pour elle, elle ne tomba pas aux mains des Espagnols et put se  protéger au milieu de quelques troupes qui ne s’étaient pas débandées, et regagner la France. Elle retrouva son Grenadier qui lui aussi n’avait pas trop souffert.

Le bataillon de Michel MOUROU fut rappelé pour la campagne de Saxe et participa à la campagne de France. Dorothée suivit le bataillon jusqu’au jour de la bataille de Montmirail le 11 février 1814, mais son bébé atteint de fièvre, brinquebalé depuis un an dans des conditions épouvantables fut laissé à la charge de Mr DAGONNET. Il mourut le 27 mars à midi, sans que ses parents puissent en être prévenus car repartis sur les routes.

Le couple a t’ il survécu à la campagne de France et a t’ il fait souche quelque part ?

MORTS LOIN DE CHEZ EUX, LES SOLDATS OUBLIÉS DE LA CAMPAGNE DE 1814

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LA CAMPAGNE DE FRANCE

MONTMIRAIL  –  MARCHAIS

Ce village niché dans la Brie Champenoise évoque sûrement peu de chose à la majorité d’autres nous.
Terre foulée par mes aïeux, baignée par le petit Morin, elle fut aussi le siège d’une des dernières victoires de Napoléon.

A l’aide d’une petite armée composée de gamins encadrés de vieux briscards revenus d’Espagne, il va, transcendé par son génie, tenir en échec les troupes coalisées.

Accablé par le nombre, il sombrera, entraînant la France avec lui mais écrivant l’une des plus belles pages de son histoire militaire.

Le 11 février 1814 sur ces collines, sont morts où ont été blessés, des milliers de soldats des deux armées.

Le souvenir de ces anonymes a disparu à jamais. Qu’ils soient de véritables héros, des soldats malgré eux, des conscrits apeurés où des officiers aguerris ils ont combattu avec abnégation dans le froid hiver Briard. Certains sont morts le jour de la bataille mais pour d’autres l’agonie fut plus lente. Ils se traînèrent où furent placés dans des hospices militaires et chez l’habitant, ils y guérirent mais beaucoup y moururent.

Je vais tenter de faire apparaître l’image de ces quelques soldats oubliés, morts loin de chez eux.

Mais revenons au 11 février 1814 et résumons en quelques lignes la bataille de Montmirail.
La France en ce début d’année est donc envahie, plusieurs corps convergent vers Paris, par une série de victoires et d’habiles manœuvres, Napoléon ralentit le flot de l’invasion et fait douter les alliés.

L’armée de Silésie commandée par le Maréchal BLUCHER est divisée en 3 corps avec en pointe celui du général Russe SACKEN. Ce dernier se sentant menacé de se voir couper du gros de l’armée fait volte face pour rejoindre la force principale. Napoléon qui avait prévu la manœuvre le devance sur Montmirail pour le bloquer

Le général Russe SACKEN arrivé prés de Montmirail sait que les Français sont là mais se fait fort malgré les objurgations du général prussien YORCK de passer sur le corps de Napoléon avant que ce dernier ne le renforce.

L’Empereur arrivé dans la matinée avec la division du général RICARD et quelques escadrons de cavaleries de la garde, fait occuper les positions mais attend ses renforts pour attaquer l’imprudent SACKEN . Dans la matinée les restes de la division RICARD arrivent ainsi que la vieille garde de FRIANT.
Mais les Russes passent à l’attaque et prennent le village de Marchais, lutte épique, ce dernier sera pris et repris 5 fois. La situation est indécise lorsque arrivent la division de la vieille garde commandée par le général MICHEL et la division de cavalerie DEFRANCE. Napoléon ordonne l’assaut général et bouscule définitivement les Russes, les fuyards sont poursuivis par la cavalerie de la garde, les dragons du général LETORS sabrent les carrés Russes et les grenadiers de la garde menés par le général BERTRAND reprennent Marchais. Le général YORCK arrivé en soirée tente en vain d’endiguer la furia Française mais doit se résigner à la retraite.

Belle victoire sans lendemain, malgré les lourdes pertes Russo-prussiennes ( 4500 morts, blessés ou prisonniers ). Les français ont perdu quand à eux 2000 hommes, tués où blessés. Beau résultat les français combattaient à un contre deux.

La campagne continuait, les morts furent enterrés par les paysans, les blessés emmenés à l’hospice militaire situé dans le couvent de Montmirail où chez les habitants.

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Commençons dès maintenant par quelques soldats hébergés chez l’habitant.

Antoine Jean Laurent MALET

Né le 17 août 1773

Major le 24 juin 1811 1er régiment des voltigeurs de la garde

Major 21 décembre 1813 2ème régiment des chasseurs à pieds de la garde

25 Avril 1812 officier légion d’honneur

Baron d’empire 15 mars 1810

Il est décédé le 27 février 1814 chez un habitant de Montmirail Monsieur RAVENET Pierre, officier de santé demeurant rue d’Enthierry, des suites de  blessures reçues à la bataille de Marchais

Le colonel MALET fut probablement blessé lors de l’attaque de la ferme de la Belle Epine sous la direction du général FRIANT.

Faisait parti de la 2ème division de la vieille garde

 

PHILIPPE DESCHAMPS

Chef de bataillon

régiment des fusiliers chasseurs de la Garde Impériale

45 ans

Né à Aigre en Charente le 8 Décembre 1769, fils de Jacques DESCHAMPS cordonnier et de Marie GRANDIN

Chevalier de l’empire, officier de la légion d’honneur, chevalier de l’ordre de la Réunion

Décédé le 28 février 1814 des suite de ses blessures reçues à la bataille de Marchais chez Monsieur BABÉ François rentier demeurant rue Pommesson à Montmirail

Il fut probablement blessé lors de l’attaque de la ferme de la Belle Epine sous la direction du Maréchal Mortier, à la droite du dispositif .

Faisait parti de la 2ème division de la vieille garde

Mais il n’y eut pas que des officiers qui furent soignés chez l’habitant mais aussi de simples soldats

François JETTOT

Fusilier chasseur de la garde impériale, 2ème bataillon, 4ème compagnie

Né le 12 août 1788 à Voray sur l’Ognon département de la haute Saône, son père Claude Pierre laboureur et sa mère Denise SUIMONT.

Il est décédé LE 25 mars aussi chez Mr RAVENET l’officier de santé qui avait soigné le colonel MALET

Il fut probablement blessé lors de l’attaque de la ferme de la Belle Epine sous la direction du Maréchal Mortier, à la droite du dispositif .

Faisait parti de la 2ème division de la vieille garde

Honoré Magloire CHAMP

Soldat 2ème régiment à pieds de la vieille garde

Né à Crépoil Seine et Marne le 24 avril 1789 de François CHAMP et Marguerite Antoinette MOURANT, laboureur.

Décédé de suite de ses blessures le 6 avril chez Mr DELETAIN Felix, tuilier rue de Montléan à Montmirail , qui se dit être ami du décédé. ( décédé 26 mai 1820 à l’âge de 36 ans à Montmirail )

Jean STEPHANINO

Vétéran des guerres Napoléoniennes, il est né Piémontais le 6 juin 1783 à Calliano près d’Asti. Ce territoire devenu département de la Stura, il pourra s’engager dans l’armée Française le 25 germinal en XII.

Ce cavalier d’ 1 m73 aux cheveux châtains, décrit comme ayant un visage long, un front ordinaire, des yeux bruns, un nez bienfait, une bouche moyenne et un menton rond, à fait dans le 21ème dragons la campagne d’Autriche de 1805, celle de Prusse et de Pologne en 1806 et 1807.

Il passa en Espagne et au Portugal les années 1809 à 1812.

Il est admis dans les dragons de la garde impériale le 1er juillet 1812 et arrivera à son corps le 13 décembre 1812, il fera  entièrement la campagne de Saxe avec sa nouvelle unité.

Il sera blessé à Montmirail  à l’assaut des carrés Russes près de la ferme de Courmont sous les ordre des généraux LETORT ET DAUTANCOURT et recueilli chez Mr THOMY Philippe couvreur demeurant rue d’Enthierry à Montmirail.

Il décédera le 4 mars 1814 après avoir bourlinguer dans toute l’Europe sans encombre

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Pour finir un officier de l’armée adverse

Charles Louis SIMON

1 er lieutenant au 2ème bataillon , 5ème régiment armée de Silésie

Né à Breslau en Prusse, ( Pologne à l’heure actuelle ) âgé de 30 ans

Décédé chez Mr DISCRET Jean Joseph organiste, Maison de l’ancienne Mission à Montmirail

( Le nom est bien Français pour un prussien, peut être une famille protestante qui a fuit la France )

Au cours d’un autre article je ferai revivre les soldats morts à l’hospice de Montmirail

UN FAUX A L’ÉTAT CIVIL DE NANTES EN 1808

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RUE PORTE NEUVE

PARCOURS D’UN BRETON EN VENDÉE

En faisant des recherches pour compléter quelques manques sur mon arbre je me suis aperçu que j’avais laissé une branche en suspens. Je me fis donc fort de m’y atteler.

Je n’avais qu’un nom, Marie Anastasie LEGAL, une ancêtre en ligne directe de mon épouse. Tout d’abord je trouvais que ce patronyme dénotait quelque peu, j’étais au beau milieu de la Vendée et ce nom était plutôt bretonnant.

Je remontais bientôt la piste et trouvais le père de Marie Anastasie, ce dernier se nommait René Mathurin et avait passé ses derniers jours au Girouard  ( Vendée )en 1866. De fil en aiguille je finissais par trouver sa filiation et son lieu de naissance. C’est là que tout devint passionnant.

René Mathurin LEGAL était le rejeton de Pierre Mathurin LEGAL et de Marie BORDAGE, sa naissance eut lieu à Nantes en Loire inférieure en 1808, rue de la porte neuve. Sur l’acte il n’ait fait aucune mention de l’age des parents mais les deux témoins sont les frères du nouveau né, or l’un à 33 ans et l’autre 24. Cela m’intrigua, il n’y avait que deux solutions soit une grossesse très tardive de la part de Marie BORDAGE, la nature capricieuse pouvant à l’occasion réserver une maternité vers la cinquantaine, soit la mère de René Mathurin n ‘était pas la même que celle des deux frères témoins. Il me fallait donc l’acte de mariage de Pierre et Marie.

Mais revenons un peu en arrière, j’avais parallèlement trouvé l’acte de décès de Pierre Mathurin dans une localité de Vendée nommée LE TABLIER, décès en 1812 à l’age de 56 ans et naissance à Saint Brieuc Cote du Nord, l’origine des LEGAL était maintenant sans conteste Bretonne.

Mais en parcourant le registre de la commune du Tablier, j’ aperçus bien vite que Marie BORDAGE la veuve s’était vite consolée dans les bras d’un autre homme. Onze mois après son veuvage elle convolait de nouveau. J’appris dans cet acte son origine et son âge, elle était originaire de la commune de Puimaufrais en Vendée et était née en 1782.

Marie BORDAGE avait donc épousé un barbon de plus de 28 ans qu’elle, surprenant ?

Je n’avais toujours pas d’acte de mariage entre Marie et Pierre, Puimaufrais rien, Le Tablier rien, Nantes rien non plus, décidément notre Breton voyageait beaucoup.

Mais à chercher on trouve et la chance me souriait sur Nantes car je trouvais l’acte de décès de la première épouse de Pierre Mathurin, elle se nommait Marie ADAM et était de Saint Brieuc également, nous étions en 1805, donc le second mariage ne pouvait avoir eut lieu qu’entre 1805 et 1808, la fenêtre se rétrécissait.

Je m’en fus, examiner la vie de notre Breton sur les lieux même de sa naissance dans les archives de Saint Brieuc, marié avec Marie ADAMS en 1773, Pierre eut 11 enfants. On voit donc que ce veuf de 51 ans chargé d’enfants se remaria avec une toute jeune femme. Cette dernière fut telle consentante ou forcée par quelques décisions familiales, une imprudence fut elle commise obligeant à réparation, cela restera sûrement un mystère.

Mais pour conclure, il fallait bien que je trouve l’acte de mariage entre le vieux et sa jeunette.
Je le trouvais enfin dans la localité de Les Pineaux Saint Ouen, petit village perdu de Vendée guère très loin du Tablier et de Puimaufrais. La surprise fut de taille car le mariage a eut lieu en novembre 1809 pour régulariser la venue au monde d’un enfant naturel en septembre. Pas de trace du premier enfant du couple né, je le rappelle en 1808 à Nantes et pour cause Pierre en 1808 avec la complicité de ses fils aînés déclara son fils comme né d’une union légitime avec son épouse Marie BORDAGE.
Ils firent donc un faux et personne par la suite ni regarda de plus près.

Pour y voir plus clair

Pierre Mathurin LEGAL né à saint Brieuc le 21 mars 1754

Marié le 16 novembre 1773 à Saint Brieuc avec Marie ADAM

11 enfants nés sur Saint Brieuc de 1774 à 1791

Entre 1792 et 1805 installation à Nantes

Décès de Marie ADAM son épouse le 5 janvier 1805.

Entre 1805 et 1807 rencontre avec sa future épouse Marie BORDAGE soit sur Le Tablier, soit sur Les Pineaux Saint Ouen

Le 29 février 1808 naissance illégitime de René Mathurin à Nantes rue Porte neuve.

Le 4 septembre  1809 naissance d’un enfant naturel nommé Pierre LEGAL à Les Pineaux Saint Ouen

Le 18 novembre 1809, mariage avec Marie BORDAGE et reconnaissance de l’enfant naturel du mois de septembre.

LE 13 juillet 1811 décès de Pierre Mathurin LEGAL commune Le Tablier en Vendée.

Vie tumultueuse au niveau de l’état civil, nous tenterons de reconstituer sa vie dans un prochain épisode.

Droles de noms

Mons, province du Hainaut, Belgique paroisse Saint Germain

6 juin 1738

Le chapelain de la Paroisse Saint germain, H BASTIN,  comme à chaque fois qu’il avait à baptiser un enfant trouvé se demandait comment le nommer. Les braves gens qui avaient recueilli le poupon   lui narrent les circonstances de la découverte.

Le curé eut un éclair de génie.

Le six juin mil sept cent trente huit a été par le soussigné baptisé Casimire  François joseph CABAS,  ainsi  appellé pour avoir été  trouvez dans un cabas à l’issue de Houdin

parin Pierre NOTEZ, maraine Marie françoise GENARD.

signés     Pierre NOTTEZ,      H  BASTIN  CHAP

La maraine n’a pas signé car elle ne sait écrire

Autre cas.

Le vingt   un juin mil sept cent trente sept a été baptisé par le soussigné  Joseph De la Guéritte   ainsi appellé pour avoir été trouvez proche de la guéritte hors la porte de Bertemont.

Parin Jean baptiste DEMONTER, maraine Catherine joseph LASNE

Signé :  H LIENARD chapelain

Le parin et la maraine n’ont pas signez pour ne savoir écrire

Décidément beaucoup d’enfants trouvés dans la paroisse.

Le vingt un septembre mil sept cent trente sept a été par le soussigné baptisé George mathieu  joseph Du Parloir ainsi appellé pour avoir été trouvez proche du parloir des Jésuites.

Parin georges joseph MORTEAU, maraine Isabelle joseph Morteau

signés  :   H  BASTIN  CHAP,  Georges joseph et isabelle joseph MORTEAU

 

Que sont devenus les petits CABAS, DE LA GUERITTE , ET DU PARLOIR ?

J’ouvrirai une enquête dès que possible.

( orthographe des chapelains respectés )

A noter  que l’église Saint germain fut détruite en 1799 sous l’égide des révolutionnaires  français .

 

 

 

 

UN BROUILLARD SUR COURTACON

Par ce premier article, je commence une série que j’ai nommée  »au détours des actes ». Une multitude de faits intéressants sont cachés dans nos vieux grimoires . Dans les registres paroissiaux d’un petit village de Seine et Marne ou vivaient trois de mes ancêtres à la 6 ème génération, j’ai découvert qu’un curé y tenait une sorte de journal ou il relatait les faits marquants de sa paroisse. L’un de ceux ci m’a interpellé et j’ai effectué quelques petites recherches que je vais vous narrer.

En 1763 un nouveau curé se présente à la cure du village de Courtacon, il vient remplacer le père Jacques BOUFLERS, 63 ans décédé d’une longue maladie à la fin de l’année 1762.

Le curé MERCIER qui signe son premier acte le 27 février 1763 officiera jusqu’à la révolution française. A partir de 1770 il se décida à consigner des informations sur sa petite commune, travaux communaux, considérations météorologiques, état des récoltes et prix des denrée agricoles.
Courtaçon est un village agricole de la Brie à proximité de Provins et de Villiers Saint Georges, la terre est riche et grasse mais les récoltes sont  soumises en ces temps aux fluctuations capricieuses du ciel. Le village est traversé par un petit cours d’eau nommé Aubetin, ce dernier ne paye pas de mine mais lors de fortes pluie il sert de  déversoir aux eaux pluviales de la région et a tendance à sortir  de son lit.
A la fin de l’année 1783, notre curé nota :

 » Dans cette année 1783 nous avons eu un brouillard ou fumée si épaisse que le soleil paraissoit toujours éclipsé. Depuis le dix du mois de mai jusqu’à la fin juillet ce qu’aucun ancien ne se souvenoit d’avoir vu.

Les chaleurs pendant tous ce tems ont été excessives et l’on attribuçasse à ces brouillards, chaleurs, la multitude de fièvres qui sont venues dans les mois suivants d’aoust, septembre et octobre dont il est mort beaucoup de monde, trois cent grands corps sont morts dans la ville de Provins. Peu de personnes ont été exemptés de fièvres dans la campagne comme dans les villes, dans ma paroisse de deux cent dix sept âmes nous n’avons été que vingt neuf qui n’ont pas été attaqués encore j’en ai eu deux accès, cependant il n’est mort dans ma paroisse que quatre personnes tant grands que petits des suites de ces fièvres.

La récolte du bled a été médiocre et est monté jusqu’à 50 sols le boisseau*.
La récoltes d’avoines a été très mince et les avoines étaient partout remplis de vesses, elle fut vendue jusqu’à 28 sols le boisseau.
Le foin a été rare et s’est vendu jusqu à 50 francs le cent.
Il y a eu des fruits assez passablement, le vin est bon pour l’année qui a été commune et se vend  » 60 » à Vindey* et Cesanne* et 48 francs à Chalautre* et villenauxe* »

Le curé Mercier, Pierre Viennot*, Antoine Torpier*, Denise Prieur et les quelques 210 habitants du lieu surent- ils que le phénomène auquel ils assistèrent était exceptionnel, qu’ils seraient spectateurs d’une catastrophe mondiale dont les conséquences se feront sentir pendant des années et qui indirectement seraient la cause d’un bouleversement politique et sociétal dans le royaume de France. On peut certes douter qu’ils eurent une telle perception, mais qu’ils s’inquiétèrent surtout de leur récolte.

Interrogeons nous maintenant sur le phénomène: qui a perturbé Mercier et ses paroissiens ?

Laki-Spalte

LE LAKI

 

LAKI ( ISLANDE )

8 juin 1783

En ce jour de juin, une formidable explosion se produisit en Islande, le volcan Laki explosa et provoqua une gigantesque faille de 30 kilomètres de long. 110 volcans entrèrent en irruption.

La plus grande catastrophe naturelle des temps historiques commençait, pendant 8 mois une quantité infinitésimale de lave, de cendre et de gaz sulfurés furent projetés à l’extérieur des foyers incandescents. La cendre propulsée jusqu’à 1400 mètres recouvrit le pays sur des milliers de kilomètres carrés.

Les poussières et les gaz plongèrent l’Islande dans une presque obscurité. L’île perdit 20% de sa population par une effroyable famine , ainsi que 80% de son cheptel,et une grande partie de sa  faune sauvage.
Les gaz sulfurés emportés par le vent recouvrirent  la majeure partie de l’Europe. Un anticyclone puissant bloqua tout l’été les émissions nocives. Le brouillard sulfureux et les fortes chaleurs provoquèrent des milliers de morts en 1783. Le nuage de poussière se déposa sur le sol, occasionnant des dégâts aux cultures. On l ‘a vu dans le texte du curé la catastrophe fit 100 morts à Provins et 4 à Courtacon. La majorité du village fut touchée par des fièvres, les symptômes en furent : un pouls élevé, des maladies de peau et de l’épiderme. Le brouillard sec et la chaleur occasionnèrent une pollution des eaux qui se matérialisa par des problèmes intestinaux.

Cette irruption volcanique déclencha donc des perturbations météorologiques qui perdurèrent pendant plusieurs années , sécheresses, froids intenses, fortes pluies, et accentuation du petit age glacière.

Cela occasionna par conséquent des mauvaises récoltes, des famines s’en suivirent . Une montée des mécontentements se fit menaçante en France.
L’année 1784 fut particulièrement effroyable.

L’irruption du LAKI participa par les désordres qu’elle engendra à augmenter la grogne des Français, qui se matérialisa par la grande œuvre que fut la révolution Française.

Le curé Mercier remplit soigneusement son registre paroissial jusqu’en 1792, fut- il jureur ou non jureur ?  Je ne le sais point mais  en tout cas le Laki lui fit perdre ses registres.

NOTE : Boisseau*, unité de mesure des grains correspondait à 12,67 litres en région Parisienne

Vesce*, plante herbacée

Vindey*, petit village de la Marne
Cezanne*, ou Sezanne, ville de la Marne
Chalautre*, la grande, ville de la Marne
Villenauxe*, ville de la Marne

Ces 4 villes sont dans le territoire de la Brie champenoise et devaient être le siège d’une foire

Pierre Viennot* vécut 53 ans à Courtacon et mourut en 1787, il est mon ancêtre à la 7 ème génération

Antoine Torpier*se maria à Courtacon et y vivait lors de la catastrophe, il est mon ancêtre à la 6 ème génération

Denise Prieur vécut à Courtacon et y mourut sous le consulat elle est mon ancêtre à la 6 ème génération

Le Laki* ou plutôt Lakagígar en Islandais  signifie « les cratères de Laki » est un volcan d’Islande constitué de pas moins de 130 cratères sur une longueur de 25 kilomètres environ,  situé dans le Sud de l’île entre les glaciers Mýrdalsjökull et Vatnajökull.

Documents et sites consultés :

Le texte du curé Mercier se trouve dans les registres en ligne de Seine et Marne à la page 73 sur 193 année 1767-1793

blog les hommes libres : Article particulièrement intéressant sur le LAKI avec une vidéo passionnante

Histclim : histoire du climat