L’ EXPLOSION DU CÉSAR OU LA MORT TRAGIQUE D’ ÉTIENNE DUHAMEL

Nuit du 12 avril 1782

 

Lorsque l’on se balade dans les vieux registres à la recherche de nos aïeuls, nous découvrons subrepticement des petites mentions qui nous renseignent sur un élément de vie.

En l’occurrence, cherchant une énième Marie dans les registres paroissiaux de Criquebeuf en Caux, province de Normandie, ma lecture en diagonale m’amène à repérer une information sur la mort d’un habitant du village.

Les renseignemenst sur les causes des décès ne sont déjà pas fréquents mais quand ils se rapportent à un événement historique ils sont à proprement rarissimes.

Je vous le dicte en entier et nous verrons ensuite à restituer le décor du drame.

 » Etienne Duhamel matelot de cette paroisse mort le 12 avril 1782 sur le vaisseau du Roy le César qui a sauté en l’air, suivant le certificat du commissaire des classes de la marine délivré à Fécamp le 2 juillet 1785. Sur le témoignage de deux matelots embarqués avec lui qui rapportent l’avoir laissé à bord lors de l’explosion du dit vaisseau.  »

Voila pour l’annotation, pénétrons plus avant dans les faits.

Etienne Duhamel lorsqu’il embarque à bord du  » César  » est un matelot de 43 ans, il laisse une femme et un petit garçon à terre. La jolie épouse se nomme Marie Anne Duhamel et n’est âgée que de 25 ans. Le petit garçon né avant mariage va bientôt avoir 6 ans.

Tous les hommes de la famille sont mariniers et les femmes sont habituées aux absence prolongées de leur compagnon.

L’embarquement est d’importance car le  » César  » est un vaisseau de  74 canons de la marine royale, long de 54 mètres, il possède 2 ponts et est armé de 28 canons de 36 livres, 30 de 18 livres et 16 de 8 livres.

Cet arsenal est mené par environ 740 hommes et mu par une surface de voilure de 2500 mètres carrés.

Sans le savoir Etienne Duhamel qui sous le commandement du commandant d’Espinouse quitte en mars 1781 le goulet de Brest pour se joindre à l’escadre du comte de Grasse dans les Antilles va participer à la guerre d’indépendance des États Unis.

C’est un événement majeur pour l’histoire du monde mais notre matelot Normand entassé à bord avec ses camarades et la viande sur pied ne s’intéresse guère à la guerre franco américano – Anglaise.

Dès le 28 avril 1781 c’est le combat de Fort Royal où De Grasse débloque la Martinique au détriment de la flotte de Hood.

Le 24 mai De Grasse couvre le débarquement de Tobago

Le 5 septembre le  » César  » participe avec la flotte à la célèbre bataille de la Chesapeake.

Le 25 et 26 janvier il participe enfin à la bataille de Saint Christophe.

Etienne et les autres ne souffrirent guère de ces différents engagements et c’est le cœur confiant que le 12 avril 1782 ils participèrent à leur ultime bataille.

Cette confrontation navale qui fut fatale à notre héros de Criquebeuf se nomme la bataille des Saintes. Du nom de petites îles qui sont situées entre la Guadeloupe et la Dominique.

On y retrouve le comte de Grasse et l’anglais Rodney et 35 navires Français escortant un convoi de 100 navires de transport poursuivit par une meute de 36 navires anglais bien plus rapides.

Les anglais aux coques cuivrées rattrapèrent les Français mais le premier affrontement permis au convoi de s’échapper.

Trois jours plus tard le 12 avril c’est l’ affrontement final, la tactique de Rodney et de Hood aidée par le vent s’avère fatale aux Français qui prennent une bonne dérouillée.

De Grasse avec son vaisseau amiral la  » Ville de Paris doit se rendre  » et 4 navires Français sont capturés. La flotte Française se retire en désordre sans être poursuivie sans que l’on sache pourquoi   par les British.

Quoi qu’il en soit le navire de Etienne Duhamel commandé par le capitaine Marigny fut saisi par le HMS Centaure et un équipage de prise monta à bord du  » César  ». Avec de nombreux morts et complètement démâté le fier 74 n’avait pu se sauver.

La perspective d’une longue captivité n’enchantait guère l’équipage, seuls les officiers étaient échangés ou libérés sous condition d’argent . Pour les pauvres hères c’était l’emprisonnement dans les geôles fétides des îles britannique.

Il eut mieux fallut l’internement, dans la nuit pour une raison inexpliquée une violente explosion secoua le  » César  ». Le feu prit dans la Sainte Barbe et enflamma les poudres stockées à proximité.

La déflagration fut terrible et le navire comme projeté en l’air, 400 hommes d’équipage et 50 anglais périrent dans cette tragédie.

Le  » César  » fit parti des vingt navires Français détruits pendant la guerre d’indépendance Américaine.

Si la lutte pour la liberté fut gagnée par les Américains, les Français y virent l’occasion de s’enfoncer encore plus dans la banqueroute .

La révolte des colons Américains n’est évidement pas la cause de la révolution Française, mais les dépenses de la guerre contre les Anglais accentuèrent la déroute financière du royaume et accéléra la chute de la monarchie.

Le décès du pauvre Etienne Duhamel est évidement sans importance, sa veuve se remariera et son fils grandira avec un beau père.

Anonyme parmi les anonymes la poussière de notre marin Normand saupoudre t ‘elle encore les belle plages Guadeloupéennes !!!!

Note : Étienne Duhamel né à Criquebeuf le 7 avril 1738 de Étienne et Marie Lenormand.

Marié le 15 février 1779 0 Criquebeuf en Caux avec Marie Anne Duhamel, ont un fils nommé Jacques Étienne le 30 octobre 1778, dont postérité.

LA MORT DU MENDIANT QUI N’EN ÉTAIT PEUT ÊTRE PAS UN

Village de Cebazat d’où était originaire notre mendiant

En ce dimanche 7 décembre 1760, l’homme qui cheminait lentement sous la pluie se disait qu’il ferait bien de trouver un gîte pour la nuit. La nuit tombait rapidement en cette maudite saison. Il était trempé et couvert de boue.

Il venait de Paris et se rendait à Orléans, arrivé au bourg de Loury il était maintenant presque arrivé à son but. Comme la raison lui commandait de ne pas traverser la forêt d’Orléans en pleine nuit il s’était arrêté dans un cabaret du village pour y boire une chopine. Seulement voilà notre Barthélémy ne savait guère s’arrêter et le petit vin de Loire lui avait fait perdre la notion du raisonnable.

A sa question de savoir ou il pourrait dormir, le cabaretier lui donna conseil de se rendre à la ferme de la Houssay sur la route d’Orléans. Le fermier, un brave homme nommé Louis Paty se faisait gloire d’héberger les mendiants et les pèlerins de passage.

Loury et la ferme de la Housset

Il n’était pas à son avantage quand il pénétra dans la cour de la ferme, trempé, éméché et couvert de la boue sale des chemins royaux.

Il demanda le gîte et le couvert et Louis Paty le fit entrer dans l’écurie. Notre ivrogne se mit en devoir de nettoyer ses nippes, mais perdit l’équilibre et se retrouva par terre.

Louis toujours compatissant le conduisit alors dans la grange et lui indiqua l’endroit où il devait dormir.

Il lui prodigua les recommandations d’usage, pas de feu, ni de pipe et se retira pour continuer son labeur.

Le fils du fermier le petit Louis âgé de 5 ans se glissa alors dans la grange pour observer le curieux bonhomme. Assis dans l’avoine vêtu d’un vieil habit de soldat, d’une mauvaise veste grisâtre, d’un gilet et d’une mauvaise culotte.

Ses mollets étaient entourés de vieilles guêtres et sur sa tête un bonnet de laine couvert par un vieux chapeau. Il était effrayant mais l’enfant était attiré inexorablement par ce voyageur peu commun. Quel âge avait ce personnage ? Accoutré comme cela et couvert de crasse il était difficile de se prononcer.

Barthélémy grommela, il avait froid et la couche d’avoine ne lui semblait pas faire un si bon matelas.

A l’étage supérieur le lit serait sûrement de meilleur qualité car la couche d’avoine plus épaisse.

Il se leva et grimpa à l’échelle, arrivé presque en haut à environ 12 pieds, le petit Louis le vit basculer dans le vide et s’écraser au pied de l’échelle. Le gosse hurla et sortant de sa cachette se dirigea vers le mendiant. Celui ci ne bougeait pas et du sang lui sortait abondamment de la bouche.

Louis sortit en catastrophe et s’en alla prévenir son père.

Le fermier lâcha son labeur et fit diligence  pour constater que le voyageur ne bougeait plus et qu’il saignait de la bouche, il envoya quérir le curé pour que les sacrements lui soit administré. Il n’était pas médecin mais il se doutait que le pauvre diable était passé dans l’autre monde.

Au bout d’un long moment le prêtre arriva mais constata évidement qu’il ne servait plus à rien.

Les autorités arrivèrent rapidement  et vers 7 heures du soir le procureur fiscal et Louis Boys le bailli de haute , moyenne et basse justice accompagnés du greffier Petit  constataient le décès.

Mais qui était donc ce bonhomme sans âge couvert de ses oripeaux, comme le chemin royal de Paris 0rléans en fournissait quotidiennement ?

Mendiant, marchand, pèlerins, journalier, compagnon, une fouille s’imposait, le Bailli retourna les poches du mort et découvrit avec dégout une paire de mitaine usagée et un mauvais mouchoir.

Le bougre possédait également 10 liards, un couteau et une tabatière de fer blanc. Toujours rien sur son identité, restait le sac qui fut prestement vidé. On y trouva une vieille chemise, 2 mouchoirs, une boucle de fer et enfin un portefeuille où se trouvait un peigne d’ivoire.

Dans un autre portefeuille, le bailli trouva la solution, un certificat du curé de Cebazat dans le diocèse de Clermont Ferrand affirmait que le nommé Barthélémy Reddon était un honnête homme et un bon chrétien. Ce viatique était  daté du 3 novembre 1755. On trouvait aussi une lettre adressée à Paris au sieur Barthélémy Reddon par son épouse Marie Bannière du village de Cebazat.

Notre mendiant avait donc un domicile à Paris, était bon chrétien, donc inséré dans la communauté et de plus à une épouse qui visiblement en date du 29 octobre 1759 était encore en contact avec lui.

Nous n’étions  déjà plus sur le vagabond solitaire et sans attache. En outre en poursuivant on découvrit 4 quittances signées par un nommé Frary en paiement d’un loyer d’une maison.

Le mendiant n’était donc pas entièrement sans ressource, que faisait il sur cette route c’est un mystère qu’il emportât le 9 décembre 1760 dans sa tombe du cimetière du petit village de Loury.

J’ai continué un peu l’enquête dans son village de Cebazat et j’ai retrouvé la trace de son épouse Marie Bannière qui s’avère être décédée avant lui le 23 avril 1760.

Le 5 mai 1761 un fils de Barthélémy et de Marie s’est marié dans ce village d’Auvergne, il se nommait Michel Reddon et avait obtenu l’accord de son père qui demeurait à Paris pour cette union.

Le fils avait il obtenu l’accord paternel juste avant que ce dernier ne prenne la route qui lui sera fatale.

Autre petite observation le rapport établit que Barthélémy semblait avoir une quarantaine d’années, c’est peu probable car sa femme Marie est décédée à l’âge de 60 ans.

Barthélémy Reddon n’était certainement pas un mendiant comme nous l’entendons aujourd’hui mais sûrement un itinérant qui voyageait pour gagner son pain.

A l’époque en question tout étranger était facilement prénommé mendiant, et trouvait quand même de quoi se loger.

Essayer donc maintenant !!!!!

** Louis Paty le fermier qui hébergeait les vagabonds dans sa ferme est né en  1728 et est mort en  1784, il était marié à Marie Elisabeth Houdas.

L’enfant qui assista à la scène se nommait Louis comme son père et est né en  1755.

L’histoire de Barthélémy est relatée dans le registre paroissial du village de Loury.

 

 

UN CRIME ODIEUX EN SEINE ET MARNE

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Depuis 6 semaines qu’il avait disparu, il y avait bien lieu de s’inquiéter. Qu’était devenu Claude GRUYER ?

Un personnage que ce Claude, ancien soldat il était devenu garde chasse de Madame de Chenoise.

Il était en charge d’un grand domaine où le gibier était fort bondant.

Il organisait les chasses mais aussi traquait à l’occasion les braconniers. Il faut bien dire que les animaux proliféraient et nuisaient gravement aux cultures. D’autre part la vie était fort dure en ces campagnes, la moindre fluctuation météorologique anéantissait les récoltes et mettait à mal l’économie paysanne, la disette ou pire la famine s’installaient et alors la mort fauchait impitoyablement les corps affaiblis. Alors la tentation était grande de s’introduire dans les forêts royales et seigneuriales pour survivre ou améliorer son ordinaire. Claude avait parfaitement conscience du problème mais son travail était de défendre les intérêts de sa patronne quelque soit sa répugnance à faire punir des pauvres gens dont il était lui même issu.

Le 14 juillet 1725 à la tombée de la nuit il partit surveiller une pièce de bois ou il avait relevé des collets , en compagnie de son chien, fusil sur le dos, baïonnette emmanchée, un morceau de pain et de fromage dans sa musette. Il embrassa furtivement son épouse lui souhaitant une bonne nuit en lui disant qu’il serait de retour dès le lendemain matin.

Personne ne le revit vivant.

Son épouse s’inquiéta rapidement, la matinée était maintenant passée, puis la journée.

La nuit suivante elle ne dormit que très peu guettant le moindre bruit annonciateur du retour de Claude.

La journée suivante morte d’inquiétude elle signala sa disparition à Monsieur le curé Le Normand,

Il se chargea d’aviser les gens du château.

Une battue fut rapidement organisée, mais comme personne n’avait la moindre idée de l’endroit où il avait pu aller, les recherche furent veines.

Le retour tant espéré n’eut pas lieu.

Le vendredi 24 août, un paysan qui passait au lieu dit des Fourches fut attiré par une odeur pestilentielle , il se rapprocha et découvrit l’horreur.

Il s’enfuit en courant et donna l’alerte au village de Montceaux lès Provins, rapidement chacun lâcha son ouvrage se précipita sur les lieux. Les autorités seigneuriales furent saisies et se retrouvèrent avec les villageois à l’endroit de la macabre découverte.

Le corps ou plutôt les morceaux du corps étaient éparpillés. En décomposition avancée présentant de nombreuses traces de morsures, 5 morceaux gisaient espacés d’une douzaine de pieds l’un de l’autre. La tête semblait lardée de coups de baïonnette. Un fusil se trouvait à proximité immédiate.

Le dépeçage du corps et sa dispersion mettaient en cause les hôtes de la forêt, pour ce qui était des causes de la mort, le meurtre était plus que probable, tant l’acharnement sur le visage sentait l’œuvre humaine.

Bien que le chef de l’individu fut difficilement identifiable, un nom courut bientôt sur toutes les lèvres. C’était sans aucun doute le garde chasse ,  l’arme et les vêtements étaient bien les siens.

Puis à bien y regarder, l’ignoble masse sanguinolente de chaire gardait trace des caractéristiques faciales de Claude GRUYER.

Après l’examen sommaire des lieux et du corps il fut décidé par ordre de justice que l’inhumation pouvait avoir lieu.

Il y avait urgence, sans cette inopportune découverte, les restes charnels auraient été promptement terminés par la faune locale.

Une charrette fut réquisitionnée et les ossements furent transportés au cimetière de Montceaux Lès Provins.

Silvestre Le Normand curé de la paroisse officia la cérémonie en présence des amis et de la famille.

Ainsi se termina cette petite histoire criminelle qui marqua suffisamment le curé pour qu’il en fit mention dans le registre paroissial de la commune.

Un suspect fut il arrêté, la justice passa t’ elle ? Considérons ceci comme un mystère, la science criminelle était bien moins développée qu’en notre époque où pourtant subsiste aussi de nombreuses interrogations et d’affaires non élucidées.

LA PREMIÈRE APPARENCE N’EST PAS TOUJOURS LA BONNE

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En ce vendredi 14 mars de l’an de grâce 1732, Marie Anne et son mari Claude avançaient péniblement sur le chemin qui menait à Paris.

Vallonnée en cette partie, la Brie offrait une succession de coteaux difficiles à la marche.

Ils étaient pourtant tous deux rompus à ce genre d’exercice, mais en cette fin d’hiver Marie Anne attendait un heureux événement. A vrai dire pour ces deux itinérants, l’arrivée d’un bébé n’était guère souhaitable. Ne pouvant faire passer l’enfant ils avaient fait contre mauvaise fortune bon cœur et continuaient leurs déplacements à la recherche d’un ouvrage.

Claude était originaire de Paris, il avait grandi rue Saint Denis aux pieds de l’église Saint Laurent * en cours d’achèvement.

Son père était ouvrier, il le devint également.

Marie Anne était née en champagne dans la commune de Vienne le Château *, rien ne pouvait laisser à penser qu’ils pourraient se rencontrer et s’aimer un jour.

Le hasard fit un jour passer Claude dans le village où demeurait Marie Anne avec sa mère, le coup de foudre fut immédiat et la soif d’aventure amena la belle à suivre son amoureux sur la route.

Marguerite ARTILLIER, sa mère veuve depuis bien longtemps laissa partir sa fille hors de toute convenance.

Anne à l’entrée d’un village,se nommant Citry ,* sentit ses premières contractions,où aller?

De passage , ils ne connaissaient personne.

Claude fit asseoir sa compagne et se mit à la recherche d’un toit où d’une étable pour faire naître son petit, après avoir essuyé de multiples refus, une famille compatissante accepta d’héberger la parturiente.

Il était vraiment temps, Marie Anne avait perdu les eaux et s’était souillée , en proie à de terribles douleurs Claude DEREDDE lui prêta sa couche.

Une petite fille naquit rapidement, ils la nommèrent Marie Anne. Jean DERREDE et Claude DERREDE acceptèrent  d’être parrain et marraine.

A l’église le curé fut suspicieux et flairant l’union illégitime exigea une preuve d’un mariage chrétien.

Ces « pauvres mendiants » comme il les nomma dans l’acte avaient- ils commis péché véniel, rien d’ étonnant pour cette catégorie de crève misère.

Le bon père se méfiait de tous étrangers à la paroisse, venus de nul part, ne sachant où aller, vivant de rapines et de mendicité, ils inspiraient terreur et dégoût à la population paysanne.

Cette peur de l’autre, l’inconnu, l’étranger, était vivace en cette époque où les déplacements étaient bien moindre qu’aujourd’hui.

Mais ce 18ème siècle naissant n’était il pas comme notre 21ème siècle lumineux bourré de préjugés et de faux semblants ?

En lisant la suite il faudra bien convenir que le curé fit une erreur d’appréciation.

Peut être que la mise de notre jeune couple était un peu défaite par une longue errance mais de mendicité il ne pouvait en être question.

Claude était un ouvrier, et plus précisément un compagnon passementier.

Ayant derrière lui un long apprentissage, Claude se déplaçait aux grès des embauches, c’était un ouvrier spécialisé et nullement un mendiant.

Il put d’ailleurs rassurer le bon curé, l’enfant était légitime, un acte de mariage en attestait la preuve, Claude le gardait comme un saint viatique.

Ils avaient été unis dans les liens sacrés du mariage en l’ église Saint Agnant de Griselles près de Ferrière en Montargis en mars 1729.

Les témoins de cette union avaient été 3 bourgeois de Paris, Noël RENOUT, marchand de vin, Gaspard SANSON officier de Monsieur le duc de Gésures et Dominique PETIT. Le dernier témoin Louis de GUERVILLE était écuyer.

A n’en pas douter dans une société hiérarchisée comme celle de cette époque, des gens de cette condition n’auraient jamais accepté d’être les témoins de « Pauvres Mendiants ».

Le bon curé avait donc jugé sur les apparences, faisant fi de son objectivité cléricale et de la mansuétude que l’on aurait pu attendre d’un homme de Dieu.

Claude CONARD et Anne MÉON mes ancêtre s’installèrent dans la commune de Bellot * au hameau de Doucy et devinrent marchands merciers.

Il est fort à parier qu’ils revinrent  un jour dans la commune de Citry pour s’y livrer à quelques tractations commerciales ,et qu’ils furent peut être reçus avec leur achalandage à bras ouverts.

Ne jugeons donc pas un inconnu sur sa mine et son apparence, apprenons plutôt à le connaître.

Précepte valable au siècle des lumières, mais qui tarde à trouver sa place dans notre société dite avancée

CITRY : Petite commune située au  nord est  de la Seine et Marne

GRISELLES : Petite localité du Loiret sise à 10 kilomètres de Montargis

VIENNE LE CHATEAU : Localité se trouvant actuellement dans le nord est de la Marne

Paroisse SAINT LAURENT : Actuellement dans le 10ème arrondissement de Paris

BELLOT : Commune se Seine et Marne à proximité de MEAUX et baigné par le petit Morin

LISTE FILIATIVE

LA MORT DU PRÊTRE DE VOUHARTE

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Vouharte début du  20-ième siècle ( Les arbres sur la place de l’église ne sont plus ces magnifiques ifs  mais elle a été replantée et est est toujours aussi magnifique )

Le lundi 12 avril 1762, une rumeur court dans le petit village de Vouharte, transmise de bouche en bouche, la nouvelle parcourt le petit bourg et se propage de maison en maison. Bientôt tous les habitants du bourg sont au courant, Pierre COUDRIN, l’annonce à Michel GUIDON, qui prévient sa femme Marie CHESNE. Cette dernière avise  à son tour la famille L’HOUMEAU.

Au lavoir c’est la consternation, certaines femmes abandonnent leur ouvrage et partent en pleurant sur les lieux du drame.

La rumeur n’est pas longue à parvenir au village du Breuil où Messire Jean de PEINDRAY s’apprête à monter à cheval pour aller chasser dans l’une des nombreuses îles formées par les alluvions de la Charente. Le meunier de Touzogne et de nombreux villageois des environs venus faire moudre des grains sont également mis au courant. Le bruit qui avait longé la Charente se propage aux coteaux chacun maintenant connait la nouvelle, le père DELESSAT est mort.

Les villageois se pressent à la cure, la servante du curé et le sacristain ont le plus grand mal à les contenir. Chacun veut s’assurer de la chose et rendre un dernier hommage.

Jean de PEINDRAY arrive au galop du Breuil et disperse tout le monde, chapeau bas chacun s’incline, noble homme, l’écuyer de Roumilly est l’autorité du bourg.

Il pénètre dans la maison et trouve le curé allongé dans sa chambre à coté du lit, la mort ne fait aucun doute, foudroyé d’une crise d’apoplexie sa bouche est tordue son visage crispé, sa soutane est souillée.

Le saint homme est porté sur son lit et une chapelle ardente est dressée.

De Pindray envoie quérir le curé de Coulonges le père VINDRILLAS afin de veiller sur le corps.

Les autorités ecclésiastiques sont prévenues ainsi que le présidial de la sénéchaussée.

Par discussion il est décidé que le curé serait enterré de façon exceptionnelle dans  l’église Notre Dame de Vouharte, des travaux sont diligentés afin que le bon berger repose parmi les siens dans le chœur même de la maison de Dieu. Honneur infime que peu de Vouhartais obtinrent au cour des temps.

Monseigneur l’évêque  donna son consentement tant l’aura du défunt était grande dans la contrée.

Considéré comme un saint homme par les gens du cru ce dernier n’en était pas moins mortel, presque 30 ans qu’il officiait à Notre Dame de Vouharte, dévoué il aimait ses paroissiens d’un amour sans faille. Il vivait chichement de la portion congrue que ses supérieurs lui reversaient, ses presque 700 livres le mettaient à l’abri de la misère mais n’en faisait pas un nanti . Un petit bout de vigne et un potager lui assurait un surplus de pitance, comme l’ensemble des villageois . Chargé comme ses confrères de la vie de la paroisse, messes, organisations des fêtes religieuses, sacrements, tenue des registres paroissiaux, et enseignement, il était l’âme du village.

Le père DELESSAT était partout, une personnalité forte prêchant avec virulence quand le besoin s’en faisait sentir et secourant avec piété toutes les misères .

D’un famille bourgeoise d’Angoulême le père à son arrivée comme jeune officiant signait LESSAT au bas des actes qu’il rédigeait, puis à partir du 16 septembre 1740 sa signature se transforma en DELESSAT. Il maria, enterra, et baptisa de nombreux paroissiens pendant sa longue prêtrise.

Il fut donc enterré le mardi 13 avril 1762, les fossoyeur n’avaient pas chômé pour préparer la sépulture du curé, enlèvement du dallage sous le chœur et creusement d’un trou assez grand pour y déposer le corps. Il fallut faire un peu de place et enlever les os des précédents occupants. La place sous le chœur était très convoitée car comme chacun sait la montée au paradis s’y fait plus rapidement. L’endroit était payant, mais pour un saint homme la place était acquise d’office.

L’ensemble de la population se pressa dans l’église, elle était petite et seuls les premiers arrivants purent y pénétrer. Les premiers bancs étaient occupés par les notabilités et les paysans les plus aisés.

L’archiprêtre d’Ambérac Jean SAUVAGE fit la messe assisté du père VERDILLAT de Coulonges, du père MATHELON de Xambes, du père ROUSSELOT de Villognon et des desservants de Saint Amant De Boixe et de Bignac. Tous les curé de l’Archiprétré d’Ambérac avaient donc fait le déplacement. Le vicaire de Montignac représenta le curé titulaire qui était souffrant.

La messe fut belle et chacun à l’issue sans fut vaquer à ses occupations.

Le curé DESSELAT Jean Jacques resta longtemps dans la mémoire de ses paroissiens et ses émanations se firent sentir tout l’été de l’année 1762. ( Les inhumation dans les églises furent théoriquement interdites à partir de 1776 pour des raisons de salubrité publique, les corps n’étaient pas ensevelis assez profondément et l’utilisation de la chaux ne remédiait à l’odeur que partiellement. )

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Pierre tombale dans l’église de Vouharte, ( j’ignore qui est dessous ). ( photo maryanick Gaultier )

 

De ses ossement maintenant devenus poussière émanent une atmosphère particulière qui se repend encore un quart de millénaire après la disparition du bon prêtre.

Si vous passez par Vouharte faite une halte à l’église Notre Dame, montez par les escaliers en venant de la rue principale, passez sous les porches, et pénétrez dans les lieux. Prenez place un instant, priez, ou méditez selon vos convictions mais soyez convaincus qu’une sérénité y plane et vous pénètre.

Le père DELESSAT fut rapidement remplacé car dès juin 1762 un nouveau desservant officia dans le bourg, la crise des vocations n’avait guère cours en ces temps post révolutionnaires et les cadets des bonnes familles y faisaient encore leur nid.

Nota : Il est noté dans l’acte de décès qu’on a eu le temps de lui administrer les sacrements de pénitence et l’extrême onction, phrase rajoutée en fin d’acte. Vu la mort soudaine que  le rédacteur de l’acte appelle apoplexie et qui est rappelons le une  suspension  brutale plus ou moins complète  de toutes les fonctions vitales il est pour le moins improbable à moins qu’un autre prêtre ne fut présent que les derniers sacrements ne lui fussent administrés.

 

  • ARCHIPRÉTRÉ  d’AMBÉRAC  : Ambérac, Saint-Amant-de-Boixe, Vindelle, Lanville, Montignac, Vouharte, Gourville, Vars, Balzac, Champniers, Brie, Xambes.

Ces communes dépendaient du diocèse d’Angoulême

  • ARCHIPRETRE  : Titre attribué au curé du clergé de l’église principale d’une ville ou d’un ensemble de paroisses.
  • Église  Notre de Dame de Vouharte :  date des XI et XII-ièmes. elle a été remaniée aux XIV et XV-ièmes. Elle s’inscrivait dans le contexte d’un prieuré bénédictin déjà mentionné  vers 900.
  • Vouharte,  se situe en Charente à environ 20 km d’Angoulême.

 

 

 

UN DRAGON DANS LE CIEL DE SEINE ET MARNE ( ORLY SUR MORIN 5 FÉVRIER 1780 )

Nicolas Bansard se souviendra longtemps de ce 5 février 1780, outre le fait qu’il se mariait pour la 3ème fois, il assista à un événement peu ordinaire.

Autour d’eux se pressent ,une nombreuse parentelle et bon nombre des habitants du petit village d’Orly sur Morin. Les maisons blotties autour de la petite église Saint Pierre-Saint Paul ne sont guère éloignées des rives du Petit Morin. Certains des noceurs sont venus de Coulommiers, une rude marche de 20 km, d’autres de Rebais un peu moins éloigné.

Les cloches de l’église Saint Pierre-Saint Paul d’Orly sur Morin sonnaient à pleines volées en ce samedi 5 février 1780.

Deux fortes paysannes discutant sur la place du village se disaient en elle même qu’un mariage un samedi ne pouvait que porter malheur.

Ce diable de Nicolas Bansard ne pouvait- il faire comme tout le monde et se marier en semaine.

Notre vigneron se moquait éperdument du jour de ses noces, les traditions au bout du troisième mariage il s’en fichait. Nous étions en période creuse pour le travail de la terre, les invités avaient pu se libérer et les prédictions des vieilles du village ne l’inquiétaient pas .

Sa future la Thérese Visard aurait préféré un jour traditionnel, mais Nicolas avait décidé et il avait bien fallu, en passer par sa volonté.

Les 2 futurs n’étaient pas des lapins de 3 semaines, Nicolas avait 54 ans et Thérèse 43, il était veuf pour la 2ème fois et elle pour la 1ère. Mariage de raison, Nicolas possédait quelques arpents de vigne, il n’était qu’un petit vigneron, mais à force de travail avait pu constituer un petit capital.

Thérèse amenait aussi quelques terres dans la corbeille. Les 2 biens réunis formeraient un petit ensemble qui les mettraient normalement à l’abri de l’indigence.

La noce réunit autour du curé De Toussaint allait pénétrer dans l’enceinte sacrée quand soudain, à l’horizon apparut un dragon, immense, sa gueule crachait du feu. Pendant un long quart d’heure il menaça de ses flammes les villageois apeurés. Personne ne se décida à aller le combattre, il hésita un moment puis disparu.

Un  » nom de dieu  » échappa au curé, les femmes présentes se signèrent, des enfants se mirent à hurler et les hommes stupéfaits évoquèrent aussitôt le diable.

Le bon père à qui on avait rabâché l’ancien testament croyait aux dragons que très faiblement, mais l’apparition d’un monstre au dessus de sa paroisse le laissait à part ce bref juron sans voix.

Pierre Le Gouge le meunier des Brus fut le premier à reprendre ses esprits, il tenta de calmer la foule. Chacun se mit à deviser, Antoine Mathieu le vigneron s’inquiétait pour sa vigne, Jacques Mauclerc le maréchal ferrant pour un cheval qu’il avait à ferrer. Pierre Visard le corpulent maçon de Sablonnières avait été obligé de s’asseoir, ses jambes ne le portaient plus.

Le curé n’avait pourtant pas abusé de vin de messe et les noceurs n’avaient qu’à peine touché à la piquette, destinée au repas.

Véritable dragon, tout le monde le pensait, une vraie malédiction.

Nicolas, sortit le prêtre de sa torpeur en lui demandant si le mariage était annulé. Après réflexion il fut décidé que non et Thérese Visard devint madame Bansard.

Bien entendu, le dragon de feu fut l’unique objet de discussion pendant la noce et la nouvelle fit le tour du canton de Rebais à une vitesse phénoménale. L’évêque de Meaux en fut averti, le curé De Toussaint fut la vedette du clergé briard pendant quelques temps.

A tête reposée il repensa au fait et en scientifique qu’il était, devint de plus en plus septique. Mais le religion l’emporta sur la rationalité et il prêcha en chaire sur le thème de la lutte contre le mal de nombreuses semaines.

Le malheur, comme l’avait prédit les 2 commères s’abattit sur Nicolas car sa femme ne vécu que très peu. Mais ne pouvant décidément pas rester seul il se remaria encore 2 fois.

L’apparition du dragon fut noté par le curé dans le registre paroissial et les paysans dans les chaumières en parlèrent un bon moment.

Vrai dragon, phénomène météorologique, hallucination collective, phénomène mystique à chacun sa réalité.

Le curé De Toussaints n’était pas un ignorant et n’était pas plongé dans les ténèbres de la religion, il était érudit et s’intéressait aux sciences, à la médecine, à la géographie et à la météorologie. Il faisait également de la généalogie. A t’ il cru réellement à l’apparition d’un dragon, on peut à juste titre en douter en lisant la fin de sa phrase.

 

dragon volant

INHUMÉ DANS SON JARDIN OU UN ENTERREMENT AU DÉSERT EN 1724 ( Saint-Denis-Les-Rebais )

 

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L’an 1724 le 14ème du mois de décembre, il m’a été annoncé la mort de Noël Jolly, religionnaire qui a précisé toujours vouloir mourir dans les sentiment de la prétendue religion                   réformée,

Lequel ayant décédé du jour précédent a été inhumé dans son jardin.

Selon la déclaration qu’il m ‘ a été faite.

Marie Messant et B Cue curé.

En ce mois de décembre de la neuvième année du règne de celui que l’on appellera le bien aimé, un petit groupe se rassemble autour de la ferme de Noël Jolly. Venus du village de Saint Denis les Rebais, de Saint Siméon et de la Ferté sous Jouarre ils ont tous bravé le froid pour rendre un dernier hommage au maître de céans.

Ils sont tous sans exception des religionnaires ou adeptes de la religion protestante. La foi de Calvin a touché leurs ancêtres et ils y sont restés fidèles.

Les protestants forment une communauté encore assez nombreuse dans la région, malgré une émigration très forte.

La pratique de leur religion est maintenant interdite, l’arrière grand père du roi actuel le prétendu roi soleil, en avait décidé ainsi par son édit de Fontainebleau . La pression jésuitique conjuguée au harcèlement de son épouse morganatique l’avait persuadé de la véracité de son action. Le bilan en était fort mitigé, reprise des persécutions, guerre des camisards, et fuite massive d’environ 200 000 personnes vers les pays européens qui acceptèrent avec bonheur un afflux de main d’œuvre qualifié.

Héritier du cercle de Meaux de l’évêque Briconnet, les paysans briards avaient pris la religion des nobles dont ils dépendaient ( Cujus regio, ejus religio ).

Il en était résulté 8 guerres de religions ( 1562 -1598 ), qui avaient profondément marqué le pays et les consciences.

Le roi Henri (celui de la poule au pot et du panache blanc )qui rappelons le, était un ancien protestant et son principal ministre le fameux Sully qui lui était resté parpaillot, firent preuve d’habileté politique.

Ils mirent fin à cette période de trouble en accordant un édit de tolérance qu’on appela l’édit de Nantes

Les protestants obtinrent la liberté de culte dans les lieux où le protestantisme était installé avant 1597, ainsi que dans 3 500 châteaux de seigneurs justicieux et dans deux localités par bailliage.

Ce n’était pas la liberté totale mais les massacres cessèrent.

L’édit de Nantes est un édit de tolérance, mais qui institue de droit la religion catholique comme religion d’état ce qui nous fera glisser doucement vers l’absolutisme de Louis XIV .

Le protestantisme n’augmenta guère ses effectifs pendant le règne du cardinal ( pardon du roi Louis XIII ). La politique française fut pragmatique , catholique à l’intérieur et protestante à l’extérieur.

La situation se détériora sous la direction du grand roi, à partir de son gouvernement personnel en 1661 et ce jusqu’en 1679, les restrictions commencèrent à tomber sur la communauté Huguenote.

L’efficacité toute relative des mesures convainquit le roi d’entrer dans une phase de répression ( 1679 – 1685 ) . Les dragonnades et autres persécutions engendrèrent une vague de conversions forcées et l’émigration des forces vives du royaume.

L’édit de Fontainebleau révoqua enfin l’édit de Nantes, les huguenots redevinrent des parias qui professaient la religion prétendument réformée.

La période qui suivit se nomme le désert et durera de 1685 à 1787.

Les mariages ne seront plus célébrés, les enterrements se feront de nuit et hors de toute terre consacrée.

Certains couples de Saint Denis Les Rebais iront même jusqu’à Tournay alors terre espagnole où se trouve des mercenaires suisses qui sont accompagnés de pasteurs pour se faire bénir. Les autres se contenteront d’un passage chez un notaire.

Noël Jolly et sa femme Marie Messant étaient restés sur leur terre natale, ils avaient courbé l’échine

Ils se marièrent le 10 juillet 1714 à Saint Denis les Rebais ( 77 ) et furent bénis par le curé Brouard après avoir obtenu une dispense de consanguinité de Monseigneur l’évêque de Meaux ( 77 ). On le voit un mariage catholique.

Noél Jolly avait été baptisé le 04 octobre 1676 à la chapelle de Chalendos sur la commune de Saint Siméon, dans la foi protestante ,fils de Jean Jolly et de Jeanne Messant. Les cérémonies liturgiques des protestants se faisaient à cet endroit car il appartenait à un seigneur protestant.

 

BAPTEME NOE

Baptême Noé Jolly 04 octobre 1676

 

 

Notre Noél fut nommé à sa naissance Noé, cette transformation est -elle due à Noé lui même ou au curé .

Quoi qu’il en soit notre laboureur s’appellera désormais Noël.

Le 14 avril 1714 naîtra un premier enfant baptisé catholique dans le ventre de sa mère ( ondoyé par la sage femme Nicole Candras ). On le nommera Jean. Aucune mention d’une religion protestante.

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Les parents ont ils abjuré ?

A noter que certains des enfants de couples protestants sont baptisés et que le curé mentionne simplement que les parent sont de la religion prétendue réformée. La politique de Louis XIV c’est elle assouplie devant l’échec des persécutions ?

( Ce n’est pas le cas pour les 2 premiers enfants de Noël et Marie )

Le 10 novembre 1715 un nouveau petit catholique que l’on nomme Noël .

Le 23 novembre 1717, le curé Brouard baptise Pierre, cette fois les parents sont de nouveau des protestants.

Le 5 juillet 1720, le nouveau curé baptise Marie, les parents sont désignés comme de la religion prétendue réformée. Le choix de Marie comme prénom est un tantinet provocateur pour des protestants.

26 avril 1722, même mention pour le baptême de la petite Jeanne.

Le 29 septembre 1723 naissance de Françoise la petite dernière, les parents sont nommés religionnaires ( décès le 2 avril 1725 )

Le 8 juillet 1725 baptême de Pierre fils posthume de Noël Jolly et Marie Messant religionnaires.

Le 14 décembre 1724, Noël ou Noé rendit son âme à dieu, conformément à ses dernières volontés il fut enterré dans son jardin à la tombée de la nuit. Sa foi de religionnaire lui interdisait l’accès au cimetière communal.

Un psaume lu par un proche fut repris en cœur par l’assistance.

Marie Messant continua de vivre dans sa religion et vécu avec Louis Lemaire.

Elle ne se remaria pas à l’église.

Sur l’acte de baptême de leur fils Nicolas Lemaire en 1729, il est noté que l’enfant est né hors mariage d’une copule incestueuse. ( Délicat le curé )

En 1731 à la naissance du second enfant André, le curé note qu’ils sont soit disant mariés.

Peut être un passage devant un notaire ?

Un 3ème enfant né en 1733 viendra clôturer les maternités de Marie, elle décédera en 1776 à Saint Denis les Rebais en ayant vu grandir l’if planté sur la tombe de son défunt premier mari .