PHOTOS, GENS DU PAYS ET AMOUR DES MOTS, 2EME ÉPISODE

Bien que fasciné par Bonaparte, il était encore partisan d’une république épousant en cela les inspirations du général Malet. Cette inclinaison pour la république ne l’empêcha pas d’être nommé chef de bataillon

En avril 1799, sous le général Championnet puis sous le général Masséna il participa à la campagne d’Italie de 1799 à 1800. il sera sévèrement blessé au combat de San Bartoloméo le 7 mai 1800.

Il ne participa pas à la célèbre bataille de Marengo car il n’appartenait pas à l’armée de réserve de celui qui maintenant était premier consul et présidait les destinées de la France.

Après la signature de la paix, il retourna dans l’ouest, puis il fut nommé en décembre 1803 au 63ème comme Major. Bien qu’il soit un faible soutien aux ambitions de Napoléon, il fut fait chevalier de la légion d’honneur le 25 mars 1804.

La cérémonie commença, grave et emprunte d’une solennité toute militaire.

Le premier témoin fut Louis Aimé Dubreton colonel d’arme de la place de Saint Martin, bien que plus vieux que le marié c’était un ami de longue date, ils combattirent ensemble sous les murs de Mayence et également contre les insurgés de Vendée. Louis fut blessé à la jambe sous les murs de la capitale Vendéenne. Ils avaient plein de souvenirs guerriers en commun mais aussi quelques jupons.

Le deuxième témoin qui se dandinait d’une jambe sur l’autre semblant se demander ce qu’il faisait là, âgé maintenant de 56 ans il n’aspirait plus à une carrière fulgurante comme Oudet mais plutôt à une confortable retraite sous le climat clément de l’Île de Ré avec sa jeune femme Suzanne.

Cela lui faisait d’ailleurs un deuxième point commun avec Jacques, car lui aussi avait pour femme une fille de négociant. D’ailleurs Suzanne Dechézaux assise au fond de la salle faisait honneur à la beauté féminine et se serait peut être vue dans les bras solides du guerrier. Ce n’était qu’un rêve sans doute mais elle se faisait fort tout à l’heure lors du bal au cours d’une danse de se fondre un peu dans l’intimité du major.

Les deux autres témoins étaient ceux d’Anne Élisabeth. Pierre Fournier gros négociant était allié à Nicolas le père de la mariée puisque marié a une Guillobé.

Les affaires prospères ne se partageaient qu’en famille il était presque un oncle pour l’héroïne du jour.

François Baudin lui aussi cousin de la mariée par les Guillobé touchait également au négoce de vin de l’ile de ré. Voila bien un savoureux mélange, d’un coté le monde des affaires et de l’autre les militaire au service de la comète qui s’était faite sacrer l’année précédente.

Au fond de la salle, la famille et les divers personnalités du petit bourg, les ordonnances de Jacques qui étaient venues avec lui de Poitiers où le 63ème régiment d’infanterie tenait garnison.

Jacques aurait été le plus heureux des hommes si il avait été de la splendide aventure des flots qui de la grande armée, se déversaient comme une crue du Nil sur l’Allemagne. Il se sentait à vrai dire un peu persécuté depuis qu’un méchant soupçon pesait sur son implication dans une société secrète nommée les Philadelphes et qui tendait rien de moins qu’à renverser Napoléon et le remplacer par une république.

Il se sentait surveillé par les sbires de Fouché le ministre de la police et se sentait aussi un peu en exil à Poitiers.

Il n’avait parlé mots de tout cela à sa femme pour ne pas l’inquiéter mais son beau père plus au courant se doutait qu’un tel homme n’avait pas sa place en garnison alors que d’autres allaient se couvrir de gloire. Mais qu’ importe tout cela, quel chemin déjà parcouru depuis sa naissance le 17 octobre 1772 dans ses montagnes Jurassienne et son village de Maynal où son père recteur était fier d’avoir une telle progéniture.

PHOTOS, GENS DU PAYS ET AMOUR DES MOTS, 1ER ÉPISODE