LA BELLE MORTE ET LA TUEUSE D’ENFANT, ÉPISODE 4, l’emprise

 

Ce fut ma compagne et elle remplaça toutes les amies que j’aurais pu me faire et tous les garçons qui m’auraient courtisée.

J’avais donc son physique d’ailleurs bien éloigné du mien. Grande, forte, le visage anguleux, une poitrine forte avantageuse. Mes yeux savaient charmer bien que mon regard était souvent un peu en dessous.

Le Sylvestre, je l’ai marié alors que j’avais 26 ans, je ne l’aimais guère mais bon passé un certain âge vous perdiez de votre valeur marchande. Aucun homme ne voulait d’une vieille. J’avais donc l’age requis et mon père et ma mère me le firent savoir. Je leur avais assez coûté, il fallait que je m’en aille. Le parti n’était guère bon , le bougre avait 53 ans, mais l’avantage qu’elle pouvait en tirer serait sûrement une mort prochaine.

De disponible il n’y avait guère que ce grand couillon de Sylvestre. L’affaire se fit.

Raymonde fut délivrée de cette première rencontre par sa sœur qui entra, elle fut frustrée car Marie Anne allait lui raconter sa nuit de noces.

Sa colère se manifesta et Andrée surprise essuya un déluge de reproches.

Raymonde allait enfin savoir ce qui se passait dans le secret des alcôves. Sa sœur était plus vieille et savait, mais jamais elle n’avait répondu à ces questions sur le sujet.

Curiosité qu’elle avait aiguisé un jour en fouillant les affaires de son père, dans une boite se trouvait quelques lettres qui dataient de sa correspondance avec la mère de Raymonde. Elle n’osa les lire, mais au fond de la boite à biscuits des cartes postales montraient bien autres choses. Outrée, mais fascinée par la blancheur de ces femmes nues qui offraient à des hommes dénudés ce qu’elle n’imaginait pas pouvoir offrir elle même.

Cet accès à la sexualité sans autre explication la bouleversa, est-ce cela l’amour dont tout le monde parlait à demi mot. Est-ce cela qui faisait gémir sa mère certains soirs de la semaine.

Heureusement Marie Anne suppléerait à tous ces non dits, à toutes ces choses non exprimées.

Marie Anne que la moralité n’avait jamais étouffé avait fait fi de beaucoup de convenance. Elle avait comme on dit goûté aux joies de la vie. Plus d’un garçon de la vallée de Vicdessos s’étaient coulés en les reins voluptueux de la paysanne. Jamais cette furia n’avait laissé l’initiative de ces jeux traditionnellement masculins à un homme. Il en avait été de même avec le Sylvestre.

Le soir de la fameuse nuit c’est elle qui avait du l’enlever avant que il ne se noie dans les vapeurs éthyliques.

A la lueur d’une mauvaise chandelle de suie elle avait dû faire preuve d’initiative devant ce malhabile. Elle l’avait déshabillé, l’avait guidé. Mais lui repu n’avait nullement rassasié la voluptueuse. Ce paysan mal dégrossi sera dés lors la victime tout désigné de cette mante religieuse.

Elle l’épuisa aux jeux de l’amour, elle aimait dominer, l’humilier. Lui qu’une vie tranquille aurait comblé, faisait le maximum pour la satisfaire. Mais entre la satisfaction d’envies modérées et la folle nymphomanie de sa Marie Anne il dut rendre les armes. Le vieux comme chacun l’appelait ne pouvait suffire à la générosité de la croupe de Marie Anne. Bientôt comme un cerf, des bois lui poussèrent et des ombres fugaces se faufilaient dans le foyer généreux de la belle Ruffié Lamaré.

Chacun savait y trouver un réconfort charnel et Marie Anne fut bientôt entourée d’admirateurs mais aussi  d’ennemies irréductibles.

Elle fut enceinte très rapidement, sur les pentes de la montagne on rigola bien, même les bergers emmenèrent le soupçon d’un val à l’autre.

Le vieux Syvestre Dhers Chil était-il capable d’ensemencer son amazone. . Voila la question qui se posait et de fougueux Ariégeois se targuèrent d’être des  prétendants éventuels.

Cette grossesse et cette naissance contrarièrent beaucoup Marie Anne. Elle fut une mauvaise parturiente, le petit eut du mal à se faire un chemin, elle hurla, poussa , mordit, poussa. Sylvestre, malheureux de la voir souffrir tant il l’aimait, se fit insulter. Des mots qu’il n’avait plus entendu depuis son service à Montauban lui chantèrent aux oreilles.

Il arriva enfin et on le nomma Jean, comme pour tous on l’affubla du surnom de la lignée, Jean Dhers Chil.

Marie Anne qui avait souffert le martyr en voulut immédiatement au bébé, si seulement il avait pu crever.

LA BELLE MORTE ET LA TUEUSE D’ENFANT, ÉPISODE 3

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LA BELLE MORTE ET LA TUEUSE D’ENFANT, Épisode 1

 

 

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