LE BERGER ET LA FILEUSE, Épisode 16, Une trallée de drôles

 

Puis ce fut au Léon d’aller dans une ferme faire le petit valet, nous ne pouvions pas le garder et l’ouvrage commençait à manquer, les coûts de fabrication à domicile dépassaient ceux des filatures des villes qui avaient des métiers mécanisés.

Notre jeunesse retournait à la terre ou devait s’enfermer dans les fabriques en s’entassant dans les immeubles vétustes des grandes villes.

Justine meurtrie se refusait obstinément à moi, elle ne voulait plus d’enfant et avait encore mal. Je fus patient car ma Justine je l’aimais, mais bon la nature devait reprendre ses droits.

Maintenant que j’y pense la satisfaction des mâles est sûrement égoïste et pour nous cela tourna à la catastrophe, c’est à dire que Justine fut encore grosse. Nous étions estomaqués et même les petits sentaient que c’était un vrai drame.

Édouard était maintenant un homme, il n’était plus le petit domestique de ferme que l’on chargeait des moindres corvées, non pour la première fois il s’était gagé à la foire et ma foi avait trouvé un fermier qui voulait bien de lui. Dans le cas contraire il eut été contraint de travailler à la journée et n’aurait été embauché que pour les gros travaux. Il était vaillant mon gars , sans le sou mais vaillant.

Sa sœur la Justine avait 18 ans, belle, de haute taille, les cheveux blonds de sa mère, une poitrine fort appétissante, des fesses affriolantes et un petit air mutin qui la faisait passer pour une diablesse.

Certes elle était bonne travailleuse et ne rechignait à aucune tâche mais bon dieu quelle cavaleuse.

Au lavoir c’est tout juste si les femmes ne se signaient pas en parlant d’elle et Justine par ci et Justine par là.

Si elles avaient peur pour leur homme elles n’avaient qu’ à bien tenir leur ménage et satisfaire à leurs devoirs.

Mais le pire étaient tous les célibataires de la contrée qui lui tournaient autour, je ne savais si elle avait encore son pucelage et m’étonnerais pas qu’un jour elle nous ramène un petit bâtard.

Henri lui avait 16 ans et travaillait toujours dans la même ferme à Annouville, les métayers étaient de braves gens et la vie n’était point pénible pour lui.

Ma Osithe petite de quinze ans, espiègle, brune et noiraude comme une petite maure s’exténuait avec sa mère et son grand père au métier. Elle paraissait moins portée sur les garçons que sa  sœur.

La métier de tisserand semblait aussi destiné à mon Léon qu’ allait sur ses 13 ans, malheureusement je pense que lui aussi allait devoir trimer au cul des vaches pour qu’un de ses frères reste au foyer une paire d’années de plus

Ensuite le Edmond, 12 ans une carrure d’adulte et une cervelle de moineau, blond comme les blés , sa distraction favorite étant d’aller mirer les filles lorsqu’elles se lavaient ou qu’elles s’accroupissaient. La Justine avait beau le talocher et moi jouer de la ceinture ce petit vicelard recommençait aussitôt , heureusement il était travailleur et je lui cherchais une place dans une ferme car être cloîtré dans une pièce humide pour tisser du coton ou du lin ne lui correspondait pas du tout.

Ma troisième l’Eugénie,10 ans toute mignonne, elle aussi blonde avec des tâches de rousseur, un petit ange avec sa coiffe blanche, on lui donnerait le bon dieu sans confession et en cela on avait peut être tort. Elle aussi allait bientôt partir, je connaissais une fermière qui avait besoin d’une petite servante. Bon autant que je vous dise cette dernière est la femme à la culotte de dentelle que j’ai soignée et sans me vanter vraiment bien soignée, je me réjouissais de traiter l’affaire.  Une poignée de main, un coup de calva et la bonne fermière je lui ferais bien baisser ses affûtiaux.

Ensuite la Marie et la Léonie, 9 ans et 8 ans, inséparables, elles dormaient, mangeaient , relevaient leur robe ensemble et surtout faisaient les quatre cents coups ensemble. Elles cachaient les objets, chatouillaient les pieds des dormeurs et un jour elles avaient même subtilisé le pantalon du grand père. Il n’avait guère apprécié et les deux culs blancs avaient pris une volée d’ortie.

Pour l’instant elles aidaient leur mère à tous les ouvrages de la maison mais là aussi il faudrait bien les placer .

Ensuite il y avait la tripoté d’inutile, le Séverin qu’avait 4 ans et l’ Arsène le diablotin âgé de 3 ans, qu’est ce qu’on allait faire de ces deux sauvageons.

Donc comme je vous disais j’ai emmené Eugénie pour servir la belle fermière, je la trouvais bien petiote mais nous n’avions pas beaucoup de solution il fallait bien qu’elle se mette à travailler un jour. La ferme se trouvait à Contremoulins, ce n’était pas bien loin, la fermière n’avait toujours pas d’enfant malgré mes appositions de mains et mon autre contribution, elle nous reçut et précisa les conditions, la nourriture, les vêtements et des sabots, la petite dormirait non loin des maîtres. Son travail serait de garder quelques ouailles, de traire les vaches et de s’occuper à nourrir les gorets.

Cela faisait beaucoup pour une si petite personne et j’en fis la remarque à la fermière. C’était à prendre ou à laisser, elle mangerait comme nous mais elle travaillerait comme nous.

Avec un grand sourire elle me demanda si je voulais visiter l’endroit. Eugénie restera à nous attendre dans la cuisine.

L’étable était bien tenue, la paille était propre et une douce chaleur enveloppée dans l’acre odeur des bouses nous prenait au plus profond de nous même.

Je savais par divers racontars que son fermier l’était pas bien vigoureux et que de temps à autre un journalier de passage ou un roulier qui se rendait au Havre apportait un peu de bonheur à la patronne. Ce jour là ce fut moi qui en profitais, elle n’avait pas mis son cotillon de dentelle et elle n’eut qu’ à remonter sa robe, elle se pencha et s’offrit. Bon dieu j’y mis du cœur à l’ouvrage et je vous garantis que la bougresse avait les jambes qui flageolaient. Elle rajusta sa robe et sans plus de façon nous rejoignîmes Eugénie.

Le soir j’étais bonne aise et je m’endormais comme une souche, La Justine fut surprise que je ne lui saute pas dessus.

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