UNE VIE DE MARÉCHAL FERRANT, Épisode, 2 mon quartier

La Rochelle entourée de ses murailles

La Rochelle est une ville de garnison et est enclose de mur, c’est un ingénieur nommé Ferry qui l’a construite et pour une fois Vauban n’y est pour rien. Quelques portes permettent de pénétrer dans la ville, moi j ‘habite à coté de l’une d’elle. Au plus loin que je m’en souvienne j’allais observer les soldats du poste de garde, leurs uniformes me fascinaient et le langage imagé de ces vieux routards ma faisaient rire. Évidemment lorsque je répétais ces mots devant ma mère s’était la taloche assurée.

Je tordais bien un peu la goule car le langage de mon père et des ouvriers de la forge était d’une verdeur peu commune. Le langage des employés voituriers de mes oncles étaient aussi assez châtiés et imagés.

Ma mère la pauvre aurait voulu qu’entre ces militaires, ces maréchaux et ces cochers je parle le langage d’un jeune monsieur. Elle s’illusionnait et toute ma vie je garderais ce langage imagée qui faisait rougir une catin et fait évanouir une nonne.

Dès que je pouvait m’échapper des griffes maternelles je rejoignais donc mes troupiers. Un jour l’un me fit fumer sa pipe se qui me rendit malade. Ma mère fit une esclandre qui amusa tout le quartier y compris mon père .

Cette ouverture vers l’extérieur se nommait la porte neuve et avait donc donné son nom à la rue. C’était un endroit stratégique car la seule sortie vers l’ouest . La porte des deux moulins près de l’océan n’était que piétonnière.

Un pont fixe et un pont levis enjambaient les fossés du rempart et le petit cour d’eau qui venait du village de Lafond. La porte était en permanence gardée et le soir nul n’entrait ni sortait.

Au delà c’était terra incognita pour moi, interdiction formel de franchir l’enceinte de la ville, bon il faut avouer qu’une chose interdite est plus que tentante et que l’idée mais venue plusieurs fois.

Donc après ce mur s’étendaient les vignes,, les champs puis les marais, un autre monde en somme.

Voie de pénétration urbaine cette porte voyait passer du monde et moi aussi, quel spectacle que ces charrettes chargées de victuailles avec ces paysans gueulant fort juchés au sommet. Toutes ces paysannes portant panier au bras avec des volailles et qui s’attiraient les sifflets et les regards concupiscents des ouvriers.

Ces belles de la campagne au teint cuivré portant avec fierté leur coiffe en forme de corne. Tout ces quarterons de chevaux tirant à uh et à dia leur chargement de bois soufflant et suant sous le fouet de leurs conducteurs. Les militaires aussi avec leur chatoyant uniformes et leur long fusils me faisaient impression.

Une multitude de pauvres hères aux pieds nus, sales, déguenillés surveillés par le guet pénétrait chaque jour pour y mendier un peu d’existence. Ici une pauvrette à moitié nue tiré par son fantôme de mère et la une vielle hâve et grelottante, tous se côtoyaient en cette porte.

Des officiers à cheval fier et hautain laissaient leur monture pour changer les fers, en ordres brefs ils s’adressaient au maréchaux comme ils s’adressaient aux soldats.

Mais le fin du fin était le passage des beaux messieurs en carrosse ou sur leur belle monture. Ils ne nous adressaient aucun regard, faisant fi des mains tendues pour l’aumône. Même leurs domestiques qui les singeaient nous devenaient odieux et les horions pleuvaient sous le regard goguenard de la garde.

Un autre spectacle qui me comblait d’aise était le passage des nègres , esclaves de ses messieurs de la haute, ils faisaient tordre de rire les ouvriers par leur parler exotique. La curiosité cédait aussi le pas à l’envie quand les belles négresses à la forte poitrine et au postérieur saillant passaient au service de leurs maîtresses. Beaucoup d’échauffés sans vouloir se l’avouer aurait goutter à ces fruits exotiques.

On le voit il suffisait de s’asseoir et d’être au spectacle. Vision chatoyante à travers mes yeux d’enfants qui me feront aimer plus que tout ce quartier ou tout et tous se mélange.

Ma paroisse Saint Barthélémy est la plus belle de toutes les paroisses et sans conteste la plus riche, l’endroit est un chantier permanents et les belles demeures des riches négociants poussent comme champignon sur fumier.

L’hotel Poupet en est le plus belle exemple. Bien tout n’est évidement pas richesse dans le quartier mais l’aisance rejaillit un peu sur le peuple qui entoure les nantis.

La paroisse de Saint Jean du Perrot qui jouxte la mienne est celle du port, les marins y côtoient les charpentiers de marine, les calfats, les tonneliers, les pécheurs , gabiers, pilotins, débardeurs et filles de joie. Le cosmopolitisme y règne et les langues se mélangent. Je n’ai pas le droit de traîner sur le port mais je vous raconterais quand même les expéditions qu’avec mes cousins nous entreprîmes.

Je vous parlerais également mais plus tard des autres paroisses de la ville car bien évidemment je serais amené à y vivre.

Mon quartier avait aussi une autre particularité, il avait deux églises, la cathédrale Saint Louis et l’église Saint Barthélémy, elles se trouvaient dos à dos. Nous, nous allions à l’église et pour rien au monde nous l’aurions troqué pour la plus belle des nefs.

La présence de la cathédrale amenait un surcroît de richesse au quartier, les chanoines du chapitre étaient assez aisés et Monseigneur de Crusol l’évêque carrément riche.

En face de la cathédrale s’étendait la place royale, immense, boisée ou se dressait fièrement la fontaine royale, le terrain de jeux était parfait, nous nous introduisions partout, sur le chantier de la cathédrale, dans celui des hôtels en construction, nous faisions les pires idioties, nous parents trimaient et ne nous surveillaient guère. Il fallait en profiter l’enfance ne durait pas longtemps et bientôt nos petits bras irait se durcir au dur labeur de la forge et de l’enclume.

A coté de chez moi se trouvait aussi l’hôpital Aufrédy l’endroit était tenu par les frère de la charité, ils venaient  faire ferrer leurs mules.  C’était un hôpital pour les hommes et pour les militaires, lors des guerres de Vendée se fut un véritable défilé de pauvres éclopés. Nous les drôles on voyait aussi sortir les charretées de cadavres, vous parlez d’un spectacle, il faut dire que dans ses mouroirs il fallait mieux ni point rentrer.

Vous voyez mon terrain de jeux était vaste et varié et au fil des années je m’efforcerais de l ‘agrandir.

 

Voir épisode précédent :

UNE VIE DE MARÉCHAL FERRANT, Épisode 1 ma naissance

2 réflexions au sujet de « UNE VIE DE MARÉCHAL FERRANT, Épisode, 2 mon quartier »

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