LA VIE TUMULTUEUSE DE VICTORINE TONDU, épisode 37, comme une dernière aventure

Au cours de la noce j’ai été invitée à danser par un lointain cousin de la mariée et figurez vous que j’ai bien aimé et que je me suis laissée serrer d’un peu près, enivrée par la musique et le vin.

Mon vieux bonhomme comme de coutume dormait du sommeil des poivrots, mes fils joyeux, gais et saouls lutinaient leur jeune femme, les petits couraient partout dans la ferme. La mère de la mariée stoïque veuve semblait même se dérider et entrait dans la folle bacchanale.

Mon cavalier improvisé s’enhardissait et à chaque quadrille canaille, il devenait évident qu’il avait la prétention gaillarde de s’isoler un moment avec moi.

J’étais partagée par l’honneur que l’on s’intéresse à moi, la honte d’avoir encore envie d’un homme à mon age et enfin de me faire surprendre le cul à l’air par un de mes petits enfants ou par une des mes pestes de belles filles.

Plus la soirée passait plus mon danseur fou s’excitait, à l’aube les mariés étaient partis et la noce maintenant s’essoufflait, je me décidais imprudemment, mue par une envie irrépressible. Je m’enfonçais dans l’obscurité de la campagne, le son des violons s’estompait et la lueur blafarde des bougies de la grange vacillait au loin.

Je savais qu’il m’avait suivie,sous l’ombrage protectrice mais au combien inquiétante d’un grand chêne il me prit par la taille, comme depuis longtemps personne ne m’avait prise. Oubliées mes rondeurs, mes rides, mes cheveux gris, sa bouche alla rejoindre la mienne il me caressa et remonta lentement ma robe, je sentais sa virilité le long de mon ventre, je faiblissais et n’avais plus aucun rempart, il tomba son pantalon et il me prit le long de cet arbre dont la rugosité me semblait soie. A chaque mouvement je recouvrais ma jeunesse, il était hussard, j’étais la petite Victorine mendigote de Provins. Sa jouissance arriva, la mienne aussi se confondant en un sublime bouquet. Adieu la mère de famille vieillissante, adieu la grand mère, adieu la femme baisée par habitude. je revivais, on s’en revint à la fête  séparément et personne ne sut notre embarrassant secret.

En rentrant nous coucher Charles voulut un dernier baroud d’honneur, je ne tenais pas à ce qu’il salisse ce que je venais de vivre et le repoussait vivement. Il grogna, pesta puis se retourna, ses ronflements m’indiquèrent que je serais tranquille.

Au matin une grosse patte se posa sur moi sans ménagement, je savais résignée que je n’y échapperais pas une autre fois. Il me monta brièvement comme un chat monte une chatte, délivra sa semence, puis satisfait se leva et sortit pisser au fumier.

Je me levais alors que le Charles avec la cuvée de la veille s’était rendormi, les enfants ne bougeaient pas non plus, j’étais donc tranquille et après un brin de toilette intime je fis ma vaisselle.

Je regardais alors la rue en méditant, tout s’y prêtait, le calme, et le soleil qui s’annonçait radieux. Pourquoi éprouvions nous une attirance physique pour un être plus que pour un autre. Quel était le processus qui nous permettait d’accepter qu’un homme pénètre votre intimité et que vous en éprouviez du plaisir, alors que pour un autre tout ne sera que souffrance et rejet. Je n’avais pas de réponse, vraiment qu’elle idiote j’étais de me triturer l’esprit avec de telles considérations.

Derrière moi Charles remettait son pantalon en pétant d’un air satisfait. Ma fille Marie les cheveux en bataille, la bretelle de sa combinaison lui tombant sur l’épaule et dévoilant la naissance d’un sein se levait impudiquement. Gustave et Daniel tous deux allongés dans le même lit faisaient semblant de dormir et espérant apercevoir un morceau de chair de leur sœur. Je n’étais pas dupe et Marie non plus, d’ailleurs parfois elle faisait exprès d’en rajouter et les faisaient hurler en les traitant de jeunes puceaux.

Ma pensée s’était donc tournée vers autre chose et surtout vers mes tâches ménagères du jour.

Je mis quand même tout cela dans un coin de ma tête et me promis dans parler à Hermance.

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